Danny Elfman, le compositeur attitré de Tim Burton

Danny Elfman, Tim Burton : Rencontre entre un génie du cinéma et un peintre de l’enchantement sensoriel

Danny Elfman est le compositeur attitré de Tim Burton, le maître au style unique et à l’univers baroque alliant gothique et psychédélisme. Né à Amarillo (Texas), d’un père pilote et d’une mère auteur de livres pour enfants, c’est lors d’un séjour à Paris que le jeune Danny Elfman décide de fonder avec son frère Richard une troupe théâtrale et musicale, The Mystic Knights of the Oingo Boingo (c’est-à-dire, Les chevaliers mystiques de Oingo Boingo), qui prendra par la suite le nom de Oingo Boingo. C’est aussi l’époque de sa première BO pour Forbidden Zone, le premier film réalisé par son frère Richard Elfman.

Danny Elfman, musicien au sein du groupe rock Oingo Boingo (entre 1979 et 1995), rencontre Burton lors de la préparation du premier long-métrage Pee-Wee’s Big Adventure, Burton dira
« Avant de travailler pour le cinéma, j’allais les voir dans les clubs. J’ai toujours aimé leur musique. De tous les groupes que j’allais voir Elfman sur scène, avec beaucoup de cheveux ! – des groupes punk essentiellement -, c’est eux qui semblaient composer la musique la plus narrative et la plus cinétique

Les deux saltimbanques collaboreront sur une période de près de 30 ans, Danny Elfman est l’un des rares musiciens issus du Rock à avoir percé dans la musique de film…. Il est le compositeur de bandes originales de plus de 80 films, dont des séries TV comme Les Contes de la Crypte à la fin des années 80, le générique de la célébrissime série américaine d’animation réalisée par Matt Groening : Les Simpsons et plus récemment Desperate Housewives. Un musicien doué pour les « Main Titles » de ses BO : ses  » introductions » pleines d’inspirations marque le cinéma contemporain. Depuis 1990 Danny Elfman est le compositeur fétiche d’un autre grand réalisateur Sam Raimi, il a aussi travaillé avec Gus Van Paul Haggis, Ang Lee, Rob Marshall, Guillermo Del Toro, Brian De Palm, Peter Jackson. Stephen, J. Anderson…. Durant ces trente dernières années, Danny Elfman, quatre fois nominé aux Oscars, s’est hissé parmi les compositeurs les plus versatiles et complets de l’industrie du cinéma.

Bien que peu sûr de lui du fait de son absence de formation musicale “traditionnelle”, Elfman se révélera être un compositeur de bandes originales particulièrement prolifiques…
Ils ont parié sur moi. Ils ont parié sur Danny. (…) Quand je l’ai entendue jouée [la musique] par un orchestre, ça a été un choc. Ça a été une des expériences les plus mémorables de mon existence. C’était la première fois que la musique était un personnage à part entière d’un de mes films.

Tim Burton débute ainsi avec Elfman l’un de ces grands couples réalisateur/compositeur tels que Hitchcock/Herrmann, Fellini/Rota ou Spielberg/Williams et dévoile au grand public et au monde du cinéma celui qui est amené à devenir l’un des grands compositeurs des années 1990-2000. Une collaboration fructueuse qui débutera avec le premier film de Tim Burton Pee Wee’s Big Adventure, et qui ne s’est pas arrêté, puisque le compositeur réalise la BO du film Big Eyes.

Notons que les premiers courts-métrages de Tim Burton, Vincent (1982) et Frankenweenie (1984) sont composés respectivement par Ken Hilton et Michael Convertino-David Newman).

Voyagez en musique :

Faisons un bond en arrière, au temps de Marty McFly, et découvrons la musique de Danny Elfman à travers quelques extraits de bandes originales. Écoutons cette musique en parfaite harmonie avec l’atmosphère de ses films virevoltant au son de ses instruments (cuivres, pianos, cordes…) et chœurs tels des flocons sensoriels en symbiose absolue avec cette caméra qui a su magnifiée des moments de grâces musicales magiques.

Pee Wee : Ouverture / The Big Race :

Batman Musique

Batman : Le Défi (Batman Returns)

Festival

Cannes 2026 : The Match, en prolongation

Présenté à Cannes Première 2026, "The Match" rejoue le quart de finale Argentine-Angleterre de 1986 comme un récit politique, populaire et sportif, porté par la légende Maradona.

Cannes 2026 : Histoires parallèles, fictions imbriquées

La fiction peut-elle devenir une réalité ? Ou changer notre perception du réel ? Comment l'observation stimule-t-elle l'une de nos capacités les plus singulières, l'imagination ? En s'interrogeant ainsi sur la frontière entre invention et vérité, à travers les trois piliers que constituent l'écriture, l'image et le son, Asghar Farhadi propose dans "Histoires Parallèles" une ode théâtrale à la création qui décrypte la complexité des rapports humains.

Cannes 2026 : Fatherland, l’exil sans fin

Dans Fatherland, présenté à Cannes 2026, Pawel Pawlikowski filme Thomas Mann de retour dans une Allemagne déchirée, entre tensions géopolitiques et blessures intimes jamais refermées.

Cannes 2026 : Blaise, ni sage ni sauvage

Comédie d'animation corrosive et désenchantée, "Blaise" plonge dans le quotidien d'une famille parisienne coincée entre ses contradictions de classe et ses petits arrangements avec la réalité. Un portrait de famille autant qu'un miroir tendu à une époque experte dans l'art d'esquiver les crises, qui s’accumulent jusqu’à un point de non-retour.

Newsletter

À ne pas manquer

Les Cloches des profondeurs (1993) de Werner Herzog : la foi dans tous ses états

Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.

La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner (1974) de Werner Herzog : le temps suspendu

A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Billie Eilish en 3D, Mortal Kombat II et le Métronome Cardiaque : La Musique qui Habite le Corps

Trois films, trois compositeurs, trois façons radicales de ne plus seulement faire écouter la musique, mais de la faire habiter le spectateur : calibrer sa distance au monde, repousser ses frontières physiques, et synchroniser son pouls sur celui du film. Cette semaine, la bande-son cesse d’être un accompagnement. Elle devient une mesure précise du corps.

Baroque, art-rock et pop massive : les BO de Vivaldi et moi, Die My Love et Le Diable s’habille en Prada 2

Baroque vivant, psychose en musique et pop impitoyable. Les BO de Vivaldi et moi, Die My Love et Le Diable s'habille en Prada 2 transforment la musique en vraie force narrative.

Nous l’Orchestre & Drunken Noodles : l’orchestre en fusion et le silence sensuel

Du souffle rauque d’un chef en transe, des cuivres qui frappent la poitrine et des archets qui grincent à quelques centimètres de l’oreille… jusqu’au silence moite d’un été new-yorkais où une note solitaire effleure deux corps qui se cherchent dans le vide.Cette semaine, deux approches radicalement différentes de la musique de film : l’une plonge au cœur de la matière symphonique vivante, l’autre caresse avec une sensualité retenue et fragmentée.