Critiques films

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

La Belle époque : l’usine à rêves de Nicolas Bedos

La Belle époque prouve une seconde fois que l'amour chez Nicolas Bedos est tantôt puissant, tantôt sarcastique. C'est surtout un long chemin semé de moments inoubliables, d'autres plus complexes à traverser. Pour le réalisateur, le cinéma comme usine à rêves est un vecteur parfait pour raconter l'union ou la désunion de deux êtres. Il le fait avec humour, mais aussi une petite dose d'émotion toujours désamorcée par le piquant de ses personnages.

The King (David Michôd) : Shakespeare in too much love

Mettre en valeur un texte de théâtre par la grammaire cinématographique, même la plus léchée, est une vraie quadrature du cercle pour les cinéastes, et si l'écrin est splendide, l'exercice est si familier qu'il en devient rapidement un beau bijou triste.

Retour à Zombieland de Ruben Fleischer où le défouloir référentiel made in USA

Sur le papier, Retour à Zombieland a tout de la suite opportuniste et mesquine ressassant le passé avec un sens accru de la nostalgie. A l'arrivée, on tient pourtant une suite fun, irrévérentieuse et débridée qui n'hésite pas à donner du plaisir au quintal et permet à son casting de briller dans cet opéra sanguinolent de dégénérés.

Debout sur la montagne : aux âmes esseulées

Sixième film d'un cinéaste décalé, Debout sur la montagne ouvre les portes fantaisistes de la solitude, éclairée par son casting.

Terminator : Dark Fate, il faut que tout change pour que rien ne change

Ce Terminator est un Dora de plus, un produit intéressant à étudier pour comprendre plus tard ce que les sagas refaites toutes belles, toutes propres, présentaient dans un passé dystopique comme le côté obscur des studios. En dignes successeurs de Frankenstein.

Doctor Sleep de Mike Flanagan : les flammes de l’hôtel

Avec Doctor Sleep, Mike Flanagan avait une lourde pression sur les épaules : donner suite au film de Stanley Kubrick et se réapproprier l’oeuvre de Stephen King. Chose qu’il arrive à faire grâce à son amour pour le cinéma de genre et une mise en scène inventive. 

Cinéma du mois d’octobre : Terminator, Joker, Chambre 212…

Les prémisses de l'automne dans les salles obscures ont été marquées par l'hyper présence du cinéma américain avec ses grosses productions : le dernier Rambo, Joker, Terminator. Au milieu d'eux, le cinéma français crée sa place avec le retour de Christophe Honoré à son plus haut niveau et la petite percée pleine de tendresse de Nicolas Vanier. Retour sur le mois d'octobre au cinéma.

Ceux qui nous restent : lutte et cinéma à Montreuil

Si l’on devait rapprocher Ceux qui nous restent d’un « genre » de cinéma, il faudrait aller lorgner du côté de François Ruffin et son Merci Patron ou encore de L’Assemblée de Mariana Otero. Elle s’était postée au cœur du Mouvement Nuit debout pour en sortir un documentaire dans le feu de l’action, sans grand discours, mais qui tentait de contenir en lui-même la vivacité d’un mouvement. C'est en partie ce que tente de faire Abraham Cohen dans un documentaire aux enjeux complexes et au cœur d'un conflit loin d'être totalement achevé. Il pose surtout , si l'on prend la peine de lire entre les lignes ou de développer le sujet, l'épineuse question des circuits de distribution du cinéma en France, question elle-même loin d'être achevée. Il pose moins la question, et c'est dommage, de la gestion d'un cinéma, de l’ego et de la figure d'un homme pourtant au cœur du film : Stéphane Goudet.

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