Actu Livres

Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« L’Âge des inutiles » : et si le ver était dans le fruit ?

Dans "L’Âge des inutiles", David Da Silva croise Donald Trump, la Silicon Valley, l’intelligence artificielle et le cinéma pour poser une question simple mais inquiétante : et si le progrès que nous célébrons préparait déjà notre propre déclassement ? Non pas la grande apocalypse mécanique promise par la science-fiction, mais quelque chose de plus discret et rationnel : un monde où l’humain deviendrait peu à peu l’élément le moins rentable du système.

Viser juste : le premier livre d’Adèle Haenel

Le livre de l'actrice et militante Adèle Haenel "Viser juste" est sorti le 21 août 2026. Véritable enquête littéraire (alternant théâtre, script, essai, récit et analyse), le livre ne se contente pas de raconter, mais propose de penser autrement, de décortiquer le langage pour sortir du récit créé par les dominants, comme au cinéma quand c'est le réalisateur seul qui est tout-puissant, invisibilisant tout le travail collectif. L'écriture de "Viser juste" est aussi travaillée qu'incisive, elle nous plonge au cœur du sujet sans baisser les yeux. Adèle ne se contente pas de témoigner, mais analyse le système qui a rendu possible, et rend encore possible, l'agression dont elle a été victime enfant.

« Une vie de cinéma » : voyage à travers le septième art

Dans "Une vie de cinéma", Michel Ciment décortique le cinéma soviétique, rencontre Coppola ou Gainsbourg, s'interroge sur le métier de critique et rend quelques hommages appuyés à des films ou des réalisateurs parfois mésestimés. C'est à la fois dense et captivant.

« Chroniques d’Arts-Spectacles » : Truffaut, du critique au cinéaste

Gallimard publie un recueil d'articles et de critiques de François Truffaut, présenté par Bernard Bastide. Les obsessions du futur héraut de la Nouvelle Vague y sont mises à nue, tandis qu'affleure une passion communicative pour Hitchcock, Bresson, Hawks ou Rossellini. Le festival de Cannes, les critiques français et Michel Audiard subissent quant à eux la formule courroucée et ironique tellement caractéristique du réalisateur des "400 coups".

Un monde parfait selon Ghibli : les rouages d’un imaginaire intarissable

Dans Un monde parfait selon Ghibli, Alexandre Mathis décrypte les rouages d'une machine bien huilée, d'un macrocosme artistique, d'un empire dont le départ de ses deux maîtres, Hayao Miyazaki et Isao Takahata, semble tragiquement pousser vers le déclin.

« Viva Cinecittà ! » : douze visages du cinéma italien

"Viva Cinecittà !" est une déclaration d'amour au cinéma italien. C'est aussi l'occasion de découvrir, par le menu, douze de ses plus illustres représentants. L'historien du cinéma Philippe d'Hugues nous propose un ouvrage passionné et passionnant, aussi dense que plaisant.

« Scénaristes de cinéma : un autoportrait » : la face cachée du septième art

Cet autoportrait collectif des scénaristes de cinéma renferme une dualité parfois déconcertante. Si les auteurs sont passionnés par leur métier, ils éprouvent souvent les pires difficultés à joindre les deux bouts, mènent plusieurs projets de front par nécessité et souffrent d'un manque de reconnaissance et d'un statut précaire. Bienvenue au coeur d'une étape cruciale dans la construction et le lancement d'un film, parmi les petites mains du cinéma rarement mises à l'honneur...

« Tout Truffaut » : quand Anne Gillain effeuille un héraut de la Nouvelle Vague

Est-ce une analyse ? un effeuillage ? une mise à nu ? Avec « Tout Truffaut », l'auteure et universitaire Anne Gillain, dont c'est le troisième ouvrage consacré au cinéaste, se penche une nouvelle fois, avec un regard clinique, sur l'oeuvre de François Truffaut, dont elle livre une exégèse si pas parfaite, au moins indispensable.

Pierre Salvadori, le Prix de la comédie : un cinéaste à l’oeuvre

Avec des films comme Cible émouvante, Les Apprentis ou Comme elle respire, avec ses neuf nominations aux Césars 2019 pour En Liberté !, Pierre Salvadori redonne ses lettres de noblesse à la comédie française. Le livre, édité chez Playlist Society, donne un aperçu des qualités, du talent et du travail du réalisateur.

Henri-François Imbert, Libre cours : une découverte passionnante

L'excellente maison d'édition Playlist Society revient avec un ouvrage sur Henri-François Imbert dans lequel elle décortique ses œuvres au travers d'analyses thématiques et d'un entretien avec le cinéaste lui-même.

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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

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« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.