Critiques films

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

The silence (John R. Leonetti) : Pas beaucoup de bruit pour rien

Des chauve-souris aussi préhistoriques qu'énervées menacent la planète. Comment allons-nous tenir sans 4G ?

Simetierre, quand l’horreur ne fait plus peur

Simetierre version 2019 est un ratage malheureux qui dépeint une horreur édulcorée et sans génie, dans un film qui échoue à réinventer l'histoire de King et à renouer avec sa formidable profondeur.

Shazam! : la formule magique pour un succès sans trop se fouler

Ayant trouvé la bonne formule avec Aquaman, le tandem Warner/DC continue sur sa lancé avec Shazam!, un film de super-héros tout aussi banal mais qui parvient à amuser la galerie de par son aspect fun, ludique et efficace.

Captive State, ou comment Rupert Wyatt s’est montré beaucoup trop ambitieux

Voulant à tout prix rendre hommage à son cinéaste préféré, Jean-Pierre Melville, en faisant un film de résistance tout en créant une nouvelle mythologie SF, le réalisateur Rupert Wyatt s'est pris les pieds dans son ambition démesurée et livre avec Captive State un film manquant cruellement d'écriture.

Mon Inconnue, comment raconter l’amour ?

De nos histoires d'amour, de nos passions et de nos ruptures, subsistent des souvenirs. Ils forment un récit qu'on s'approprie et qu'on se raconte loin de l'être aimé. Enveloppé dans une comédie romantique teintée de fantastique, Mon Inconnue interroge notre (in)capacité à écrire nos propres histoires. Finalement le dernier film de Hugo Gélin se regarde comme on se remémore nos amours passés. 

Comme si de rien n’était : un premier film âpre mais sensible sur le déni de viol

Comme si de rien n’était, le premier long métrage d'Eva Trobisch traite intelligemment des rapports de force et de pouvoir et de leurs conséquences.

Synonymes de Nadav Lapid, l’identité morcelée

Synonymes de Nadav Lapid, l'Ours d'Or à la Berlinade 2019, est un film sur l’errance : une errance qui change de logique narrative et de langage esthétique à chaque coin de rue. C’est la définition même d’un récit où l’initiation devient le synonyme d’intégration : entraînant autant de moments enthousiastes que de péripéties remplies de désillusion. Mais comment se définir soi-même et ne faire qu’un avec une société morcelée par le drame, qui elle-même, ne sait pas mettre de mots sur son visage et qui dévoilera sa ribambelle de démons.

Avec Dumbo, Tim Burton retrouve sa grâce

Avec l'adaptation du classique de Disney de 1941, Tim Burton se rapproche un peu plus du ciel et y retrouve sa grâce. Réuni avec sa magie, il va à contre-courant du film dont il est tiré jusqu'à en dénoncer les travers. L'un des premiers films Disney contre Disney. Et au milieu de tout ça, Dumbo décolle et atteint un onirisme terriblement mouvant. Visiblement, les éléphants roses sont toujours capables de danser.

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