Critiques films

Ulya, le très beau film de Viesturs Kairišs : quand on cherche du côté de chez soi

Dans la Lettonie soviétique, une adolescente issue d’une famille russe de Vieux-Croyants découvre le basket comme une sortie possible hors de son isolement. Avec Ulya, Viesturs Kairišs imagine le chemin intérieur qui mène Ouliana Semionova vers elle-même.

Hope : Korean Rollercoaster!

Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

La Mort de Staline : une histoire drôle – Critique

Entre comédie (très) noire et drame humain à grande échelle, Armando Iannucci joue avec les registres pour emmener le film historique sur le terrain de la comédie grotesque. Essai pas forcément transformé, mais lui au moins essaye de faire autre chose qu'un biopic pompeux.

Sonate pour Roos, une fable sensorielle venue du froid

Sonate pour Roos nous vient tout droit de Norvège. Les relations mère-fille tendues sont l'occasion de revenir à l'essentiel : paysages grandioses, attention aux sons (la musique du titre) et aux animaux. La fable devient douce et amère après la révélation de Roos. Le film sort en salles le 18 avril 2018.

Coby de Christian Sonderreger : Je est un autre

Coby est le film lumineux de Christian Sonderegger sur le voyage de Susanna/Coby vers la transition, ainsi que de celui de tout son entourage diversement affecté par ce bouleversement.

Madame Hyde, l’éducation vue au travers de l’univers délirant de Serge Bozon

Avec Madame Hyde, le délirant Serge Bozon revisite le mythique cas du Dr Jekyll et Mr Hyde de Stevenson. Mais sous couvert d'une comédie burlesque, le film traite avant tout de l'éducation de façon très juste autour d'une relation professeur/élève touchante.

Vent du Nord pose la question du travail ici et là-bas

Pour son premier long métrage, le cinéaste tunisien Walid Mattar signe Vent du Nord, un beau film qui pose la question de la place du travail, mais aussi des frontières, à travers les parcours croisés de deux personnages ouvriers d'une même usine délocalisée.

Marie Madeleine, de Garth Davis : une expérience contemplative aux confins de la fascination

Marie Madeleine, le nouveau film de Garth Davis, le réalisateur du récent Lion, est une expérience contemplative fascinante, souffrant parfois de son hermétisme, mais qui jouit d'une réalisation aussi belle qu'intelligente et de performances d'acteurs marquantes. Un voyage spirituel et philosophique qui divisera à n'en pas douter ; et c'est la raison pour laquelle il faut le découvrir, afin de se faire son propre avis sur cette œuvre déroutante.

Ready Player One : la leçon de vie (et de cinéma) de Steven Spielberg

Avec Ready Player One, Steven Spielberg arrive non seulement à prouver qu'il n'a rien perdu de son talent pour émerveiller son public mais surtout qu'il est un des cinéastes les plus lucides et les intelligents qui soit pour comprendre l'impact de la culture populaire sur son public. Un recul permettant d'apposer sur l'oeuvre un parfum éminemment subversif en ce qu'il interroge la portée des rêves de son audience, qui plus est autour d'un divertissement jubilatoire et d'une classe folle.

La Prière de Cédric Kahn : Sous la neige, le feu…et la foi

Les films de Cédric Kahn ont toujours ce quelque chose d'une urgence, d'un personnage passionné, voire brûlant. Ici Thomas, son protagoniste excellemment interprété par Anthony Bajon, est un jeune toxicomane en reconstruction, avec la prière et la foi comme catalyseurs.

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Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.

Les Naufragés du Lavalette : légende marine

« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ? - Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »

« Le Fantôme de l’opéra » : horreur en musique

Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.

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« Le Parfum des feuilles de thé » : reprendre racine

Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.