Sorties Dvd-Blu-Ray

Le Grand Duel (1972), de Giancarlo Santi : pour quelques plans de Leone

Non dépourvu de plans géniaux – notamment son duel final – et illuminé par le magnétisme de Lee Van Cleef, le film est néanmoins écrasé par le modèle leonien, dont tous les codes sont scrupuleusement respectés. Les suppléments sont généreux et sympathiques… mais eux aussi très imparfaits.

A Prairie Home Companion (2006), de Robert Altman : adieu d’un maître, élégie du Midwest

Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.

Fureur apache (1972), de Robert Aldrich : le cimetière des mythes

Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…

« Harry, un ami qui vous veut du bien » : à tout problème sa solution

Édité par SND Films et distribué par Arcadès, Harry, un ami qui vous veut du bien se voit gratifié d'une nouvelle vie en blu-ray. L'occasion de redécouvrir ce qui fait le sel de ce film dérangeant et singulier.

Hiroshima (1953) de Hideo Sekigawa : le martyre japonais

Cce film montrant les effets de l’explosion de la bombe atomique au cœur de la métropole japonaise, le 6 août 1945, a été peu vu à sa sortie, pour ensuite disparaître complètement en raison du sujet traité et d’un positionnement jugé trop antiaméricain. Voir aujourd’hui ce document terriblement réaliste traitant d’un épisode cauchemardesque de l’histoire récente du Japon, est essentiel. Bien que daté, Hiroshima nous force à plonger dans l’œil du cyclone, à observer l’épitome de la folie guerrière de l’Homme.

Kuessipan, de Myriam Verreault

Une pépite du cinéma québecois : l'histoire de Mikuan, une jeune indienne de la réserve des Sept îles, au nord de Montréal, qui aspire à s’affranchir de sa communauté sans pour autant renier son identité. A découvrir.

Black Jack (1979), le faux film pour enfants de Ken Loach

Black Jack voit le metteur en scène britannique quitter brusquement le réalisme kitchen sink pour se lancer pour la première (et unique) fois dans un drame historique, qui emprunte en outre au conte et au film d’aventures. En dépit d’un cadre forcément singulier, on retrouve dans cette rencontre entre reconstitution historique et fantaisie (faussement) légère bien des thématiques fétiches de l’auteur de Kes.

Jour de colère, de Carl Theodor Dreyer, sort en DVD chez Potemkine et MK2

Film à l'esthétique impressionnante rappelant les maîtres flamands, portrait tragique d'une femme prise entre les élans de sa passion amoureuse et la morale étriquée et mortifère de son temps, Jour de colère, de Carl Theodor Dreyer, est un film qui marque une mémoire de cinéphile. MK2 et Potemkine nous proposent de le revoir en DVD.

« Au nom du père » en combo DVD/blu-ray

L'Atelier d'images propose en combo DVD/blu-ray le chef-d'œuvre de Jim Sheridan Au nom du père, portant sur le conflit opposant l'IRA et la Grande-Bretagne et mettant en scène l'excellent Daniel Day-Lewis.

Ne vous retournez pas, de Nicolas Roeg en Blu-ray chez Potemkine

Retour sur Ne vous retournez pas (Don't Look Now), grand film sensible de Nicolas Roeg à (re)découvrir en Blu-ray chez Potemkine dans sa dernière restauration 4K.

L’Armée Rouge, un documentaire de Michaël Prazan en DVD

Les éditions Arcades et Arte éditions publient en DVD le documentaire de Michaël Prazan consacré à l’Armée Rouge, un angle intéressant pour aborder l’histoire de l’URSS mais dont le résultat n’est pas à la hauteur des espérances, malgré un complément de programme des plus intéressants.

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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.