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Festival du cinéma américain de Deauville : Présentation de l’édition 2015

Présentation de la 41ème édition du festival du cinéma américain de Deauville :

A precious moment for all cinema lovers

Le cinéma, quand il est associé à la notion de festival, rime souvent avec des dates et lieux symboliques. Mais il ne s’agit pas ici d’énumérer nombres d’évènements qui célèbrent la pellicule à travers le monde, plutôt de mettre en lumière la prochaine édition du Festival du cinéma américain de Deauville. L’année dernière la croisette normande soufflait déjà ses 40 bougies, 40 ans de films, d’hommages, et de découvertes autours d’Hollywood et de ses acteurs. Marqués par un passé récent connu de tous, les États-Unis sont ancrés dans l’histoire normande, la région et la nation sont intimement liées, un attachement réciproque qui se manifeste par le succès que connait le festival depuis sa création : les plus grands ont foulé son sol, des films mythiques ont éclairés ses toiles, de jeunes réalisateurs prometteurs sont sortis primés de ses salles. Autant de signes qui attestent de sa santé éclatante. La crise de la quarantaine ? Deauville ne la connait pas.

Fondé en 1975 par Lionel Chouchan et André Halimi, guidé par le maire de l’époque Michel d’Ornano, puis par sa femme Anne, qui déclarera « Hollywood s’est trouvé un verger en Normandie » ; le festival du cinéma américain de Deauville, connait un rapide succès  sous l’impulsion financière de Lucien Barrière : Dès la 3ème édition, Gregory Peck est présent sur les planches, tout comme Sean Connery (en 1981), Harrison Ford (en 1982) ou Elisabeth Taylor, dix ans seulement après sa création. Se succède alors chaque année, les grands noms, aimantés par la fête qui leur est faite outre Atlantique ; le début septembre devient une date incontournable pour les têtes d’affiches: Robert De Niro, Clint Eastwood, George Clooney… Fort du rayonnement, sans doute inégalable, du cinéma populaire hollywoodien, les classiques parmi les classiques sont présentés aux spectateurs français, d’Indiana Jones à Star Wars, d’E.T. à Jurassik Park, Deauville assiste la naissance du blockbuster. La mythologie du cinéma américain y est également présentée ; c’est Annie Hall en 77, Grease l’année suivante ; c’est Top Gun en 86 ou Forrest Gump 8 ans plus tard. Parallèlement, fidèle à sa volonté d’honorer les figures tutélaires du grand cinéma US, des hommages et des rétrospectives sont organisés pour des Stanley Kubrick, Billy Wilder, Francis Ford Coppola, Elia Kazan, Sidney Lumet…

En 1995, le festival s’ouvre à la compétition et éclaire le cinéma indépendant ; chaque année un jury présidé en majorité par des réalisateurs français décerne le Grand prix : Vincent Lindon en 2013, Jean Pierre Jeunet en 2009, ou Roman Polanski pour l’édition 2003.  Des présidents toujours bien accompagnés : on recense dans ce même jury des artistes tel que Anouk Aimée, Abderrahmane Sissakho, ou encore Ewan McGregor. Par le prisme de cette compétition, ont été découvert certains des cinéastes les plus talentueux de leur génération, certains ont confirmé depuis comme Spike Jonze (primé en 1999) ou Jeff Nichols (2011), d’autres ont tout simplement continué leur route jusqu’aux Oscars, comme Paul Haggis (primé pour Collision en 2005) et tout récemment Damian Chazelle avec la claque Whiplash.

La particularité du festival réside également dans ses « nuits américaines », avec des projections diurnes comme nocturnes. Des films sont présentés 24h sur 24, une opportunité unique au monde pour les spectateurs ! Une célébration qui s’érige autant en musée qu’en vitrine, honorant les gloires et les espoirs d’un cinéma titanesque. Mais peu d’informations ont filtré sur la 41ème édition, si ce n’est que l’on sait déjà que Benoît Jacquot la présidera, et que la sélection officielle sera annoncée courant août. Rendez-vous du 4 au 13 septembre 2015 pour découvrir les films mis à l’honneur pour ce nouveau festival du cinéma américain de Deauville.

 

Ballers, saison 1: critique série des deux premiers épisodes

Ballers = Entourage + Friday night lights ?

Première série diffusée à la suite de True detective sur HBO et OcsCity, Ballers s’inscrit dans une toute autre dynamique  : pas de nuit, pas de policier corrompu, mais le milieu en apparence beaucoup plus heureux des stars du football américain avec leurs maisons de rêves, les femmes qu’ils attirent et l’argent qui coule à flot.

Plus qu’au sport, la série s’intéresse à ses coulisses : agents, gestionnaires de patrimoine financier, familles, et problèmes de reconversion. Cette orientation n’est pas surprenante : la série est crée par Stephen Levinson, producteur  d’Entourage qui retrouve à cette occasion Mark Wahlberg, encore une fois associé à la production.   Ils se sont associés à Peter Berg, qui quand il ne réalise pas des films patriotico-virils comme Battleship ou Du sang et des larmes, est le créateur de Friday Night Lights, qui traite du football américain universitaire.

On retrouve dans ces deux séries l’idée que ce qui compte n’est pas ce qui se passe sur le terrain mais autour : un public français peut donc a priori regarder la série et avoir une chance de comprendre quelque chose. Car ce qui les intéresse est : que se passe-t-il quand on donne la célébrité et l’argent à des hommes très jeunes et pas préparés à cela ? Et que se passe-t-il quand l’argent ne rentre plus dans les caisses ?

Mo Money Mo Problems

The Rock sert de lien entre les différents joueurs pour lesquels il travaille. La série navigue entre deux types de personnages : soit les joueurs à la retraite qui ont plus ou moins bien géré leur argent mais se trouvent dans une impasse « existentielle » : plus de challenge, pas de travail, une vie de famille morne, soit les joueurs en activité dont le comportement met en danger la carrière : trop grande agressivité en dehors des terrains, entourage trop nombreux et trop gourmand qui met en danger leur sécurité financière. Spencer va devoir les aider à garder le bon cap, mais lui-même ne sait pas très bien où il va, et les bêtises de ses poulains peuvent potentiellement le mettre dans l’embarras (il est obligé dès le pilote de prêter 300 000 dollars à un de ses clients). De plus il est poussé par un supérieur hiérarchique qui ne l’a engagé que pour ses contacts, et n’est lui-même pas complètement insensible à l’appel des sirènes du bling bling.

Tout dans la série semble tourner autour de l’idée qu’aucun des personnages n’a lu l’ouvrage de Marion Montaigne et des sociologues Pinçon Charlot : Riche, pourquoi pas toi ? et donc ne semble préparé à gérer sa vie. Ceci s’inscrit dans un problème très réel : on pense évidemment à l’idole du basket américain Allen Iverson qui fait face à de très graves problèmes financiers alors qu’il vient de prendre sa retraite, et il n’est pas le seul : un article publié dans le magazine Sports Illustrated avait fait sensation en annonçant en 2009  que 78% des joueurs de NFL étaient en banqueroute personnelle ou en difficulté financière deux ans après leur retraite faute d’avoir retrouvé du travail ou à cause d’un divorce mal géré (les chiffres semblent avoir évolué entre temps, mais resteraient à près de 16% de banqueroute dans les douze ans qui suivent leur retraite).

Surtout, le problème réside dans la question de l’argent au quotidien : les dépenses de luxe, l’addiction au jeu mais aussi les investissements ratés. En se plaçant du point de vue d’un ancien joueur devenu gestionnaire de patrimoine, la série se dote d’un angle d’attaque potentiellement passionnant.

Si cette question est très sérieuse, le traitement ne l’est évidemment pas complètement, la mise en scène faisant preuve de flamboyance : si tout ce petit monde risque la ruine, c’est sous le soleil, au milieu des groupies et des voitures de luxe. Le show est à la fois comique et dramatique, car les personnages ne se rendent pas compte des problèmes dans lesquels ils se mettent.

Est-ce qu’on regarde la suite ?

Le gros problème de Ballers tient en sa programmation : après une série aux enjeux aussi dramatiques que True Detective (le cliffhanger du deuxième épisode a dû couper la chique de plus d’un téléspectateur), il est difficile d’éprouver de l’empathie pour ces enfants gâtés de joueurs de football américain. Si les enjeux sont réels, tant pour les clients que pour un the Rock prêt à investir gros pour gagner plus, et si le rythme est vif, épisodes de trente minutes oblige, il manque un petit quelque chose pour que l’on arrive pleinement à se passionner pour ces pauvres riches.

Synopsis : Spencer Strasmore (Dwayne « The Rock » Johnson) est une ancienne vedette du football américain dont la carrière s’est brutalement arrêtée suite à une blessure. Il pâtine gentiment dans sa reconversion en gestionnaire de biens. Quand l’un de ses meilleurs amis meurt de manière stupide, laissant sa famille sans ressources, il comprend qu’il est temps de s’investir dans son travail.

Ballers : Fiche Technique

Réalisation : Peter Berg (premier épisode), Julian Farino (deuxième épisode)
Scénario : Steve Levinson (créateur), Steve Sharlet, Evan T. Reilly
Distribution : Dwayne « The Rock » Johnson, Rob Corddry, Omar Benson Miller, John David Washington, Donovan Carter, etc.
Musique : NR
Photographie : Jaime Reynoso
Décors : Chase Harlan, Kevin Kavanaugh
Montage : Jeffrey M. Werner, Colby Parker Jr.
Production : Bret Slater, Spencer Strasmore (impossible de trouver l’information si la série est inspirée de son parcours, ou si le nom du personnage de The Rock est simplement un hommage), Joseph Krutel
Sociétés de production :  Closest to the Hole productions, Film 44, Leverage management
Sociétés de distribution : Home box office distribution
Budget : NR
Genre : Comédie, sport.

Tsili, un film de Amos Gitaï : Critique

Le Poids des mots.

Après avoir décortiqué le conflit israélo-palestinien, dénoncé les ravages de la guerre du Kippour ou du Liban, le réalisateur israélien controversé Amos Gitaï s’attaque aujourd’hui au lourd sujet de la déportation.
Tsili s’ouvre sur une formidable séquence où l’héroïne danse sous un fond noir sur la musique au violon qui rythmera tout le film. C’est hypnotique et la signification de cette scène d’ouverture se fera naturellement plus tard. La Tsili du titre est une jeune juive échappée de la déportation qui se cache dans la forêt près du camp où est détenue toute sa famille. Ici elle se fabriquera un petit cocon et sera rejointe par un autre juif en cavale. Bien que rescapés de l’horreur des camps de concentration, les deux personnages n’en ont pas moins perdu leur condition humaine, vivant terrés comme des animaux et restant quasi-muet tout au long du film.

Les films d’Amos Gitai sont souvent caractérisés par des plans longs et une réalisation méticuleuse. On retrouve la même recette ici et c’est paradoxalement par le langage quasi-absent que prend sens la mise en scène. Dans Free Zone une palestinienne disait à un israélien ce qu’un juif aurait pu dire à un nazi : « Dommage que les Israéliens ne parlent pas l’arabe comme les Palestiniens parlent l’hébreu, parce que je crois que ça changerait la face des choses ». Une phrase qui résume l’importance de la communication lors d’un conflit aux yeux du cinéaste. C’est par le langage, ces quelques mots prononcés en yiddish, que Tsili accorde la confiance à cet homme et lui ouvre la porte de son cocon. Et c’est par cette absence de parole, qu’il remplace par des bruits incessants d’obus, qu’Amos Gitaï rend compte du caractère inénarrable de la situation, et de l’atmosphère oppressante qui englobe les personnages.

Ainsi vont se substituer à la parole des gestes bien humains. La course incessante de Tsili vers davantage de liberté, les gestes tendres de la jeune femme envers son nouveau compagnon et la musique, ce violoniste qui rassemble tous les rescapés vers un même but, celui d’une quête vers un nouveau monde. La scène d’ouverture prend alors tout son sens. Sans moyen d’expression, muselée, Tsili danse. Et danse. Comme si sa vie en dépendait.

Film court, peu coûteux mais pas sans ambitions, Tsili nous offre un beau moment de cinéma. Rarement le sujet de la déportation, qui trouve de nombreux échos aujourd’hui, n’a été traité avec autant de subtilité et de poésie. Avec Tsili, Amos Gitaï revient à ses thèmes les plus chers et à la quintessence de son cinéma.

Synopsis : Tsili, une jeune juive part se cacher après que sa famille entière ait été déportée dans des camps de concentration. Réfugiée dans une forêt, la jeune fille tente de survivre par ses propres moyens pour échapper à l’enfer qui règne dans la vallée.

Fiche Technique : Tsili

Titre original : Tsili
Date de sortie : 12 Août 2015 (France)
Nationalité : Israélien, français , italien , russe
Réalisation : Amos Gitaï
Scénario : Amos Gitaï, Maire-José Sanselme
Interprétation : Sara Adler, Meshi Olinski, Lia Koenig, Adam Tsekhman, Natalia Voitulevitch-Manor, Andrei Kashkar, Yelena Yaralova
Musique : Alexej Kochetkov, Amit Poznansky
Photographie : NR
Décors : Andrei Chernikov
Montage : Yuval Orr, Isabelle Ingold
Production : Michael Tapuach, Laurent Truchot, Yury Krestinskiy, Pavel Douvidzon, Denis Freyd, Amos Gitaï, Carlo Hintermann, Gerardo Panichi, Luca Venitucci, Leon Edry, Moshe Edry
Sociétés de production : Agav Films, Archipel 35, Hamon Hafakot, Trikita Entertainment, Citrullo International.
Société de distribution : Epicentre Films
Budget : NR
Genre : Drame
Durée : 88 mins
Récompense(s) : NR

Auteur : Jim Martin

Critique: Indian Palace – Suite royale, un film de John Madden

Sorti en 2012, Indian Palace, de John Madden (le réalisateur Shakespeare in love) constituait une agréable surprise dans l’univers de la comédie britannique. En faire une suite n’était absolument pas nécessaire, et pourtant cette seconde partie reste au même niveau que le film original et en possède les mêmes qualités.

Synopsis : à Jaipur, en Inde, des retraités anglais continuent à mener leur vie et à se retrouver au « Best Marigold hotel ». Le propriétaire, Sonny, rêve de s’agrandir et d’ouvrir un second hôtel.

Huit personnages en quête d’hôtel
Un petit rappel s’impose, histoire de ne pas se perdre dans les multiples personnages. Indian palace nous racontait l’histoire d’une poignée de retraités britanniques s’ennuyant à mourir dans leur Albion natale et se retrouvant dans le même hôtel plus ou moins délabré à Jaipur, en Inde. Se liant d’amitié avec le propriétaire, ils vont l’aider à retaper l’établissement et vont s’y installer à demeure.
Nous les retrouvons donc, ces personnages qui nous avaient émus ou fait sourire trois ans plus tôt. Muriel Donnelly (Maggie Smith, l’actrice qui tenait le rôle du professeur MacGonagall dans la série des Harry Potter) assiste Sonny dans la direction de l’hôtel et cache sa fierté et son affection sous des apparences très froides. Evelyn (Judi Dench) devient négociante en tissus, sous le regard amouraché d’un Douglas (interprété par l’excellent Bill Nighy) qui n’ose pas lui faire part de sentiments pourtant évidents. Madge (Celia Imrie) hésite entre deux hommes alors que la vie sentimentale de Norman et Carol est plus que mouvementée.

Et Sonny (Dev Patel, vu dans Slumdog Millionaire et Chappie) ? Le seul Indien de l’équipe navigue entre deux projets de rêve. Tout d’abord, il prépare son mariage avec la belle Sunaina (Tina Desai, que l’on peut admirer aussi dans Sense8, la série des Wachowski, où elle tient un des rôles principaux). Le film est d’ailleurs structuré en fonction des préparatifs du mariage et il est divisé en deux parties : La fête des fiançailles (engagement party) et la fête de famille (family party).

Mais Sonny a un deuxième projet, et les deux ambitions vont se télescoper, voire se percuter frontalement le long du film. Il veut racheter un autre hôtel en ruine pour en faire un Second Best Marigold Hotel. Mais les obstacles vont se cumuler : un inspecteur doit venir à l’hôtel en se faisant passer pour un client ordinaire, pour évaluer la capacité de gestion de Sonny. Et un concurrent fait surface, un proche de Sunaina, activant à la fois la rancœur et la jalousie de Sonny.

Un film en équilibre
Le film reprend les mêmes qualités que la première partie : tout d’abord c’est le plaisir de suivre des personnages qui sont très sympathiques, drôles, parfois touchants, et en tout cas loin des héros habituels des comédies romantiques. Dans ce second épisode, le casting est complété par la présence d’un habitué du genre, Richard Gere.
Bien entendu, nous n’échappons pas à la mode des « héros sur le retour ». Il s’agit de montrer que les vieux savent aussi bien y faire que les jeunes. Là où Expendables nous prouvait que les retraités savent encore se battre, Indian Palace nous montre qu’ils peuvent encore être romantiques. Que nous soyons dans un effet de mode cinématographique ne gâche pas le plaisir que nous avons à retrouver cette bande d’acteurs.

D’autant plus que John Madden parvient à établir un équilibre intéressant. Son film reste constamment dans les demi-teintes, échappant à toute forme d’excès qui serait forcément regrettable. L’humour reste généralement subtil, cherchant les sourires plus que les éclats de rire, et toujours respectueux de ses personnages. Il ne s’agit pas de ses moquer de quelqu’un, mais d’accompagner des personnes que l’on apprécie.

De même, les passages plus émouvants ne sont pas non plus dans l’excès. Le cinéaste joue sur l’absence de pathos, voire même une certaine sérénité. Il aime bien aussi lancer de fausses pistes, nous faire croire à l’imminence d’un drame en approche pour mieux pouvoir l’esquiver.
Tout cela n’empêche pas le film d’avoir des défauts. D’abord, il y a des scènes qui sont déjà vues depuis fort longtemps, des passages obligés que l’on se lasse un peu de revoir pour la énième fois. Ainsi, le fameux discours de mariage qui s’adresse à quelqu’un du public…
Enfin, l’Inde présentée dans ce film n’esquive pas les vues de cartes postales. Alors, certes, cela nous donne de belles images, mais le cinéaste évite soigneusement de parler de la réalité sociale indienne. Peut-être est-ce ce qui manque au film, en définitive. Ce qui aurait pu lui faire dépasser le stade du divertissement agréable et en faire un vraiment bon film.

Indian Palace – Suite Royale : Bande annonce

 Indian Palace – Suite Royale : Fiche Technique

Titre original : the second best exotic Marigold Hotel
Date de sortie originale : 1er avril 2015
Nationalité : Royaume-Uni
Réalisation : John Madden
Scénario : Ol Parker
Interprétation : Maggie Smith (Muriel Donnelly), Judi Dench (Evelyn Greenslade), Bill Nighy (Douglas Ainslie), Celia Imrie (Madge Hardcastle), Ronald Pipckup (Norman Cousins), Diana Hardcastle (Carol Parr), Dev Patel (Sonny), Tina Desai (Sunaina), Richard Gere (Guy Chambers), David Strathairn (Ty Burley).
Musique : Thomas Newman
Photographie : Ben Smithard
Décors : Ed Turner
Montage : Victoria Boydell
Production : Graham Broadbent, Peter Czernin
Société de production : Babieka, Blueprint Pictures
Société de distribution : 20th Century Fox
Budget : 10 000 000,00 de dollars
Genre : comédie, romance, drame
Durée : 122’

Macbeth, un film de Justin Kurzel : Critique

Ce n’est une surprise pour personne, William Shakespeare est l’une des plus grandes influences de toute l’Histoire de la Littérature. C’est peu dire qu’il en a inspiré des cinéastes puisque le British Universities Film & Video Council a recensé plus de 420 adaptions cinématographiques de ses pièces, d’Othello à Richard III en passant par la relecture de Roméo et Juliette avec West Side Story.

Avec Macbeth, le dramaturge anglais est à l’origine de l’une des pièces qui symbolisent le plus la tragédie de l’ascension et de la chute d’un homme. Un matériau théâtral fort qu’Orson Welles et Akira Kurosawa ont réussi à transposer au cinéma, en captant avec brio toute son ampleur. Mais nombreux sont les auteurs à s’y être cassé les dents, payant le prix d’avoir voulu flirter avec l’audace et le talent de Shakespeare. Même Roman Polanski et Béla Tarr se sont prêtés à l’exercice, en vain. Alors en ce troisième millénaire, l’une des œuvres fondamentales de Shakespeare est adaptée pour la quatrième fois au cinéma par un obscur cinéaste australien dont il s’agit seulement du deuxième long-métrage. Etait-ce nécessaire ? Oui, assurément oui. Car derrière une retranscription très textuelle de l’œuvre, Justin Kurzel fait preuve d’une vraie proposition de cinéma et offre à cette pièce une modernité insoupçonnée par le biais d’une photographie comme on en a rarement vu dans une œuvre shakespearienne. Le Macbeth de Justin Kurzel atteint la noirceur et la grandeur du texte, tout simplement.

A feu et à sang

La Croisette a un petit penchant pour Justin Kurzel, c’est certain. Macbeth a beau être son second long métrage, c’est la troisième fois que le cinéaste australien revient à Cannes. Après y avoir présenté son court métrage Blue Tongue en 2005, puis le très remarqué Les Crimes de Snowtown en 2011 à La Semaine de la Critique (Prix FIPRESCI et Mention spéciale du Jury), le réalisateur est directement propulsé dans la compétition officielle aux côtés des plus grands. Cinéaste radical, Justin Kurzel pousse toujours ses personnages dans leurs derniers retranchements et n’hésite pas à être constamment dur avec ce qu’il filme. Le sang s’y entremêle souvent aux larmes, à la poussière et la chair y est souvent mise à mal. Macbeth n’y fera pas exception. Et qui de mieux que l’impressionnant Michael Fassbender pour camper ce personnage extrême. Un excellent choix que cet acteur, après sa performance monstrueuse d’un homme rongé par le sexe dans Shame de Steve McQueen. Salué par la critique avec son premier long métrage, Justin Kurzel est rapidement contacté par la Weinstein Company pour mettre en scène cette adaptation. C’est l’implication de l’acteur germano-irlandais qui le convaincra de se lancer dans ce projet. Une collaboration assurément fructueuse puisque c’est Michael Fassbender qui a suggéré le réalisateur australien pour prendre les rênes de l’adaptation cinématographique d’Assassin’s Creed, devenant par ailleurs l’un des projets les plus excitants de 2016.

Dès les premières séquences, Justin Kurzel ne lésine pas sur les moyens et enchaîne les plans larges d’une beauté hallucinante. Les vastes paysages britanniques sont les terrains de batailles entre la Norvège et l’Ecosse. Macbeth et ses hommes se tartinent le visage de boue, devenant plus bestiaux que jamais. Du haut des plaines, des petits hommes hurlent et se battent à l’épée dans la brume. Un fils meurt et au-milieu de tout ce vacarme, un homme se tient droit, le regard perdu, amené à devenir un grand homme. Toutes les intentions de l’australien sont là. En quelques instants, il crie à qui veut l’entendre que ce Macbeth ne sera pas tendre et qu’il se jouera dans la crasse. Le cinéaste privilégie la direction artistique à la réécriture de la pièce de Shakespeare. Il ne s’en cache pas et ne cherche jamais à se démarquer du matériau originel. Ce qui l’intéresse surtout, c’est placer ce récit dans un univers radical et perfide. Prédestiné à un grand et sombre destin par trois sorcières croisées au cour d’une bataille, Macbeth apprendra rapidement que la quête du pouvoir ne peut s’effectuer qu’en faisant couler le sang de ceux qui se mettront en travers de son chemin. Charismatique meneur, ses alliés l’abandonneront progressivement, de ses plus fidèles hommes à sa femme, hantée par le remords. Justin Kurzel conserve donc les vers fort bien écrits du dramaturge anglais pour privilégier un véritable travail de mise en scène. Dès les premières minutes du film, il témoigne d’un parti-pris esthétique singulier par le biais d’une lumière ensorcelante. A plusieurs reprises, la photographie deviendrait presque outrancière tant le réalisateur pousse le style jusqu’à employer des ralentis troublants mais dispensables.

 

On reconnaîtra que l’ensemble du casting, qu’il soit originaire du Royaume-Uni ou non, parle dans un anglais soutenu, à l’accent bien identifiable. Il aurait été fort offensant qu’une adaptation de Shakespeare ait perdu son caractère local au profit d’une logique mondialisée. A ce petit jeu, Michael Fassbender était le candidat idéal pour interpréter ce Roi déchu, confirmant son statut de meilleur acteur de sa génération. Il a la carrure, le mental et la démence en lui pour exprimer la vaste palette d’émotions de ce personnage autodestructeur. Il incarne tour-à-tour un homme déterminé, un machiavélique stratège, un paranoïaque halluciné et un monstre humain. A ses côtés, si elle offre une merveilleuse interprétation, Marion Cotillard n’a malheureusement pas l’étoffe du rôle de Lady Macbeth, jugé comme étant l’un des rôles les plus difficiles du répertoire occidental. Non pas qu’elle soit mauvaise, bien au contraire, mais parce que l’équipe de scénaristes ne lui accorde pas le temps nécessaire pour étoffer ce personnage qui passe de la tentatrice démoniaque à l’hystérique aux tendances suicidaires en l’espace de quelques plans. Son suicide tombe presque comme un cheveu sur la soupe. C’est par le biais de Macbeth que l’on verra le corps sans vie de son épouse. Justin Kurzel est sans doute plus séduit par le personnage de Macbeth que par la démence et le remords de Lady Macbeth, pourtant tout aussi incontournable que son mari. C’est regrettable d’autant plus qu’il s’agit d’un de ces rôles qui marquent durablement une carrière et Justin Kurzel ne laisse que peu d’occasions à Marion Cotillard pour briller. Aux côtés de ce couple shakespearien, on notera également la présence d’un fort beau trio d’acteurs britanniques composé de David Thewlis, Sean Harris et Paddy Considine. Ces deux derniers sont tout simplement magistraux dans leurs rôles respectifs de Macduff et Banquo.

Si le texte est conservé et respecté, c’est donc du côté de la texture visuelle que Justin Kurzel offre une proposition de cinéma à la hauteur de la tragédie shakespearienne. Sa présence dans la compétition à Cannes n’est pas anodine. Des relectures shakespeariennes, il en sort régulièrement mais jamais elles n’avaient atteint la noirceur et la primitivité propres à la démence d’un tel homme. Le cinéaste australien ne lésine pas sur les filtres couleur, à juste titre. La destruction progressive du personnage s’accomplit en même temps que les couleurs deviennent de plus en plus explosives. La bataille finale est en ce sens un modèle de direction artistique avec des nuances d’orange déchaînées et paradoxalement envoûtantes. L’Enfer semble s’abattre à mesure que la bataille fait rage. A cet instant, Macbeth et Macduff s’affrontent dans le sang et la boue alors qu’autour d’eux les hommes se sont tus et le chaos règne silencieusement. Ce n’est plus une guerre, c’est le combat de deux hommes déterminés prêts à assouvir une vengeance ou à conserver un trône. Justin Kurzel saisit toute l’essence et l’ampleur dramaturgique d’un tel affrontement. De par sa mise en scène, il illustre au sens le plus littéral du terme l’expression « à feu et à sang ». Si le jury cannois a laissé de côté Macbeth dans son palmarès, le directeur de la photographie Adam Arkapaw (True Detective, Animal Kingdom) sera sans doute salué dans les mois à venir pour son travail d’orfèvre qui donne à Macbeth toute la grandeur de cette tragédie. Mais derrière ce que l’on pourrait juger comme une couche de vernis se cache une volonté inexorable de moderniser cette tragédie tout en la conservant dans son époque d’origine. Même si ce sont les Weinstein qui sont à l’origine du projet, connus pour être des compétiteurs acharnés aux Oscars, Justin Kurzel évite l’académisme et le formatage propre à leur studio en réalisant un vrai film d’auteur dans la juste continuité des Crimes de Snowtown. Peut-être qu’à travers cette patte graphique appuyée, les sceptiques jugeront cette relecture comme un pur exercice de style sans fond. Mais il faut reconnaître que la dernière séquence percute littéralement la rétine et touche du doigt un climax sensoriel enivrant, laissant le spectateur durablement marqué par un affrontement remarquable. Shakespare disait qu’« une chute profonde mène souvent vers le plus grand bonheur ». C’est ainsi que l’on peut prendre ce dernier acte où Macbeth, éreinté par ces luttes constantes, aussi bien physiquement que mentalement, est libéré de ses démons par la mort.

A travers cette nouvelle lecture de l’œuvre de Shakespeare, Justin Kurzel propose un film captivant qui pousse ce leader charismatique dans ses derniers retranchements. Oublié à Cannes, le film est assurément l’un des prochains candidats aux Oscars. Le Macbeth de Justin Kurzel n’est pas qu’une simple relecture, c’est une œuvre qui trouve toute sa résonance à travers la représentation intérieure de ce Roi maudit dans cette photographie qui progressivement fait déchaîner les Enfers sur la Terre. Ce Macbeth atteint une véritable sensibilité moderne qui rend hommage à la pièce de Shakespeare et à son personnage charismatique et haut en couleur, à l’image de ce film intense et viscéral.

Synopsis: Lecture viscérale de la tragédie la plus célèbre et captivante de William Shakespeare, celle d’un vaillant guerrier autant que chef charismatique, plantée sur les champs de bataille au milieu des paysages de l’Ecosse médiévale, Macbeth est fondamentalement l’histoire d’un homme abîmé par la guerre qui tente de reconstruire sa relation avec son épouse bien-aimée, tous deux aux prises avec les forces de l’ambition et du désir.

Macbeth – Bande-annonce

Fiche Technique: Macbeth

Royaume-Uni
Genre: Drame historique
Durée: 113min
Sortie en salles le 18 novembre 2015

Réalisation: Justin Kurzell
Scénario: Todd Louiso, Jacob Koskoff et Michael Lesslie, d’après l’œuvre de William Shakespear
Distribution: Michael Fassbender (Macbeth), Marion Cotillard (Lady Macbeth), Jack Reynor (Malcolm), David Hayman (Lennox), Paddy Considine (Banquo), David Thewlis (Duncan), Sean Harris (Macduff), Elizabeth Debicki (Lady Macduff)
Photographie : Adam Arkapaw
Décors : Fiona Crombie
Costume: Jacqueline Durran
Montage: Chris Dickens
Musique : Jed Kurzel
Producteurs : Emile Sherman, Laura Hastings-Smith, Iain Canning, Rosa Romero, Andrew Warren
Sociétés de Production: See-Saw Films
Distributeur: StudioCanal
Budget : NC
Festival: Compétition Officielle au Festival de Cannes 2015

Entourage, un film de Doug Ellin : Critique

4 ans après la fin de la série, Entourage le film débarque sur nos écrans. L’attente est immense pour les fans de ce show culte HBO de Doug Ellin, surtout qu’elle s’est achevée au bout de huit années, laissant le spectateur sur sa faim. Le film est-il à la hauteur de la série ? S’adresse-t’il seulement aux fans où chacun y trouvera son bonheur ? La réponse n’est pas ailleurs, mais dans les prochaines lignes.

La consécration finale

La transposition d’une série du petit au grand écran, n’est pas un exercice facile. On dénombre de nombreuses victimes parmi les tentatives d’adaptations, dont Chapeau Melon et Bottes de Cuir, Wild Wild West ou The Green Hornet. Il y a aussi des réussites, comme Mission Impossible, 21 Jump Street ou Le Fugitif. Entourage se situe entre les deux cas, ni bon, ni mauvais, il saura surtout satisfaire les fans de la série.

6 mois plus tard, on retrouve Vincent Chase (Adrian Grenier); dont le mariage n’aura tenu que 9 jours; sur un yacht du côté d’Ibiza entouré d’une horde de playmates. Il est rejoint par Eric Murphy (Kevin Connolly) qui s’est de nouveau séparé de Sloan (Emmanuelle Chriqui), Turtle (Jerry Ferrara) a minci et Drama (Kevin Dillon) reste le même, un éternel loser. En tant que grand enfant, Vince n’aime pas s’ennuyer et pour remplir ses journées, il va de nouveau tenir le premier rôle dans un grand film de studio, dont Ari Gold (Jeremy Piven); son ancien manager; vient d’être nommé directeur. A la différence, que Vince veut aussi en être le réalisateur et c’est là que les ennuis commencent….

Le scénario est un prétexte pour nous permettre de suivre à nouveau le quatuor, mais surtout la vraie star du show, l’immense Ari Gold. La mise en place est laborieuse, on retrouve dans le film tout les défauts des dernières saisons, à savoir un défilé de guest-stars au détriment de l’histoire. On peut s’amuser à les pointer du doigt en criant leurs noms : Pharrell Williams, Russell Wilson, Jon Favreau,Mike Tyson, T.I., Baron Davis, Gary Busey, Rob Gronkowski, Bob Saget, etc….mais cela devient vite ennuyeux, donnant l’impression d’être dans un long clip où des potiches se déhanchent aux sons de morceaux hip-hop et pop.
Mais, il y a Ari Gold, personnage haut en couleur à la verve légendaire. C’est lui qui donne le rythme du film, en reprenant les mêmes ingrédients que dans la série, avec ses envolées verbales à la poésie pas vraiment accessible à tout les publics. Dans un monde où le politiquement correct est devenu la norme, son langage détonne et lui vaudrait surement les foudres des Femen, où d’autres militants aussi exaspérants que leurs modes opératoires pour faire entendre leurs « bonnes paroles ». Il n’a pas changé, le temps ne l’a pas assagit, même sa nouvelle position au cœur de la machine hollywoodienne, en devenant directeur de studio et c’est tant mieux. On se régale de ses pétages de plombs, surtout que le quatuor marche dans ses pas et rend enfin le film drôle et fun, comme lors des premières saisons de la série. Les scènes d’anthologie s’enchaînent jusqu’au générique final et même pendant, vous êtes donc priés de rester bien sagement dans vos fauteuils.

Il y a un vrai plaisir à retrouver les personnages de cette série culte, même si le ressort dramatique est mince : après Vince acteur, puis scénariste, il veut devenir réalisateur, dans la suite il sera producteur….Le créateur, réalisateur et scénariste Doug Ellin, rend une copie sans génie, en ne réussissant pas à se renouveler, tout en ne sachant pas surprendre, surtout visuellement. On peut déplorer son côté clipesque et cette sale manie de vouloir à tout prix caser des « stars », même si cela n’apporte rien au récit, comme peut en témoigner Thierry Henry. Pour attirer un public plus nombreux que les fans de la série, on a droit à un portrait de chacun, à travers l’émission de Piers Morgan, journaliste de CNN, au début de l’histoire. C’est intéressant pour ceux qui ne connaissent pas encore les personnages, moins pour les autres. Le temps semble long et ne permet pas au film de décoller.
On peut aussi déplorer l’absence de certains personnages récurrents, comme Scott Caan ou le rôle mineur de Rhys Coiro dans l’intrigue. Certes, il est difficile de contenter tout le monde en seulement 104 minutes mais était-ce vraiment une bonne idée de ressortir Haley Joel Osment des bas fonds de Los Angeles ? L’ancien enfant star révélé dans Sixième Sens, souffre d’un manque de charisme flagrant, comme Adrian Grenier, ce qui explique en partie le fait de ne pas le voir dans d’autres rôles. Leurs regards sont aussi inexpressifs que ceux d’un poisson rouge, surtout quand ils ont en face d’eux Billy Bob Thornton, peu présent mais bien plus imposant.

Entourage est un agréable divertissement, mais cela s’adresse surtout à ceux qui ont vu la série. Les liens entre chaque personnage ne peuvent être racontés brièvement, comme la relation qu’entretient Eric Murphy avec Sloan ou Billy Walsh avec Vince, entre autres. Mais on prend plaisir à découvrir la légendaire pub Mentos, tout comme la série Vikings Quest. Au final, on passe un bon moment, Ari Gold confirme sa place au panthéon des plus grands personnages de l’histoire de la comédie et l’aventure se conclut avec réussite.

Synopsis : Star hollywoodienne, Vincent Chase et ses potes, Eric, Turtle et Johnny, sont de nouveau dans la course, et en pleine négociation avec Ari Gold, ancien agent devenu patron de studio. Si leurs ambitions ont un peu évolué, les liens qui les unissent sont toujours aussi forts. Tant mieux car ils vont devoir se frayer un chemin dans le monde impitoyable d’Hollywood.

Entourage : Fiche Technique

Titre original : Entourage
Date de sortie : 24 juin 2015
Nationalité : USA
Réalisation : Doug Ellin
Scénario : Doug Ellin et Rob Weiss
Interprétation : Adrian Grenier, Kevin Connolly, Jeremy Piven, Kevin Dillon, Jerry Ferrara, Perrey Reeves, Rex Lee, Constance Zimmer, Emmanuelle Chriqui, Billy Bob Thornton, Nora Dunn, Rhys Coiro et Haley Joel Osment
Musique : Scott Vener
Photographie : Steven Fierberg
Décors : Jill Sprayregen Henkel
Montage : Jeff Groth
Production : Wayne Carmona, Stephen Levinson, Mark Wahlberg et Rob Weiss
Sociétés de production : Warner Bros, Home Box Office, RatPac Entertainment, Leverage Entertainment et Closest to the Hole Productions
Sociétés de distribution : Warner Bros
Budget : 30 000 000$
Genre : Comédie
Durée : 104 minutes

Une mère, un film de Christine Carrière : critique

Family life

Il y a quelques années, Christine Carrière a réalisé Darling, un film assez sombre, basé sur une histoire vraie, mais illuminé par une excellente Marina Foïs à contre-emploi, dans un de ses rôles les plus marquants. Un film qui tenait en haleine, qui osait aller au bout de son propos, un film grave  qui parvenait à faire rire malgré des vies assez tragiques, une réussite dans l’ensemble.

Son nouveau film, Une mère, ne sort pas de ce cadre gris et sombre. Mathilde Seigner y joue le rôle de Marie, la mère de Guillaume, un adolescent de 16 ans en perte totale de repères, accumulant les mauvaises actions. Marie est une mère dépassée par les évènements. Sa vie est terne, dans cette ville du Nord indéfinie et morte, dans ce logement peu avenant, dans ces petits boulots qui n’apportent aucune satisfaction, mais seulement de la fatigue et de la précarité, dans cette relation vaguement amoureuse et peu épanouissante, et surtout dans cette relation mère-fils plus que délétère. Un trop-plein d’accablement qui fait constamment surfer le film sur le fil du sentimentalisme.

Le film est centré sur cette relation entre la mère et le fils. Le mode de communication entre eux n’est jamais le bon, rempli d’agressivité  le plus souvent, de la part d’un fils extrêmement antipathique qui considère sa mère comme l’ennemi, tout comme de la part d’une mère excédée par cette attitude, mais qui ne propose à son fils qu’un visage fermé et sévère. Il est assez éprouvant de les suivre dans leur histoire, car ils n’offrent jamais l’occasion d’être en empathie. L’un et l’autre, filmés dans un quasi huis clos relationnel, jouent leur rôle de manière mécanique et exacerbée, de telle sorte que la sensation du factice envahit souvent le spectateur dubitatif, et ne laisse pas la possibilité qu’une émotion s’échappe du film.

Les agissements de Guillaume sont caricaturaux et proches du cliché, comme issus d’un catalogue du mauvais comportement chez l’adolescent. Impeccable jusqu’alors, que ce soit chez Ursula Meier (l’enfant d’en haut, Home) ou chez Anne Fontaine (Gemma Bovery), Kacey Mottet-Klein ne réussit pas à faire exister pleinement son personnage, et il ne paraît à aucun moment concerné par ce qui se passe. Au contraire, l’agitation extrême, mais surtout vaine, de son personnage l’éloigne du jeune acteur sympathique et talentueux qu’il a toujours été, à croire qu’il ne peut ni ne veut pas assumer ce rôle du méchant et vilain, ou pire, à croire qu’il a perdu son talent en route …

Quant à Mathilde Seigner, elle aussi jouant en dehors de son registre habituel, à défaut de donner de l’épaisseur et de la subtilité à son personnage, faute sans doute à un manque de matière de la part de la réalisatrice, elle arrive au moins à incarner la lassitude extrême du personnage, qui va jusqu’au tabou de la détestation, voire la haine  de son propre fils. Malheureusement, Christine Carrière ne va pas au bout de son idée, et cette bravoure d’une mère qui veut être détachée de son fils présente la même tiédeur que le reste du film. L’indécision de Marie quant à la conduite à tenir par rapport à son fils vient clairement de la réalisatrice, et non du personnage lui-même.

La tentative de rajouter des ponctuations dans le métrage, au travers de « l’histoire d’amour »  de Marie avec son ex-amoureux toujours transi n’est pas non plus une franche réussite. Toute se passe dans la même morosité, le même ton égal utilisé d’un bout à l’autre. Leurs discussions nocturnes sont d’une grande platitude, et portent sur des sujets morbides et faussement philosophiques et qui n’ont pas  leur place dans ce récit. Leurs échanges sont indéfinissables. Ici encore, on sent nettement le manque de parti pris.

Cet article indéfini du titre, Une mère, est symptomatique du film de Christine carrière. Le propos du film n’est pas limpide, on ne sait pas si Marie est une mère comme les autres, une mère spéciale ; on ne sait même pas si, in fine, elle est une bonne ou une mauvaise mère. Elle est une mère que l’on n’a pas envie de défendre, contrairement à une autre mère à laquelle elle fait forcément penser, à l’inoubliable Diane (Fabuleuse Anne Dorval)  dans le film de Xavier Dolan, Mommy, une mère qui est pourtant autrement plus éprouvée que  Marie…

Après ce film très en demi-teinte, il ne reste plus qu’à espérer que Christine Carrière retrouve vite son sens du cinéma pour nous offrir quelque chose de plus consistant à nous mettre sous la dent…

Synopsis: Marie ne parvient plus à gérer Guillaume, son fils de 16 ans. Malgré tous ses efforts, celui-ci est devenu un délinquant, toujours sur la corde raide. Au bout du rouleau, elle est sur le point de baisser les bras, se demandant ce que serait sa vie si elle n’avait pas eu d’enfant. Pierre, son ex toujours amoureux, voudrait la récupérer, faire un bébé avec elle, alors qu’elle se débat comme une diablesse pour mettre de l’ordre dans sa vie. Comme si cela ne suffisait pas, Guillaume, qui accumule les bêtises, est suspecté d’avoir renversé un homme. Alors que leur relation houleuse est au point mort, elle va tenter de recoller les morceaux…

Une Mère : Bande annonce

Une Mère : Fiche technique

Titre original : –
Date de sortie : 24 Juin 2015
Réalisateur : Christine Carrière
Nationalité : France
Genre : Drame
Année : 2015
Durée : 100 min.
Scénario : Christine Carrière
Interprétation : Mathilde Seigner (Marie), Kacey Mottet Klein (Guillaume), Pierfrancesco Favino (Pierre), Salomé Dewaels (Suzanne)
Musique : Eric Neveux
Photographie : Jeanne Lapoirie
Montage : Martine Barraqué
Producteur : Nicolas Blanc
Maisons de production : Agat films & Cie
Distribution (France) : Les films du Losange
Récompenses : –
Budget : NR

Hell on Wheels saison 4 arrive en DVD

La saison 4 de Hell on Wheels sortira en DVD et Blu-ray le 1er juillet !

En attendant la première partie de la saison 5 diffusée sur AMC samedi 18 juillet 2015, le coffret DVD ou Blu-ray de la saison 4 de Hell on Wheels sera disponible le 1er juillet. Lancée en 2011 sur AMC et créée par les frères Joe et Tony Gayton (Faster, Southern Comfort), Hell on Wheels est un western moderne qui relate la construction du premier chemin de fer transcontinental sur fond de vengeance et de violence. Bien reçue par la critique, la série originale et rythmée a su maintenir une audience honorable et fidèle autour des 2 millions de téléspectateurs, ce qui lui a valu d’être reconduite plusieurs fois.

La petite histoire :

Au sortir de la Guerre de Sécession, Cullen Bohannon (Anson Mount, Non-Stop, All the boys love Mandy Lane), un ancien soldat de la Confédération, se lance dans une Vendetta à l’encontre des hommes responsables du viol et du meurtre de son épouse. Pour approcher les criminels, il devra travailler pour Thomas « Doc » Durant (Colm Meaney, Un Incroyable Talent, La Conspiration, Star Trek Next Generation), véritable requin et vice-président de l’Union Pacific Railroad. Sa vengeance assouvie, Cullen pensait trouver la paix dans la ville ambulante de Hell on Whells mais le fanatique « Suédois » (Christopher Heyerdahl, Twilight saga) a survécu. Plus illuminé encore, il est revenu d’entre les morts pour faire enlever Cullen et sa femme et les garde prisonniers dans un fort occupé par les mormons.

Malgré le froid de l’hiver et de l’absence du contremaître, la ligne de chemin de fer poursuit sa laborieuse ascension. En dépit de la souffrance des ouvriers, des morts et des indiens, la construction des rails est la seule chose qui importe pour Thomas Durant. En enfer, il n’y a pas de place pour les sentiments.

Fiche technique : Hell on Wheels

Année : 2014

Origine : USA, tournée en Alberta par Entertainment One, Nomadic Pictures et Endemol USA.

Format : 13 épisodes de 42 minutes

Réalisateurs : Neil LaBute, Dennie Gordon, David Straiton, Michael Nankin, Roxann Dawson, Seith Mann, Marvin Rush, Adam Davidson, Rod Lurie

Scénaristes : Tony Gayton, Joe Gayton.

Casting : Cullen Bohannon (Anson Mount), Thor Gunderson (Christopher Heyerdahl), Eva (Robin McLeavy), Louise Ellison (Jennifer Ferrin), Thomas Durant (Colm Meaney), Mickey McGinnes (Philip Burke)

Producteurs exécutifs : Tony Gayton, Joe Gayton, John Shiban, Jeremy Gold, David Von Ancken.

Producteurs : Chad Oakes, Mike Frislev.

Dans un jardin je suis entré, un film de Avi Mograbi: Critique

Le dernier long métrage d’Avi Mograbi, Dans un jardin je suis entré, offre la possibilité au spectateur de découvrir sous un nouvel angle certaines thématiques de ce cinéaste israélien.

Synopsis : Ali et Avi rêvent d’un moyen orient du passé, un monde sans frontières ethniques ou religieuse où ils peuvent cohabiter ensemble.

Communiquer pour se Rassembler

Au cours, de ces précédentes œuvres, on avait distingué un réalisateur avec un style très engagé qui finissait par s’épuiser. Cela pourrait être expliqué par le fait que le réalisateur a sans doute pris un peu trop vite conscience de son potentiel intrinsèque, et a eu tendance à casser constamment les codes du cinéma sans doute par excès de confiance. Ainsi, dans ce documentaire nous sommes en mesure de s’interroger sur le type de film que proposera Avi Mograbi, traditionnel ou toujours autant atypique voire déjanté ?
Dans un premier temps, on découvre un professeur palestinien, ami de longue date d’Avi Mograbi, avec qui il dressera un portrait utopique du Moyen Orient, en tentant d’expliquer de quelle manière cette région pourrait cohabiter et retrouver une certaine tranquillité. Cet homme paraît être très réfléchi et pourrait être même comparé à un érudit.

L’introduction d’Avi Mograbi, se détache totalement du style documentaire, avec une caméra qui filme clairement un échange de la vie de tous les jours. L’objectif de cette scène est de prouver aussi implicitement que l’auteur inscrit ses propos dans le présent, et montre la voie aux populations de cette région pour apprendre à communiquer et à comprendre « ses semblables ». Cependant, ce passage paraît être bien que volontairement exploité de cette manière trop amateur pour une introduction d’un réalisateur avec un tel potentiel.
Ensuite, on pourrait dire que par le biais de ce 6ème long métrage, Avi Mograbi se vide en quelque sorte du poids de la conscience politique israélienne, avec laquelle il est souvent en désaccord. De ce fait, implicitement on pourrait dire que par le biais du 7ème art, l’objectif pour l’auteur est de faire le vide d’un point de vue spirituel des actions politiques qui selon le cinéaste israélien sont regrettables et souvent injustifiées.

Par ailleurs, au cours de cette œuvre, on ne peut qu’être admiratif de certains paramètres qui amènent une nouvelle fois une dimension supplémentaire à ce documentaire. Au-delà de la forte croyance que l’on peut distinguer dans toutes ses productions, ce qui est véritablement marquant dans cette œuvre c’est qu’elle est réalisée sans scénarios et sans réel fil conducteur, si ce n’est l’évolution de la réflexion commune des deux protagonistes. Avi Mograbi de part son esprit d’innovation sans faille, délivre même des informations sur comment « faire son film ». L’accord entre les deux parties se terminent sur un objectif central entre les deux hommes, promouvoir la paix et prouver que la communication reste possible entre deux parties avec des rivalités très importantes.
Ce documentaire, est aussi l’occasion pour Avi, de faire partager son histoire sur le petit écran à son ami palestinien. On apprend notamment que son père était à la résistance Juive pendant la guerre, et qu’il est parvenu à lui transmettre plusieurs valeurs qui lui ont permises de devenir le cinéaste que l’on connaît. On distingue même une certaine forme de maturité supplémentaire de la part d’Avi Mograbi, qui a une réelle capacité de prendre du recul par rapport aux choses. A titre de comparaison, Ali ressent encore clairement de multiples rancœurs du passé, et de ce terrible conflit de religion qui a meurtrit son pays. Le message clairement envoyé dans cette séquence est le fait que le traitement actuel des palestiniens est plus défavorable que celui-ci des israéliens.

Cependant, encore une fois on distingue deux points négatifs majeurs qui gâchent ces séquences. Tout d’abord, les échanges entre les deux amis, cherchent à transmettre comme une vérité absolue que tout le monde devrait écouter, et surtout s’inspirer de leurs visions des choses. En quelque sorte, les narrateurs donnent l’impression qu’ils imposent leurs convictions aux spectateurs, à l’image d’Avi Mograbi qui s’abstient très souvent de défendre Israël souvent critiqué par Ali. Notamment, lorsqu’il évoque une date fatidique pour la Palestine, 1948, le développement du sionisme, ou encore la période qui a chamboulée la région avec le Canal de Suez en 1956. Deuxièmement, l’aspect encore trop amateur plombe littéralement l’envers du décor, les échanges sont très lents et des images également qui parfois sont totalement hors contexte provoquent des difficultés au spectateur de suivre l’évolution du long métrage.
D’un point de vue esthétique, on ne peut encore une fois qu’être admiratif du travail d’Avi Mograbi qui propose des montages très avisés surtout pour un style documentaire. On pourrait citer ces scènes de rêves improvisés qui apportent une réelle valeur ajoutée par intermittence à l’œuvre.
Par la suite, le cinéaste Israélien, décide « d’embaucher » pour la deuxième partie de son film la fille de Ali, pour des raisons qui sont assez superficielles et peu compréhensibles. La seule raison qui pourrait être valable est le fait que le réalisateur cherche à mettre en avant une possible implication des jeunes générations et tenter de créer un dialogue sur le long terme.

D’un point de vue culturel, on apprend aussi plus de détails sur le conflit Israélo-Palestinien où la mondialisation est notamment évoquée, et qui aurait apparemment désavantagé la Palestine et déstabiliser globalement l’entente au sein du Moyen-Orient. Les deux protagonistes évoquent également que Beyrouth peut représenter à l’avenir le premier point d’encrage en termes de stabilité dans cette zone.
Par chance pendant le tournage, on discerne un moment très intéressant et assez enrichissant à la fois pour l’œuvre en elle-même et pour le spectateur. La production se déroule en effet pour le Printemps Arabe de 2012, avec les nombreuses manifestations dans des pays voisins. Encore une fois les deux amis, parviennent à trouver un avis commun sur la situation et voit en ces manifestations une des plus belles révolutions de l’histoire et voit clairement un signe de paix avant coureur. Cependant, on peut témoigner qu’aujourd’hui en 2015, ces révolutions n’ont pas apportées totalement la paix espérée. On constate, également selon les dires des protagonistes que l’on a encore moins le droit à la faiblesse au Moyen Orient que dans d’autres régions, puisque l’affirmation de sa personnalité est un point existentiel pour espérer être au sein d’une société tumultueuse.
Ensuite, après un long voyage en terre Palestinienne, les deux amis et la jeune actrice, arrivent dans un jardin interdit aux étrangers sur lesquels ils viennent se repentir et par-dessus tout condamner le ridicule de la situation. D’où l’intérêt du titre choisit par Avi Mograbi pour ce documentaire.
Globalement, on peut reprocher à cette œuvre d’avoir une vision de la paix un peu trop idyllique, de tourner autour du sujet sans trouver de véritables solutions. Le réalisateur fait preuve d’un réel manque de sérieux par moment, bien que parfois volontaires, le cinéaste israélien est loin de prêter attention à tout les détails de ses œuvres comme dans ses débuts. A l’image du phrase assez choquante pour un documentaire d’une telle qualité, « Je ne suis pas concentré j’ai envie de pisser ». Cette phrase qui a été prononcée par Avi Mograbi, montre une totale décontraction certes, mais une totale négligence également du spectateur. Certains « Travelling » également sont totalement incompréhensibles, surtout pour un spectateur qui viendrait à s’initier à ce réalisateur par le biais de cette œuvre.

Enfin, l’œuvre se conclut, dans une voiture, en pleine embouteillage, comme pour signifier qu’il n’y avait pas de solutions viables sur le court terme face à une telle situation. Il y a une certaine forme de résignation, qui peut être interprété par la phrase finale « Coupe l’Oxygène ». Mais, globalement cette œuvre offre un exemple concret au Moyen Orient que le dialogue entre des personnes que tout devraient opposer en termes d’intérêt. Ce film comme beaucoup des œuvres d’Avi Mograbi, est un véritable hymne à la paix. On a véritablement hâte après avoir visionné ce documentaire de découvrir les nouvelles thématiques qui seront exploitées à l’avenir par ce cinéaste pour sensibiliser l’audience internationale face à ce conflit éternel.

Dans un jardin, je suis entre – Bande annonce

Dans un jardin je suis entré (Nichnasti Pa’am Lagan) : Fiche technique

Auteur : Avi Mograbi
Interprétation: Avi Mograbi, Ali al-Azhari, Yasmine al-Azhari-Kadmon, Aysha Taybe (voix)…
Date de sortie: 10 juillet 2013
Durée: 1h37
Image : Philippe Bellaïche
Son : Florian Eidenbenz
Direction de production : Françoise Buraux
Montage : Rainer M. Trinkler
Musique Originale : Noam Embar
Producteur : Les Films d’Ici – Serge Lalou / Avi Mograbi productions / Dschoint Ventschr Filmproduktion AG
Distributeur : Epicentre
Distribution en salle : Epicentre
Ventes Internationales : Doc and Film International
Durée : 97′
Editions video : Epicentre
Format : Vidéo HD
Ventes Internationales : Doc and Film International
Editions video : Epicentre
Distribution en salle : Epicentre

Auteur : Adrien Lavrat

 

Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles, un film de Don Bluth : Critique

Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles nous avait déjà fait craqué en 1988 ; il ressort aujourd’hui sur grand-écran pour notre plus grand plaisir.

Synopsis: Bien avant l’apparition de l’homme sur la Terre vivait une paisible race de dinosaures végétariens et pacifiques, les « mangeurs de feuilles ». Mais quand la sécheresse ne les contraignait pas à l’exode, les terribles « dents tranchantes », une espèce de dinosaures carnivores, les attaquaient. Un seul espoir pour sauvegarder la race, rejoindre la vallée des merveilles, où la verdure est abondante.
C’est là que commence l’histoire de Petit-Pied, un dinosaure appartenant à la famille des « longs cous » et séparé de ses parents, suite à un séisme. Au cours de son périple, il est épaulé par d’autres espèces reptiliennes : Cera, une « trois cornes », Ducky, un « grande bouche », Petrie, un « volant », et Spike, un « queue à pointes ».

Un monde merveilleux

C’est un spectacle féerique de dimensions, de couleurs et de graphismes, jusqu’à la musique magique de James Horner, auteur des bandes son de Titanic et Avatar. Réalisé par Don Bluth, ancien animateur des Studios Disney, créateur des Studios Don Bluth, Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles est une animation dans la continuité du dessin-animé traditionnel à l’image des autres productions en association avec Steven Spielberg : Fievel et le Nouveau Monde, Brisby et le secret de Nimh ou encore Anastasia...

Le film nous conte l’histoire de Petit Pied, un bébé diplodocus qui part à l’aventure pour retrouver sa famille dans l’El Dorado des dinosaures. D’emblée, le petit dinosaure nous enchante par sa frimousse adorable, son innocence et son optimisme. Dans sa quête, il est accompagné par d’autres dinosaures aux personnalités très marquées : Beckie le saurolophus passionné et surexcité qui répète « Oui, oui, oui ! » d’une voix chantante doublée, Cera le tricératops au mauvais caractère, Pointu le stégosaure gourmand et Pétrie le ptéranodon qui ne sait pas voler.

La joyeuse tribu nous entraîne dans un périple à travers des paysages désertiques et apocalyptiques pour retrouver le chemin d’une vallée fleurissante et paradisiaque : la Vallée des Merveilles. Une expédition mouvementée au cœur de la Préhistoire. Le titre, Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles, exprime parfaitement les deux aspects de cette animation qui est une rencontre entre l’Histoire et le Merveilleux. Le film permet de développer à la fois l’imagination de l’enfant, sa curiosité et ses connaissances, pour le plus grand plaisir des parents.

Un monde préhistorique

Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles est une animation pour enfants dont l’idée originale est judicieusement trouvée quand on sait que dès la maternelle, les petits ont un engouement pour ces créatures « fantastiques » qui ont pourtant existé. Plus tard, les enfants restent en admiration devant ces géants de la Préhistoire qui développent leur imagination et leur intérêt pour l’histoire et la science. C’est une période extraordinaire, garante du passé et de nos origines, une période mystérieuse pour les petits comme les grands dont on sait peu de choses finalement, en particulier sur l’extinction des dinosaures qui a fait émerger nombre de théories.

Pas étonnant donc que nos bambins en raffolent car l’enfance est aussi un moment où l’on aime se faire peur. Outre le mystère qui plane autour d’eux, ces dinosaures revêtent un caractère terrifiant, monstrueux à l’image du « Grand méchant Loup » notamment en ce qui concerne le Tyrannosaure Rex.

Le psychologue clinicien, Pascal Hachet, explique ce phénomène par ces mots :

« Le plus souvent, on observe la séquence suivante : les enfants sont d’abord saisis par la curiosité qui les incite à les côtoyer par le biais d’images et, parfois, de connaissances plus ou moins poussées. Ils ressentent ensuite de la peur lorsqu’ils découvrent la taille et l’agressivité présumée de la plupart de ces animaux. Enfin, lorsqu’ils parviennent, à force de “ fréquentation ”, à apaiser cette peur, ce qui n’est pas toujours le cas, ils se prennent à aimer plus ou moins intensément ces animaux. »

De par ses atouts artistiques et pédagogiques, le sujet du film Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles tombe à point nommé dans une période du développement de l’enfant qu’il est nécessaire d’alimenter. Avec cette sortie dans les salles, l’occasion de nourrir leurs esprits gourmands avec ce joli conte se présente à nouveau car sur les écrans, ces dinosaures sont fabuleux !

Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles : Bande-annonce

Fiche technique : Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles

Titre original : The Land before Time
Origine : USA
Année de production : 1988
Production : Sullivan Bluth Studios, Amblin Entertainment
Durée : 1h09
Auteur : Don Bluth
Réalisation : Don Bluth
Production : Don Bluth, John Pomeroy, Gary Goldman
Producteurs exécutifs : Steven Spielberg, George Lucas, Frank Marshall, Kathleen Kennedy
Scénario : Stu Krieger
Musique : James Horner
Story-boards : Don bluth, Dan Kuenster
Animation : David Brewster, Skip Jones, Patrick Gleeson, Ken Duncan, Michel Gagné, Kent Hammerstrom, Colm Duggan, Jeff Etter, Raul Garcia, Marie Bardwell
Effets Spéciaux : Dorse Lanpher
Direction de l’animation : Dan Kuenster, Ralph Zondag, Linda Miller
Direction de doublage : Jean-Pierre Dorat
Layout : David Goetz

Une seconde mère, film d’Anna Muylaert : critique

Hier, l’Amérique latine nous a donné  « Gloria » (Paulina Garcia) un beau film du chilien Sebastián Lelio. Aujourd’hui, elle nous livre « Une seconde mère » (Régina Casé) de la brésilienne Anna Muylaert. Deux films qui racontent une histoire centrée sur des femmes d’un âge certain, dans l’ombre mais lumineuses, et qui s’ouvrent enfin à la (vraie) vie.

La confusion des sentiments

« Une seconde mère » met en scène Val, une « Empregada », une employée de maison comme il en existe dans toutes les classes moyennes et supérieures du pays. Val travaille et vit chez « Monsieur » Carlos et « Madame » Barbara, une famille bobo composée d’un mari rentier et très dépressif et d’une femme (hyper)active dont les dents rayent le parquet, ainsi que de Fabinho, le fils de la maison, le bébé de Val, un ado qu’elle affectionne et qui l’affectionne.

Val est littéralement la bonne à tout faire, à promener le chien et ramasser ses crottes, à préparer à manger comme à étendre le linge, à câliner son Fabinho, à servir de confident ou de complices aux uns et aux autres. A servir sans relâche et sans animosité, mais au contraire imprégnée de la « fausse conscience » chère à Marx qui annihile toute velléité de révolte par rapport à un ordre qu’elle suppose établi pour toujours.

La conscience de classe, ce sont ses employeurs qui l’ont, Barbara en particulier, eux aussi hermétiques face à la réalité de leur relation avec Val, se pensant en bienfaiteurs jusqu’à ce que Jessica, la fille de Val, arrive en ville comme un chien dans un jeu de quille et réveille tout ce beau monde de sa douce torpeur.

Symbolisant  le changement dans une société brésilienne figée dans des traditions séculaires, Jessica va déciller avec aplomb les yeux de tous : elle propose de dormir dans la chambre d’amis des maîtres, se laisse inviter à manger à la table des maîtres (et servie par sa mère, horrifiée, incrédule et impuissante devant ces évènements), et fait bien plus encore jusqu’à l’explosion finale.

Le thème du film d’Anna Muylaert tourne autour de ce travail domestique au Brésil, un thème épineux car à la fois il permet à des milliers de personnes notamment du Nordeste à vivre, y compris au prix de séparations douloureuses, les employées de maison vivant séparément de leur propre famille pour vivre avec cette autre famille et la servir nuit et jour ; et à la fois il a une résonance particulière, du fait de l’histoire de  l’esclavage au Brésil.

Le manichéisme peut guetter le film et sa réalisatrice à tout instant, et pourtant, Anna Muylaert les déjoue plutôt habilement. Alors même que 60% de ces employées de maison sont noires, Val ne l’est pas, la thématique de l’ancien esclavage n’est pas au centre du débat. La réalisatrice veut se focaliser sur l’histoire personnelle de Val, de ses relations avec son entourage, et surtout avec Fabinho, l’enfant qui a reçu toute son affection, et avec Jessica, celle qu’elle n’a pas vue pendant 13 ans, celle qu’elle ne reconnaît même pas à sa descente de l’autobus.

Le titre original de ce film est « à quelle heure elle rentre ». Vers le début du film, Fabinho pose cette question à Val, sa nounou ; sa « vraie » mère n’est jamais là. Jessica, elle aussi, raconte que pendant les longues absences de sa mère, elle ne cessait de poser cette question à son entourage. La réalisatrice s’applique à montrer ce chassé-croisé filial, comme lorsqu’un Fabinho chagrin préfère se blottir dans les bras de sa nounou que dans ceux de sa mère ; ou encore quand auprès d’une amie, un autre membre de la domesticité, elle critique sévèrement sa fille Jessica et ses manières qu’elle juge cavalières…La façon n’est pas toujours très subtile, les situations assez convenues et prévisibles, et Régina Casé ne fait pas toujours dans la sobriété, mais on ressent le tourment de Val dans cette confusion des sentiments.

Les personnages sont dessinés assez généreusement, et en dehors du rôle de Val, il existe un bon équilibre entre tous. On sent peut-être une tendresse particulière pour le personnage de Carlos, le père de famille, un homme qui n’a pas trouvé sa place dans la maisonnée, et que l’arrivée de Jessica va enfin éveiller. Les petits récits dans le récit permettent d’imprimer un rythme dynamique au film, et de le sortir d’une estampille film social qui pourrait vite lui être accolée.

« Une seconde mère » est un film drôle et tendre et qui recèle des surprises malgré son côté conventionnel. Ainsi, par exemple, dans cette scène en apparence anodine : pour l’anniversaire de Barbara – où Val fait le service sans que jamais aucun invité ne la remarque ni ne la remercie –  Val lui offre un  service à café noir et blanc. Barbara lui demande de ranger ce cadeau qu’elle a à peine déballé. De retour à la cuisine, Val s’amuse à présenter les tasses comme suggéré sur la boîte, en mélangeant les sous-tasses d’une couleur avec les tasses de l’autre couleur : non seulement le burlesque du snobisme sous-jacent est bien mis en avant  par Anna Muylaert, mais en plus, on pourrait y voir les prémices d’une envie de bousculer la tradition de la part de Val, les prémices de ce mélange des couches sociales que l’arrivée de Jessica a catalysé. Une belle trouvaille de cinéaste.

Synopsis : Depuis plusieurs années, Val travaille avec dévouement pour une famille aisée de Sao Paulo, devenant une seconde mère pour le fils. L’irruption de Jessica, sa fille qu’elle n’a pas pu élever, va bouleverser le quotidien tranquille de la maisonnée…

Une seconde mère : Bande annonce

https://www.youtube.com/watch?v=wG8kGtOSAlc

Une seconde mère : Fiche Technique

Titre original : Que Horas Ela Volta
Date de sortie : 24 Juin 2015
Réalisateur : Anna Muylaert
Genre : Drame
Année : 2015
Durée : 114 min.
Interprétation : Regina Casé (Val), Michel Joelsas (Fabinho), Lourenço Mutarelli (Carlos), Camila Márdila (Jéssica), Karine Teles (Bárbara), Helena Albergaria (Edna)
Scénario : Anna Muylaert
Musique : Fábio Trummer
Photographie : Barbara Alvarez
Montage : Karen Harley
Nationalité : Brésil
Producteur : Fabiano Gullane, Débora Ivanov, Gabriel Lacerda,
Anna Muylaert
Maisons de production : Gullane Filmes, Africa Filmes, Globo Filmes
Distribution (France) : Mémento films distribution

 

 

Comme un avion, un film de Bruno Podalydès : critique

Dans Comme un avion, Michel (interprété par le réalisateur, Bruno Podalydès) voudrait rejoindre la mer avec son kayak, parce que c’est un palindrome et que c’est presque « comme un avion ».

Synopsis : Michel, passionné par l’aéropostale, tombe sous le charme d’un kayak dont la forme lui fait penser à un avion. Il part alors à l’aventure sur une rivière inconnue.

Le temps de l’aventure 

Pourtant, le film nous prend à contre-pied car si le ciel est toujours à portée demain, comme l’eau qui s’écoule le long de la rivière, Michel ne bouge presque pas. Comme un avion devient alors le récit d’un éternel retour. Irrésistiblement attiré par une petite guinguette, Michel tente plusieurs fois de repartir, mais sans y parvenir vraiment, toujours retenu dans cet endroit magique où l’on croise des personnages hauts en couleurs. De la veuve (Agnès Jaoui, superbe et pleine d’envies), à la jeune amoureuse éplorée dont les larmes sont déclenchées par la pluie (Vimala Pons, douce et lumineuse), en passant par deux peintres effrénés. Son aventure à lui se passera ici, il s’y retrouvera, y réfléchira avec toute la force de l’immobilisme. Dans sa première partie, le film s’attache à décrire un homme non pas en plein burn-out, mais plutôt quelqu’un qui a une petite vie bien tranquille, mais dont les rêves n’ont jamais été accomplis parce que la réalité semble les affadir. Ce n’est pas sa femme qui le fait fuir car, comme il lui dit si bien « voyager, ce n’est pas quitter ». D’ailleurs, Bruno Podalydès et Sandrine Kiberlain rendent ce couple très tendre, notamment le temps d’un pique-nique improvisé et d’une étreinte, un au-revoir. Même quand ils se mentent un peu, c’est avec tendresse. Quand il part enfin, c’est au fil de l’eau qu’on voit d’abord Michel, avant qu’il n’échoue dans ce pays des merveilles d’où il ne repart presque plus. Sur sa route ensuite, plus aucune pseudo-guinguette n’aura la saveur de celle-ci.

Le temps de vivre

Michel parle souvent tout seul, ce qui peut paraître étrange et un peu déstabilisant au premier abord, puisqu’il décrit tout ce qu’il fait quand il est dans sa tente. Pourtant, cela ajoute une tendresse au personnage qui, comme un enfant, dit bonne nuit à tous ses objets pour se rassurer avant de dormrir en pleine nature. Michel souffre d’un énorme besoin de tendresse, sa femme, dès le début, explique qu’à leurs âges, ils n’ont plus besoin d’assouvir leurs désirs puisqu’ils les connaissent. Pourtant, ce n’est pas l’avis de Michel qui a encore des désirs aériens et fantasques. Il échange des baisers, des caresses. Derrière lui, comme le petit poucet, il sème presque inconsciemment des indices – la géolocalisation – pour qu’on le retrouve en chemin. Il revient vers sa vie, mieux armé pour la vivre. Un autre palindrome s’est accompli : rêver. Dans ce film très tendre et très doux, immobile et pourtant si tourbillonesque pour le personnage principal, Bruno Podalydès convoque des clins d’oeil, avec ses acteurs, tous connus même pour de la figuration (de Noemie Lvovsky à Pierre Arditi), mais aussi des musiques qui disent simplement le bonheur d’une vie tranquille, libre. C’est (presque) un manifeste pour un choix de vie loin du 100 à l’heure qu’on nous vend à tous les coins de rue. Qu’il fasse appel à Moustaki ou à Manset-Bashung, Poalydès célèbre des instants intenses, frugales, où la beauté du geste compte avant tout, celle de la rencontre aussi. C’est ainsi que « Venus » est présente, partout, dans ces simples mots que le film rend vivants : « L’inévitable clairière amie
Vaste, accueillante
Les fruits à portée de main
Et les délices divers
Dissimulés dans les entrailles d’une canopée
Plus haut que les nues… ». Ces fruits, des cerises dédiées à un être disparu, on peut presque les saisir de derrière l’écran, telles qu’elles sont filmées, comme les femmes du film, toujours prêtes à l’étreinte, belles et dignes quel que soit leur âge. C’est que la poésie a toute sa place ici, comme l’absurde et la mélancolie.

Comme un avion : Bande annonce

Comme un avion : fiche technique

Titre original : Comme un avion
Date de sortie : 10 juin 2015
Nationalité : Française
Réalisation :  Bruno Podalydès
Scénario : Bruno Podalydès
Interprétation : Bruno Podalydès, Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui, Vimala Pons, Denis Podalydès, Michel Vuillermoz
Photographie : Claire Mathon
Décors : Guillaume Deviercy
Montage :Christel Dewynter
Production : Pascal Caucheteux,  Martine Cassinelli
Sociétés de production : Why Not Productions
Sociétés de distribution : UGC Distribution
Budget : NR
Genre : Comédie
Durée : 105 minutes
Récompense(s) : Aucune