Accueil Blog Page 674

Cannes 2016 : Le Bon Gros Géant de Steven Spielberg (Hors Compétition) : Critique

[Critique] Le Bon Gros Géant (Roald Dahl’s The BFG)

Synopsis :  Le Bon Gros Géant est a beau être un être de 7 m de haut, pas très malin, il est assez timide et tout à fait adorable puisqu’il préfère les schnockombres et la frambouille plutôt que dévorer des humains comme ses pairs. Il va sympathiser avec Sophie, une petite londonienne très curieuse. Le BGG emmène alors Sophie au Pays des Rêves, là où il recueille les rêves et les envoie aux enfants. Il va faire découvrir à Sophie la magie et le mystère des rêves. La présence de la petite Sophie au Pays des Géants va cependant attirer l’attention d’autres géants. Sophie et le BGG quittent alors le Pays des Géants pour aller à Londres pour avertir la Reine d’Angleterre du danger que représentent les géants…

Au festival de Cannes, dans la sélection hors-compétition, une petite fille et un géant sont venus occuper les écrans de cinéma. La gamine a pour nom Sophie, le géant est surnommé le Bon Gros Géant dans la version originale, le Big Friendly Giant ou BFG. À l’écran, au générique, on peut lire : « réalisé par Steven Spielberg ». Car si The BFG est une production Disney, il n’en reste pas moins un film Amblin Entertainment, et surtout, un film du maître Spielberg. Le film est un formidable jeu de regards, de perceptions, on peut penser aux séquences où le géant fuyant la ville de Londres utilise bien des astuces pour se fondre dans le décor urbain : cacher une lampe pour se fondre dans l’ombre, utiliser sa cape pour ressembler à un sapin, et cetera. Le Bon Gros Géant travaille, à l’image d’une grande partie des films de Spielberg, le regard. Que regarder ? Voyons-nous ou regardons-nous ? Après tout, les Géants sont là, autour de nous et nous ne les voyons pas. Car le regard ne tient pas de la vision, le regard implique une expérience, un individu, une concentration, une ouverture, un cœur, une pensée… Un être humain.

Dans E.T., les parents ne voyaient jamais la créature extra-terrestre même quand les enfants voulaient la présenter, jusqu’à l’amener sous leur nez. L’adulte voyait les choses, l’enfant regardait le monde. Idem dans L’Empire du Soleil, qui concluait sur le gamin survivant, véritablement incarné par un très jeune Christian Bale. Ce dernier nous apparaissait complètement perdu, vidé de sa vitalité, consumé par ce qu’il avait vu et donc vécu. Car qui dit regard, dit expérience. La petite Sophie répète au début du film plusieurs règles pour éviter d’être enlevé par Croque-Mitaine : ne pas sortir de sa couette, ne pas regarder par la fenêtre, ne pas écarter le rideau. Trois étapes pour trois éléments (la couette, la fenêtre, le rideau) et un seul but : fermer le regard, le distordre, le filtrer.

Sophie, aventurière et défiante, ne les respecte pas, et surprend alors le géant dans les rues de Londres. Parce qu’elle l’a découvert, le géant l’enlève, empêchant ainsi la gamine de causer de lui à travers la ville, ce qui provoquerait alors « une chasse au géant ». Ainsi, parce-qu’elle a regardé, l’aventure commence pour Sophie. Cela à l’image du spectateur du film, qui, parce qu’il est venu voir Le Bon Gros Géant, se lance dans une aventure cinématographique, un voyage coloré, poétique, émouvant, drôle, empli de rythme et de suspense, et qui prône l’ouverture à l’Autre.

Mais regarder les choses de trop près peut s’avérer très dangereux. La jeune héroïne, intrépide, maligne et au caractère bien trempé (telle Matilda de l’auteur du livre The BFG, Roald Dahl) découvrira des cauchemars, puissances obscures, ou encore la vérité de l’ancien petit compagnon, ex jeune ami du Bon Gros Géant, dévoré par les autres géants bien plus grands, sans que le gentil n’agisse véritablement pour le sauver. Le spectateur lui, découvre non pas le passé du film, mais sa genèse visuelle, ou la construction des images. Le Bon Gros Géant pose des questions sur sa finalisation, notamment au niveau visuel, tant l’hybridation des éléments numériques (les géants, leur contrée, et bien d’autres espaces de Londres) à ceux organiques (précisément Sophie) est déjà datée. En effet, la jeune héroïne se distinguera à bien des reprises très clairement des images numériques. Des faux raccords peuvent être notés : le jeu des regards ne sera pas correct, les deux conversent et se regardent, mais les regards ne convergent pas, on trouve ainsi un décalage.

Autre exemple, dans une des séquences finales du film : la gamine ne peut être visiblement dans l’espace de la contrée, avec toutes les créatures et les militaires autour d’elle, car elle se détache de l’image en raison d’un jeu de lumière sur elle, en mauvaise adéquation avec l’éclairage artificiel de l’animation numérique. Si les décors réels peuvent être remarqués, ils s’intègrent toutefois plutôt bien au numérique, la dissociation étant parfois impossible. Au final, notre regard est partagé, entre un très beau voyage enfantin qui offrira aux adultes la possibilité de revoir avec les yeux d’un enfant ainsi que son imagination, et un parcours troublé par une hybridation chaotique de méthodes cinématographiques. Le problème ne vient pas du principe de l’hybridation qui fonctionne sur le dernier Star Wars ou encore dans Avatar, mais probablement des choix de réalisation, notamment en termes de visuel. Le film aurait gagné à être complètement numérique, car les géants ne sont pas tous des baffes techniques de réalisme, à l’inverse de bien des décors. Justement, les créatures numériques tendraient à gagner leur place dans l’univers visuel du récent Tintin, aussi réalisé par Spielberg. Il manque au film une véritable homogénéité, une cohérence plutôt, du visuel et des images.

On pourrait toutefois répondre à cette critique en émettant une idée : les êtres numériques et espaces artificiels, tiennent du fantasme, de l’irréel, d’une projection de l’imaginaire, notamment de l’enfance, ici incarnée par Sophie, bien en chair et en os, tout comme la Reine d’Angleterre et certains de ses royaux espaces. Cependant, des décors londoniens ont été recréés numériquement, les hélicoptères envoyés par la Reine sont artificiels, que pure dématérialisation. Mais, au fond, ce problème d’hybridation des éléments orga-méca(monstrueux) ne serait-il pas la parfaite forme de la situation finale du film, soit l’impossibilité de Sophie et du Bon Gros Géant à vivre ensemble malgré un lien qui dépasse toute matière et qui fait des cœurs les relais, l’amour ?

Ainsi, sans être l’incroyable Spielberg attendu depuis le brillant Pont des Espions (2015), Le Bon Gros Géant (The BFG), produit tel quel à Cannes, manque de finition et laisse un arrière-goût ni amer, ni de déception. Car après l’avoir vu, le spectateur peut passer à autre chose sans toutefois l’oublier ou le jeter. The BFG n’est pas un produit consommable, c’est juste que le spectateur n’a pas passé un moment transcendant et inoubliable comme seul Spielberg en est capable. Il s’agira ainsi de découvrir en Août si le film projeté au festival n’était pas la version finalisée, mais une copie de travail. Aussi avons-nous hâte de découvrir le prochain film du maître.

Le Bon Gros Géant : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=y1fZg0hhBX8

Le Bon Gros Géant : Fiche technique

Titre original: The BFG
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Melissa Mathison d’après l’oeuvre deRoald Dahl
Interprétation : Ruby Barnhill (Sophie), Mark Rylance (Le Bon Gros Géant), Rebecca Hall (Mary), Penelope Wilton (La Reine), Bill Hader (Le Géant Buveur de sang)…
Photographie : Janusz Kaminski
Montage : Michael Kahn
Musique : John Williams
Direction artistique : Chris Beach, Margot Ready
Production : Frank Marshall, Steven Spielberg, Sam Mercer
Sociétés de production : Amblin Entertainment, DreamWorks Pictures, Walt Disney Studios Motion Pictures…
Distributeur : Metropolitan
Durée : 115 minutes
Genre : Fantastique
Sortie : 20 juillet 2016

États-Unis – 2016

 

Cannes 2016 : Train to Busan de Sang-Ho Yeon (Séance de Minuit)

La Review de Cannes : Train to Busan (Bu-San-Haeng) de Sang-Ho Yeon

Synopsis : Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l’état d’urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu’à Busan, l’unique ville où ils seront en sécurité…

Sur le papier, il y avait tous les éléments pour une séance de minuit viscérale dédiée au genre mais au terme d’une projection interminable, le constat est implacable, Train to Busan n’est rien d’autre qu’un film de zombies déjà-vu où la seule folie narrative réside dans l’utilisation de l’espace restreint du train.

Dès les premiers instants où la caméra monte dans ce train, il est difficile de ne pas rapprocher le film de Snowpiercer pour le lieu de l’action, et World War Z pour le comportement similaire de ces infestés inarrêtables. Justement pour ces derniers, Train to Busan épate par la rage violente qui les anime et les fait courir à toute allure, loin de ceux de La Nuit des Morts Vivants et plus proches de ceux de L’Armée des Morts.

Le cinéaste Sang-Ho Yeon utilise avec simplicité et efficacité tous les codes ferroviaires dans l’espace fermé dans lequel il pose sa caméra pour redonner un coup de jeune à un genre maintes fois rabattu et pour lequel on a désormais tout vu. Si dans Snowpiercer, le train était une métaphore de l’échelle sociale, dans Train to Busan, il est une allégorie du refuge qui révèle les véritables caractères des gens. C’est ainsi que le cinéaste coréen dénonce l’individualisme d’un pays où chacun des passagers pense avant tout à son intérêt, prêt à sacrifier les autres. Cette situation exceptionnelle sera donc le parcours vers la rédemption pour le héros du film (un père qui tente de renouer le contact avec sa fille) qui va devoir mettre sa personne de côté et réapprendre à s’ouvrir aux autres.

Le problème de Train to Busan vient alors de son manque total d’originalité et de son classicisme déprimant. Alors que la veille, Cannes nous présentait une subtile représentation de la complexité du rapport père/fille avec Toni  Erdmann, Train to Busan, lui, enfonce des portes et rend la situation aussi caricaturale que prévisible. Deux êtres qui n’arrivent plus à communiquer et qui vont devoir affronter les obstacles de la vie pour réapprendre à s’aimer. Dans ce sens, Train to Busan témoigne d’un pathos écrasant dont on ne sait pas si le réalisateur croit sincèrement au sérieux de son propos. Il ne lésine jamais sur les moyens de sortir les violons dans les moments dramatiques ou de pousser constamment les gens aux sacrifices. C’est regrettable alors que le propos soit appuyé par la lourdeur des personnages, tous aux caractères bien distincts et auxquels il est malheureusement difficile de s’identifier, empêchant toute empathie.

Mais si Train to Busan déçoit incontestablement dans sa narration, il faut lui reconnaître une incroyable maîtrise visuelle en termes de découpage et de fluidité qui rend l’ensemble souvent dynamique. On regrettera seulement que la violence ne soit pas poussée à son paroxysme (la Corée du Sud étant généralement peu timide dans ses démonstrations de violence) car si la course qui s’engage entre les contaminés et les vivants est impressionnante, l’horreur est relativement effacée, une simple morsure suffisant à vous changer en l’une de ses créatures. On est donc loin des mangeurs de chairs des films de Romero.

Train to Busan est un film qui se veut pluriel (drame, action, série B) mais qui, à force de ne jamais vraiment jouer dans une seule catégorie, échoue lamentablement tout ce qu’il entreprend. A aucun moment, il ne nous arrive d’être ému par les conflits des personnages, amusé par la folie des combats ou impressionné par l’action du film parce que le cinéaste s’étale entre tous ses genres sans jamais les développer.

La sélection hors-compétition de Train to Busan laissait penser qu’une séance jouissive s’annonçait au milieu de la nuit et de tous ces drames lourds de la compétition, mais il n’en ressort qu’un film interminable et ô combien déjà vu.  Son incapacité à dépoussiérer le genre en fait un film à oublier très vite.

_ _

Train to Busan (Bu-San-Haeng)

Un film de Sang-Ho Yeon
Avec Gong Yoo, Dong-seok Ma, Yu-mi Jeong
Distributeur : /
Durée : 118 minutes
Genre : Horreur
Date de sortie : indéterminée
Corée du Sud – 2016

Train To Busan : Teaser

The Vampire Diaries Saison 7, une série de Julie Plec : Critique

Après Arrow, Quantico, How To Get Away With Murder ou plus récemment Agents Of Shield, The Vampire Diaries saison 7 décide aussi d’intégrer les flash-forwards pour construire son histoire, à chaque début ou fin d’épisode, nous montrant nos héros trois ans plus tard, et leurs nouvelles situations (assez difficiles pour la plupart).

Synopsis : Plusieurs mois se sont écoulés depuis qu’Elena a été plongée dans un profond sommeil. Alors que la mère des Salvatore et ses hérétiques ont pris le contrôle de la ville, Stefan et Damon vont tout faire pour libérer Mystic Falls de leur emprise, tandis qu’Alaric de son côté, recherche une mystérieuse pierre afin de ramener Jo à la vie…

Une chasse aux vampires inintéressante…

Ce nouveau moyen de relancer l’intrigue, avec l’absence de son actrice principale Nina Dobrev, a eu le même effet qu’un pétard mouillé, complètement inutile avec un scénario prévisible mais surtout bien moins intéressant que les saisons précédentes. Contrairement à d’autres séries qui arrivent à créer l’événement, l’utilisation de ce mode de narration n’apporte aucune excitation pour le spectateur, surtout que nous suivons des événements futurs sortis de nulle part et qui mettent trop de temps pour avoir une concordance avec les situations du présent. En effet, la première partie de la saison 7 se concentre sur les frères Salvatore et les rapports qu’ils entretiennent avec leur mère, de retour dans leur vie, alors que les flash-forwards n’auront une réelle importance qu’à l’arrivée de Raina (l’antagoniste principale interprétée par Leslie-Anne Huff) présente dans les 10 derniers épisodes.
De plus, le seul but d’avoir apporté ces visions du futur est de chambouler le spectateur dans de nouvelles relations qui n’ont pas lieu d’être. On pense notamment au fait que Stefan et Caroline ne sont plus ensemble, que cette dernière est fiancée avec Alaric (alors qu’il est humain, elle est vampire, et qu’ils n’ont aucune alchimie à l’écran en tant que couple), Stefan s’est remit avec son premier amour Valérie (jouée par Elizabeth Blackmore, prochainement dans Supernatural), et l’ensemble des personnages n’ont plus gardé contact.
L’unique bonne surprise des flash-forwards fut la création du couple Bonnie/Enzo qui surprend tout le monde aussi bien les fans, que les personnages de la série, partageant une vraie connexion et vont parfaitement ensemble.

De manière générale, la saison est très décevante, et n’arrive pas à se renouveler après le départ de son héroïne. Julie Plec avait promit que la série allait se recentrer sur les deux frères, mais ils ont passé la totalité de la saison à se chamailler ou se disperser, Damon passant la plupart de ses scènes avec Bonnie, et Stephan avec Caroline ou Valérie.
De plus, on se lance dans une storyline de vampires hérétiques qui n’ont aucune personnalité, un développement qui n’intéresse pas grand monde, sans faire spécialement avancer l’ensemble de nos héros, à l’exception de Lily (Annie Wersching de 24h Chrono) pour sa relation conflictuel avec ses fils, ou Valérie qui sera la seule à tirer son épingle du jeu pour aider plusieurs fois Stefan ou Damon. Le soucis avec tous ces nouveaux personnages (qui est un défaut récurrent dans la série depuis ses débuts) est qu’ils sont sous développés, pas assez importants et disparaissent les uns après les autres comme l’ensemble des personnages secondaires de chaque saison, à la différence que cette année ils n’apportent aucun intérêt et montre peu de charisme contrairement à d’anciens personnage tel que Klaus (Joseph Morgan, héros du spin-off The Originals), Liv ou Jo pour ne relever qu’eux.

Finalement, le seul besoin des hérétiques dans le récit permet l’apparition du nouveau méchant : la chasseuse de vampires Raina qui les pourchassait. Dès son arrivée, la saison 7 se relève légèrement dans ses faibles storylines, mais alors qu’on imaginait une adversaire forte et sournoise, nous avons du réchauffé avec une chasseuse qui montre les mêmes capacités et la même faim de tuer du vampire que Jeremy (Steven R. McQueen) en saison 4. Ainsi, nous n’avons aucune envie de suivre ce protagoniste qui nous touche beaucoup moins que le précédent ennemi de la série, Kai, causant énormément de dégâts pour les personnages en saison 6. De ce fait, Raina, comme tous les nouveaux arrivants, ne nous donnent aucune attache, et enfoncent nos héros qui ne nous divertissent plus, laissant prévoir et espérer une conclusion à venir pour The Vampire Diaries qui offre ses plus mauvaises péripéties en sept ans d’existence.

Désormais nos personnages ont grandi, ils étaient accomplis et savaient ce qu’ils voulaient faire de leurs vies à la fin de la sixième saison, le problème étant qu’ils tournent en rond cette année, surtout avec Alaric, Matt, Caroline et Stefan. Réunir Alaric et Caroline est uniquement dû à la grossesse de son interprète, intégrée au scénario (d’un côté, ramener les fœtus de la défunte femme d’Alaric dans le corps de Caroline était une idée ingénieuse, mais de l’autre c’était complètement tiré par les cheveux), et cela avait pour seul but de créer un autre obstacle au couple vedette Stefan/Caroline, ralentir leur romance, alors qu’ils se retrouvent lors du final de la saison.
Le départ d’Elena est comblé par Bonnie qui se retrouve héroïne malgré elle, et au centre d’un nouveau trio avec Damon et Enzo (à l’instar d’Elena/Stephan/Damon les six premières saisons). Elle permet à Enzo d’exploiter tout son potentiel en lui donnant de bonnes storylines, par ailleurs avec l’introduction de L’Armury, organisation collectionnant les objets et reliques mystiques, nous en apprenons un peu plus sur les origines d’Enzo qui prendra les choses en main afin de protéger Bonnie de cette société qui a besoin de la sorcière pour ouvrir un caveau renfermant une créature dangereuse (sujet certainement développé en saison 8).
Pour terminer, alors que Bonnie et Enzo sont les points forts de la saison, et que les autres personnages sont survolés dans leur développement, Damon devient un personnage des plus décevants qui ne peut vivre sans sa Elena, égoïste en abandonnant son frère et sa meilleure amie Bonnie. Heureusement il tentera l’impossible pour se rattraper, mais encore une fois nous avons une redondance dans ces histoires, répétitions lassantes qui se confirment dans le final.

Nos héros réussissent à sauver Bonnie de la malédiction du chasseur dans ce dernier épisode, laissant Damon et Enzo dans le caveau, possédés par le monstre qui s’y trouve. Nous imaginons très facilement Stefan et Bonnie tout faire pour les sauver, encore une fois…
Chaque année l’un des frères est en danger et l’autre se donne pour objectif de la sauver la saison suivante. Cette saison 7 n’échappe pas à la règle renforçant notre lassitude face à ce manque de nouveauté.
Alors qu’on imagine Alaric repartir chez lui avec ses filles, nous pouvons espérer que le bon copain Matt, devenu insignifiant depuis longtemps, quitte définitivement Mystic Falls (et la série) avant que son rôle ne devienne de plus en plus médiocre.

Les départs de Nina Dobrev, Steven R. McQueen et Michael Trevino auraient pu lancer une nouvelle ère à la série, mais au contraire, Julie Plec n’arrive pas à générer de nouvelles idées novatrices à ses vampires, contrairement à son spin-off The Originals dont les possibilités narratives restent encore nombreuses à explorer.
Vu ce bilan qui nous laisse perplexe, The Vampire Diaries aurait dû s’arrêter au terme de sa sixième saison avec Damon qui prend le remède, afin de commencer une vie humaine avec Elena. La série continuera pour une huitième saison en septembre 2016 qui serait probablement la dernière, en espérant qu’elle réussira à relever le niveau pour s’achever en beauté…

La septième saison de The Vampire Diaries a réuni, en moyenne, 1,15 millions de téléspectateurs et un taux de 0,47 sur les 18/49 ans.

The Vampire Diaries Saison 7 : Bande-annonce

The Vampire Diaries Saison 7 : Fiche Technique

Créateurs : Julie Plec, Kevin Williamson
Réalisation : Marcos Siega, J. Miller Tobin, Liz Friedlander, Kevin Bray, John Dahl, Joshua Butler
Scénario : Julie Plec, L.J. Smith, Kevin Williamson, Brian Young, Barbie Kligman, Andrew Chambliss, Caroline Dries, Bryan Oh, Sean Reycraft, Bryan M. Holdman, Andrew Kreisberg, Gabrielle G. Stanton, Mike Daniels
Interprétation : Paul Wesley (Stefan), Ian Somerhalder (Damon), Katerina Graham (Bonnie), Candice King (Caroline), Zach Roerig (Matt), Matthew Davis (Alaric), Michael Malarkey (Enzo)
Direction artistique : Timothy David O’Brien
Décors : Karen Bruck
Costumes : Jennifer L. Bryan
Photographie : Paul M. Sommers
Montage : Joshua Butler, Lance Anderson, Sean Albertson, Shawn Paper
Effets visuels : Entity FX
Musique : Michael Suby
Producteurs : Pascal Verschooris, Caroline Dries, J. Miller Tobin, Sean Reycraft
Société(s) de production : Alloy Entertainment, Bonanza Productions, Outerbanks Entertainment, Sim Video, Warner Bros. Television, CBS Television Studios
Format : 22 épisodes de 42 minutes
Diffusion : CW
Genres : dramatique, fantastique
Etats-Unis – 2009

Cannes 2016 : Un Homme et une Femme en présence du réalisateur Claude Lelouch (Ciné Classics)

En attendant son prochain film L’Intime conviction, Claude Lelouch est venu présenter « Un homme et une femme », cinquante ans après avoir remporté la Palme d’or.

Ce samedi 14 Mai, à l’occasion de la programmation Cannes Classics, Claude Lelouch est venu présenter et assister à la projection de son grand et beau film Un homme et une femme, en version restaurée. Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée n’ont jamais été aussi là, présents devant nous, corporels, touchables, à l’image des images imprégnées de vie et toujours aussi puissantes, que dans cette restauration. Lelouch a rappelé avec humour qu’il avait cinquante de moins lors de la production du film, Thierry Frémaux répondant qu’il est toujours aussi actif et présent aujourd’hui. Puis le cinéaste vint s’asseoir derrière la place alloué aux rédacteurs de CineSeriesMag, accompagnée par l’exubérante Elsa Zylberstein, la comédienne principale d’Un plus une, dernier film du cinéaste sorti en 2015. Le film est lancé, l’histoire de la rencontre d’un homme et d’une femme commence, l’amour naît en images, porté et portées par des comédiens incroyables.

Les 102 minutes d’Un homme et une femme continuent de faire frémir le public, de l’émouvoir, de le faire rire, donc vivre en somme. La projection touche à sa fin, les applaudissements commencent. Les lumières de la salle sont rallumées, et tous se lèvent et se tournent vers Claude Lelouch, qui a eu droit à une longue standing ovation. Les fans et cinéphiles ont pu lui parler, lui demander des autographes, car Claude Lelouch est humble, gentil, il aime ses fans, il apprécie toujours les échanges. En effet, non seulement il n’a pas disparu des salles obscures aujourd’hui, mais surtout il n’a pas disparu derrière les paillettes, le glamour et le promotionnel du Festival de Cannes.

Un grand, simple et humain moment de cette 69ème édition du festival.

           Un homme et Une femme fut de plus le film surprise du Cinéma de plage ce dimanche 15 mai au soir.

Un homme et une femme : Extrait

 

Cannes 2016 : Almost Paris, interview de la réalisatrice Domenica Cameron-Scorsese

CANNES 2016 : « Almost Paris », interview avec sa réalisatrice Domenica Cameron-Scorsese

À l’occasion du passage d’Almost Paris au marché du film du Festival de Cannes, CineSeriesMag a pu rencontré sa réalisatrice, Domenica Cameron-Scorsese. L’interview s’est faite au moyen du logiciel Skype, la cinéaste n’étant pas présente à Cannes, mais chez elle, « being a mama ». La rencontre fut d’une grande simplicité, chaleureuse, complètement humaine en somme. Dans Almost Paris, film scénarisé et interprété par Wally Marzano-Lesnevich (dont vous pouvez retrouver l’interview ici), ce dernier tient le premier rôle de Max, banquier de Wall Street viré suite à la crise de 2008, qui doit retourner chez ses parents, il devra faire face à sa famille (et aux retrouvailles) et à ses amis, qui ont subi les conséquences de son métier.

Est-ce que vous avez été inspiré par The Big Short lors du tournage ?

« À ce moment là, je ne pensais pas à The Big Short. Je me souviens quand j’ai terminé le tournage du film, j’ai dit : « Oh ! Quelqu’un a expliqué ce qu’il s’est passé (NDLR : la crise économique de 2008) ». C’était bien expliqué. Le cœur d’Almost Paris était pour moi le groupe de gens qui en ont payé les conséquences. »

Comment le projet a-t-il été lancé ? Vous avez lu le scénario ? L’avez trouvé ? On vous l’a apporté ?

« Avec Wally Marzano-Lesnevich, nous voulions faire un film. Il est mon meilleur ami de l’école. On avait besoin d’argent. À la base c’était l’histoire de deux gars, qui est devenue une bien plus grande histoire, nous avons eu besoin de réfléchir sur quelle partie du film nous concentrer. Nous avons réfléchi aux personnages. »

Vous n’êtes pas à Cannes alors ?

            « Non désolée ! Je suis à Chicago, en mode maman ! », dit-elle, joyeuse et touchante.

Peut-on dire que de votre film qu’il est un feel-good-movie ?

            « Pour moi c’était important que le film soit émotionnellement vrai. Il devait y avoir un sens de l’humour et un sens de l’espoir. (…) J’ai eu un super compositeur nommé Jasmin Klinger. »

Votre film est indépendant.

            « Vraiment vraiment beaucoup ! C’est un bas budget. Nous avons envoyé un courrier à la Guilde des Scénaristes pour avoir déjà certains fonds (…) Nous étions très ambitieux. Nous avons eu 21 jours de tournages, 21 lieux, 18 chansons et la bande-son originale. »

Est-ce que votre famille vous a aidé ? Je pense, vous le devinez bien, à votre père, (NDLR, Martin Scorsese).

            « Mon père, ma mère, mon mari… Tous m’ont aidé. Mon père m’a aidé à certains moments en me conseillant sur des choses spécifiques. (…) (Par exemple) je voulais être sur que je pouvais construire les scènes d’une certaines manière (…) car certaines ne pouvaient pas s’intégrer. Ma mère m’a aidé à trouver les lieux de tournages. Mon oncle a aidé à la production. (Anecdote amusante: nous avons dû nous maquiller. Mon cousin m’a aidé dans la création des titres (à comprendre le générique et titres intra-filmiques), et dans le design de beaucoup de packacking. »

So, now, you look for a distribution ?

            « Nous cherchons en moment même pour la distribution. Mon espoir serait d’avoir un espace pour projeter le film en France ! »

            La séance d’interview toucha à sa fin, mais il est sûr que ça n’est pas la dernière fois que CineSeriesMag échangera avec la réalisatrice, ainsi qu’avec le scénariste-acteur du même film, Wally Marzano-Lesnevich. De même que vous entendrez certainement parler du film Almost Paris, en qui nous plaçons une grande confiance.

Elvis & Nixon, une bande originale d’Edward Shearmur : critique

Elvis & Nixon – La B.O./Trame sonore/Soundtrack

Elvis & Nixon « bénéficie » d’une bande-originale qui, encore une fois, prend le parti de se planter lamentablement en mélangeant titres originaux et reprises. Résultat des courses, d’un côté Edward Shearmur, tâcheron de la musique de films, qui mise sur la quantité plutôt que sur la qualité, de l’autre des dieux (un surtout) et déesses de la musique soul. Sans oublier l’éditeur qui, pas bien malin (mais on s’en doutait), a placé le meilleur des titres au début, nous laissant souffrir le martyr des compositions transparentes de Shearmur, durant tout le reste de l’album. On sauvera donc les six premiers morceaux, mais quels morceaux ! Excusez du peu, mais réunir Creedence Clearwater Revival, Otis Redding ou encore Rufus Thomas sur un album, c’est faire le pari d’un tour d’horizon de plusieurs décennies de soul américaine, en six petits titres. Pari quasi réussi jusqu’au septième morceau, Where’s Elvis, également premier des dix interminables et insipides bidules signés Shearmur.

Alors, il parait que ça n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace et dans le genre, Shearmur est pas mal. Il singe pendant dix morceaux la musique soul et jazz en tentant, de ses petits bras musclés, d’atteindre l’âme de la musique noire américaine. Pour ça il fait travailler bien fort la basse, le rythme et les percussions. Gros flop au final car cette âme, il ne la touche même pas du bout de l’ongle du majeur qu’il nous tend à nous, gogos ignorants qui allons l’écouter. Ses compositions ressemblent à de la soul, elles ont l’odeur de la soul mais ça n’est pas de la soul… en fait aucune idée de ce que ça peut bien être. Un meuble peut-être… et bien oui, puisque ça sert à meubler un film, comme on le ferait pour un ascenseur ou un supermarché. Il doit être douloureux d’être dans la peau de Shearmur, d’avoir une carrière faite de films si mineurs, pour se retrouver à tenter de comprendre l’esprit d’un des mouvements musicaux les plus importants du XXème siècle. La bande-originale d’Elvis & Nixon ?! Juste un moyen comme un autre de faire du blé, en nous vendant une galette à vil prix !

Sortie: 22 avril 2016

Distributeur: Lakeshore Records

Durée: 38’34

Tracklist:

1. Hold On, I’m Coming (Sam & Dave) 2:30
2. Susie Q (Creedence Clearwater Revival) 4:34
3. There Will Be Peace In The Valley For Me (Sister Rosetta Tharpe) 2:40
4. Hard To Handle (Otis Redding) 2:17
5. Spinning Wheel (Blood, Sweat & Tears) 4:04
6. Push And Pull (Rufus Thomas) 3:16
7. A Little History 1:18
8. Where’s Elvis 1:05
9. Fake Elvis 0:59
10. Paramount 2:41
11. Bad News and a Solution 2:14
12. Nixon Says Yes 2:43
13. Jesse 1:09
14. Protocol Montage 1:37
15. Elvis In The Building 1:07
16. Sayonara 1:37
17. Goodnight Elvis 2:43

Café Society, un film de Woody Allen : Critique

Synopsis : New York, dans les années 30. Coincé entre des parents conflictuels, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d’étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l’engager comme coursier. À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux. Malheureusement, la belle n’est pas libre et il doit se contenter de son amitié. Jusqu’au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l’horizon s’éclaire pour Bobby et l’amour semble à portée de main…

D’Ouest à Est

Woody Allen présenté hors-compétition, cela faisait au moins quatre saisons que l’on n’avait pas vu tel événement. L’iconique réalisateur new-yorkais est devenu un marronnier de Cannes, offrant chaque année son nouveau film à la France, qui l’accueille toujours avec bienveillance. Jamais de réelles surprises mais un mets que l’on se plaît à déguster chaque année, avec un plaisir toujours renouvelé.

Pour débuter cette édition, les festivaliers se sont réunis autour du Café Society où rayonnait toute la magie allenienne. Quelques notes de jazz ouvrent cette nouvelle comédie sentimentale d’une élégance et d’un intellectualisme assumés, un énième triangle amoureux et toujours l’humour si caractéristique du monsieur. Plus que jamais nous sommes en terrain connu sauf que jamais un film de Woody Allen n’a été aussi formellement beau. Le directeur de la photo d’Apocalypse Now Vittorio Storaro fait un travail remarquable sur les couleurs, accentué par le chic des costumes d’époque et le glamour des acteurs. L’image change de teintes de Los Angeles à New-York, reflet des tourments amoureux du jeune héros. Une opposition formelle qui va de pair avec les obsessions profondes du cinéaste.

Café Society marque le (semi-)retour de Woody Allen dans son fief new-yorkais. Après plusieurs escapades en Europe, et notamment en France, il était revenu aux États-Unis mais pour poser sa caméra à San Francisco (Blue Jasmine) ou Rhode Island (The Irrational man). Ce retour vers Manhattan sonne aussi comme un retour aux fondamentaux. Un des grands motifs du cinéma d’Allen, c’est cette opposition permanente entre Los Angeles, ville du spectacle et du superficiel, et New-York, ville capitaliste et culturelle. Dans Café Society Woody Allen dépeint une Californie, non sans nostalgie, où respire le cinéma chic, un temps où art et industrie ne faisaient qu’un. Mais il montre également une cité des anges vite rattrapée par ses démons : le culte des apparences. L’enthousiasme du jeune héros Bobby Dorfman qui découvre cette ville-spectacle est très vite remplacé par les déceptions, professionnelle puis amoureuse. Et il s’en retourne sur la côte Est, fonder une famille et s’émanciper. Un peu à la manière d’Annie Hall, Woody Allen confronte la ville des désillusions contre celle de tous les possibles. En cela le personnage joué par Jesse Eisenberg représente le parfait alter-ego du réalisateur, petit intellectuel juif new-yorkais névrosé. Et prouve une fois de plus que les histoires d’amour fonctionnent mieux à New-York. Et le cinéma ?

On peut aussi voir dans cette opposition Est/Ouest une confrontation de deux types de cinéma. Pour Woody Allen qui a tourné des dizaines de films à Manhattan, tout semble aller pour le mieux. Tout comme Bobby Dorfman qui finira sans doute sa petite vie de famille tranquillement avec Veronica et ses enfants. Sauf qu’à la fin du film, ce sont les regrets qui semblent prendre le dessus. Bien que Vonnie et Bobby aient réussi à construire une vie de couple stable avec leur conjoint respectif, il pointe en eux le regret d’un amour certes dangereux mais passionnel. On ressent dans ces regrets qui closent le film le reflet de ceux d’un cinéaste qui s’est installé dans une sorte de routine cinématographique, frustré de n’avoir jamais réussi à produire le chef d’œuvre de sa vie.

Tout tourne rond sur la planète cinéma, Woody Allen continue sa cadence filmique hallucinante nous offrant chaque année un film aussi bon que les précédents. Jamais d’ébahissement, mais rarement de mauvaises surprises ne font le sel de son cinéma. Qu’il se rassure, ponctué par Café Society, Woody Allen a produit suffisamment de grands films, sans jamais se trahir, pour que l’on qualifie sa filmographie de chef d’œuvre.

Café Society de Woody Allen : Bande-annonce

Café Society : Fiche Technique

Réalisation : Woody Allen
Scénario : Woody Allen
Interprétation : Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Steve Carell, Blake Lively
Photographie : Vittorio Storaro
Montage : Alisa Lepselter
Décors : Santo Loquasto
Costumes : Suzy Benzinger
Production : Letty Aronson, Stephen Tenenbaum, Edward Walson
Distributeur : Mars Films
Durée : 96 minutes
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 11 mais 2016

États-Unis – 2016

Cannes 2016 : Almost Paris, interview du scénariste-acteur Wally Marzano-Lesnevich

LeMagduCiné a rencontré lors du festival l’acteur-scénariste du film Almost Paris, Wally Marzano-Lesnevich.

            À l’occasion du passage d’Almost Paris au marché du film du Festival de Cannes, CineSeriesMag a pu rencontré son scénariste-acteur Wally Marzano-Lesnevich. Une interview très intéressante et humaine qui s’est faite au moyen du logiciel Skype, le cinéaste n’étant pas à Cannes, mais à New-York. Dans Almost Paris, film réalisé par Domenica Cameron-Scorsese, la fille du maître Martin Scorsese, Wally Marzano-Lesnevich tient le premier rôle de Max, banquier de Wall Street viré suite à la crise de 2008, qui doit retourner chez ses parents, il devra faire face à sa famille (et aux retrouvailles) et à ses amis, qui ont subi les conséquences de son métier.

La réalisatrice (Cf. Domenica Cameron-Scorsese) expliquait qu’avec le producteur du film Michael Sorvino, vous étiez tous les trois amis bien avant ce projet de film…

            « J’étais d’abord ami avec Domenica. J’ai écrit le film (…) Domenica m’a beaucoup aidé pour ce film… »

D’où l’idée du film vous est-t-elle venue ?

            « Par deux chemins. Premièrement je suis allé à l’école avec des gens qui se sont lancé dans l’industrie financière. Ce ne sont pas des gens mauvais, c’est pourquoi je voulais qu’on ressente une empathie pour eux. (…) J’ai interviewé beaucoup de personnes, j’ai fait beaucoup de recherches sur ce sujet. Deuxièmement, je vivais à Los Angeles, en tant qu’acteur, ça ne marchait pas plus que ça, donc je suis revenu à l’Est chez mes parents, (…) ce qui faisait qu’il y avait trois générations dans une seule maison. (…) (De plus) c’est un moyen de réapprendre à connaître chacun d’entre eux, de se reconnecter avec eux. »

Vous avez présenté votre film au festival de Tribeca !

            « Oui ! Nous avons fait le tapis rouge du Tribeca festival (…) c’était beaucoup d’amusement. Nous avons eu tellement à faire sur ce film… Alors de réunir tout le monde après un mois après la fin du film, c’était incroyable, même magnifique. Nous avons tourné le film à New-York, j’ai grandi à New-York, donc venir au festival Tribeca de N-Y était fort. »

Avec la réalisatrice, nous avons discuté du fait qu’Almost Paris est un film indépendant, elle a aussi expliqué que c’était un film avec un très bas budget, un film « très très indépendant »…

            « C’était avec un très petit budget, c’est un film très indépendant, mais tout le monde est venu avec ses capacités et a aidé à porter le film. »

La distribution d’un tel film est compliquée, non ?

            « Je pense qu’il y a deux réponses : oui bien sûr c’est un film indépendant avec beaucoup de thèmes, non, nous avons parlé à différents pays, et dans de grands pays, la distribution peut être plus accessible.

C’est toujours définitivement un challenge avec les studios, mais nous sommes confiants dans l’idée de trouver une plateforme de visionnage de film. »

Le film est présent au Marché de Cannes.

            « Oui, un de nos producteurs y est, j’aime la France, mon cousin est plus comme un frère que comme un cousin, il vit à Paris. (…) Nous étions au Garden State Film Festival il y a un mois, c’était chouette ! (…) J’espère y retourner (NDLR : à Paris). Quand vous pensez à l’histoire du film, la famille cherche désespérément un moyen d’amener la mère à Paris. C’est très américain cette fascination pour Paris. »

Et les prochains projets ?

            « Alors il y a Half plus seven, une comédie romantique (…) Avec ma petite amie, nous travaillons sur d’autres scripts, et nous auditionnons. »

Un petit mot aux lecteurs de CineSeriesMag ?

            « Continuez d’aller au cinéma, continuez de voir et supporter des films indépendants. Oh vous savez, j’aime bien les films Marvel, mais tous les films ne peuvent pas être à propos de super-héros (…) il y a tant de films à voir (…) il faut découvrir des choses pour changer notre manière de voir les choses, de les expérimenter… »

Puis : « I love France so Vive la France. »

            Ce fut alors la fin de l’interview, mais soyez sûrs que notre échange avec Wally Marzano-Lesnevich n’en est qu’à son début ! Aussi retrouvez l’interview de la réalisatrice Domenica Cameron-Scorsese.

Cannes 2016 : The Transfiguration de Michael O’Shea (Un Certain Regard)

La Review de Cannes : The Transfiguration de Michael O’Shea

Synopsis : Queens, New York. Milo a 14 ans. Orphelin, son seul refuge est l’appartement qu’il partage avec son grand frère. Solitaire, il passe son temps à regarder des films de vampires. L’arrivée d’une nouvelle voisine fera naître en lui des sentiments nouveaux…

             Prétendant à la Caméra d’Or, la sélection du premier long métrage de Michael O’Shea à Un Certain Regard témoigne évidemment d’une proposition de cinéma nouvelle sur le mythe du vampire, pourtant en soi déjà un genre bien épuisé. Premier point, The Transfiguration se déroule dans le ghetto new-yorkais où un jeune orphelin vit malgré lui avec sa nature de vampire. De cet environnement aux allures de The Wire, Michael O’Shea fait évoluer son personnage à travers les rues incertaines, les cages d’escalier et sa chambre où il passe le plus clair de son temps à étudier la condition des suceurs des sang. Plus loin, il va rencontrer une jeune fille, un peu superficielle et paumée dans ce monde où elle subit les violences de son grand-père et les abus de ses copains. C’est à cet instant précis que le film nous envoie son pathos au visage pour bien faire comprendre que c’est ce contexte qui favorise l’escalade de la violence. Dès lors, ce petit anti-héros est victime du climat social dans lequel il vit et seul l’amour pourra lui faire prendre conscience de la bêtise qu’est la violence. Difficile de faire plus moralisateur et caricatural.

             Il y a bien évidemment quelques bonnes idées dans la relecture du mythe du vampire, à commencer par le comportement froid et désincarné de cet adolescent, le fait qu’il puisse profiter du soleil ou de l’ail et soit insensible à la religion. Quoiqu’un peu suffisant, il est intéressant de voir Michael O’Shea à travers son protagoniste se moquer des nouveaux codes du vampire, loin de la créature agile et brillante que certains films ont pu osé représenter. Evidemment alors que Michael O’shea a voulu donner une nouvelle représentation de l’un des plus fantastiques mythes de la littérature gothique. Mais prétentieux, lourd et impersonnel, le cinéaste américain esttrès loin des chefs d’oeuvre qu’il se permet de juger et référencer dans son film. De Twilight à Nosferatu en passant par Morse ou des nanars sans noms, tout y passe. Il est à parier que Michael O’Shea pense avoir révolutionné le genre mais il n’atteint avec cette fable moderne qu’une représentation désincarnée et ennuyeuse d’une créature pourtant si fascinante à travers les arts.

             Dans le genre film de vampire indépendant, on préférera nettement retourner voir A Girl Walks Home Alone at Night de Ana Lily Amirpour.

The Transfiguration
Un film de Michael O’Shea
Avec Eric Ruffin, Chloe Levine, Aaron Clifton Moten
Distribution: ARP Selection
Durée : 97 minutes
Genre : Drame, horreur
Date de sortie : 14 juin 2016

Etats-Unis – 2016

The Transfiguration : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=Hq5y27Benhk

Cannes 2016 : Toni Erdmann de Maren Ade (Compétition Officielle)

Cannes 2016 : Toni Erdmann de Maren Ade (Compétition Officielle)

Synopsis : Quand Ines, femme d’affaire d’une grande société allemande basée à Bucarest, voit son père débarquer sans prévenir, elle ne cache pas son exaspération. Sa vie parfaitement organisée ne souffre pas le moindre désordre mais lorsque son père lui pose la question « Es-tu heureuse? », son incapacité à répondre est le début d’un bouleversement profond. Ce père encombrant et dont elle a honte fait tout pour l’aider à retrouver un sens à sa vie en s’inventant un personnage : le facétieux Toni Erdmann…

            Avec Toni Erdmann, le Festival de Cannes donne la chance à Maren Ade de s’introduire dans le cercle très fermé des cinéastes (femmes) en compétition en même temps qu’elle permet à l’Allemagne de revenir sur le devant de la scène cinématographique, huit ans après son dernier film en compétition (Rendez-vous à Palerme de Wim Wenders). Dans cette relation complexe entre un
père et sa fille, un conflit générationnel s’intercale entre ces deux personnages qui ne savent pas comment se comporter ensemble. L’un n’a pas eu le temps de s’adapter à l’accélération soudaine d’une société tournée vers la performance professionnelle tandis que l’autre ne comprend pas le manque d’ambition et la puérilité de son paternel. Il y a un vrai problème de communication entre ce père et sa fille qui n’ont pas la même manière d’échanger. Le père évolue dans un environnement simple tandis que sa fille s’adapte trop sérieusement à ce qui l’entoure. Le plus touchant vient sans doute du mal-être de ces personnages qui tentent péniblement de trouver des repères dans leur vie. A ce petit jeu, il faut souligner l’interprétation tout en justesse de deux acteurs aux antipodes de leur caractère, à commencer par ce papa nounours aussi attachant que pitoyable (Prix d’Interprétation pour Peter Simonischek ?) qui, conscient de l’absence du bonheur de sa fille (superbe Sandra Hüller), va créer ce personnage de Toni Erdmann et faire du monde dans lequel ils vivent la scène d’un spectacle qui va prendre des proportions incontrôlables. Tout ça, juste pour s’interroger sur le sens réel de la vie et éloigner sa fille du burn-out.

            Si l’émotion tient une bonne place et touchera en plein coeur, c’est définitivement l’humour ravageur allemand qui nous emporte. Car ce qui rend hilare à la projection de Toni Erdmann, c’est l’escalade rocambolesque des situations qui va conduire innocemment le spectateur à cette séquence absolument hallucinante où tout se lâche dans une absurdité totale. Il est difficile de vous la décrire sans vous gâcher le plaisir de cette farce hors-norme. C’est à cette scène et aux applaudissements et rires gras de la salle qu’on devine toute la force et la réussite du film. La simplicité de la mise en scène permet au spectateur de se focaliser exclusivement sur la force narrative et la touchante authenticité des personnages. Le dénouement du film est intéressant dans le sens où Maren Ade pose la dernière pierre de son ouvrage et montre qu’elle n’est pas aussi naïve et idéaliste que le message du film aurait pu le laissait penser. Quand bien même il est nécessaire de s’autoriser à jouir de l’existence, la vie rattrape toujours violemment le temps présent. C’est pour cela qu’il faut savoir profiter de ces parenthèses absurdes. Une parenthèse bienvenue ainsi dans une compétition toujours autant monopolisée par les drames lourds., même s’il convient de reconnaître un brin de folie avec également la sélection de Ma Loute de Bruno Dumont.

            L’an passé, le tout aussi absurde et mélancolique The Lobster remportait le Prix du Jury. Peut-être que le jury de George Miller sera aussi enthousiaste sur Toni Erdmann à l’issue de la compétition. Toni Erdmann confirme la découverte et redonne une place de choix au cinéma allemand qui ne nous avait jamais autant ému et fait rire à la fois. Derrière toute la mélancolie et la tristesse des personnages, Toni Erdmann est une odyssée feel-good-moviesque qui témoigne de l’urgence de vivre, du trop-sérieux de la vie et de la difficulté de trouver l’épanouissement. Assurément un candidat de choix pour une place au palmarès, et ce n’est pas les fous rires d’une salle cannoise conquise qui diront le contraire.

Toni Erdmann
Un film de Maren Ade
Avec Peter Simonischek, Sandra Hüller, Michael Wittenborn
Distribution: Haut et Court
Durée : 162min
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 17 août 2016
Allemagne- 2016

Toni Erdmann : Bande-annonce

Un thriller surnaturel sur la mystérieuse Maison Winchester

Les frères Spierig réaliseront le film fantastique Winchester, tiré de l’histoire vraie de la célèbre maison aux esprits.

Date limite a annoncé que Michael Spierig et Peter Spierig (Daybreakers, Predestination) dirigeront Winchester, un thriller surnaturel basé sur la célèbre Maison Winchester à San Jose en Californie. Le financement du film par Diamond Pictures et Bullitt Divertissement a démarré juste à temps pour le marché de Cannes et les frères Spierig ont d’ores et déjà écrit le scénario !

Le film raconte l’histoire vraie et inquiétante de Sarah Winchester, héritière de la fortune des armes à feu Winchester, dont la fameuse carabine à répétition. Après la mort soudaine de sa fille puis celle de son mari, Sarah en vient à croire qu’elle est maudite par cet héritage meurtrier et surtout hantée par les victimes de ces armes. Elle consulte alors un médium, qui lui conseille d’entreprendre la construction d’un manoir gothique qui pourra contenir les esprits des défunts. En 1884, elle achète une ferme de 8 chambres située près de Santa Clara et se lance dans les travaux. Les plans sont dessinés par Sarah elle-même qui se retire dans une pièce privée pour faire appel aux esprits, afin qu’ils lui indiquent les travaux à faire. Chaque jour, elle remettra à son maître d’œuvre les plans en question et ce pendant 38 ans. Sarah Winchester n’ayant de cesse de construire et de modifier sa demeure, convaincue que tant que la maison sera en construction, elle restera en vie.

Le mystère de la maison est surtout dû à son étrange architecture sans aucune logique : des escaliers qui ne mènent nulle part, des pièces cachées, des placards sans fonds, des fenêtres au sol, des portes qui donnent sur le vide, d’autres portes qui s’ouvrent sur des murs de briques, et une multitude de passages secrets !

Débutés en 1884, les travaux d’aménagement et d’agrandissement ont ainsi été ininterrompus, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an pour près de 50 millions d’euro.

Winchester a été développé par Imagination Design Works, qui détient les droits de la célèbre maison, ce qui permet au film de profiter des vrais locaux, lui conférant ainsi une dimension authentique. Diamond & Bullitt et et Blacklab Entertainment Australie co-financent le film.

Tout, tout de suite, un film de Richard Berry : Critique

Après Alexandre Arcady et son 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi, c’est au tour de Richard Berry de s’approprier « l’affaire du Gang des Barbares», qui avait profondément attristé les français en 2006. Contrairement à son prédécesseur, Richard Berry s’intéresse davantage à la détention d’Ilan Halimi, là où Alexandre Arcady s’intéressait plus à l’enquête et à la manière dont la famille vivait la progression de cette dernière.

Synopsis : Des portes explosent. Les policiers casqués, armés font irruption de nuit dans des appartements, cris, coups : défilent à l’écran les visages des interpellés. Des beurs, des blacks, des blancs. Tous ont moins de vingt ans. Ceux que la presse appellera les « barbares ». On est en février 2006. La police quelques heures plus tôt a trouvé le corps moribond d’Ilan (Halimi) sur le bord d’une route à Sainte-Geneviève-des-Bois, nu, brûlé à 80 %. Kidnappé, il a été séquestré pendant 24 jours. Il était juif. Et donc supposé avoir de l’argent. Par flash-back, le film déroule alors le fil des événements depuis le kidnapping. Courses poursuites entrecoupées de scènes où on assiste au calvaire de la victime. Moderne danse macabre qui en dit long sur la « marche » de nos sociétés.

Décadence de la violence

Images d’archives, voix off et journaux télévisés. Ainsi s’ouvre Tout, tout de suite. S’en suivent des immersions violentes dans des appartements, la police défonce des portes, des cris et des pleurs se font entendre. Les membres du gang des Barbares sont arrêtés un à un. Ainsi, le procès des hommes et femmes à l’origine de l’affaire Ilan Halimi va pouvoir s’ouvrir.
Tout, tout de suite annonce d’emblée la couleur et sera beaucoup plus sombre que 24 jours, bien que l’interdiction moins de 12 ans annonçait déjà la chose.

Richard Berry, auteur de plusieurs comédies franchouillardes pas vraiment réussies, signe ici un film noir qui, malgré des faits connus, ne peut que faire frissonner le spectateur et le prendre aux tripes. Le film est une alternance entre témoignages des membres du Gang au poste, filmés en noir et blanc, et les faits, de l’enlèvement d’Ilan Halimi et de sa séquestration, jusqu’à la découverte du corps de ce dernier au bord d’une voie ferrée. La réalisation de Richard Berry est sobre mais intense et puissante. Le noir et blanc marque parfaitement le contraste et permet aux spectateurs de souffler mais également de prendre conscience des faits qui lui sont contés. La lumière est très intelligemment utilisée et fait des scènes de séquestration de réels moments d’angoisse tant l’obscurité, synonyme de l’idéologie des « barbares » est oppressante. Aussi, le choix de cadre est très intéressant car les nombreux gros plans marquent les esprits. On retiendra ceux nous présentant les regards des ravisseurs, évocateurs et témoins d’une quête d’argent absurde reposant sur un certain antisémitisme. Mais malgré beaucoup d’efforts de réalisations, Tout, tout de suite prend quand même le chemin du thriller et du film policier un tantinet classique, qui ne peux que rappeler L’Affaire SK1 sorti l’année dernière. L’enquête est haletante mais au fond, la mise en scène et la structure narrative s’avèrent bien trop classique, même s’il est difficile de faire dans l’originalité en traitant d’un tel sujet. On retrouve des scènes propres aux films policiers actuels : écoutes téléphoniques, rendez-vous pour donner des fausses rançons ou encore coups de fil incessants. Mais le montage, qui n’est qu’une alternance entre la progression du sort réservé à Ilan Halimi et l’enquête de la Crim’, ne peut que tenir le spectateur en haleine.

Mais si Tout, tout de suite est plus convaincant que le long-métrage d’Arcady, c’est parce que beaucoup d’acteurs, qui interprètent les membres du Gang, sont inconnus du grand public, ce qui implique une certaine crédibilité au récit. Quand on voyait Pascal Elbé ou Zabou Breitman dans 24 jours, il était plus difficile d’être immergé dans les faits exposés car il y avait cette distance avec les « acteurs connus ». Ici, tous signent pour leur premier vrai rôle, exception faite pour Richard Berry, Didier Halimi dans le film, et certains autres jeunes auparavant aperçus dans des longs-métrages français. Steve Achiepo, interprète de Youssouf Fofana, chef du Gang des Barbares, est impeccable et ne laisse que présager du bon pour de futurs rôles. Les autres acteurs, comme Édouard Giard (un des membres du gang) ou Marc Ruchmann (Ilan Halimi) sont également très crédibles et parviennent à s’emparer de rôles qui sont loin d’être faciles à incarner tant ils sont emplis de sadisme, mais également de craintes et de doutes. Étonnamment, c’est Richard Berry qui pourrait être qualifié de moins convaincant dans le casting, même si deux/trois autres comédiens sonnent parfois légèrement faux, tant ils dégagent cette impression d’avoir eu des difficultés à s’approprier leur rôle.

Tout, tout de suite est un film policier haletant et un thriller réussi. Basé sur des faits réels, l’adaptation de Richard Berry puise sa forme dans certains de ses acteurs, ainsi que dans des choix esthétiques, mais elle s’avère au final extrêmement classique, mais réussie tant elle est prenante.
Il faudra songer à laisser désormais de côté l’affaire Ilan Halimi et ne plus l’adapter au cinéma. Le film d’Arcady et celui de Berry se complètent, et il n’y a plus rien qui puisse être réellement ajouté au récit, Tout, tout de suite étant des plus fiables.

Tout, tout de suite : Bande-annonce

Tout, tout de suite : Fiche technique

Réalisation : Richard Berry
Scénario : Richard Berry, Morgan Sportès, d’après l’oeuvre de Morgan Sportès
Interprétation : Richard Berry, Steve Achiepo, Marc Ruchmann, Romane Rauss, Idit Cebula, Édouard Giard…
Photographie : Jean-Paul Augustini
Montage : Mickael Dumontier
Musique : Harry Escott
Producteurs : Alain Goldman, Sylvain Goldberg, Serge de Poucques, Thomas Langmann
Sociétés de production : Légende Films, Boucan Films, UMedia
Distribution (France) : Légende Distribution
Durée : 111 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 11 mai 2016

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement.
France – 2016