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The Corner, Une Série De David Simon : Critique

Cette mini-série est l’adaptation du livre-enquête écrit par David Simon et Ed Burns The Corner: A Year in the Life of an Inner-City Neighborhood.

Le premier est aussi à la création, mais avec David Mills, ce sont deux journalistes de la ville de Baltimore, lieu où se déroule les faits. Ils nous relatent le quotidien de Lafayette Street, un ghetto noir au début des années 90, à travers la vie de la famille McCullough détruite par la drogue.

Synopsis : La vie quotidienne des habitants de La Fayette Street à Baltimore, un quartier défavorisé rongé par la drogue qu’on vend en plein jour et la violence. DeAndre McCullough, âgé de quinze ans, vit avec sa mère Fran, une toxicomane, comme son père Gary.

Growing Up In The Hood

Charles S. Dutton est à la réalisation. Il ouvre et ferme chaque épisode en s’adressant à la caméra, ou en faisant intervenir des gens du quartier, en les interrogeant sur leurs vies. Cela confère un côté documentaire, en nous plongeant au plus près de cet enfer sur Terre. L’histoire est réelle, ce qui la rend encore plus effrayante. Les acteurs se mêlent à cette communauté, accentuant le réalisme des événements. Dès sa première apparition, Charles S. Dutton, rappelle qu’il n’y avait que cinq prisons dans l’état du Maryland, avant que la drogue envahisse les rues. Maintenant, elles sont au nombre de 28 et pourtant, les coins de rues n’ont pas disparu, le problème est toujours là. La répression n’étant pas une solution, mais un pansement, sur un problème plus profond.

On va faire la connaissance de Gary McDonnough (T.K. Carter), un homme sans emploi, vivant dans le sous-sol de ses parents et dont le quotidien se résume à trouver l’argent, pour s’offrir sa dose de crack. Par le biais de flashbacks, on découvre son passé, tout comme celui du quartier, où la vie semblait plus agréable. Il avait une bonne situation, une maison, une femme et un fils, avant de tomber dans la drogue. Ce fléau venu des tours, avant d’envahir les rues et détruire familles et vies. « Une vie de chien », c’est comme cela que Gary parle de lui. Il écume les maisons abandonnées et décharges, pour trouver du cuivre et le revendre, tout en pensant à d’autres moyens d’avoir des dollars dans ses mains, avant que cela finisse dans ses veines. De l’argent difficile, pour une vie, qui l’est tout autant.

En le suivant dans les rues de Baltimore ouest, où se côtoient les dealers et drogués, on découvre la dure réalité de ses habitants. Ils sont abandonnés à leur sort. En-dehors des descentes de police quotidiennes et des blancs venant prendre leurs doses de coke, personne ne s’aventure dans leurs quartiers. Les coins de rues sont aux mains des dealers, des points stratégiques convoités par les locaux, comme par ceux venant de New York. Chaque jour, une bagarre ou un coup de feu se fait entendre, pour s’approprier le coin ou le garder. C’est une guerre sans fin, la police semble impuissante face aux profits générés par la vente de la drogue, où les vendeurs sont des adolescents. L’argent facile est attractif, une manière d’améliorer leurs vies, d’aider leurs parents, de vivre au lieu de survivre. Mais avec autant de dollars dans les mains, ils prennent le pouvoir face à leurs parents, souvent aux chômages. Ils ont grandi trop vite, ne respectent ni l’autorité parentale, ni policière. Ils ont quitté l’école, le dollar est devenu le seul moteur de leurs vies.

Dans chaque épisode, on va découvrir un nouveau membre de la famille McDonnough. DeAndre McCullough (Sean Nelson) est le fils, pris entre le désir de s’en sortir et celui de l’argent facile. Il n’a aucun repère, ni exemple. Ses parents sont des drogués, il est seul face à la rue et pour un adolescent, comment résister aux tentations, que ce soit les filles ou les dollars ? Pour la police, c’est un dealer et rien d’autre. Alors que c’est avant tout un être humain, avec ses qualités et ses défauts. Il y a du talent dans ses mains, on le découvre à travers ses écrits. Il n’est pas le seul, mais dès le départ, les dés sont pipés.

Mais en ce lieu de perdition, il y a le centre social de Mlle Ella (Tyra Ferrell), un endroit où les enfants et adolescents peuvent échapper, temporairement, à la difficulté de leur quotidien. Elle porte sur eux un regard rempli de tendresse, une femme forte qui a foi en eux et tente de les éloigner de la rue, par le sport et les arts. Tout le monde la respecte, enfants comme adultes. Elle a choisi de rester dans le quartier, de se battre pour eux et non, contre eux. Une différence énorme, en ne les stigmatisant pas, mais en essayant de faire ressortir le meilleur de chacun. Ils ne sont pas nés dealers, drogués ou gangsters, ils le sont devenus par défaut, choix ou influences. Elle est la lumière, dans l’obscurité de leurs vies, une main tendue. Mais on en revient toujours au même point, comment lutter contre le dieu dollar ?

Fran Boyd (Khandi Alexander) vient compléter ce sombre tableau. Une mère tiraillée entre la drogue et ses fils, voulant leur réussite, mais aussi sa dose de crack. Son passé commun avec son mari Gary McDonnough, où leur vie était heureuse, ou du moins confortable, resurgit parfois, apportant un peu de couleur dans la grisaille de leur présent. Au fil des épisodes, on découvre comment ils en sont arrivés là et comment le quartier a évolué. Cette descente aux enfers est liée à la dégradation de Baltimore ouest, devenant un ghetto noir, dans un pays soit disant évolué. Une situation dont ils ne semblent pouvoir s’échapper, ni leurs familles, ni leurs amis, ne les aident, bien au contraire. C’est une spirale sans fin, ils ne peuvent faire confiance à personne. Les arnaques et humiliations font parties de leur quotidien, seule la drogue leur permet d’oublier leur condition de vie inhumaine.

Baltimore se bat avec Washington pour le titre, peu glorieux, de capitale du crime. Les récents événements avec le décès de Freddie Gray et les émeutes qui ont suivi, démontrent la violence qui règne dans cette ville, qu’elle soit des mains de la justice, ou pas. Un constat effrayant de la condition de vie des noirs aux États-unis, dont The Corner montre la face cachée, celle d’une population abandonnée comme la ville, d’un combat sans fin face à la drogue et ses ravages.

En tant que journalistes et policiers, ils mettent leur expérience au service de l’histoire, en faisant une étude sociologique de cette ville et de ses habitants. La qualité de la série a été récompensée par trois Emmy Awards en 2000 : meilleure mini-série, meilleur réalisateur pour Charles S. Dutton et création pour David Simon et David Mills. Pourtant, elle reste confidentielle, malgré sa grande qualité, on s’attache à ces personnes, on ressent leurs douleurs, en espèrant un avenir meilleur pour eux, c’est très fort émotionnellement et humainement.

Trailer – The Corner

Fiche technique – The Corner:

The Corner – USA
2000 – 6 épisodes
Créateurs : David Simon et David Mills
Réalisation : Charles S. Dutton
Distribution : T.K. Carter, Khandi Alexander, Sean Nelson, Clarke Peters, Glenn Plummer, Toy Connor, Maria Broom, Corey Parker Robinson, Tyra Ferrell, Delon Browne, Neko Parham, John Epps et Brian O’Neill
Musique : Corey Harris
Producteurs : David Simon, David Mills et Robert F. Colesberry
Productions : HBO, Blown Deadline Productions et Knee Deep Productions
Genre : Drame

Cannes 2015: Sorrentino Et Kore Eda Dans Le Sillon De Leurs Aînés

Cannes 2015: une ère moderne avec des airs d’antan

La seconde quinzaine du mois de mai a la jolie tendance d’attirer l’attention sur la France. Avant l’ocre de la terre parisienne, c’est vers le tapis rouge cannois que tous les regards se dirigent. Encore une fois, les pieds les plus fameux du cinéma mondial le fouleront, les robes et les paillettes le sublimeront. Mais si cette carpette sublime confère au festival un costume connu de tous, l’âme de ce rassemblement réside bel et bien dans la célébration des films de tout temps et de tous lieux.

Et alors que la section Classique du cru 2015 met à l’honneur des figures de références des cinémas italiens et japonais (Visconti, Mizoguchi, Fukazaku); il est intéressant de remarquer qu’en parallèle, dans la sélection officielle, des cinéastes tels que Paolo Sorrentino et Hirokazu Kore Eda apparaissent en porte étendard d’une tradition cinématographique qu’ils incarnent et respectent, tout en la réinventant. Leurs films sont des hommages, mais surtout, indépendamment de leurs maîtres, gravés dans le contemporain et la modernité.

La Grande Bellezza, farandole « Fellinienne » revisitée

La Grande Bellezza, il y a 2 ans de cela, magnifiait déjà les contraires, faisant s’entrechoquer les gloires du passé et la décrépitude du présent, virevoltant dans le temps et dans les doutes d’une ville et d’un homme essoufflés. Fellini n’était pas loin, tout prêt même; La Dolce Vita (Palme d’or en 1960) résonnait en couleur. Et, même si Anita Ekberg n’était plus là, le film s’ouvrait sur une fontaine, « D’Ell Acqua Paula » cette fois. Avec cette même quête de réponse et de finalité, plongée dans un mysticisme antique. On peut imaginer Tony Servillo en figure plus âgée de Marcello Mastroianni, homme de lettre, homme de femmes, tiraillé par la société, sur laquelle ils portent un regard de dégoût admiratif. On retrouve les mêmes danses vertigineuses, chaudes, ce même culte de l’image pour les vestiges, les statues, et les corps. Ce même regard posé sur les élites: aristos comme intellos, tous participent à la déchéance, celle-ci contrebalancée par une morale religieuse et spirituelle en perte de vitesse. Le tout capté par une caméra dont on ne sait pas vraiment si elle est vivace ou langoureuse, mais qui nous invite dans les méandres d’une société en crise. Deux films absolument lyriques, mais ancrés dans un réel questionnement des mœurs et des esprits. Fellini et Sorrentino, deux cinéastes alarmés mais peut-être aussi un peu envoûtés par leur époque et la ville dans laquelle ils vivent. Deux metteurs en scène géniaux pour capter la puissance et la fragilité des hommes, la beauté et la futilité des choses.

Still Walking, poème « Ozuesque » sur la famille

Still Walking (2008), un des plus beaux films de Kore Eda, mais pas sélectionné à Cannes comme avaient pu l’être Nobody Knows ou encore Tel Père Tel Fils il y a deux ans, n’est pas sans rappeler Voyage à Tokyo (1953) de Yasujiro Ozu. Les deux Japonais explorent littéralement la famille, exhibant avec délicatesse les blocages générationnels et émotionnels communs à tous. Tout est dit sans vraiment le dire, tout est montré sans vraiment le faire, c’est un cinéma fin où l’on lit entre les lignes, c’est un cinéma silencieux où l’on entend les plaintes. Deux films, de proximité spatiale et d’éloignement temporel, où la mort n’est jamais très loin. Ozu comme Kore Eda rapprochent leurs protagonistes pour mieux les séparer. Chez le premier les parents visitent les enfants, l’inverse chez le second. De notre œil d’Européen, il est d’autant plus intéressant d’observer cette société radicalement différente sur la forme, mais étrangement similaire sur le fond, avec cette même bataille quotidienne pour l’expression de soi et la compréhension des autres. Deux films qui puisent leur force dans leur sujet, mais aussi dans l’habileté de leur mise en scène qui, en douceur, parvient à dépeindre la famille, mouvante et nostalgique.  La maison ne peut alors qu’être le théâtre du récit, et bien que ce ne soient pas des huis clos, le poids des murs se fait sentir. La fixité et la patience des plans entretiennent le père, le fils, la mère, la fille dans leur tourmente. Et tout ou presque relève de l’ordinaire: les dialogues, les personnages, l’intrigue. Mais cette banalité importe puisqu’elle contraste avec ce qui n’arrive pas à ressurgir, le dialogue, la confession, le sentiment. Kore Eda s’affirme dans son temps en décrivant une famille moderne, recomposée, où la filiation n’est pas biologique, et où le remariage dérange les traditions.

On comprend pourquoi les deux réalisateurs sont appréciés à Cannes, ils s’inscrivent pleinement dans la culture de l’image et du sujet de cinéastes pionniers. Il ne reste plus qu’à espérer que les films qu’ils nous présenteront soient à la hauteur de ce qu’ils sont et de ceux qu’ils revisitent.

 

La Tête Haute, un Film d’Emmanuelle Bercot : Critique

Bienvenue chez les chtis

Un an plus tôt, le festival de Cannes s’ouvrait sur une démonstration, formelle comme thématique, de ce que le cinéma pouvait engendré de plus clinquant et pompeux avec un Grâce De Monaco terriblement décevant. Après ce flop artistique et commercial, la programmation cannoise prend, à l’occasion de sa 68ème édition, sa réputation d’étalage bling-bling à contre-pied, en débutant par un modeste film social signé par une réalisatrice française. Finis les palais royaux monégasques, place aux centres de rééducation du Nord-Pas-De-Calais. Une initiative d’autant plus louable que la parité au sein de l’industrie cinématographique est, comme l’aura d’ailleurs prouvé le discours d’ouverture de Lambert Wilson quelques minutes avant cette première mondiale, devenue un enjeu capital. La tête haute n’est toutefois pas une petite production qui avait fondamentalement besoin d’être diffusée en festival pour jouir d’une promotion vendeuse, la seule présence de Catherine Deneuve y pourvoyait. C’est d’ailleurs la seconde fois qu’Emmanuelle Bercot dirige l’ancienne star des Parapluies de Cherbourg, puisque sa présence dans le très remarqué Elle s’en va, neuf mois plus tôt, avait été considérée par certains comme un « renouveau » à sa longue carrière. Cette fois, l’actrice prête ses traits à une juge pour mineurs à Dunkerque pleine de détermination.

Quelque part entre Mommy et Bronson

Mais, contre toute attente, Catherine Deneuve n’est ni le personnage principal, ni l’interprète la plus remarquable du long-métrage. En plus d’un Benoit Magimel plus authentique que jamais en instituteur paternaliste et d’une Sarah Forestier, pas crédible pour deux sous en mère irresponsable et physiquement repoussante, le casting tourne autour d’un jeune acteur qui porte littéralement le film sur ses épaules. Rod Paradot est une révélation pleine de promesses permise par un casting sauvage, puisqu’il a été repéré alors qu’il était en plein C.A.P. menuiserie en Seine-Saint-Denis. Pour incarner Malony, cet adolescent perturbé, le jeune acteur fait preuve d’une énergie qui rend plus saisissantes encore ses fêlures intérieures. Impossible, en voyant ce jeune garçon survolté, de ne pas penser à celui du dernier film de Xavier Dolan, d’autant que Rod Paradot a le même regard qu’Antoine-Olivier Pilon. Mais la différence vient du fait que, plutôt qu’une prise en charge maternelle au Canada ici, en France, le garçon est entre les mains des services sociaux. Les rouages de cet encadrement judiciaire sont décrits avec un sens du réalisme qui n’a rien à envier au Polisse de Maïwenn, mais dont le scénario ne fait que répéter le même schéma : passage devant le juge, mise en institution, sortie avec de bonnes intentions, récidives, passage devant le juge… Après deux ou trois cycles, le film aurait pu se clore mais la répétition semble, comme la violence interne du personnage, intarissable.

Un plaidoyer pour l’étatisme sociétal

Alors que la question de l’éducation de nos jeunes est au centre du débat public, la vision de La Tête Haute interroge très clairement sur le traitement que méritent les délinquants jugés irrécupérables. Si le film avait pris fin à mi-parcours, nous épargnant des redites irritantes mais laissant Malony dans sa situation sans avenir, il aurait s’agit d’un constat d’échec terriblement fataliste sur les capacités de la justice à éviter aux délinquants de plonger dans la spirale des récidives et de la criminalité. Difficile, durant les cent-vingt minutes, de savoir comment Bercot va réussir à clore son film, puisque ce message négatif semble, dès le début, ne pas être son objectif. Tandis que le parcours de Malony accumule les rabâchages et les clichés, la naissance d’une histoire d’amour annonce vers quelle note positive la réalisatrice va diriger son happy-end. Mais la conclusion outrageusement mielleuse du film (qui elle-même fait écho à la scène d’ouverture d’ailleurs) va se terminer sur un plan de fin d’un drapeau bleu-blanc-rouge flottant au vent, qui rend indiscutable la complaisance de la réalisatrice envers les institutions françaises, pour ne pas dire sa volonté d’apologie du travail du ministère de la justice.

Privé du moindre effet de mise en scène et pas toujours bien filmé, La Tête Haute profite d’une réalisation crue qui participe au sentiment de réalisme brut que dégage son histoire. Mais, plus que son esthétique rudimentaire ou sa bande originale lourdaude, le nouveau film d’Emmanuelle Bercot est surtout ankylosé par une narration rébarbative et par une morale des plus consensuelles. Heureusement, la présence d’une Catherine Deneuve majestueuse et la révélation électrisante de l’excellent Rob Paradot nous rappellent que, s’il avait duré deux fois moins longtemps, nous aurions assisté à un grand moment de cinéma.

Synopsis : Dès ses six ans, l’avenir du jeune Malony est placé entre les mains d’une juge pour enfants qui l’éloigne de sa mère, incapable de l’élever seule. Dix ans plus tard, il est devenu un délinquant multirécidiviste que les multiples passages devant la justice n’ont pas su calmer. La juge et l’éducateur qui se chargent du dossier vont devoir redoubler d’efforts pour remettre Malony sur le droit chemin avant qu’il n’atteigne la majorité.

La Tête Haute: Bande Annonce

La tête haute: Fiche Technique 

Réalisation : Emmanuelle Bercot
Scénario : Emmanuelle Bercot et Marcia Romano
Interprétation : Rod Paradot (Malony), Catherine Deneuve (la juge), Benoît Magimel (Yann), Sarah Forestier (Severine)
Photographie : Guillaume Schiffman
Montage : Julien Leloup
Producteur : Denis Pineau-Valencienne et François Kraus
Maisons de production : Wild Bunch et France 2
Distribution (France) : Wild Bunch Distribution
Récompenses: Césars 2016 du meilleur espoir masculin pour Rod Paradot et Meilleur acteur dans un second rôle pour Benoit Magimel
Durée : 120 min
Genre : Drame
Date de sortie : 13 mai 2015

France – 2015

Natalie Portman Dans Un Film Français

Natalie Portman jouera dans un film fantastique français aux côtés de Lily Rose Depp.

Alors que Natalie Portman présente aujourd’hui à Cannes son premier film, Une Histoire d’Amour et de Ténèbres, la réalisatrice française Rebecca Zlotowski (Grand Central) annonce que l’actrice jouera dans son prochain film : Planetarium.

La star américaine Natalie Portman partagera la tête d’affiche avec Lily Rose Depp, la fille de Vanessa Paradis et de Johnny Depp.

Le film Planetarium se déroule dans la France de l’entre-deux-guerres et raconte l’histoire de deux sœurs (Natalie Portman et Lily Rose) capables d’entrer en contact avec les esprits. Leur chemin croisera celui d’un producteur français inspiré de Bernard Natan, producteur juif franco-roumain des années 1920 et 1930 et directeur des studios Pathé.

Le contexte politique de ce film, tant réaliste que fantastique, fait écho à la crise actuelle et à la montée de l’extrémisme en Europe.

À ce sujet, Natalie Portman a déclaré récemment au magazine Hollywood Reporter qu’elle se sentait nerveuse à l’idée de vivre à Paris en tant que Juive, notamment après l’attaque contre l’Hyper Cacher.

Mariée à Benjamin Millepied, directeur de la danse à l’Opéra de Paris et qui ouvrira le Festival de Cannes par un spectacle, Natalie Portman s’est installée en France et a avoué qu’elle se débrouillait en français. Elle devrait ainsi tourner le film dans la langue de Molière.

Le scénario de Planetarium, co-écrit par Zlotowski et Robin Campillo (scénariste de Eastern Boys, Entre Les Murs et Les Revenants) sera produit par la société française de Frédéric Jouve et Pierre-Louis Gamont : Les Films Velvet.

Le tournage du film Planetarium débutera en septembre 2015 pour une livraison prévue en mai 2016.

Danny Elfman, le compositeur attitré de Tim Burton

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Danny Elfman, Tim Burton : Rencontre entre un génie du cinéma et un peintre de l’enchantement sensoriel

Danny Elfman est le compositeur attitré de Tim Burton, le maître au style unique et à l’univers baroque alliant gothique et psychédélisme. Né à Amarillo (Texas), d’un père pilote et d’une mère auteur de livres pour enfants, c’est lors d’un séjour à Paris que le jeune Danny Elfman décide de fonder avec son frère Richard une troupe théâtrale et musicale, The Mystic Knights of the Oingo Boingo (c’est-à-dire, Les chevaliers mystiques de Oingo Boingo), qui prendra par la suite le nom de Oingo Boingo. C’est aussi l’époque de sa première BO pour Forbidden Zone, le premier film réalisé par son frère Richard Elfman.

Danny Elfman, musicien au sein du groupe rock Oingo Boingo (entre 1979 et 1995), rencontre Burton lors de la préparation du premier long-métrage Pee-Wee’s Big Adventure, Burton dira
« Avant de travailler pour le cinéma, j’allais les voir dans les clubs. J’ai toujours aimé leur musique. De tous les groupes que j’allais voir Elfman sur scène, avec beaucoup de cheveux ! – des groupes punk essentiellement -, c’est eux qui semblaient composer la musique la plus narrative et la plus cinétique

Les deux saltimbanques collaboreront sur une période de près de 30 ans, Danny Elfman est l’un des rares musiciens issus du Rock à avoir percé dans la musique de film…. Il est le compositeur de bandes originales de plus de 80 films, dont des séries TV comme Les Contes de la Crypte à la fin des années 80, le générique de la célébrissime série américaine d’animation réalisée par Matt Groening : Les Simpsons et plus récemment Desperate Housewives. Un musicien doué pour les « Main Titles » de ses BO : ses  » introductions » pleines d’inspirations marque le cinéma contemporain. Depuis 1990 Danny Elfman est le compositeur fétiche d’un autre grand réalisateur Sam Raimi, il a aussi travaillé avec Gus Van Paul Haggis, Ang Lee, Rob Marshall, Guillermo Del Toro, Brian De Palm, Peter Jackson. Stephen, J. Anderson…. Durant ces trente dernières années, Danny Elfman, quatre fois nominé aux Oscars, s’est hissé parmi les compositeurs les plus versatiles et complets de l’industrie du cinéma.

Bien que peu sûr de lui du fait de son absence de formation musicale “traditionnelle”, Elfman se révélera être un compositeur de bandes originales particulièrement prolifiques…
Ils ont parié sur moi. Ils ont parié sur Danny. (…) Quand je l’ai entendue jouée [la musique] par un orchestre, ça a été un choc. Ça a été une des expériences les plus mémorables de mon existence. C’était la première fois que la musique était un personnage à part entière d’un de mes films.

Tim Burton débute ainsi avec Elfman l’un de ces grands couples réalisateur/compositeur tels que Hitchcock/Herrmann, Fellini/Rota ou Spielberg/Williams et dévoile au grand public et au monde du cinéma celui qui est amené à devenir l’un des grands compositeurs des années 1990-2000. Une collaboration fructueuse qui débutera avec le premier film de Tim Burton Pee Wee’s Big Adventure, et qui ne s’est pas arrêté, puisque le compositeur réalise la BO du film Big Eyes.

Notons que les premiers courts-métrages de Tim Burton, Vincent (1982) et Frankenweenie (1984) sont composés respectivement par Ken Hilton et Michael Convertino-David Newman).

Voyagez en musique :

Faisons un bond en arrière, au temps de Marty McFly, et découvrons la musique de Danny Elfman à travers quelques extraits de bandes originales. Écoutons cette musique en parfaite harmonie avec l’atmosphère de ses films virevoltant au son de ses instruments (cuivres, pianos, cordes…) et chœurs tels des flocons sensoriels en symbiose absolue avec cette caméra qui a su magnifiée des moments de grâces musicales magiques.

Pee Wee : Ouverture / The Big Race :

Batman Musique

Batman : Le Défi (Batman Returns)

Mad Max : Genèse d’une saga culte

Bienvenue dans l’enfer Mad Max !

Dire que Mad Max : Fury Road est attendu semble relever, aux yeux des récents événements que sont sa sélection au Festival de Cannes ou son adoubement par Tom Hardy, d’un euphémisme confondant. Il faut dire que les nombreuses bandes annonces du dernier né du cerveau de George Miller ont eu de quoi affoler les cinéphiles du monde entier et la rédaction, tant cet élan dévastateur de folie et de sable parvenait en l’espace de 120 secondes à peine, à pardonner trois décennies d’attentes envers son faiseur.

Un faiseur, George Miller qui, conscient de sa chance de pouvoir continuer à subsister au sein de ce microcosme délirant qu’est Hollywood a tenu, quitte à jouer son ultime atout, à voir les choses en grand : 100 millions de dollars de budget (somme astronomique s’il en est quand on la compare aux maigres 350 000 du premier film) tournage en Namibie et casting de très haute volée avec le badass Tom Hardy, la vénéneuse Charlize Theron et l’étoile montant Nicholas Hoult, le tout animé par une seule volonté et non des moindres que celle de littéralement ébranler le genre du film d’action.

Pourtant, alors que ce festival pyro-apocalyptique est sur le point de débarquer dans les salles obscures du monde entier, non sans avoir au préalable eu le privilège de fouler le tapis rouge de Cannes, ou la standing ovation sera très certainement de rigueur, et alors que des masses déchaînées de spectateur vont se ruer sur cet OVNI sableux sorti de nulle part, il importait à la rédaction de Cinéséries-Mag, face à la horde de fans en bas-âge gravitant autour du projet simplement pour ses images et non pour l’héritage et le message qu’il renferme, de combler les lacunes de certains sur l’univers malsain et steam-punk de la franchise dont ce quatrième volet portera bien haut l’étendard.

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Car malgré le vent de fraîcheur que suscite le projet, à la lisière entre volonté revancharde et démonstration de talent, Mad Max : Fury Road a une histoire. Un héritage laissé en jachère depuis 30 ans et la sortie du dernier volet auquel ce quatrième opus, bien que ne voyant pas Mel Gibson ré-endosser la mythique veste en cuir, se doit d’adhérer quitte à devoir se mettre à dos tous les fans de la première heure.

Et quelle histoire ! Non content d’avoir ouvert la voie au genre post-apocalyptique, démocratisé avec ce dernier, Mad Max s’affirme également comme le sursaut d’orgueil, si ce n’est le réveil en fanfare d’un cinéma devenu aujourd’hui rugueux, dur et tranchant : le cinéma australien. Ardemment porté de nos jours par John Hillcoat (La Route, Des Hommes Sans Loi) et David Michod (Animal Kingdom, The Rover), le cinéma australien ne serait rien sans George Miller et George Miller ne serait rien sans Mad Max. Une étonnante concordance qu’il importait à la rédaction de rappeler, autant pour améliorer votre culture cinématographique que pour vous informer du riche passif dans lequel baigne Mad Max Fury Road qu’il nous tarde déjà de voir.

Une étrangeté nommée Mad Max.

Jusqu’au milieu des années 1970, le cinéma australien n’est connu que d’une poignée de cinéphiles. Solitaire et brassant un certain intimisme car articulé autour de traditions folkloriques, son audience peine alors à s’exporter. Pourtant, cette même décennie verra ce cinéma jusque alors destiné à ne jamais éclore à la surface du monde, opérer un revirement spectaculaire, le tout sous l’impulsion de certains cinéastes. Et au sein de cette mouvance, va d’ailleurs se détacher un film très énigmatique : Mad Max.

Délaissant les genres habituellement traités, le film, en plus de compter une équipe technique et un casting inconnus, témoigne d’un dynamisme et d’une violence jusque alors jamais vus, quitte à tétaniser les foules s’étant risqués à aller voir ce que l’Histoire retiendra comme le « road-movie des temps modernes » Au volant de ce film, un inconnu du nom de George Miller, étudiant en médecine, qui découvrira sa réelle vocation le jour où il franchira les portes du quartier hospitalier des accidents de la route. À la vue de ces corps mutilés par le bitume et les éclats de tôle, ce natif du Queensland va comprendre qu’une histoire peut être racontée. Au programme de celle-ci, des voitures, des accidents, un trauma, et beaucoup de folie.

Surfant sur l’évident passé de son pays (les premières populations australiennes sont des prisonniers exilés par l’Empire Britannique) pour concevoir la sève résolument folle dangereuse de son long-métrage à venir, Miller attendra pourtant quelques années, le temps de prendre du galon et de s’entourer de collaborateurs loyaux et suffisamment fous pour le rejoindre sur ce projet aux ramifications sommes toutes sibyllines. Allouant un budget de 350 000 dollars à son film (un budget très limité pour l’époque), Miller se lance dans le tournage. Éprouvant, riche en mauvais souvenirs, ce dernier ébranlera profondément le cinéaste, irrité par son film qu’il juge « techniquement insuffisant ». Pourtant, rien n’aurait pu le préparer au succès d’estime que le film rencontrera aux quatre coins du monde, se payant d’ailleurs le luxe de devenir l’un des plus rentables de tous les temps puisque engrangeant pas loin de 100 000 millions de dollars.

History of Violence

Narrant à travers une vision résolument pessimiste la déliquescence d’un monde devenu gangrené par la sauvagerie et le chaos, Mad Max ne se voulait pourtant pas un film destiné à rassembler les foules. Manichéen, dangereux, violent, anticonformiste, Mad Max cultivait avec un rare sens de justesse la différence revendiquée par son auteur, issu non pas d’école spécialisées mais des couloirs d’hôpitaux. Une différence, devenue depuis la sève de cet univers, qu’on aperçoit dès les premières minutes du film, ce dernier s’ouvrant sur une course poursuite d’une dizaine de minutes tout simplement hallucinante, renvoyant Bullit et French Connection au tapis, car témoignant déjà du talent de son auteur, et ce notamment pour la technique.

Cadrages au format Scope, montage, mouvements de caméra (tout dans cette entame est millimétrée) tandis que le héros ne se dévoile que progressivement au gré de ses bottes, puis de son dos, pour finalement arriver sur les lunettes noires et le visage fringuant d’un Mel Gibson, jusque alors inconnu, et endossant ici la veste en cuir d’un officier de police nommé Max Rockatansky. Évoluant dans un univers en plein chaos et en proie à la plus vile sauvagerie, ce dernier n’attendra hélas que très peu de temps avant de subir les effets de ce monde au futur peu engageant, quand il fera face à l’assassinat de sa femme et de son enfant, perpétré par des ennemis, qui le feront basculer jusqu’au point de non-retour, justifiant enfin le titre du film, s’acheminant vers un dénouement nihiliste. 90 minutes plus tard, le verdict est sans appel : autant bizarre que dévastateur, ce premier film, ayant laissé mi-figue, mi-raisin bon nombre de critiques, séduit pourtant les foules de par son crédo novateur osant mélanger le western, le désespoir, la folie, un style punk bien senti étonnement cohérent et une ambiance post-apocalyptique bestiale et chaotique.

Faisant fi d’un projet pauvre en moyens mais riche en idées, Miller obtiendra une reconnaissance méritée au Festival d’Avoriaz, plus important festival de cinéma de genre, vantant le montage, préalablement décrit comme se rapprochant des effets d’un accident de voiture – ce dernier souhaitant en effet « créer un spectacle qui ait la force d’impact d’un accident et qui agit en tant que catalyseur d’une violence quotidienne ».

À la fois digne d’un technicien hors pair et d’un homme avisé ayant constaté la fragilité d’esprit et la bestialité propre à chacun héritée du choc pétrolier de 1973 : « Les chocs pétroliers ont montré que les australiens pouvaient se révéler féroces dès lors qu’il s’agissait de défendre leur droit à remplir leur réservoir ! », Mad Max sonnera comme le renouveau du cinéma australien. Un renouveau, opéré par Miller, qui souhaite cependant ne pas réitérer l’expérience, malgré l’insistance pressante des studios. Et c’est seulement à la vue du succès ayant embrassé une large diversité de publics, que Miller, conscient d’avoir créé un héros auquel un simple spectateur lambda peut s’attacher, décide de revenir.

Une suite très référentielle.

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Motivé par son désir de «développer l’aspect mythique du personnage», Miller reviendra à la charge moins de deux ans après avec Mad Max 2, considéré par bon nombre de fans, comme le meilleur réalisé et le plus représentatif de sa vision. Développant le personnage de Max, qu’on avait quitté à bord de son bolide sillonnant le bitume Miller, dans son souhait de le rendre mythique, décide d’opter pour une ouverture digne d’un conte/légende.

Voix-off laconique, montage saccadé et noir et blanc, tout indique que le « Road Warrior » du monologue qui se fait entendre désigne Max. Après une guerre nucléaire qui a vu l’effondrement de la civilisation moderne, le monde est totalement dévasté et notre protagoniste erre sur les routes, à la recherche de la nourriture la plus courue du pays : l’essence. Et au gré de son voyage, le voilà à découvrir une raffinerie de pétrole gérée par des fuyards, et dont une bande de motards souhaitent prendre le contrôle. Décidant d’aider les habitants de la raffinerie, voilà que Max fait face à une horde de motards grimés en drag-queens prêts à l’égorger pour mettre la main sur les barils contenus au sein du camp.

Assumant une fois de plus un étonnant minimalisme dans son histoire, cette fois-ci revisitant le genre du western par le biais des archétypes du fort et de la diligence pris d’assaut par les indiens, Miller, parvient pourtant à contrebalancer les défauts de son film précédant en maximisant une fois de plus sa technique. Doté d’un budget 10 fois plus élevé, ce dernier peut s’adonner à la recherche de plans novateurs pour l’époque, (n’hésitant ainsi pas à équiper ses caméras sur les pare-chocs des voitures du film pour précipiter le spectateur au cœur de l’action), le tout sans sacrifier son montage, encore une fois réglé au millimètre.

Convoquant autant les westerns de Sergio Leone pour la construction et le mutisme de certains personnages; que la peur d’un monde en proie à une dépendance énergétique pour l’aspect désespéré de la situation, et la crainte du nucléaire, Mad Max 2 s’affirmera ainsi comme étant une œuvre plus poussée, plus profonde et aussi plus enivrante car donnant enfin aux spectateurs le spectacle voulu initialement par Miller. Plus physique, et doté de thématiques allant à contrecourant du premier film (le thème de la rencontre est un thème majeur du deuxième volet tandis que le premier ne laissait filtrer que la revanche), Mad Max 2 se démarquera de la mêlée cinématographique mondiale et rendra incontestable le talent de son auteur, qui se fera peu de temps après adouber par Steven Spielberg en personne.

Un troisième film à la tonalité différente.

Pourtant, malgré la reconnaissance et la gloire, Miller semble encore désireux de porter sur grand écran une nouvelle aventure de Max. Après quatre ans de gestation et une trame puisée au sein d’un documentaire sur les tribus d’enfants sauvages, Miller sort enfin en 1985 Mad Max : Au-Delà du Dôme du Tonnerre.

Accueillant au sein du casting la chanteuse-diva Tina Turner, ce nouveau volet, sans doute pour éviter un certain sentiment de redite, décide d’aller là où on ne l’attend pas. Plus question ici d’embraser à toute berzingue le bitume aride d’Australie, mais davantage de disséquer les fondements sociaux et étatiques d’un groupement de gens placés dans ce contexte post-apocalyptique. Délaissant de fait la route, pour se concentrer sur le fonctionnement d’un système et notamment les relations humaines y étant attachées, ce troisième volet propose une étonnante déviance aux deux premiers films, expliquant sans doute les nombreux avis dissidents des fans, n’ayant pas adhéré au film. Et pourtant, il apparaît à bien des égards que ce troisième volet affiche une richesse indéniable. Monde de survivants, le monde de Mad Max, Au-Delà du Dôme du Tonnerre est une société post-apocalyptique au milieu de nulle part, obéissant à des règles strictes et se parquant dans la ville du Troc, patchwork culturel ou se côtoient les costumes, coiffures, jeux hérités des cultures romaines, orientales et arabes. Témoignant d’un multiculturalisme étonnant compte tenu de la tonalité du film, ce troisième volet n’abandonnera pas pour autant son héritage et sa composante déjà bien racée. Perpétuant la gamme punk et la violence sauvage et quasi primale des deux premiers volets, Mad Max, Au-Delà du Dôme du Tonnerre osera pourtant cultiver sa différence sur le point de vue émotionnel et notamment sur le profil et la psychologie de Max.

Relégué au statut de vengeur dans le premier film, à celui d’un être dont l’humanité commence à se dévoiler dans le deuxième volet, le personnage de Mel Gibson prend enfin dans ce film le temps de se voir éludé et peut ainsi laisser court à un cheminement où se traceront autant un retour à l’humanité qu’une démystification du sens de la vie.

Un projet dormant.

À l’issue de ce troisième volet, accueilli fraîchement par une bonne frange de fans, George Miller en a alors fini de manière officielle avec Mad Max. Refusant de s’enfermer dans un genre, ce dernier multipliera alors les films, quitte à s’adonner tantôt au film fantastique (Les Sorcières d’Eastwick) tantôt au drame (Lorenzo), avant de se prendre au jeu du film d’animation avec les deux films Happy Feet.

Pourtant, au gré de sa carrière post-Mad Max, George Miller sera fréquemment confronté à la demande de fans de donner à Max un dernier baroud d’honneur. Devenu une véritable arlésienne dans sa filmographie, le projet ne cessera d’alimenter les rumeurs, tantôt annoncé, puis supprimé, puis relancé, quitte au début des années 2000, à afficher Heath Ledger, pas encore starisé par Christopher Nolan, au casting. Passé par toutes les couleurs de l’arc en ciel, le projet parvient finalement et de manière assez inespérée à voir le jour en 2011-2012, donnant naissance à l’un des films les plus attendus de l’année et également de la décennie. Une attente qui, à l’heure de l’écriture de ces lignes, ne se compte plus qu’en heures, ajoutant une excitation déjà à son paroxysme à ce projet revenu des limbes d’Hollywood et dont l’originalité, dans une culture mainstream qui ne jure plus que par capes et superpouvoirs, fait chaud au coeur.

La Cité Muette, Un Documentaire De Sabrina Van Tassel: Critique

Un sujet fascinant

L’existence actuelle de la cité de la Muette de Drancy est un sujet aussi fascinant que peu abordé. Comme le remarque Sabrina Van Tassel dans le dossier de presse, le camp de la muette fait partie d’un passé lointain et honteux, dont on imaginerait assez facilement qu’il ait été détruit sans laisser de traces. Découvrir que ce lieu non seulement continue d’exister, mais qu’il soit devenu un lieu d’habitation, est une surprise, un scandale même : comment continuer à vivre sur un lieu de mort ? Comment créer de nouveaux souvenirs heureux en lieu et place d’un lieu d’humiliation et d’avilissement ?

Si l’ouvrage graphique Here de Richard McGuire, sorti récemment, parle d’un lieu en croisant à l’intérieur d’une image les différentes couches d’histoires qui s’y sont déroulées, la Cité Muette opte quant à lui pour une approche beaucoup plus classique : interroger les rescapés du camp et certains habitants, pour comprendre ce qu’est ce lieu et ce qu’y vivre implique.

Et de fait, on apprend un nombre important de choses intéressantes dans ce documentaire, même s’il pose plus de questions qu’il n’apporte de réponse.

La cité de la Muette est un endroit maudit : premier grand ensemble français, il n’est pas complètement achevé au moment où la France perd la guerre. Son plus grand ensemble de bâtiments, un immense fer à cheval, va servir du plus grand camp d’internement de France, d’abord pour des prisonniers de guerre, puis pour les Juifs d’abord retenus, puis déportés à partir de 1942. Ce simple fait suffit à doter ce lieu d’une force tragique : neuf juifs déportés sur dix transitèrent par Drancy, et à peine 3% revinrent des camps de concentration. A ces statistiques, le documentaire donne un visage, en donnant la parole aux rescapés. Celle-ci ajoute l’horreur à l’Horreur, en nous racontant comment les gens vivaient à l’époque : lorsque le camp obéissait au commandement français, le marché noir y était la règle. Les prisonniers n’avaient en effet le droit qu’au strict minimum en terme de nourriture : une louche de café le matin, une louche de soupe le midi et le soir, avec un pain à répartir entre tous les prisonniers d’un bloc surpeuplé : pour survivre, il fallait pouvoir payer les gardiens. On apprend aussi que les sols et l’isolation n’avaient jamais été terminés, et qu’aucun lit n’a été installé : les gens dormaient à même le sol dans des conditions d’hygiène épouvantables. En 1943, les Allemands ont pris « officiellement » la main sur le camp, et si Aloïs Brunner a permis aux gens de manger un peu mieux pour donner le change aux observateurs de la croix rouge, c’est à cette époque que les convois pour les camps d’extermination ont commencé à partir. De plus, celui-ci ne supportait pas le bruit des enfants, ce qui fait que ceux-ci étaient interdits de sortie dans la cour quand il était présent.

Malgré ces conditions de vie indicibles, les témoins ont vécu leur enfance à cet endroit. Ils ont joué quand certains se jetaient par la fenêtre, les jeunes se sont aimés malgré le manque d’intimité évident, étant donné qu’il n’y avait pas de pièce dans les blocs.

Rien que pour ces témoignages, le film a une valeur : il est important de se souvenir que cela s’est passé en France. Mais il y a plus.

Les fantômes de la Muette

Au delà de la nécessaire leçon d’histoire, le film se veut la juxtaposition du passé et du présent. Malheureusement, ce qui devrait être son sujet principal débouche sur une énigme. Sur le papier, la problématique est simple : comment, alors que ce lieu est celui de l’horreur et de l’infamie, une énorme tâche sur l’honneur de la France, a-t-on pu en faire de nouveau un lieu d’habitation. Il y a là un scandale qui est finalement assez peu interrogé par le film. On y voit le maire actuel interrogé trente secondes expliquer que le site était trop grand pour être exploité, et que le mémorial de la Shoah, situé en face, est bien plus pédagogique que ce qu’un grand camp vide pourrait être, on voit Serge Klarsfeld déclarer ne pas être plus choqué que cela, et un psychanalyste dire que ce ne doit pas être très facile pour les personnes fragiles de vivre sur les lieux d’un des plus grands crimes contre l’humanité.

Or il est intéressant de voir qu’alors que la ville de Paris est faite de monuments, la cité de la Muette en elle-même n’est pas devenue un lieu de mémoire. Une cohabitation étrange se fait entre les rescapés des camps qui reviennent sur les lieux, et les habitants pris dans leur quotidien, comme en témoigne le tenancier de l’hôtel qui fait face à la cité, qui a appris l’histoire des lieux au contact de ses visiteurs. La cité de la Muette est un paradoxe assez fascinant : la mémoire n’y a été ni vraiment conservée, ni vraiment effacée : l’isolation a été faite en rajoutant des plaques de plâtre sur les murs, mais les inscriptions faites par les prisonniers restent derrière et n’attendent qu’à être mises à jour. On suit le parcours d’un historien local qui tente d’accéder à ces inscriptions lors des déménagements et se plaint que les voisins veuillent installer leur vélos dans ce qui était autrefois le prison à l’intérieur du camp.

On ne peut pas pour autant dire que la vie a repris le dessus : la cité est un lieu d’une grande précarité. Les appartements y sont petits et logent en priorité les personnes en difficulté sociale. On apprend notamment que beaucoup de personnes issues d’une institution psychiatrique proche y habitent.

Malheureusement, les grands absents du film sont les habitants des lieux : on n’en rencontrera finalement que quelques uns, qui n’ont rien de très intéressants à nous dire. On rêve d’une approche au long cours, d’une vraie enquête documentaire, mais le documentaire restera constamment dans une approche assez superficielle et frustrante.

Un documentaire qui en dit à la fois beaucoup et pas assez

Difficile de noter un documentaire comme celui-ci. Sur le sujet, on aurait envie de lui donner la meilleure note possible : non seulement il nous apprend des choses importantes, mais en plus qui ont le pouvoir de nous remuer : malgré les justifications, on ne peut qu’éprouver de la colère au fait que ce lieu maudit abrite encore des gens, qui plus est en difficulté, comme s’il était condamné à accueillir les rejetés de la société, génération après génération.

Malheureusement, formellement, le documentaire déçoit : l’image et le son sont assez amateurs, la voix-off, mettant constamment en avant la réalisatrice (je décide d’interroger untel, je décide de me rendre sur les lieux) est assez mal vue. De plus, la courte durée, même pas une heure trente pas franchement denses, donne à penser que le sujet n’est qu’effleuré, comme si la réalisatrice avait appris l’existence du camp, interrogé deux trois experts, filmé un jour avec les rescapés et un jour avec les habitants et s’était arrêtée là. On se doute que le travail a été plus dense, mais il ne se voit pas assez.

La Cité Muette est un film qui pose beaucoup de questions sans apporter toutes les réponses. Il a au moins le mérite d’ouvrir la porte à la réflexion et de donner l’envie de se rendre sur place, de visiter le mémorial de la Shoah, et de réfléchir sur la place du passé dans notre présent.

Synopsis : Entre 1941 et 1945, des milliers de famille juives ont été entassées dans le camp de la Muette avant d’être envoyées dans les camps d’extermination. Après la guerre, le camp est devenu une cité HLM, et continue à exister, presque identique. Ce documentaire nous emmène sur les lieux, à la rencontre de ses habitants, passés et présents.

Fiche technique : la Cité Muette

Réalisation : Sabrina Van Tassel
Genre : Documentaire
Année : 2014
Date de sortie : 13 mai 2015
Production : J2F
Produit par : Joan Faggianelli, Candice Souillac et Valérie Montmartin
Conseiller historique : Serge Klarsfeld
Montage : Yann Leonarduzzi
Musique originale : Olivier Adelen

Blind, Un Rêve Éveillé, un film d’Eskil Vogt: Critique

Eyes wide shut

Le film d’Eksil Vogt est un premier film, et pour lui donner de la visibilité,  les gens du marketing ont cru bon d’adjoindre à l’accroche le texte « le nouveau chef d’œuvre du scénariste de « Oslo, 31 août » , accroche dont on a immédiatement envie de se méfier.

On ne peut pas nier une certaine couleur commune entre ces deux films norvégiens, d’autant plus que le réalisateur d’Oslo, Joachim Trier, est le producteur associé de Blind; une couleur commune également avec le récent 1001 grammes de cet autre norvégien, Bent Hamer. Les personnages de tous ces films sont habités par une forme de solitude, de mélancolie diffuse. À tel point qu’on se surprend à souscrire à cette thèse selon laquelle l’esprit très luthérien de ce peuple scandinave est peut-être tourmenté par toute cette richesse qui lui tombe du ciel… ou plus exactement de la Mer du Nord et de son pétrole, pour le mettre dans une situation d’inconfort moral…

Dans tous les cas, le mal-être est d’autant plus vif que les problèmes matériels inexistants.

Mais revenons-en à Blind. La source des tourments est ici la cécité, quand c’était la toxicomanie dans Oslo. Ingrid est une femme comblée, mariée à Morten (Henrik Rafaelsen, un bon choix de casting pour un personnage pâle et rassurant à la fois), un architecte prospère. Son métier à elle reste flou, car au début du film, Ingrid est déjà aveugle, ayant perdu très soudainement et récemment la vue.

Après un prologue qui n’est pas sans rappeler l’univers malickien avec un « tree of life » planté au milieu d’un décor très organique (et très flou, il va de soi), Eksil Vogt suit le quotidien d’Ingrid qui vit en recluse. Un quotidien constitué de très peu de choses finalement, quelques échanges avec un mari trop discret à son goût, quelques tâches ménagères qu’elle accomplit plus ou moins adroitement, mais pour la majeure partie de son temps, une station assise, petite radio à portée d’oreille, devant une des nombreuses baies vitrées de son bel appartement aussi lumineux, clair et blanc que l’on imagine que  son univers d’aveugle est sombre. Ingrid se force à se rappeler les détails de ce qui faisait son entourage d’avant, les immeubles, les rues, etc… pendant que leur souvenir est encore frais. Le réalisateur arrive à nous embarquer dans le monde d’Ingrid, dont on ressent les frustrations, la peur, la colère, l’insécurité en un mot. Ellen Dorrit Petersen, l’actrice qui joue le rôle s’est totalement coulée, à force de préparation, dans la bonne gestuelle, sans exagération, mais avec suffisamment de nuances pour que le registre apparaisse à la fois naturel et crédible.

Pour tromper son ennui et nourrir son imagination, Ingrid se met à écrire sur son mac, évoquant Le Scaphandre Et Le Papillon de Jean-Dominique Bauby. Mais elle, elle écrit essentiellement sur des sujets d’ordre érotico-sexuel, imaginant des voisins dans des histoires de séduction, de coucherie; des voisins mais aussi son mari Morten, voir elle-même au travers d’une sorte d’avatar, Elin (Vera Vitali).

La construction scénaristique est assez foutraque, ce qui est un comble pour celui qui a écrit le scénario du bel Oslo, 31 août. Les allers-retours entre la vie réelle d’Ingrid et celle fantasmée au travers de ses écrits (le « rêve éveillé »  du sous-titre du film) sont difficiles à suivre, et n’apportent aucun éclairage nouveau sur son état d’esprit. Les inserts pornographiques sont vraiment gratuits, car ne sont pas nécessaires pour expliquer qu’aveugles ou pas, on est tous finalement très seuls. Tout au plus, à l’instar de ce morceau de musique du rappeur 50 Cent, repris par Milow, Ayo technology, qui dit en substance « j’en ai marre de la technologie, je te veux en vrai en face de moi », cette séquence montre-t-elle l’importance de la vision, mais plus encore du toucher dans les relations physiques ? Ce qui est un message quelque peu paradoxal pour qui veut montrer le handicap que représente la cécité.

La seule vraie valeur ajoutée de  ces récits décousus est peut-être de montrer à quel point l’enfermement qu’elle a choisi emmène Ingrid tout doucement vers une folie symbolisée par un changement brutal de décor.

En revanche, quand Ingrid est elle-même, se plaquant toute nue contre la baie vitrée pour être vue, désirée, à défaut de voir elle-même, quand elle demande à son mari s’il est en train de la regarder, s’il est en train de lui sourire, quand on la voit terrifiée par quelques pas en-dehors de l’appartement, ou peut-être seulement l’idée de quelques pas en dehors de son appartement, on ne le distingue pas toujours, on est ému par son désarroi, sa souffrance , son apprentissage de la condition d’aveugle, et là, Eksil Vogt marque des points.

Pataugeant dans un scénario étrange et un tantinet sordide par endroits, Eksil Vogt imagine pour son film une sortie qui s’apparente plus à une façon de se raccrocher aux branches qu’à une vraie conviction, tant elle semble en décalage avec le reste du propos.

Eskil Vogt est un ancien de la Fémis, et Blind par moments fait penser à un travail de fin d’études, tant les idées conceptuelles foisonnent dans son film. Une mise en scène qui vaut donc malgré tout le détour, un jeu d’actrice bluffant, et un score mené par le hollandais Henk Hofstede, leader de l’excellent groupe The Nits des années 90.

Synopsis : Ingrid vient de perdre la vue. Elle quitte rarement son appartement mais se rappelle encore à quoi ressemble l’extérieur. Les images qui étaient autrefois si claires se remplacent lentement par des visions plus obscures. Elle soupçonne son mari Morten de mentir quand il dit aller travailler. Est-il dans l’appartement avec elle à se cacher et l’observer en silence ? Ecrit-il à son amante quand il prétend envoyer des emails à ses collègues ?….

Bande-annonce – Blind, Un Rêve Éveillé

Fiche Technique – Blind, Un Rêve Éveillé:

Titre original : Blind
Réalisateur : Eskil Vogt
Genre : Drame
Année : 2014
Date de sortie : 29 avril 2015
Durée : 96 min.
Casting : Ellen Dorrit Petersen (Ingrid), Henrik Rafaelsen (Morten), Vera Vitali (Elin), Marius Kolbenstvedt (Einar)
Scénario : Eskil Vogt
Musique : Henk Hofstede
Chef Op : Thimios Bakatakis
Nationalité : Norvège
Producteur : Sigve Endresen, Hans-Jørgen Osnes, Joachim Trier
Maisons de production : Motlys, Lemming Film
Distribution (France) : KMBO distribution

Le Miroir, un film d’Andreï Tarkovski: Critique

Le cinéma d’Andréi Tarkovski constitue une œuvre très personnelle, alimentée par les croyances, les doutes, les questions de l’artiste. Le Miroir est le quatrième des sept longs métrages du cinéaste soviétique, autant dire qu’il est au centre de sa filmographie. Et pas seulement au centre chronologique, mais aussi au point de rencontre de toute son œuvre, de sa quête.

Film thérapie

Le Miroir, c’est l’histoire d’un homme mourant plongeant dans ses souvenirs. Cet homme mourant s’appelle Alexei, mais personne n’est dupe : il s’agit bel et bien d’Andréi Tarkovski lui-même. S’il fallait une preuve, l’affiche d’Andréi Roublev, qui trône comme unique décoration de son appartement, devrait nous suffire. Et les poèmes d’Arseni Tarkovski, père du réalisateur, ponctuent le film, lus par l’auteur lui-même.

Alexei est mourant, donc. Mais ce qui le consume à petit feu, ce n’est pas tant son « angine », ou une quelconque autre maladie physique, que sa culpabilité. Coupable d’avoir incité sa mère à sacrifier sa vie pour lui. Et voilà notre malade qui va plonger dans ses souvenirs, à la recherche d’une sérénité, du calme à travers la souffrance.

Ce parcours est celui du réalisateur lui-même, concevant ce film comme une sorte de thérapie : «En terminant Le Miroir, mes souvenirs d’enfance qui m’avaient poursuivi et hanté pendant des années disparurent d’un coup, comme s’ils s’étaient évaporés. Et je cessai enfin de rêver à la maison où j’avais vécu tant d’années auparavant. » (Tarkovski, Le temps Scellé)

Le caractère thérapeutique du film se trouve dès la scène d’ouverture : on y voit un jeune bègue se faire soigner par une alliance de magnétisme et d’hypnose. Une fois le mal extirpé, il parvient à s’exprimer correctement. Et c’est bien le propos de Tarkovski ici, se libérer des souvenirs qui l’emprisonnent.

Organisation des pensées

D’emblée, Le Miroir nous paraît être hermétique. Une succession de scènes sans lien narratif évident. Un mélange d’images d’archives et de reconstitution de souvenirs personnels. De la couleur, du noir et blanc, du sépia. Un rythme toujours lent. Et une voix off qui intervient de temps en temps. Aucune marque de temporalité pour nous guider.

Et pourtant, ce film est d’une simplicité presque évidente. Sa structure est celle de nos pensées. Comme la réflexion interne passe sans prévenir d’un sujet à un autre, d’une image à une autre, comme la mention d’un nom éveille immédiatement des images mentales, de la même façon le film trouve sa cohérence interne par tout un système de renvois. Ainsi, la mère d’Alexei, Maroussa, lui parle d’une certaine Lisa, qui vient de mourir, et la séquence suivante nous montre cette femme travaillant dans une imprimerie.

De même, les images d’archives ne sont pas placées dans le désordre le plus absolu, bien au contraire. Constamment liées aux souvenirs (Alexei se souvient de réfugiés espagnols, et voit des images de corrida et de la guerre civile), ces actualités sont placées dans l’ordre chronologique, de la Guerre d’Espagne jusqu’à la victoire de Mao. Elles viennent baliser le film et lui offrent une dimension plus universelle.

Au-delà de l’autobiographie

Car Le Miroir n’est pas seulement une quête d’apaisement autobiographique. Tarkovski cherche aussi à donner au film une dimension supérieure. La dimension de la Russie dans son ensemble (avec le texte de Pouchkine, qui s’interroge sur la place de la Russie, entre Orient et Occident). La dimension historique. Et même la dimension d’une humanité face à la divinité.

Car, ce n’est pas une nouveauté, mais le cinéma de Tarkovski est très empreint de mysticisme (un mysticisme encore renforcé par la présence de la musique de Bach). Voir Ignate devant un feu et faire référence au Buisson Ardent n’est que la plus évidente des références religieuses du film. Pour Tarkovski, le mysticisme englobe toute la Création. La divinité est présente partout, depuis le moindre brin d’herbe jusqu’aux complexités humaines. « Vous ne vous êtes jamais dit que les plantes doivent sentir, qu’elles sont conscientes, qu’elles comprennent même… ? » demande le docteur au début du film.

Quelques minutes plus tard, Alexei enfant croit retrouver son père à travers le vent qui fait bouger les arbres. Le vent donne vie à la plaine, comme si l’âme se répandait dans la nature, la faisait vivre.

S’enfoncer en soi-même, c’est partir aussi à la recherche de cette trace de Dieu qui est en nous. C’est le mouvement principal des films du cinéaste : l’évasion à l’intérieur, comme dans Stalker. Seule cette communion avec notre part de divinité nous permettra d’atteindre cette paix que cherche le malade. Un malade dans lequel chaque spectateur se reconnaît alors aisément : « Que celui qui le désire se regarde dans mes films comme dans un miroir, et il s’y verra. »

Re-création

Le Miroir, c’est aussi le portrait d’une femme. D’une femme multiple, d’ailleurs, mais qui est quasi omniprésente à l’écran. Margarita Terekhova incarne à la fois la mère et la femme d’Alexei. Simple illustration d’un vulgaire complexe d’Œdipe ? Non, mais re-création des souvenirs mais une âme tourmentée.

« Quand je revois mon enfance et ma mère, elle a toujours ton visage », dit Alexei à sa femme.

Les souvenirs présentés à l’écran ne sont pas fidèles. Ce sont des créations de l’esprit d’un malade chez lequel tout se mélange.

Au-delà, c’est tout l’univers de l’enfance qui est une création d’Alexei. Le film est constitué en très grande partie de scènes d’intérieur en clair-obscur. L’intérieur des maisons ou appartements nous rappelle aisément que nous sommes à l’intérieur d’un esprit, dans un paysage mental peuplé du souffle des souvenirs, de l’obscurité de l’oubli, de la lumière offerte par la présence d’êtres aimés.

Poème cinématographique

Pour ce film, Andréi Tarkovski convoque toutes les possibilités offertes par le langage cinématographique, le montage, les décors (il a reconstruit pour le film le décor de son enfance), la lumière. Le tout est au service d’une œuvre qui peut paraître exigeante au premier abord mais qui est beaucoup plus simple que cela.

Tarkovski, en digne fils d’un poète, affirme que le but de son cinéma est de faire partager des émotions. La meilleure façon de savourer ses pépites cinématographiques, c’est de se laisser aller aux sentiments qui s’en dégagent. Le cinéaste s’adresse directement à notre âme, pas à notre raison.

Avec les moyens habituels du cinéma, il crée une œuvre unique, extraordinaire par sa qualité poétique et la résonance qu’elle a tout au fond de nous.

Le grand cinéaste suédois Ingmar Bergman ne s’y est pas trompé, lui qui a affirmé :

« Quand je découvris les films d’Andrei Tarkovski, ce fut pour moi un miracle. Je me trouvais, soudain, devant la porte dont jusqu’alors la clé me manquait. Une chambre où j’avais toujours voulu pénétrer et où lui-même se sentait parfaitement à l’aise. »

Synopsis: Aliocha, mourant, revoit sa vie passée et, dans un désordre apparent, revit ses souvenirs.

Bande Annonce – Le Miroir

Fiche technique – Le Miroir

Titre original : Zerkalo
Réalisateur : Andréi Arsenevitch Tarkovski
Scénaristes : A. Tarkovski, Alexandre Micharine
Avec les poèmes d’Arseni Tarkovski, lus par l’auteur
Directeur de la photographie : Georgi Rerberg
Musique : Edouard Artemiev, J-S Bach, Pergolese, Purcell
Production : Eric Waisberg, Mosfilm.
Montage : Lyudmila Feiginova
Distribution : Margarita Terekhova (Maroussia la mère et Natalia la femme), Alla Demidova (Lisa), Philip Yankovski (Alexei à 5 ans), Ignate Daniltsev (Alexei et Ignate à 12 ans), Anatoli Solinitsine (le docteur)
Date de sortie originale en URSS : 7 avril 1975
Date de sortie originale en France : 18 janvier 1978
Date de sortie de la copie restaurée : 27 mai 2015
Durée : 108′

 

Le Pull Over Rouge, un film de Michel Drach: Critique

En ce 13 mai 2015, jour de l’examen du dernier recours du français Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie, LeMagduCinéma aborde la question de la peine capitale au travers du long-métrage Le Pull-Over Rouge de Michel Drach. Ce film traite du procès de Christian Ranucci, antépénultième prisonnier exécuté en France.

Du Pull-Over Rouge à Serge Atlaoui

Synopsis : À Marseille, le 3 juin 1974, une fillette de 8 ans disparaît. Une heure plus tard vers 12h00, deux voitures ont un accident à un carrefour non loin de là, l’une d’elles prend la fuite. Le véhicule immatriculé 1369 SG 06 est retrouvé. Le conducteur s’appelle Christian Ranucci, il a 22 ans. Lorsque la police découvre le corps mutilé de la jeune victime, la population locale est en émoi. Ranucci doit être sévèrement puni.

Le scénario de Michel Drach, est une adaptation du roman éponyme de Gilles Perrault, contre-enquête du procès de Christian Ranucci, qui le conduisit à la guillotine le 28 juillet 1976. Le livre publié en 1978, fait naître le doute sur la culpabilité du condamné et ouvre aussi la question sur la peine de mort. C’est sur cette base que Michel Drach a travaillé.

La réalisation est simple mais efficace. Elle se passe d’artifices stylistiques et met l’accent sur l’aspect informatif, prépondérant vis-à-vis de « l’art cinématographique » en tant que tel. Les faits sont détaillés avec minutie, c’est un point manifestement important pour le réalisateur.

Michel Drach se sert en premier lieu d’un montage ciselé pour reconstituer toute l’histoire. Des sauts dans le temps ou des commentaires, parfois dirigés, poussent l’adhésion du spectateur à la thèse soutenue par son film.

Le drame démarre sans autre prologue que l’enlèvement de la « minotte ».

La caméra omnisciente lèche les personnages et dépeint toutes les forces en présence. L’angoisse de la famille, l’intimité du coupable, le sort terrible de l’enfant, sans oublier la pression populaire sur l’enquête et le système judiciaire. Toujours elle reste pudique, ne dévoile ni le corps, ni comment en France on peut encore « couper un homme en deux ». Michel Drach évite ainsi de verser inutilement dans le film polémiste. Avec des journalistes intrusifs et des protestations passionnées dans les rues, il critique au contraire la polémique médiatique qui eut lieu quelques années auparavant autour de l’affaire, mais reconnait dans le même temps la légitimité de l’indignation générale.

Il parle des contradictions multiples dans l’accusation, des vices de forme  incroyables, et dévoile une procédure à charge uniquement. La juge d’instruction paraît outrageusement caricaturée. Sa virulence déplacée marque au vif une justice pressée par les observateurs, privée d’indépendance, totalement dépassée par la quête de la vérité.

Alors quel crédit donner au film ?

Certains affirmeront que les rôles sont surjoués, étiquetés à l’extrême, d’autres penseront qu’ils restent d’un bout à l’autre en parfait accord avec la gravité du sujet. Certains seront persuadés de la culpabilité de Christian Ranucci, d’autres diront qu’il était au mauvais endroit au mauvais moment. Il n’en reste pas moins que le film met parfaitement en évidence la question préliminaire essentielle au débat; la certitude sur la culpabilité de l’accusé premièrement, l’impartialité des juges secondement.

Comme le soutenait le journaliste Yves Mourousi, l’exécution de Christian Ranucci relance la discussion sur la peine capitale, et par ailleurs, fournit à ses détracteurs les premières armes pour la combattre.

La peine capitale

La peine de mort existe depuis la nuit des temps. Elle punissait et punit encore toutes sortes de crimes, du simple vol au régicide. Les civilisations Mésopotamiennes sont les premières à graver dans le basalte le cadre du châtiment suprême, avec le code de Hammurabi. Sous la Grèce Antique, Platon y voit la purification de l’âme malade; Aristote croît qu’elle compense le crime. Puis le Moyen Âge, où à chaque faute correspond un supplice. La pendaison pour les voleurs, le bûcher pour les incendiaires ou encore le bouillage pour les faux-monnayeurs.

En France, les premiers débats officiels sur l’abandon de cette « survivance barbare » datent de 1791. Elle disparaît sous l’impulsion de Robert Badinter alors Garde des Sceaux du premier septennat Mitterrand, qui expose ses doutes sur l’affaire Ranucci dans sa plaidoirie en faveur de l’abolition. La loi est largement adoptée le 18 septembre 1981, avec 369 voix pour, 113 contre et 5 abstentions. Bien que ce dossier fût largement commenté, le dernier homme exécuté en France reste à ce jour Hamida Djandoubi, guillotiné le 10 septembre 1977 à la prison des Baumettes de Marseille.

Aujourd’hui encore, partout dans le monde, les avis sont partagés. 140 pays sont abolitionnistes sur les 197 reconnus par l’ONU.

En 2014, 22 pays ont procédé à au moins 607 exécutions selon Amnesty International, sans tenir compte de la Chine où le secret d’Etat reste de rigueur. On trouve à la tête du peloton de l’intransigeance la Chine, mais aussi l’Iran, l’Arabie Saoudite, l’Irak et les Etats-Unis. Certains procèdent à des exécutions en public. Toujours selon Amnesty International, 2466 condamnations à mort ont été prononcées dans 55 pays, soit une augmentation de 28% par rapport à 2013.

Le combat acharné mené par les associations, à grands coups de campagnes de communication et de débats autour du sujet porte malgré tout leurs fruits. Pour preuve, lorsque Amnesty International lance son action en 1977, seuls 16 états avaient complètement aboli ce châtiment. En 2014, les procès au Bangladesh, au Nigéria ou en Indonésie n’ont conduit à aucune peine capitale.

Pour ou contre la peine de mort ?

Dans son allocution, Robert Badinter souligne : « rien n’indique que la peine de mort soit plus dissuasive contre la criminalité que l’emprisonnement ». Pourtant, un sondage récent (Ipsos pour le Monde) montre que 52% des français y seraient favorables. Cette même enquête ne rapporte aucune abstention. Devant cette question cruciale « Pour ou contre la peine de mort ? », chacun s’interroge car personne ne peut y être indifférent, tout comme rester absolument impartial.

La mort pour l’assassin ou le pédophile n’est-elle pas sa juste rétribution ?

Mais le coupable, quel qu’il soit, est-il coupable à 100% ?

L’assassiner en retour, même pour les actes les plus ignobles, n’est-il pas rendre compte de la même cruauté ? Et par conséquent, porter atteinte à cette « même vie » que l’on défend ?

Aux Etats-Unis, selon la Coalition Nationale pour l’Abolition de la Peine de Mort, 138 condamnés à mort ont été innocentés, dont 17 par les tests ADN. Quatre, au moins, ont été exécutés. Comme le suggérait déjà le code de Hammurabi, la valeur de la vie du condamné semble dépendre en premier lieu de son groupe social. Toujours de l’autre côté de l’Atlantique, les statistiques montrent que la provenance ethnique reste un facteur déterminant dans l’application de la peine de mort, notamment celle de la victime. « Le risque d’être condamné à mort est quatre fois plus grand lorsque la victime est blanche que lorsqu’elle est noire, et jusqu’à 11 fois plus grand quand l’auteur du crime est un noir et la victime blanche », rapporte Amnesty International sur son site internet.

En Indonésie, pour le même chef d’accusation, un français a donc potentiellement moins de chance d’être épargné qu’un habitant de Jakarta.

Finalement, l’application de la peine capitale n’est pas plus une position étatique que le prolongement d’un souhait populaire.

Dans son interview au Figaro, l’avocate pénaliste Corinne Dreyfus-Schmidt résume très justement la question. La peine de mort, pour laquelle l’homme semble avoir une imagination sans borne, reste le choix entre deux directions opposées. « Un choix moral » et rien de plus.

Bande Annonce – Le Pull Over Rouge:

https://www.youtube.com/watch?v=lw-iPSsepSk

Fiche technique du film – Le Pull-Over Rouge:

Réalisation : Michel Drach
Scénario : Michel Drach
Photographie : Jean Boffety
Son : Bernard Ortion
Montage : André Gaultier ; Pierre Levy ; Soazig Chappedelaine
Musique : Jean Louis d’Onorio
Production : Michel Drach
Société(s) de production : Gaumont, Port-Royal Films

Société(s) de distribution : Gaumont
Distribution : Serge Avédikian; Gérard Chaillou; Roger Ibanez; Michelle Marquais; Claire Deluca.

Document connexe :

Extrait du discours de Robert Badinter :

 

 

 

Rétro Coen: Inside Llewyn Davis – Critique du film

Le repos du chat

Le dernier film en date des frères Coen, futurs présidents du jury cannois, se présente comme un vrai-faux biopic à la non-gloire d’un paumé magnifique: Llewyn Davis qui n’exista jamais, mais est inspiré de personnages bien réels, des « figures historiques de Greenwich Village » sur lesquelles s’est interrogé Slate lors de la sortie du film. Mais Llewyn Davis c’est avant tout son interprète : Oscar Isaac, plein de douceur, derrière une figure qui ne dégage pas beaucoup de recul humoristique sur sa situation, alors que les Coen, si, justement. Oui, situation il y a puisque ce sont quelques jours et nuits (courtes) de lose qu’ont décidé de filmer les Coen. Des jours où Llewyn quitte Greenwich où il ne fait que, je cite, « faire tourner le chapeau » pour aller à Chicago, avant de revenir à New York, pas plus avancé sur la terre, décidé à s’embarquer (se ré-embarquer serait plus juste) sur la mer. On rit de Llewyn, mais on s’attache aussi à lui, comme souvent avec les Coen, les perdants sont des figures cinématographiques très fortes, ces anti-héros un peu décalés qu’on se plaît à suivre, même si le délire est ici moins fort que dans un Barton Fink ou encore Burn after reading.

Durant son périple, Llewyn s’en prend plein la figure, mais la douceur domine et c’est ça qui est magnifique car, avec sa petite tête fatiguée et mal rasée, il encaisse, il ne dit rien, ou presque (la fin du début, le début de la fin: scène de tabassage derrière le bar où il se produit faute de mieux pour, dit-il, « payer un loyer » d’un chez-lui qu’il ne possède pas). Il est pétri de douleur dans ce qu’il n’accepte même pas de discuter: la perte de son partenaire de musique folk. Et ce n’est pas même sous les traits de deux chats légèrement fugueurs qu’il trouvera du réconfort, même s’il s’y accroche comme un prétexte pour ne pas avoir les mains vides, s’inquiéter de quelque chose de vivant, s’embarrasser…  Le parcours filmé par les Coen est donc celui d’un musicien qui fredonne et chante des chansons belles à écouter, qui réchauffent un peu le cœur, des chansons pour emmener avec soi sur les routes, mais qui ne peuvent susciter un succès. Et, même ça, il l’encaisse sans rien dire. Llewyn est un tendre loser, mais un mauvais boxeur, il rend à peine les coups qu’il reçoit, vivotant de canapés en canapés, croisant des personnages plus ou moins recommandables, drôles souvent, paumés aussi.

« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage … »

C’est un chemin hivernal, boueux, nocturne mais aussi musical, chaque chanson est interprétée dans son intégralité, parfois même A capella et c’est une satisfaction. Si Llewyn est frustré de ne pas y arriver, nous ne ressentons jamais cette frustration de l’à peu près car tout est entier chez Llewyn: on le suit du début, à la fin avec délectation, même quand la route s’éternise et que, les pieds glacés, il retourne au point de départ. C’est que, tel un chat, il sait toujours rentrer dans son foyer. Sans en avoir un, il en a mille où toujours, même détesté, pour des raisons plus ou moins argumentées, il trouve toujours un petit coin, même frugal, pour enfin se reposer de tous ses échecs … Certainement pas le meilleur des frères Coen, mais un film apaisant. Le film marque tout de même encore une fois le goût des frères Coen pour les perdants, ces paumés qu’ils rendent magnifiques, intenses. Inside Llewyn Davis a tout de même reçu le Grand Prix au festival de Cannes en 2013, l’aventure des Coen au festival poursuivra du 13 au 24 mai prochain.

Synopsis : « Inside Llewyn Davis » raconte une semaine de la vie d’un jeune chanteur de folk dans l’univers musical de Greenwich Village en 1961. Llewyn Davis est à la croisée des chemins. Alors qu’un hiver rigoureux sévit sur New York, le jeune homme, sa guitare à la main, lutte pour gagner sa vie comme musicien et affronte des obstacles qui semblent insurmontables, à commencer par ceux qu’il se créer lui-même.

Fiche technique – Inside Llewyn Davis

Date de sortie française : 6 novembre 2013
Réalisation et scénario : Joel et Ethan Coen
Interprètes : Oscar Isaac (Llewyn Davis), Carey Mullingan (Jean Berkey), Justin Timberlake (Jim Berkey)…
Compositeur : Marcus Mumford
Directeur de la photographie : Bruno Delbonnel
Monteurs : Ethan et Joel Coen – Chef monteur : Roderick Jaynes
Producteurs : Joel et Ethan Coen, Scott Rudin
Production : Mike Zoss Productions, Scott Rudin Productions, Studio Canal
Distribution : Studio Canal

Un nouveau film d’action pour Liam Neeson

A Willing Patriot : Liam Neeson encore et toujours dans des films d’action

L’acteur Liam Neeson tournerait dans le prochain film très controversé de Martin Zandvliet sur l’organisation terroriste Hezbollah dans la « Triple Frontière ».

L’acteur Liam Neeson (Taken, Non-Stop) est en négociations pour tourner prochainement dans un thriller d’action : A Willing Patriot de Martin Pieter Zandvliet (Teddy Bear, Land of Mine prévu pour octobre 2015).

Le scénariste, Jason Keller, est l’auteur des films Machine Gun avec Michelle Monaghan (True Detective) et Gerard Butler (Chasing Mavericks) et Evasion avec Sylvester Stallone et Arnold Shwartzeneger.

Si, avec Jason Keller, nous pouvons nous attendre à un film d’action assez simpliste, Zandvliet a montré avec Teddy Bear, récompensé à Sundance en 2012 et par le Prix de la Découverte Européenne, qu’il était capable d’originalité et de finesse.

A Willing Patriot sera entièrement financé par MadRiver Pictures la production de Marc Butan qui finance deux autres films de Keller : 360 et Hollywood Gang.

« Liam Neeson est l’un des acteurs qui définit notre génération et le public l’aime dans ses rôles. Après avoir vu le nouveau film de Martin (Zandvliet), Land of Mine, nous étions sûr que c’était un scénariste incroyable et l’équivalent parfait pour collaborer avec Liam Neeson » a expliqué le producteur.

Dans ce film, Liam Neeson jouera un agent de la CIA au passé plutôt sombre, prêt à tout risquer jusqu’à sa propre femme, pour gagner sa rédemption. Il devra combattre une cellule terroriste qui prépare une violente attaque en s’infiltrant dans une zone particulièrement dangereuse appelée « Triple Frontière » et située en Amérique du Sud.

Le sujet du film est évidemment très controversé car cette zone à hauts risques d’Amérique Latine représente une préoccupation pour le gouvernement des Etats-Unis. Cette région passerelle où se rejoignent les frontières du Brézil, du Paraguay et de l’Argentine est soupçonnée d’abriter l’organisation islamo-terroriste Hezbollah.

Liam Neeson est actuellement en tournage à Taïwan sur le film de Martin Scorsese : Silence.