Rétrospectives

Yi Yi : les angles morts de l’existence

"Yi Yi", ultime film d’Edward Yang, déploie une fresque sensible où une famille taïwanaise traverse doutes, silences et bouleversements intimes. À travers Taipei en mutation, le cinéaste explore la modernité, la transmission et les angles morts de nos existences. Cette analyse revient sur la puissance émotionnelle, la précision formelle et l’héritage durable de ce chef-d’œuvre.

Mahjong : les mirages du capitalisme

Dans "Mahjong", Edward Yang transforme le Taipei des années 1990 en un labyrinthe urbain où argent, illusions et identités en dérive s’entrechoquent. Satire féroce d’une mondialisation naissante, le film dévoile des êtres dispersés comme des tuiles, en quête d’amour, de sens et de ce que l’argent ne pourra jamais acheter. Un portrait lucide, nerveux et profondément humain.

Confusion chez Confucius : Anatomie du désordre

À travers "Confusion chez Confucius", Edward Yang dépeint un Taipei en pleine métamorphose, où modernité, ambition et valeurs traditionnelles s’entrechoquent. Entre satire sociale, portraits intimes et quête d’indépendance, le film explore le travail, l’art, les relations et les fractures d’une société qui évolue plus vite que ceux qui la vivent. Une fresque lucide et poétique sur l’identité taïwanaise face à la modernité.

Ponyo sur la falaise : réconcilier l’homme et la mer

Il est facile de passer à côté de Ponyo sur la falaise, le dixième long métrage de Hayao Miyazaki, sous le prétexte qu'il s'agit d'un film pour enfants. Et pourtant, le cinéaste déploie ici tout le talent auquel il nous a habitué, nous livrant une œuvre d'une grande profondeur abordant les thèmes favoris du cinéaste.

Le Château ambulant, de Hayao Miyazaki : chapeaux, introspection et métonymie du monde

Le cycle consacré au Studio Ghibli nous amène au Château ambulant, l'un des films les plus appréciés d'Hayao Miyazaki, et qui, derrière son univers féérique et son optimisme détonnant, approfondit encore les thématiques habituelles du cinéaste japonais.

La colline aux coquelicots, (Kokuriko zaka kara) de Goro Miyazaki : un fugitif passé

C'est là tout l'itinéraire de La Colline aux coquelicots : au-delà des remous d'une histoire d'amour très chaste, emberlificotée dans une série de rebondissements théâtraux assez détonants pour une production Ghibli, au-delà même du film en soi et d'une animation réputée médiocre pour le studio, un vrai échange s'opère, presque pudique, entre deux générations : tout cela est désuet et donc terriblement indispensable.

Le conte de la princesse Kaguya, d’Isao Takahata

Une petite merveille que cette Princesse Kaguya. Un conte millénaire magnifiquement transposée au cinéma par Isao Takahata, le maître de l'animation japonaise.

Le Voyage de Chihiro : La conquête de son espace.

Le Voyage de Chihiro, c’est l’imaginaire poétique de Miyazaki à son meilleur. On retrouve son univers formel et thématique – la jeune héroïne, la dimension écologique, l’enfance comme âge de tous les possibles, le conte perdu entre merveilleux et réalisme magique – mais avec une puissance et une énergie décuplée.

Porco Rosso, de Hayao Miyazaki : la liberté donne des ailes

De Porco Rosso de Hayao Miyazaki, se dégage une forme de plénitude qui ne cesse de dissimuler un vague à l’âme qui vogue dans l’air avec douceur. Un récital d’animation qui navigue vers le réalisme mais qui n’en délaisse pas moins sa portée mélancolique. Bien au contraire. 

Le Vent se lève, de Hayao Miyazaki : les amours envolées

Suite de notre rétrospective consacrée aux plus grands films du Studio Ghibli. Aujourd'hui, ce sont la mélancolie et les rêves de Hayao Miyazaki dans Le Vent se lève qui sont à l'honneur. Un poème cinématographique, testament d'un artiste et d'un homme passionné par l'amour, la guerre et les avions.

Nausicaä de la vallée du vent : naissance de l’héroïne selon Hayao Miyazaki

En 1984, Ghibli n’existe pas encore, mais le succès de Nausicaä de la vallée du vent n'est pas pour rien dans la décision de Miyazaki de fonder le célèbre studio. L'héroïne est purement made in Hayao : elle est jeune et puissante, elle se bat contre les forces de la nature et les destructions humaines. Le dessin est d'une belle complexité, le visage de Nausicaä est poupon mais le monde qui l'entoure est d'un fantastique sombre et en pur contraste avec des films plus enfantins comme Mon voisin Totoro. Cette très belle réussite est aussi un chant d'humanité, nous appelant à écouter la nature qui nous entoure. Un prélude au plus désabusé Princesse Mononoké et sa violence stylisée, son monde véritablement malade. Tous ces films sont à voir en ce moment sur Netflix.

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