"La Guerre des prix", premier film d'Anthony Dechaux porté par Ana Girardot et Olivier Gourmet, plonge dans les coulisses des négociations commerciales entre agriculteurs et grande distribution. L'édition vidéo signée Diaphana prolonge cette réflexion grâce à des bonus qui reviennent sur le tournage et les mécanismes du système alimentaire.
Si ces films – et surtout le second, complètement raté – ont à maints égards mal vieilli, l’édition prestige qui combine les deux films et de nombreux memorabilia, vaut assurément son pesant d’hémoglobine. D’autant plus que les suppléments, tant vidéo qu’écrits, se révèlent parfois plus intéressants que les films eux-mêmes !
Wyatt Earp, Doc Holliday, la fusillade à O.K. Corral… Ces trois mythes occupent une place prépondérante dans le « roman national » de l’Ouest. Pour les évoquer au cinéma, quoi de mieux que deux légendes d’Hollywood ? Au service du réalisateur John Sturges (Les Sept Mercenaires, La Grande Evasion), Burt Lancaster et Kirk Douglas font des étincelles, dans ce western immense.
Déjà confortablement installé à Hollywood, où il a gravi les échelons jusqu'à devenir l'un des monteurs les plus éminents de son temps – il a notamment travaillé pour la RKO Pictures sur les films d'Orson Welles, dont Citizen Kane –, Robert Wise réalise, deux années avant son fameux West Side Story, un film noir sublimé par l'utilisation du grand angle, la présence au générique du chanteur et acteur noir Harry Belafonte, et comportant une réflexion d'avant-garde sur le racisme.
Largement inspiré de faits authentiques, le film est une attaque en règle contre les méthodes policières brutales employées par les Britanniques dans leur lutte contre l’IRA. Loin de l’âpreté et du réalisme kitchen sink de ses débuts, Ken Loach y associe avec un talent fou la critique sociopolitique avec une fiction haletante. On retrouve avec bonheur ce film quelque peu oublié dans une nouvelle édition plus que recommandable signée Rimini.
Au pays des apparats, celui a qui de l'eau de beauté ultime est roi : Beauty Water, un film d'animation horrifique sud-coréen à découvrir en Blu-ray chez Spectrum Films.
Marqué par la fin du romantisme attaché à l’épopée de l’Ouest célébrée par une myriade de classiques du septième art, L’Homme de la loi s’inspire du western spaghetti pour façonner un héros pour le moins ambigu – interprété par rien moins que la légende Burt Lancaster. Respect de l’authenticité historique mais détournement complet des conventions de style : voici le résumé de ce film passionnant signé du Britannique Michael Winner, qui méritait amplement d’être redécouvert.
À (re)découvrir en Blu-ray chez Spectrum Films : Man on the Brink, deuxième long métrage d'Alex Cheung qui signe à nouveau l'un des films matriciels de la nouvelle vague Hongkongaise.
Le Redoutable Homme des neiges n'est pas le film le plus connu de la Hammer, mais il possède des qualités d'écriture et d'interprétation, ainsi qu'une certaine audace dans ses choix de mise en scène, qui en font un film devant être redécouvert. C'est la possibilité que nous offrent les éditions ESC.
Échec à sa sortie, La Lettre inachevée (1960) est pourtant une réussite éblouissante. Le réalisateur et son chef opérateur Sergueï Ouroussevski y écrivirent une nouvelle page glorieuse de leur collaboration, à travers ce film de survie métaphysique, tourné en décors réels dans des conditions extrêmes. Ses expérimentations visuelles – dans la grande tradition des cinéastes soviétiques – et ses prodigieuses qualités esthétiques le rapprochent d’une vraie expérience organique de la nature sibérienne.
À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma.
Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.
« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ?
- Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de…
- Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ?
- Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh…
- Répugnant. Oui
- … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a…
- … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble !
- Franchement, je préférerais pas…
- Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard.
- Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »
En adaptant "Naïs" de Marcel Pagnol, Éric Stoffel et David Ratte redonnent vie à l'un des textes les plus denses de l'écrivain provençal. Derrière une romance contrariée se dessine en effet une réflexion sur le sacrifice, la différence et l'amour possessif, portée par une galerie de personnages d'une remarquable justesse.
Après "L'Étreinte", Jim et Laurent Bonneau se retrouvent pour un nouveau récit habité. Un simple road trip entre amis y fait figure de révélateur. Une traversée des silences, des absences et des liens invisibles qui continuent d'unir les vivants aux disparus. Les Adieux ne durent jamais confirme la singularité d'un duo qui préfère les émotions diffuses aux effets spectaculaires.