Cannes 2016 : Almost Paris, interview du scénariste-acteur Wally Marzano-Lesnevich

LeMagduCiné a rencontré lors du festival l’acteur-scénariste du film Almost Paris, Wally Marzano-Lesnevich.

            À l’occasion du passage d’Almost Paris au marché du film du Festival de Cannes, CineSeriesMag a pu rencontré son scénariste-acteur Wally Marzano-Lesnevich. Une interview très intéressante et humaine qui s’est faite au moyen du logiciel Skype, le cinéaste n’étant pas à Cannes, mais à New-York. Dans Almost Paris, film réalisé par Domenica Cameron-Scorsese, la fille du maître Martin Scorsese, Wally Marzano-Lesnevich tient le premier rôle de Max, banquier de Wall Street viré suite à la crise de 2008, qui doit retourner chez ses parents, il devra faire face à sa famille (et aux retrouvailles) et à ses amis, qui ont subi les conséquences de son métier.

La réalisatrice (Cf. Domenica Cameron-Scorsese) expliquait qu’avec le producteur du film Michael Sorvino, vous étiez tous les trois amis bien avant ce projet de film…

            « J’étais d’abord ami avec Domenica. J’ai écrit le film (…) Domenica m’a beaucoup aidé pour ce film… »

D’où l’idée du film vous est-t-elle venue ?

            « Par deux chemins. Premièrement je suis allé à l’école avec des gens qui se sont lancé dans l’industrie financière. Ce ne sont pas des gens mauvais, c’est pourquoi je voulais qu’on ressente une empathie pour eux. (…) J’ai interviewé beaucoup de personnes, j’ai fait beaucoup de recherches sur ce sujet. Deuxièmement, je vivais à Los Angeles, en tant qu’acteur, ça ne marchait pas plus que ça, donc je suis revenu à l’Est chez mes parents, (…) ce qui faisait qu’il y avait trois générations dans une seule maison. (…) (De plus) c’est un moyen de réapprendre à connaître chacun d’entre eux, de se reconnecter avec eux. »

Vous avez présenté votre film au festival de Tribeca !

            « Oui ! Nous avons fait le tapis rouge du Tribeca festival (…) c’était beaucoup d’amusement. Nous avons eu tellement à faire sur ce film… Alors de réunir tout le monde après un mois après la fin du film, c’était incroyable, même magnifique. Nous avons tourné le film à New-York, j’ai grandi à New-York, donc venir au festival Tribeca de N-Y était fort. »

Avec la réalisatrice, nous avons discuté du fait qu’Almost Paris est un film indépendant, elle a aussi expliqué que c’était un film avec un très bas budget, un film « très très indépendant »…

            « C’était avec un très petit budget, c’est un film très indépendant, mais tout le monde est venu avec ses capacités et a aidé à porter le film. »

La distribution d’un tel film est compliquée, non ?

            « Je pense qu’il y a deux réponses : oui bien sûr c’est un film indépendant avec beaucoup de thèmes, non, nous avons parlé à différents pays, et dans de grands pays, la distribution peut être plus accessible.

C’est toujours définitivement un challenge avec les studios, mais nous sommes confiants dans l’idée de trouver une plateforme de visionnage de film. »

Le film est présent au Marché de Cannes.

            « Oui, un de nos producteurs y est, j’aime la France, mon cousin est plus comme un frère que comme un cousin, il vit à Paris. (…) Nous étions au Garden State Film Festival il y a un mois, c’était chouette ! (…) J’espère y retourner (NDLR : à Paris). Quand vous pensez à l’histoire du film, la famille cherche désespérément un moyen d’amener la mère à Paris. C’est très américain cette fascination pour Paris. »

Et les prochains projets ?

            « Alors il y a Half plus seven, une comédie romantique (…) Avec ma petite amie, nous travaillons sur d’autres scripts, et nous auditionnons. »

Un petit mot aux lecteurs de CineSeriesMag ?

            « Continuez d’aller au cinéma, continuez de voir et supporter des films indépendants. Oh vous savez, j’aime bien les films Marvel, mais tous les films ne peuvent pas être à propos de super-héros (…) il y a tant de films à voir (…) il faut découvrir des choses pour changer notre manière de voir les choses, de les expérimenter… »

Puis : « I love France so Vive la France. »

            Ce fut alors la fin de l’interview, mais soyez sûrs que notre échange avec Wally Marzano-Lesnevich n’en est qu’à son début ! Aussi retrouvez l’interview de la réalisatrice Domenica Cameron-Scorsese.

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

« Vaiana, la légende du bout du monde » n’est pas le pire remake, mais c’est de loin le plus inutile

"Vaiana, La légende du bout du monde" (2026), remake live-action de Disney, déçoit sur toute la ligne. Animation ratée, prestations fades de Dwayne Johnson et Catherine Laga'aia, effets visuels décevants malgré un budget de 250 millions de dollars... un naufrage face à l'excellent film original.

L’Espèce explosive : Alexis Manenti électrise le film braque de Sarah Arnold

Avec "L’Espèce explosive", Sarah Arnold dynamite les codes de la comédie rurale. Un film déglingué, détonant et drôle, tendre et imprévisible, porté par un Alexis Manenti éblouissant de chaos. Un cinéma vigoureux et téméraire !

Evil Dead Burn : Le feu des aveux

En confiant "Evil Dead Burn" à Sébastien Vaniček, Sam Raimi a fait le bon choix. Le réalisateur de Vermines signe un sixième épisode généreux, où le trauma familial et la violence conjugale nourrissent l'horreur démoniaque. Porté par une Souheila Yacoub habitée, le film brûle de l'intérieur avant même que les Deadites n'entrent en scène.

L’Inconnue : le trouble de Jésus et de Marie

"L'Inconnue" est un film qui ne ressemble à aucun autre. Arthur Harari y filme l'indicible : l'égarement de l'âme dans un corps qui n'est plus le sien. Porté par Léa Seydoux en madone hagarde et Niels Schneider en Christ sacrifié, ce thriller de l'inconscient nous happe et nous largue, laissant planer un doute vertigineux : savons-nous vraiment qui nous sommes ? Un film opaque, charnel, parfois insaisissable, mais dont la grâce primitive nous hante longtemps après le générique

Kwaïdan (1964) de Masaki Kobayashi : le temps suspendu des spectres

Si sa durée et son rythme peuvent représenter une épreuve exigeante pour le public d’aujourd’hui, "Kwaïdan" n’a en revanche rien perdu de sa poésie et de son enchantement des sens. Une œuvre inclassable et envoûtante.

Cannes 2016 : Interview de Paul Lê pour La Vie Rêvée de David L (Marché du Film)

CineSeriesMag a rencontré Paul Lê, co-réalisateur, coscénariste et coproducteur de La Vie Rêvée de David L, un film inspiré de la jeunesse et des éléments de l’œuvre cinématographique et picturale de David Lynch.

Cannes 2016 : Interview de Paul Schrader (Dog Eat Dog, Taxi Driver)

Palme d'Or en 1976, Paul Schrader a présenté Dog Eat Dog en clôture de la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2016. Le lendemain de la projection, le cinéaste s'est prêté au jeu des questions-réponses pour CineSeriesMag.

Cannes 2016 : Elle, de Paul Verhoeven (Compétition Officielle)

Review de l'un des derniers films présentés à la Séléction Officielle à Cannes, Elle de Paul Verhoeven est un film qui dérange et surprend, de par son humour mais surtout par la position de voyeur dans laquelle il place le spectateur. Un grand film du maître, l'hollandais violent, Paul Verhoeven.