Marty Supreme, Coutures, Kiss of the Spider Woman : du ping-pong synthétique à l’orgue sous les paillettes
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Accueil Rétrospectives Serge Théloma·18 mars 2020·2 min de lecture·0Le conte de la princesse Kaguya, d’Isao Takahata PartagerFacebookTwitterPinterestEmail Serge Théloma Rédacteur LeMagduCiné Dans l’univers Ghibli, Isao Takahata occupe une place particulière. En effet, il n’est pas dessinateur mais réalisateur. Peu de continuité graphique donc entre des œuvres aussi différentes que Le Tombeau des Lucioles et Le Conte de la princesse Kaguya qui nous intéresse ici. L’émotion en revanche est toujours au rendez-vous. Un conte millénaire En adaptant Le Conte du coupeur de bambous, Isao Takahata raconte une histoire à portée universelle, celle d’une enfant au destin royal adoptée par un couple de paysans. Mais le cadre général de l’histoire est bien celui de la culture japonaise. Un imaginaire collectif fait de bambouseraies et de cerisiers en fleurs, de chambres cloisonnées et de jardins intérieurs, de rapports de filiation et de code de l’honneur. Un Japon que des œuvres littéraires ou cinématographiques (on pense à Ozu ou Imamura) nous avaient rendu familier et que le film d’Isao Takahata met en scène avec finesse et légèreté. Dessin et musique au service de l’émotion Les choix de l’aquarelle et de l’esquisse participent de cette harmonie. Un style très épuré à la fois classique et audacieux. Lorsque la princesse s’enfuit à travers la campagne, cette scène charnière dans le récit est traitée avec un dessin pour le moins énergique. De même, là où les traits des personnages secondaires sont pour la plupart simplement esquissés, le traitement graphique de la Princesse semble plus sophistiqué, lui conférant une personnalité plus affirmée. La musique de Joe Hishaishi contribue grandement à la poésie du film comme les scènes où la princesse égrène des notes nostalgiques sur son koto, ou encore la procession des êtres célestes qui génère une émotion d’autant plus forte qu’elle s’inscrit dans un récit tout en pudeur et retenue. La poupée qui dit non Mais surtout, quelle belle héroïne que cette Princesse Kaguya. Irréductible à toute forme d’embrigadement, rétive aux tentatives de séduction des hommes. Une petite qui obéit quoi qu’il lui en coûte à ses parents, rentre dans le rang qu’on lui assigne mais sans jamais oublier les instants de bonheur bucoliques de son enfance. Il y a de la fidélité mais aussi de la résistance chez cette jeune fille qui envoie balader ses prétendants, préférant son modeste métier à tisser aux offres de l’empereur. On pense à Pénélope ou Shéhérazade, autres incarnation féminine de la résilience. Une princesse libertaire, qui tient du bambou qui l’a vu naître sa capacité à résister, et de la lune vagabonde son désir d’indépendance absolue. Bande annonce : Fiche technique : Titre original : かぐや姫の物語 (Kaguya-hime no monogatari) Titre français : Le Conte de la princesse Kaguya Réalisation : Isao Takahata Scénario : Isao Takahata et Rito Sakagushi d’après Kaguya-hime de Murasaki Shikibu Musique : Joe Hisaishi Production : Yoshiaki Nishimura, Toshio Suzuki et Seiichiro Ujiie Sociétés de production : studio Ghibli, Walt Disney Studios Entertainment et Dentsu Société de distribution : Toho Budget : 5 milliards ¥ (soit environ 49,3 millions $) Pays d’origine : Japon Langue originale : japonais Format : couleurs Genre : Animation, fantastique, historique Durée : 137 minutes Dates de sortie : Japon : 23 novembre 2013 France : 25 juin 2014 Portugal : 9 avril 2015 Brésil : 16 juillet 2015 Dates de sortie DVD : États-Unis et Canada : 17 février 2015 Note des lecteurs0 Note4.5
La rédaction LeMagduCiné·MusiqueMarty Supreme, Coutures, Kiss of the Spider Woman : du ping-pong synthétique à l’orgue sous les paillettes