A Lire

Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.

L’affaire Arnolfini : enquête sur un tableau de Van Eyck

« Johannes de Eyck fuit hic 1434… » « La phrase est doublement ambiguë. Elle ne dit pas que le tableau date de 1434, mais que la scène qu’il représente a eu lieu cette année-là. Et elle se garde bien de nous informer si, de cette scène, Van Eyck fut le témoin ou le protagoniste. Elle place le tableau sous le signe du double sens. »

« Il était 2 fois Arthur » : partie liée

Jack Arthur Johnson, Arthur Cravan. Le boxeur américain noir et le poète français prédadaïste sont appelés à se croiser. Ces deux provocateurs, respectivement issus d'une Amérique raciste et d'une Europe belliqueuse, vont interroger (grâce à Nine Antico et Grégoire Carlé) la ségrégation, les mobilisations forcées, l'institution du mariage, mais surtout la soif de liberté.

« Introduction à la finance » : quand le « Meilleur professeur » de HEC Paris rencontre Largo Winch

Cette "Introduction à la finance", rédigée par Olivier Bossard, vulgarise les matières financières en recourant à l'univers de "Largo Winch". L'entreprise de vulgarisation est louable et originale sur la forme, bien qu'académique sur le fond.

« Le Mur de Berlin » : la guerre froide à hauteur d’enfant

Au fil d'une bande dessinée didactique, Sylvain Savoia et Fabrice Erre racontent la guerre froide, Berlin divisée et les répercussions du Mur sur le quotidien des habitants de la capitale allemande. Si le récit est relativement convenu, l'entreprise de vulgarisation demeure appréciable.

Le voleur d’estampes et autres beaux objets, par Camille Moulin-Dupré

« Seul dans la nuit, le monde m’appartient. Le temps se suspend. Tout est si calme, si délectable ». Tome 1, page 80.

« Introduction à Jacques Ellul », de Patrick Chastenet

Penseur inclassable, bien que parfois qualifié d'anarchiste chrétien, Jacques Ellul était guidé par la recherche de la liberté. Le court ouvrage de Patrick Chastenet, universitaire et spécialiste d'Ellul, revient sur la spécificité d'une pensée d'un auteur qui, écologiste avant l'heure, aide toujours à comprendre les dérives de la société technicienne.

« Transperceneige : Extinctions » : aux origines…

Avec "Transperceneige : Extinctions", Jean-Marc Rochette et Matz remontent aux origines du Snowpiercer, notamment aperçu chez Bong Joon-ho. Ils racontent un désastre écologique en cours (réfugiés climatiques, tensions internationales) et portraiturent des groupuscules verts terroristes pour qui l'homme n'est rien de moins que le cancer de la terre...

Mon premier rêve en japonais de Camille Royer : mélancolie de l’imaginaire

Mon premier rêve en japonais de Camille Royer livre une belle partition : entre des rêveries fantastiques et le récit initiatique du quotidien de la très jeune Camille, cette bande dessinée est un doux écrin qui parle autant de l’enfance et de ses marasmes que du monde adulte et de la question du déracinement.

Ici ou ailleurs, Guy Delisle et Jean Echenoz se mettent mutuellement en valeur

"Paul J. Bergman, un homme qui est au milieu de sa vie si tout va bien, sortit dans la rue Jules-Verne et regagna sa Mitsubishi Colt." L’équipée malaise. p. 22.

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Les oranges amères, une image bien choisie

« A l’origine, nous étions des êtres doubles : chaque humain était constitué de deux personnes, unies en un seul corps gigantesque. Notre force et nos capacités étaient d’autant plus grandes et notre pouvoir était tel que nous cherchâmes à rivaliser avec les dieux… »

La femme au portrait, meurtre sur le tournage du film

« VOUS AVEZ BIEN CONSCIENCE QU’ON NE PEUT RIEN TOURNER SANS CE SATANE TABLEAU ? »