Après un premier film catastrophique, la célèbre poupée démoniaque Annabelle revient au cinéma pour une préquelle racontant les origines de la poupée. Si le long métrage n’évite pas les ficelles du genre, il n’en reste pas moins un tour de force technique, prouvant le talent de son réalisateur David F. Sandberg et une forme d’espoir pour le cinéma de genre hollywoodien.
Synopsis : Encore traumatisés par la mort tragique de leur petite fille, un fabricant de poupées et sa femme recueillent une bonne sœur et les toutes jeunes pensionnaires d’un orphelinat dévasté. Mais ce petit monde est bientôt la cible d’Annabelle, créature du fabricant possédée par un démon…
Issue de l’imagination horrifique du génial réalisateur James Wan (Saw, The Conjuring), Annabelle s’est rapidement fait un nom dans le cinéma d’horreur contemporain grâce à son apparition dans le film The Conjuring. Ce dernier, sous l’impulsion de la Warner, a entrainé un spin-off qui a été un carton commercial indéniable, tout en étant un échec critique absolument complet. Autant vous dire que la surprise fut agréable lorsque le réalisateur David F. Sandberg a été officialisé à la direction de cette préquelle. Notamment parce qu’il est un grand ami de James Wan, ayant produit l’adaptation de son court métrage Lights Out en long (le surprenant Dans le noir) mais aussi parce que le bonhomme a un sacré savoir-faire derrière la caméra. Un talent qu’il a confirmé dans le film précédemment nommé, en jouant habilement avec des jeux de lumière et de rythme habilement menés.

Un modèle d’efficacité
Si on peut toujours émettre des doutes par rapport à la mollesse profonde du film précédent , David F. Sandberg reste sérieux et convoque des références solides du cinéma de genre, afin d’apporter une tension prenante au long métrage. La maison du diable de Robert Wise ou encore The Ring d’Hideo Nakata sont clairement cités au sein d’un long métrage clairement référencé mais qui n’en oublie pas d’avoir sa propre singularité. Si Sandberg use des mêmes ficelles récurrentes du style « wanesque », il préfère appuyer l’horreur visuelle, à coup d’effets visuels spectaculaires (attention à vos doigts). Jumpscares appuyés mais sachant être efficaces ou encore photographie très soignée se côtoient alors dans le même film, afin de préserver une tension palpable à chaque instant. Si on regrette tout de même une certaine lenteur au démarrage, Annabelle 2 sait préserver ses atouts pour mieux nous faire frissonner, apportant un niveau horrifique supérieur au long métrage.

S’il n’est pas la révolution d’un genre noble, celui du cinéma d’horreur, Annabelle 2, par ses qualités inattendues, à l’instar de Ouija 2 : les origines, fait office de lueur d’espoir. Celle de voir les majors hollywoodiennes s’affranchir enfin des facilités cinématographiques en s’appuyant sur les créations horrifiques de ses réalisateurs talentueux. Celle aussi de prendre de jeunes formalistes du cinéma de genre, plutôt que des yes men sans aucune pertinence créative, afin de rehausser des projets à fort potentiel. Comme l’adage le sous-entend, à l’ouest rien de nouveau mais une seule certitude : pour espérer faire un bon film, rien ne vaut un bon réalisateur. Dans cette optique-là, Annabelle 2 est un succès car plutôt que de viser une révolution inespérée, il préfère prendre son temps et construire une mythologie saine pour mieux avancer. Dans la philosophie récente d’Hollywood, il s’agit d’une situation plutôt encourageante. On espère que le même chemin sera tracé pour les spin-off The Nun et The Crooked Man, également issus des films Conjuring, pour retrouver de vrais bons frissons au cinéma.
Efficace à défaut d’être révolutionnaire, Annabelle 2 est une réussite amplement due à la malice de son auteur, réussissant le tour de force inattendu de redorer le blason d’un univers étendu Malgré ses clichés et ses fils inhérents au genre et au ton qu’il adopte, le long métrage de David F. Sandberg (déjà à la tâche chez DC pour réaliser Shazam) permet à sa poupée de se remettre correctement en selle, avant un inévitable 3e opus, sans pour autant tutoyer les modèles du genre. Un film courageux et réussi qui donnerait presque envie d’être optimiste sur l’avenir du cinéma d’épouvante hollywoodien.
Annabelle 2 : la création du mal : Bande-annonce
Annabelle 2 : Fiche Technique
Titre original : Annabelle : creation
Réalisation : David F. Sandberg
Scénario : Gary Dauberman, d’après The Conjuring de James Wan
Interprétation: Stéphanie Sigman (sœur Charlotte), Talitha Bateman (Janice), Anthony LaPaglia (Samuel Mullins), Miranda Otto (Esther Mullins), Philippa Coulthard (Nancy)
Décors : Lisa Son
Costumes : Leah Butler
Montage : Michel Aller
Musique : Benjamin Wallfisch
Production : Peter Safran et James Wan
Sociétés de production : New Line Cinema, Atomic Monster Productions, The Safran Company et RatPac-Dune Entertainment
Sociétés de distribution : Warner Bros. Pictures (États-Unis) ; Warner Bros. France (France)
Langue : Anglais
Durée : 109 minutes
Genre : Horreur
Dates de sortie : 9 août 2017
États-Unis – 2017