Critiques films

Hope : Korean Rollercoaster!

Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Jurassic World : Le Monde d’Après où l’art du suicide assisté par Universal

A l'image des fossiles qu'il donne à voir depuis 1993, il sera intéressant de se pencher sur le cas de Jurassic World : Le Monde d'Après d'ici quelques années (ou décennies). Car en sus de donner une conclusion à la saga qu'il avait lui-même initiée en 2015, Colin Trevorrow donne surtout à voir la fascinante nécrose d'une certaine idée de divertissement. Et tel un vestige du passé, peut-être que ces 146 minutes de calvaires sauront nous montrer la lumière dans un futur proche et la marche à suivre pour ne pas réitérer les erreurs de ce même passé.

Compétition officielle : satire du cinéma

Pénélope Cruz, Antonio Banderas, Oscar Martinez se donnent la réplique dans Compétition officielle. Un film d'humour (parfois poussif) grinçant sur le cinéma, l'argent et l'égo qui ne font pas toujours bon ménage !

Clara Sola, de Nathalie Álvarez Mesén : l’étreinte du désir

Il faut venir se perdre dans la forêt costaricaine pour découvrir ce personnage fascinant qu'est Clara Sola. Un premier film sensuel et sensitif. Une ode à la nature et à la liberté d'être soi.

Variations féminines au « Variety »

« Variety » n'est pas un film d'action. Il peut sembler monotone pour les plus adeptes d'un cinéma plein de mouvement. Cependant, le film de Bette Gordon est fondamental dans son propos, et en particulier aujourd'hui, dans le sillage de questionnements autour de la création cinématographique.

En Roue Libre : (Re)faire Harold et Maud en 2022

Avec En Roue libre, Didier Barcelo rend ouvertement hommage au road movie à l'américaine. Il parvient à composer une oeuvre pleine de fraîcheur. En optant pour l'humour, le cinéaste évite tout misérabilisme et s'inscrit délibérément du côté de la comédie (lucide), au détriment de la noirceur désespérante.

Evolution de Kornél Mundruczó : du devoir de mémoire à la résilience

 Avec Evolution, le cinéaste hongrois Kornél Mundruczó et sa femme scénariste puisent dans leur propre histoire pour montrer le difficile chemin de la résilience pour une famille juive frappée par l’horreur de la Seconde Guerre mondiale. Saisissant.

La colline où rugissent les lionnes de Luàna Bajrami: une quête enflammée de liberté

La colline où rugissent les lionnes est un film de jeunesse, de désir, d'été, mais c'est aussi un film hanté par l'avenir, la mort. Trois héroïnes le peuplent dans un Kosovo hostile aux rêves d'émancipation des jeunes filles. Leur quête de liberté devient alors aussi enflammée que dangereuse.

The Northman de Robert Eggers

Force est de constater que Robert Eggers aime raconter des histoires. Dans sa nouvelle odyssée peuplée de vikings, le folklore n'a de cesse d'habiller ses récits et piétine graduellement les marches du tragique-obscur, avec une esthétique de plus en plus homérique.

Newsletter

À ne pas manquer

Le Principe de Wellington : l’aveu en énigme

Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.

Les Naufragés du Lavalette : légende marine

« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ? - Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »

« Le Fantôme de l’opéra » : horreur en musique

Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.

« Géographie du rap » : musique périphérique

Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.

« Le Parfum des feuilles de thé » : reprendre racine

Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.