Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
En ouverture du festival du film américain de Deauville, Un jour de pluie à New-York est un beau film de Woody Allen comme il n’en n’a plus réalisé sans doute depuis Blue Jasmine. Tourné dans la tourmente de ses démêlés judiciaires avec Amazon, le film est pourtant drôle et romantique à souhait.
James Gray signe avec Ad Astra une grande oeuvre intime qui nous mène aux confins de l'espace et de la solitude aux côtés d'un Brad Pitt dans son meilleur rôle.
15 après avoir brillamment adapté Les Lois de l'Attraction de Bret Easton Ellis et être passé par la case prison, l'ex-comparse de Quentin Tarantino, Roger Avary revient aux affaires avec Lucky Day ; sorte d'itération tarantinesque dépourvue de substance mais qui a troqué la pertinence pour une bonne dose de rire et de fun.
En attendant de s'atteler complètement à Jurassic World 3, Colin Trevorrow ne peut s'empêcher de jouer avec les dinosaures en livrant avec Battle at Big Rock un court-métrage promotionnel sympathique, mais toujours parasité par les tares de cette nouvelle trilogie.
Avec Jeanne Bruno Dumont poursuit son exploration des mots de Charles Peguy entamée deux ans plus tôt avec Jeannette, l'enfance de Jeanne D'arc. Il nous invite à regarder son cinéma droit dans les yeux et n'hésite plus à proposer des œuvres radicales, burlesques et riches.
Deux Moi, le nouveau film de Cédric Klapisch une œuvre toujours bien ancrée dans un contexte social et sociétal de son temps. Il nous laisse un peu plus sur le bord du chemin que ses précédents métrages, car trop englué dans du convenu et de l’anecdotique, malgré une mise en scène toujours aussi précise.
A l’heure où s’étale sur grand écran une énième fête de famille à la française, Nicolas Vanier revient avec les thèmes qui lui sont chers et offre à la nature la part qu’elle mérite au cinéma. Face à l’urgence écologique, l’engagement du réalisateur et ses belles images d’oies sauvages en plein vol valent le détour par les salles obscures. En parlant de transmission et de jeunesse, il prolonge joliment notre cycle sur l'enfance au cinéma !
Fête de famille est un film aussi tendre que problématique, constamment en mouvement, il montre les familles comme on a peu l'habitude de les voir dans le cinéma français. Emmanuelle Bercot y est immense.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.