Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.
Relatant un fameux succès de désinformation militaire des Britanniques lors de la Seconde Guerre mondiale, "La Ruse" restitue impeccablement les faits et l’époque, mais échoue à traduire le génie et la créativité des officiers du renseignement britannique qui mirent au point ce plan invraisemblable.
Si on est loin de la révolution Sam Raimi scandée par ses fans purs et durs, reste que Doctor Strange In The Multiverse of Madness est suffisamment imprégné du style et des questionnements de son auteur pour se démarquer du reste des productions du MCU. A cela, on pourra ajouter un recours tout sauf déguisé à l'horreur et l'effroi, qui permet le temps d'un film d'investir un genre jusque ici jamais traité et donc d'y insuffler un côté inédit qui commençait à faire défaut. Bref, un spectacle des plus réjouissants en somme.
Le cinéaste Jorge Riquelme Serrano nous livre une synthèse sombre et alarmiste d'une société chilienne inégalitaire et malade. Algunas Bestias est un film d'une grande maîtrise technique sur la décadence des élites.
Adapté du roman « Freshta » de Petra Procházková, paru en 2012 et jamais traduit en France, « Ma famille afghane » est un film d'animation de Michaela Pavlátová, prix du jury d'Annecy 2021. Une belle réussite qui prouve que l'animation est un moyen nécessaire de dire le monde qui nous entoure.
Babysitter le nouveau métrage de Monia Chokri est une œuvre mitigée. Traitant avec drôlerie les thèmes du féminisme et de la misogynie, le film est intéressant , bien qu’un peu inabouti.
« Sentinelle sud » s'inscrit dans le genre installé en France du « retour de guerre » , jadis nourri par « Le Retour de Martin Guerre » ou plus récemment par « Dheepan ». Le premier film de Mathieu Gérault apporte sa pierre à l'édifice en convoquant polar et drame social.
Dans « Murina », Antoneta Alamat Kusijanović explore les désirs d'une jeune femme, Julija, dont la situation familiale ne lui laisse pas la liberté qui lui revient.
Si nous vous disions qu'il existe un film qui est parvenu à mélanger Sophocle, Kafka et Rohmer. Vous n'y croyez pas ? Eh bien, le cinéaste Fabrice Du Welz l'a fait. Dans son dernier film Inexorable, le cinéaste belge est parvenu à faire du polar, un terreau esthétique aux confins de l'ancien et du moderne.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.