Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Avec The Dirt, Netflix et Jeff Tremaine réalisent un rêve de longue date. Celui d'adapter la sulfureuse biographie du groupe de glam metal, Mötley Crüe. Malgré son histoire proprement ahurissante montrant le Crüe comme le groupe de rock le plus décadent de l'histoire de la musique, le manque d'ambition de la part du réalisateur et une approximation dans sa façon de nous raconter une histoire empêchent de pleinement prendre conscience des frasques du groupe.
L’homme qui a surpris tout le monde de Natalya Merkulova et Aleksey Chupov fait une arrivée discrète dans nos salles ; le film est pourtant riche, très bien mis en scène, très bien monté et ses multiples facettes reflètent les travers et la beauté de la Russie d'aujourd'hui
L’adolescence fascine le cinéma et les cinéastes, le réalisateur argentin Martin Deus plonge dans ce thème aussi large que risqué pour livrer un film moyen mais avec de vrais instants suspendus.
Ils pensaient passer des vacances tranquilles avec leurs amis et voici que débarquent de nulle part leurs doubles effrayants et mal intentionnés. Un combat à mort s'engage.
J. C. Chandor s'attaque avec Triple Frontier à une grosse production sans égratigner son cinéma. Film sur la duplicité et l'éthique où règnent la corruption du capitalisme et l'avidité des hommes. Il mélange les genres pour un rendu brut, sophistiqué et incarné.
Surfant sur une vague déjà amorcée depuis un moment, et légèrement hypocrite, Rebelles met en scène des femmes qui ne se laissent pas abattre par la vie, quitte à prendre les hommes un peu trop pour des imbéciles et à desservir son propos. Cependant, dans une optique à la Tarantino ou un peu cartoonesque, le film a un côté jouissif, qui fait plaisir à voir. Espérons simplement que cette tendance à vouloir vendre un film simplement sur un soit-disant "girl power" ne finisse pas par devenir un simple argument marketing un peu trop creux.
Mon bébé ne fait pas vraiment partie de ces comédies qui donnent envie et pourtant, le dernier film de Lisa Azuelos continue sur la lancée de la réalisatrice qui livre toujours ses oeuvres avec une belle sensibilité et une portée qui dépasse celle des salles de cinéma. Comme quoi, une femme qui parle de femmes, cela mérite d'être financé.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.