Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.
"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Conscient de ne pas réinventer la poudre avec son pitch directement issu des 90's, Michael Bay livre avec Ambulance une symbiose étonnante entre les deux pôles de son cinéma : d'un côté, un hyper-réalisme directement tiré de son 13 Hours ; de l'autre, un spectacle volontairement outrancier mais dont les expérimentations esthétiques le propulsent bien au-delà de la mêlée de l'entertainment hollywoodien. De quoi prouver aux derniers récalcitrants que Bay est bien l'un des derniers auteurs de divertissement américain et que, pour ça, il faut le préserver à tout prix.
De nos frères blessés est le deuxième long métrage d'Hélier Cisterne (que l'on a vu aussi aux commandes du Bureau des légendes). Le réalisateur y raconte l'histoire vraie de Fernand Iveton, condamné à mort en 1956 en pleine guerre d'Algérie pour une bombe qui n'a jamais explosé et n'avait pas pour objectif de tuer. Condamné et non gracié par François Mitterrand alors Garde des sceaux. Une histoire de fou (pour plagier Guédiguian) qu'Hélier Cisterne fait sienne avec une simplicité bienvenue et pleine d'une belle émotion.
L’Ombre d’un mensonge est un film assez différent de ce à quoi le cinéaste Bouli Lanners nous a habitué. Qualifié par lui-même de Grand Public, le film, d’une très grande beauté formelle, analyse sur fond d’une histoire d’amour, les mœurs étriquées d’une société gaélique bornée par des pratiques religieuses d’un autre âge, desquelles des membres sont avides de s’échapper.
Par son rythme effréné, qui ne laisse pas de place à l'apitoiement inutile, A plein temps offre un regard dense et combatif sur la débrouille. Le film s'offre comme une expérience sensorielle, presque un thriller social avec une Laure Calamy toujours aussi juste.
Si vous ne connaissiez pas encore le nom d'Anaïs Volpé, Souheila Yacoub et Déborah Lukumuena, Entre les vagues devrait vite vous les faire connaître. En racontant l'histoire de deux jeunes amies prêtes à tout pour vivre leurs rêves, le film réussit autant à émouvoir qu'à forcer le respect (cinématographique).
Rien à foutre est un titre qui annonce la couleur. Sous les traits lumineux de l’excellente Adèle Exarchopoulos, les cinéastes dessinent avec talent une jeunesse désenchantée, minée par une société de plus en plus mercantile et individualiste.
Si le film transpire l’amour sincère pour la ville, la nostalgie de Branagh a ôté aux images de son enfance toute l’âpreté qu’exigeait la période historique dans laquelle elles s’inscrivent. Bien trop policé, Belfast se présente dès lors comme un drame familial très gentillet, dont l’empreinte demeure superficielle. C’est bien connu, la nostalgie embellit toujours le passé.
The Batman apparaît, à l'issue de ces 3h quasi homériques, comme un film plein de cinéma jusqu'à la gueule. Mais au-delà de ce simple constat qui lui permet déjà de se hisser au-dessus de la mêlée super-héroïque, The Batman est surtout une brillante réadaptation de l'icône qui le confronte enfin à un abîme empli de désespoir et de nihilisme.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.