Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.
"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après l'excellent Toy Story 4 sorti en 2019, Disney Pixar prolonge la franchise avec Buzz l'éclair, un spin-off dédié à l'histoire du plus célèbre ranger de l'espace. Buzz l'éclair, récit d'aventure initiatique multi-référencé, séduit par son animation, son humour et ses enjeux existentiels. Bon divertissement, il manque cependant un peu d'émotion et de créativité pour séduire pleinement.
Déployant une photographie éclatante, le cinéaste Banjong Pisanthanakun opte pour le dispositif du faux-documentaire pour nous conter un exorcisme thaï écrit par Na Hong-jin. Un procédé qui se révèlera confus malgré une Thaïlande inspirante.
Avec Les goûts et les couleurs, Michel Leclerc livre un film d'émancipation féminine et d'authenticité à l'image de sa filmographie : sincère, drôle et touchante. On y retrouve avec un grand plaisir les voix et le jeu de Judith Chelma et Rebecca Marder dans la peau de deux chanteuses que plusieurs générations séparent et qu'un album commun rassemble.
Avec I’m your man , et après la mini-série The Unorthodox, Maria Schrader confirme ses talents de réalisatrice avec un joli film qui pose des questions essentielles sans chichi, mais sans mièvrerie non plus.
A l'occasion de la ressortie au cinéma du Pacte des loups (2001) en version longue et restaurée (4k), nous consacrons une critique à cette œuvre mémorable qu'on doit au réalisateur Christophe Gans. En effet, autant le sujet (la Bête du Gévaudan), le casting (Samuel Le Bihan, Vincent Cassel, Monica Bellucci, Mark Dacascos, Jérémie Renier, Emilie Dequenne), les décors, l'exploration sociale de la France rurale sous Louis XV, la complexité de l'intrigue que l'ambiance sombre et mystérieuse font de ce long-métrage un film qui marque, qu'il nous ait plu ou non.
All Eyes off Me de Hadas ben Aroya est un film frontal intelligent et sensible qui explore le plus intime de sa protagoniste, pas forcément là où on l’attend
Ayumu Watanabe signe un film d'animation dans la droite lignée de ses maîtres Isao Takahata et Hayao Miyazaki. La Chance sourit à madame Nikuko est une œuvre humaine à l'animation remarquable.
Avec Aline, Valérie Lemercier (réalisatrice et interprète du rôle-titre) se plaît à créer un film en hommage à une femme qu'elle admire manifestement beaucoup : Céline Dion. Pourtant, le biopic n'est qu'inspiré de la vie de la chanteuse, qui y est renommée Aline Dieu. Spectateurs de Céline Dion autant que du film, nous ne connaissons la star qu'à travers différents media : son, image, imprimée ou en vidéo, écran télé, de smartphone ou d'ordinateur... Ou comme une petite silhouette sur une scène lointaine pour ceux qui ont eu la chance de voir Céline Dion en concert. C'est sans doute la raison pour laquelle le film nous paraît si réussi : pas aussi concernés et connaisseurs que la famille Dion, le film Aline risque bien de nous plaire !
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.