Découvrir L’Autre près de 45 ans après sa sortie, c’est se plonger dans un mélange virtuose d’ambiances pastorale et gothique, mais surtout comprendre les bases d’un dispositif mille fois copié depuis.
Synopsis : Connecticut, 1935. Dans la ferme familiale, les deux frères jumeaux Niles et Holland Perry sont élevés par leur grand-mère Ada. Une série de drames va toutefois secouer ce bonheur de surface et remettre en question la douce réalité des choses, jusqu’à nous plonger dans la folie.
Derrière un charme bucolique se cache un chef d’œuvre précurseur du cinéma fantastique
Connu pour ses réalisations très terre-à-terre (Du silence et des ombres est, à juste titre, régulièrement cité parmi les meilleurs films américains), Robert Mulligan aura tenté une seule et unique incursion dans le domaine du fantastique. C’est à l’occasion d’une adaptation du premier roman de Tom Tryon (homonyme en version originale mais titré « Le Visage de l’autre » en français), adapté par ses soins en scénario, que Mulligan s’est lancé dans l’aventure. On retrouve dans sa réalisation une patte personnelle marquée par l’imagerie rurale traditionnelle américaine qui a infusé dans l’ensemble de la filmographie de ce new-yorkais d’origine irlandaise. Ce récit sur les liens étroits entre deux jeunes frères jumeaux est également pour lui un prétexte d’explorer sa thématique de prédilection qu’est la perception par des enfants, ou adolescents, des notions d’innocence et de culpabilité. Mais l’argument fantastique entre rapidement, mis en exergue, à travers le « jeu » que la grand-mère inculque à ses petits-enfants consistant en une forme de projection télépathique dans l’esprit d’animaux. Mais, au-delà de ça, c’est la nature de Holland, l’un des deux jumeaux en question, qui est au cœur de cette dimension fantastique, celui-ci allant se révéler être en réalité mort avec le début du film, et sa présence à l’écran n’étant que l’illustration des visions qu’en a son frère Niles.
Ce twist peut sembler prévisible pour un spectateur qui, de nos jours, est habitué à de telles utilisations du média filmique. Mais, pour saisir l’importance de L’autre, il faut bien saisir que, en 1972, ce procédé fut si révolutionnaire qu’il divisa la critique. Montrer à l’écran un personnage qui n’existe que dans l’imagination schizophrénique d’un tiers est devenu monnaie courante, mais peut-être ne serait-ce pas le cas si L’autre n’avait pas ouvert la voie. Sans l’audace de Mulligan, qui d’ailleurs parvient à mettre en scène la dualité entre les deux frères avec maestria, en ne les réunissant jamais dans le cadre et en profitant de l’ambiguïté générée par la gémellité de ses deux jeunes acteurs, peut-être n’aurait-on eu jamais eu de Faux-semblants (David Cronenberg, 1988), de Sixième Sens (M. Night Shyamalan, 1999), de Fight Club (David Fincher, 1999) ou même, dans une moindre mesure, de Mullholland Drive (David Lynch, 2001).
L’autre grande force de L’Autre est d’avoir su ajuster sa mise en scène sur le point de vue du personnage de Niles pour parfaitement adopter son regard innocent sur les événements tragiques qu’il suscite malgré lui. C’est justement parce que le public voit les choses à travers son regard que, dans la dernière demi-heure, une fois que Niles a pris conscience de sa propre névrose, que l’on en vient à partager sa paranoïa croissante, justifiant ainsi la rupture stylistique vers une épouvante crescendo au terme de laquelle la grand-mère, jusque là source d’apaisement, en vient à apparaitre comme une pure figure horrifique. Là encore, le rapport de l’enfance au surnaturel est depuis devenu un inévitable leitmotiv dans le genre (Shining, Poltergeist, Le Labyrinthe de Pan…), même s’il ne s’agissait pas en 1972 de quelque chose d’inédit, puisque l’excellent Les Innocents (Jack Clayton, 1961) reste la référence en la matière. Il n’empêche que l’expérience de Mulligan pour filmer des enfants pour mieux les rendre attachants permet au film d’être la source d’un malaise profond chez le spectateur. A noter que le passif du scénariste/romancier en tant qu’acteur peut également justifier une lecture métafilmique de l’œuvre, le « jeu » étant alors une allégorie du travail de comédien dont la relation avec son personnage fictif serait comparable à celui entre Niles et Holland. Une autre piste qui fait de L’Autre une réalisation bien plus innovante qu’elle n’en a l’air.
L’insidieux passage mené entre une photographie très lumineuse qui s’accorde à la candeur des enfants et une atmosphère ténébreuse terriblement angoissante se fait avec une subtilité telle que, là encore, L’Autre s’impose comme un modèle incontournable pour toutes les générations d’amateurs de films d’horreur. Cette imagerie bucolique que l’on pourrait au premier abord juger désuète participe donc paradoxalement au succès intemporel de cette petite perle.
L’autre : Bande-annonce
https://www.youtube.com/watch?v=HMmMqWkudgA
L’autre : Fiche technique
Titre original : The Other
Réalisation : Robert Mulligan
Scénario : Tom Tryon, d’après son propre roman
Interprétation : Chris Udvarnoky (Niles Perry), Martin Udvarnoky (Holland Perry), Uta Hagen (Ada)…
Photographie : Robert Surtees
Montage : Folmar Blangsted et O. Nicholas Brown
Décors : Albert Brenner
Musique : Jerry Goldsmith
Production : Robert Mulligan, Don Kranze et Tom Tryon
Société de production : Twentieth Century Fox
Durée : 96 minutes
Genre : Fantastique, drame
Date de sortie du Coffret DVD/Blu-ray : 14 septembre 2016
La chaîne Lifetime a le culot de nous présenter une série vraiment originale, dévoilant les coulisses et les rouages de la télé-réalité, à travers un regard critique et quasi documentaire, mais toujours alimenté par des storylines fictives, propres au format sériel. UnREAL prend l’initiative de révéler tout ce qu’il y a de plus mauvais dans ces émissions, de la part des candidats, mais surtout des producteurs qui sont définitivement les maîtres du jeu, sans limites pour faire de l’audimat.
Synopsis : Après s’être remise de sa dépression,Rachel Goldberg revient travailler aux côtés de la productrice Quinn King pour l’émission Everlasting, reprenant tous les codes du style Bachelor. Le rôle de Rachel est de manipuler les candidates afin d’obtenir suffisamment de drames pour maintenir l’audience, avec le soutien de Quinn qui veut faire le plus de buzz autour de sa télé-réalité…
Un jeu d’échecs entre deux femmes
Bien sûr, il est évident que tout ce que nous montre la série n’est pas toujours véridique, mais il doit y avoir un semblant de réalisme grâce à son duo de créatrices : Marti Noxon (que l’on ne présente plus depuis Buffy contre les vampires, créatrice de Girlfriends’ Guide to Divorce) et Sarah Gertrude Shapiro, productrice pendant plusieurs saisons de The Bachelor.
De ce fait, la première saison suit les étapes de production et de tournage de l’émission fictive « Everlasting » qui correspond à notre bachelor avec le personnage d’Adam Cromwell (interprété par Freddie Stroma), cherchant l’amour de sa vie, et qu’il devra choisir parmi plusieurs candidates à la fin de l’aventure.
La construction des 10 épisodes de la saison est similaire à la vraie télé-réalité où chaque semaine verra l’élimination d’une prétendante.
Côté casting, nous retrouvons deux actrices talentueuses, Shiri Appleby (Roswell, Life Unexpected) et Constance Zimmer (Grey’s Anatomy, House of Cards) dans les rôles titres de Rachel et Quinn.
Constance Zimmer campe un personnage déjà bien installé dans cette production, alors que Rachel revient travailler dans ce milieu qui l’avait beaucoup perturbée par le passé.
Aux premiers abords, Rachel semble être fragile, hésitante à revenir à la production, les spectateurs pourront s’identifier à son personnage au départ pour intégrer tous les éléments de la télé-réalité.
Nous retenons principalement ces deux fortes têtes, féministes à l’extrême, manipulant aussi bien les hommes que les femmes pour arriver à leurs fins. Elles portent ensemble la série sur leurs épaules, et arrivent à exploiter tout leur talent d’actrice à travers leurs personnages. Shiri Appleby signe, sans conteste, un retour triomphant depuis la fin de Roswell.
Les différents protagonistes sont très stéréotypés mais très similaires aux vrais candidats de télé-réalité comme les célèbres Kardashian pour ne relever qu’eux.
En effet, le bachelor, véritable Don Juan, presque imbécile, fait cette émission uniquement pour l’argent, mais les prétendantes représentent aussi le genre de personnalités qui sont vues dans ces programmes. Certaines sont ici pour trouver l’amour alors que d’autres cherchent par tous les moyens à rester jusqu’au bout afin d’être célèbres et acquérir une certaine popularité (éphémère restons lucide).
La première saison construit assez bien les traits de caractères des candidats, mais nous nous intéresserons essentiellement aux différentes ficelles de la production. Quinn mène la danse, dirige son émission avec son compagnon Chet, et donne ses consignes à Rachel qui doit convaincre les candidats de faire telle ou telle action pour créer rebondissements, clashs, buzz, garantissant l’intérêt du spectateur pour revenir voir l’épisode suivant. C’est monstrueusement réussi quand on s’imagine que nos scénaristes de séries télés font exactement la même chose pour attirer le public à travers leurs nombreux cliffhangers. De plus, cela semble très réaliste avec nos télé-réalités qui font toujours en sorte d’apporter plus de tension pour obtenir de l’audience.
Quinn, Rachel et les producteurs jouent en manipulant les candidats, tels des pions sur un échiquier, ils tirent toutes les conclusions et décident de qui devra gagner la finale. Ils incarnent tout ce qu’il y a de plus néfaste dans ce genre télévisuel, jusqu’à l’extrême au point qu’une des prétendantes se suicide en milieu de parcours, renforçant là aussi l’instabilité psychologique de certains candidats qui participent à ces émissions. Lifetime a pris un gros risque en diffusant UnREAL sachant qu’elle possède aussi des télé-réalités dans sa programmation, mais avec une première saison forte dans son intention, très attrayante, le pari est tout simplement réussi.
Nous avons là un vrai Guilty Pleasure à suivre durant l’été en attendant la reprise de nos séries annuelles.
Une seconde saison répétitive, exagérée, et mal exploitée…
La saison 2 suit la continuité de la première avec un nouveau prétendant et de nouvelles candidates.
Rachel a obtenu une promotion en tant que shownrunner, mais Quinn continue de mettre son grain de sel, elle n’accepte pas que sa création soit dans les mains d’une autre. Désormais nous avons un vrai face à face entre les deux femmes pour savoir qui est la meilleure productrice, bien qu’elles continuent à se soutenir d’ici la fin de la saison.
Dans cette nouvelle aventure, le célibataire choisi est pour la première fois noir, B.J. Britt est retenu pour interpréter le sportif Darius Beck, et il y a bien plus de prétendantes de couleur. La série aborde donc plus en détails les problèmes de racisme et de minorités, notamment à travers un épisode où le meilleur ami du bachelor sera victime des coups de feu d’un policier, accentuant d’autant plus le mouvement « Black Lives Matter » en faveur du peuple noir américain victime des attaques injustifiées des autorités.
Cependant, cette suite s’enfonce rapidement en ne proposant rien d’inédit. Nous nous retrouvons face à une pale copie de la première saison, en moins bien, à l’exception que nous avons un bachelor moral qui obtiendra sa fin heureuse.
Alors qu’on nous proposait une série révélant les secrets de la télé-réalité, UnREAL s’enfonce dans un soap-opéra classique, enchaînant scandale sur scandale afin de maintenir le spectateur en haleine, au détriment d’une qualité narrative moins soutenue. Par conséquent, nous sommes perplexes quant à la prochaine saison 3, notamment à cause de scénaristes trop dispersés, ne sachant pas trop où aller.
Heureusement, tout n’est pas à jeter, le point très positif est l’évolution de ses deux personnages principaux.
Quinn a toujours été antipathique, avec un semblant d’humanité, mais Rachel devient à son tour une vraie anti-héroïne. Malgré leur rivalité, elles se soutiennent, Quinn est la seule à comprendre Rachel, et elles se serviront de tous les stratagèmes possibles pour protéger leur bébé des médias.
La première saison abordait déjà le côté bipolaire de Rachel, mais la saison 2 l’exploite complètement et approfondit son histoire. Rachel est un personnage malade, bouffé par son travail, qui s’imagine faire de la « vraie » télévision, alors que tout est manipulé pour faire du mal aux candidats. Les choix et les tournures que prend le protagoniste choquent, mais on n’a qu’une envie c’est de voir jusqu’où Shiri Appleby pourra aller car elle habite vraiment son personnage, c’est assez fascinant.
Certes, beaucoup de choses ne sont pas réelles, mais on peut supposer qu’il existe un lien autobiographique du personnage de Rachel à la co-créatrice Sarah Gertrude Shapiro, personne longtemps dépressive, victime de la télé-réalité.
Pour l’instant, il n’y a aucune morale, les deux vipères s’en sortent, mais le karma finira par les rattraper, elles sont toutes les deux seules, enfermées dans leur Everlasting qui est leur réussite, mais qui n’a rien de réel.
Au bout de deux saisons, UnREAL est toujours aussi divertissante et scandaleuse à souhait, c’est indéniable, mais la saison 2 a clairement tout essayé pour faire mieux que la première, et c’est un échec, nous sommes face à quelque chose de brouillon. On espère une saison 3 se concentrant plus sur ses candidats, et qui ramènera une qualité narrative et une énergie similaires à ses débuts…
UnREAL saison 1 : bande-annonce
UnREAL : Fiche Technique
Créateurs : Marti Noxon, Sarah Gertrude Shapiro
Interprétation : Shiri Appleby (Rachel Goldberg), Constance Zimmer (Quinn King), Creg Bierko (Chet Wilton), Josh Kelly (Jeremy Carver), Jeffrey Bowyer-Chapman (Jay)
Musique : Fil Eisler
Sociétés de production : A+E Studios, Wieden+Kennedy Entertainment, Tiny Pyro, A Bob Sertner Production
Date de sortie : 1er juin 2015
Format : 10 épisodes de 42 minutes
Genre : dramatique
D’abord attirant pour sa photographie sombre, Outcast s’avère vite souffrir d’une action qui fait du sur-place et d’une mentalité bondieusarde très pesante.
Synopsis : A Rome, un petit village de Virginie Occidentale, Kyle Barnes vit reclus depuis de nombreuses années, hanté par le traumatisme de possessions démoniaques dont il a été témoin. Alors que des cas similaires se déclarent à nouveau, il décide de sortir de sa retraite pour aider le révérend Anderson dans ses exercices d’exorcisme. Mais le phénomène va se révéler d’une plus grande ampleur qu’ils ne l’avaient craint.
Seigneur, protégez-nous du mal !
Alors que les amateurs puristes de fantastique redoutent massivement l’adaptation sérielle du film culte de William Friedkin, L’exorciste, l’exploitation de sa thématique aura été quelques semaines plus tôt, au cœur de la nouvelle série de Robert Kirkman. Déjà auteur de la BD The Walking Dead, et très impliqué dans sa variation télévisuelle jusqu’à en concevoir le spin-off Fear The Walking Dead, Kirkman était légitime à faire de Outcast une série, celle-ci étant tirée d’un autre de ses romans graphiques. A l’inverse de The Walking Dead, où l’horreur (les zombies) est un élément acté et à l’échelle mondiale, celle d’Outcast (les démons) est quelque chose d’insidieux restant de l’ordre du mystère et cloisonné à un petit village du midwest.
Son épisode pilote apparait comme franchement prometteur : Celui-ci nous introduit assez bien le personnage au cœur du récit, Kyle Barnes, un anti-héros tourmenté dont on peut espérer que la psychologie et le passé trouble soient explorés au fil de la série, et la scène d’exorcisme venant le conclure est véritablement impressionnante. Formellement, l’image léchée a même de quoi rivaliser avec les meilleurs films d’épouvante de ces dernières années. Il semble alors surtout évident que l’argument fantastique des possessions démoniaques devait servir de représentation des violences domestiques, qu’elles soient infligées à des enfants ou à des adultes.
Malheureusement, il s’avérera dès les épisodes suivants, que le véritable héros de l’histoire n’est pas Kyle, mais le révérend Anderson. Dès lors, le discours se retrouve empêtré dans un prêchi-prêcha de mauvais gout, essayant de nous convaincre que tous les maux que va connaitre le village ne pourront trouver de solution que dans la religion. Le message s’avère d’autant plus réactionnaire dans le fait que les deux seuls personnages naturellement mauvais -dans le sens où ils n’ont pas besoin pour cela d’être infestés par des esprits démoniaques- sont des personnages extérieurs à la communauté. D’une part, Sydney évidemment, celui-ci étant assimilé à pas moins que le diable, et d’autre part, Donnie (qui avait grandi au village mais en tant que pièce rapportée puisqu’il avait été adopté, il semble que ce soit important de le préciser ici), qui va plonger le couple formé par Megan et Mark –les deux seuls personnages ouvertement athées de la série – dans la tourmente. Une sous-intrigue qui ne sera d’ailleurs pas menée jusqu’à sa résolution, laissant penser que leur sort est scellé et qu’ils ne méritent pas d’être sauvés. Le scénario ira toujours se concentrer sur Kyle qui, lui-aussi, émet des doutes sur le fait que tout puisse être résolu par la foi, mais reviendra toujours, par la force des choses, sous le giron du révérend, qui incarne ce pouvoir salutaire et son unique espoir de rédemption.
Au-delà de sa thématique bigote omniprésente, la série est surtout une déception dans le sens où les principales promesses de son pilote n’allaient pas être tenues. D’abord, les scènes d’exorcisme vont se faire rares et perdre en qualité, se basant moins sur le réalisme et l’ambiance glauque que sur des effets spéciaux loin d’être toujours réussis. Ensuite, le scénario ne va pas réussir à tirer pleinement parti des troubles intérieurs de Kyle, dont on ne profite des flash-backs (les scènes les plus horrifiques de cette première saison) que dans les premiers épisodes. Après ça, il deviendra un personnage aussi superficiel que les autres. Ce défaut est d’ailleurs caractéristique du travail de Kirkman en tant scénariste, déjà sensible dans ses précédentes séries. On pourra toujours espérer que, comme dans The Walking Dead, l’intérêt pour les personnages ne viendra que de leur évolution sur le long-terme, mais les interprétations irrégulières de Patrick Fugit et Philip Glenister ne parviennent pas à rendre leurs rôles suffisamment attachants pour nous donner envie de les retrouver.
Alors que certains épisodes manquent cruellement de contenu, créant un rythme très monotone et délaissant au passage certaines pistes de scénario et beaucoup de personnages secondaires qui auraient gagné à être développées, le scénario d’Outcast a pour seule finalité de nous asséner sa tartuferie puritaine et conservatrice. La suite de la série ne pourra rattraper ces torts qu’en assumant pleinement ses enjeux bibliques, mais au vu du peu d’ambition de ces 10 premiers épisodes autant reconnaître que c’est très mal parti.
Outcast : Bande-annonce
Outcast : Fiche technique
Créateur : Robert Kirkman
Réalisation : Adam Wingard, Howard Deutch, Julius Ramsay…
Scénario : Chris Black, Jeff Vlaming, Robert Kirkman…
Interprétation : Patrick Fugit (Kyle Barnes), Philip Glenister (Reverend Anderson), Wrenn Schmidt (Megan Holter), Brent Spiner (Sidney), Reg E. Cathey (Chef Giles)…
Production : Robert Kirkman, Chris Black, David Alpert, Sue Naegle
Sociétés de production : Fox International Productions
Genre : Fantastique
Format : 10 épisodes de 50 minutes
Chaine d’origine : Cinemax
Diffusion française : OCS
Vous reprendrez bien un peu glace et de Chris Hemsworth, non ?
Après avoir mis la déculottée du siècle à l’odieuse Ravenna (Charlize Theron), la belle Kristen Stewart s’en est allé, avec le sentiment du devoir accompli. Mais tapie dans l’ombre se cache une nouvelle menace pour le Chasseur (Chris Hemsworth) : Freya alias la jeune reine des glaces (Emily Blunt) va en effet ressusciter sa défunte sœur et chercher à se venger. Face à une menace aussi intraitable que maléfique, le chasseur aura bien besoin de l’aide de Sara (Jessica Chastain), une redoutable guerrière pour ramener la paix dans le royaume enchanté.
La petite fraicheur de ce mois d’Août.
On aura beau maudire en silence cette politique de l’autruche entrepris par Hollywood vis-à-vis des plus grands contes de notre enfance, il n’empêche que chaque film estampillé comme tel a du succès. Un constat d’autant plus vrai à la vue de ce nouvel opus du spin-off de Blanche Neige, tant le film de Cédric Nicolas Troyen (cocorico un français), en plus d’avoir fait le plein en salle, accuse le coup d’une certaine maitrise. Que ça soit son casting, rempli de têtes d’affiches (Chris Hemsworth, Jessica Chastain, Emily Blunt, Charlize Theron), sa direction artistique mêlant héroic-fantasy et dimension médiévaleà son humour non dissimulé rappelant le modèle Marvel, le film est ainsi une indéniable réussite. On appréciera de fait beaucoup les efforts investis par le réalisateur français pour donner corps à cette histoire surprenante puisque totalement inventée. Cela dit, malgré son caractère fictif, le film n’en oublie pas d’être dynamique et ironiquement frais (le jeu de mot n’était pas volontaire). De quoi le rendre fatalement très séduisant et assez excitant.
Une petite déception du coté des bonus.
Au vu de ce joli succès d’estime, on était donc impatient de voir le processus créatif accompagnant l’oeuvre mais surtout le recul du casting. Patatras, on ne pourra pas vraiment dire que le film s’avère généreux envers son public car en plus des habituels commentaires audios, on ne sera gratifié que d’un maigre bêtisier et d’un making-off assez court. Pas de quoi donc briser la glace.
Recap DVD/Blu-Ray
Caractéristiques techniques du DVD :
Image: 16:9 2.40:1 Letterbox
Audio: Anglais, Français et Italien Dolby Digital 5.1
Bonus du Blu-rayTM :
Commentaire sur le film et les scènes coupées avec le réalisateur Cédric Nicolas- Troyan / Bêtisier / Vue d’hiver : Le making-of du Chasseur et la Reine des glaces (Deux reines et deux guerriers, A la rencontre des nains, De la magie partout, Vêtu pour tuer, L’amour triomphe de tout)
Caractéristiques techniques du Blu-rayTM 3D:
Image : 16:9 2.40:1 Letterbox
Audio: Anglais DTS:X Master Audio, Français et Espagnol DTS-HD High Resolution Audio 7.1, Hindi DTS Digital Surround 5.1
Stefan Zweig, adieu l’Europe est un film biographique qui revient sur les heures sombres de l’existence de l’homme de lettres autrichien.
Synopsis : Alors que la Seconde Guerre Mondiale fait rage en Europe, le célèbre écrivain juif Stefan Zweig est forcé à l’exil. Afin d’échapper à la barbarie nazie, il quitte son Autriche natale et trouve refuge au Brésil, où il s’installe avec sa femme Lotte. Mais cette terre d’accueil ne parvient pas à faire oublier le vieux continent au dramaturge, qui, en proie au mal du pays, préfère mettre fin à ses jours.
Un biopic ennuyeux à la mise en scène austère et statique dont il est difficile de cerner la finalité
L’auteur, persécuté par le régime nazi à cause de sa judaïté, a dû fuir son pays natal comme bon nombre de ses compatriotes, pour s’exiler. Cette tragédie historique et humaine, qui a profondément ébranlé la sphère intellectuelle de l’époque, est au cœur du récit, dont l’intrigue s’étale de 1936 à 1942. Divisé en plusieurs tableaux, le long métrage nous montre différents chapitres de la vie du nouvelliste, tiraillé entre son sentiment d’appartenance à une Europe qu’il ne reconnaît plus, et son envie de liberté dont il ne peut pleinement jouir qu’à l’étranger. Mais à force de longs discours, de plans-séquences qui s’étirent et de passages vains à l’utilité discutable, on s’ennuie la plupart du temps.
Un Zweig sinistre érigé au rang de monument empaillé
La première séquence, plan fixe certes joli mais interminable, nous montre un Zweig plébiscité et honoré par toute l’intelligencia brésilienne réunie dans un luxueux établissement de Rio où se presse tout le gratin. Discours élogieux, courbettes et civilités polies sont au rendez-vous de ce prologue qui donne le ton : le film, ultra documenté, peut assurément se targuer d’être fidèle à la réalité en opérant une reconstitution historique minutieuse, mais ne nous épargne pas une certaine torpeur. D’emblée, le cadre est immobile, les décors sont guindés, et les protagonistes sont enfermés dans des carcans étouffants dont il n’émane aucune vie. A noter que Joseph Hader, l’acteur qui prête ses traits à l’illustre Zweig, donne l’impression d’être figé voire engoncé dans le costume d’un personnage mythifié qui semble tout droit sorti d’un musée : c’est fixe et monotone, rien ne bouge.
La suite ne fait que confirmer ce sentiment. Zweig, invité à une conférence littéraire de la plus haute importance à Buenos Aires, retrouve ses compatriotes et se mêle à l’élite des grands penseurs du moment. Evidemment, le débat sur les dérives du régime hitlérien et les spéculations sur l’évolution de la situation géopolitique en Europe vont bon train, entre les idéologues engagés qui souhaitent faire entendre leur voix, et les écrivains plus frileux et réservés, comme Zweig, qui refusent de s’exprimer publiquement. Là encore, le cadre est beau mais poussiéreux, les couleurs sont ternes, et on se retrouve plongé dans un univers à l’académisme barbant, voire soporifique.
Scènes de la vie quotidienne
Alors que le début du film laisse entrevoir la promesse d’un propos engagé, la déception est au rendez-vous puisque, très vite, le contexte politique et les convictions de Zweig s’effacent derrière une enfilade de séquences plates et banales qui nous montrent le romancier dans son plus pur quotidien. Il visite un champ de cannes à sucre en prenant des notes, fait un tour en voiture, s’inquiète de ne pas avoir de vêtements d’hiver en prévision de son voyage à New-York, se rend chez le maire d’un village reculé qui a organisé une réception en son honneur, paye une petite visite à son ex-femme aux Etats-Unis et en profite pour parler famille autour d’un thé, retrouve un vieil ami dans les rues de Pétropolis, reçoit un chien pour son anniversaire… Tant de moments ordinaires qui n’apportent rien de décisif à l’avancée de l’intrigue et qui ne contribuent guère à la résolution des problématiques qui tiraillent l’essayiste.
Là où on aurait pu s’attendre à découvrir l’homme derrière son œuvre, on assiste en fait à une succession de discussions vides et creuses qui ne nous éclairent en aucun cas sur la personnalité de Zweig. A la place, on doit faire l’effort de s’y retrouver au beau milieu de conversations truffées de name dropping : Zweig parle de ses cousins, de ses amis d’enfance, de compatriotes en exil, de collègues… Tant de gens que l’on ne connaît pas nécessairement et dont l’évocation présente un intérêt très restreint.
Enter the void
Au final, Stefan Zweig, adieu l’Europe passe à côté de son sujet. Plutôt que de figurer la difficulté de l’exil, le sentiment d’étrangeté et le déchirement idéologique auxquels était en proie un Zweig usé et dénué de tout espoir, Maria Schrader transpose un vide. Vide de sens, vide d’enjeux, vide de rythme, son film s’apparente à un documentaire rasoir, à une reconstitution historique qui sent bon le manuel scolaire. Didactique quoique peu enrichissant d’un point de vue culturel, son long-métrage ne nous fait pas non plus entrer dans l’intimité de l’auteur comme on l’aurait voulu. Le parti pris est flou, et le héros nous apparaît assez antipathique voire lâche par son absence de positionnement et son refus systématique de prendre la parole, de s’exprimer, d’agir face au conflit qui ravage son Europe. Ses tourments intérieurs ne se ressentent pas, son désarroi ne nous touche pas : on est désinvesti. Paradoxalement, avec une matière de départ aussi riche et dense, la réalisatrice nous donne à voir un récit presque superficiel.
Pour conclure, il paraît clair que les intentions de Maria Schrader étaient nobles et on ne peut que saluer l’impressionnant travail de recherche qui a été effectué sur ce long-métrage. La réalisatrice ne prend aucune liberté, reconstitue très fidèlement une époque, et va jusqu’à recréer sous nos yeux des instants de vie fugaces que Zweig lui-même n’aurait sans doute pas contestés. Les paysages sont beaux, certains plans sont harmonieux, et le fond s’avère tout de même instructif. Mais rien ne décolle dans ce long métrage austère et statique aux accents moroses : on ne comprend pas où le film veut en venir et on décroche, lassé. Les promesses de départ ne sont pas tenues.
Stefan Zweig, adieu l’Europe : Bande-annonce
Stefan Zweig, adieu l’Europe : Fiche Technique
Titre original : Vor der Morgenröte (Avant l’aurore)
Réalisation : Maria Schrader
Scénario : Maria Schrader et Jam Schomburg
Interprétation : Joseph Hader (Stefan Zweig), Barbara Sukowa (Friderike Zweig), Aenne Schwarz (Lotte Zweig), Matthias Brandt (Ernst Feder), Charly Hübner (Emil Ludwig), André Szymanski (Joseph Brainin), Lenn Kudrjawizki (Samuel Malamud), Vincent Nemeth (Louis Piérard)
Direction artistique : Susanne Abel
Photographie : Wolfgang Thaler
Décors : Silke Fischer
Costumes : Jürgen Doering
Montage : Hansjörg Thaler
Musique : Tobias Wagner, Cornelius Renz
Production : Stefan Arndt, Danny Krausz, Denis Poncet, Uwe Schott, Pierre-Olivier Bardet, Kurt Stocker
Producteurs délégués : Maria Schrader, Ulli Neumann, Claire Lion et Manfred Fritsch
Sociétés de production : X Filme Creative Pool, Idéale Audience, Maha Productions et Dor Film Produktionsgesellschaft GmbH
Sociétés de distribution : ARP Sélection
Langues originales : Allemand, portugais, français
Genre : Biopic, drame, historique
Durée : 106 minutes
Date de sortie : 10 août 2016
Vous reprendrez bien un peu de Magnum et de Blue Steel, non ?
15 ans qu’on n’avait pas revu la frimousse de Derek Zoolander (Ben Stiller), le plus célèbre modèle masculin du métier. Autant dire une éternité pour son ex-ennemi/comparse Hansel (Owen Wilson) qui décide de couper court à la retraite du mannequin pour l’emporter dans un complot aux ramifications mondiales. Toutes les stars de la pop sont en effet retrouvées mortes avec la même moue au visage : celle de l’un des plus gros succès de Derek. Il n’en fallait pas plus pour voir l’inénarrable duo s’acoquiner avec Valentina (Pénélope Cruz), agent de la Fashion Police d’Interpol pour tenter de sauver le monde (et la mode) d’une insaisissable menace.
Une comédie tordante.
Zoolander. Un monument pour quiconque a vécu les années 2000 et l’émoi suscité pas les frasques de Ben Stiller et Owen Wilson, grimés en simili drag-queen face à l’inoubliable Will Ferrell. Culte pour une très rare frange de fans, le film n’en a pas oublié d’être constamment remis au gout du jour par l’entremise de son inénarrable duo. A force de persévérance, la belle équipe se reforme pour le meilleur (et pour le pire). Si l’on louera en effet ce retour déguisé en come-back/revival, c’est surtout parce que, à la grande différence du premier, Zoolander 2 assume parfaitement son degré de connerie. Et à un stade rare, soit dit en passant. Encore plus crétin, plus déjanté et multipliant les caméos (Marc Jacobs, Benedict Cumberbatch, Sting, Justin Bieber), le film nous rappelle non sans nostalgie ce moment ou l’industrie hollywoodienne était encore capable de nous donner des œuvres singulières et, qu’on se le dise, osées. Evidemment, c’est à double tranchant, mais si la perspective de voir Will Ferrel grimé en intraitable couturier balançant avec mépris un café brulant sur l’un de ses assistants vous séduit, nul doute que cette histoire foutraque mêlant rire, haute couture et premier degré assurera le spectacle.
Des bonus taillés sur mesure.
Forcément, vu le délai de 15 ans entre l’épisode 1 et 2, on était -autant pour voir les effets du temps sur le duo que leur motivation de retour sur le red carpet- impatient de découvrir les bonus proposés. Si l’on pourra déplorer de ne pas disposer de commentaires et d’interview de l’équipe à proprement parler, on ne boudera toutefois pas son plaisir devant les modules présents. On retrouvera ainsi un reportage consacré à Drake Sather, scénariste du premier film, aujourd’hui disparu et qui a façonné le personnage déjanté il y a de ça 15 ans. On notera aussi un petit module consacré à la ville de Rome qui accueille une large partie de l’intrigue du film ; et aussi un qui oeuvre à remettre au gout du jour l’héritage du personnage de Derek Zoolander sur l’inconscient collectif. Autant dire un sacré programme.
Recap DVD/Blu-Ray :
Caractéristiques techniques du DVD :
Bonus DVD: L’héritage de Zoolander / Tous les chemins mènent à Rome
Image : 16/9 letterbox – 4/3
Audio : anglais, français Digital Surround 5.1
Sous-titres : anglais (sourds et malentendants), français, néerlandais
Caractéristiques techniques du Blu-rayTM :
Image : 16/9 letterbox 2.39 :1
Audio : Anglais DTS:X et piste audio descriptive
Allemand, espagnol, français, italien, japonais Dolby Digital 5.1 surround
Sous-titres : danois, allemand, anglais, espagnol, français, italien, japonais, néerlandais, norvégien
Bonus du Blu-rayTM: L’héritage de Zoolander / Tous les chemins mènent à Rome / Drake Sather : l’homme qui a créé Zoolander / Lait de jouvence
10 Cloverfield Lane, le huis-clos SF de Dan Trachtenberg, produit par J.J Abrams (Star Wars : Le Réveil de la Force) débarque enfin en Blu-Ray/DVD. Gare à la bête !
Michelle (Mary-Elizabeth Winstead) est une styliste à la vie compliquée. Un soir, alors qu’elle roule sans but dans la campagne américaine, elle est victime d’un grave accident. A son réveil, menottée dans ce qui ressemble à un sous-sol, elle fait la connaissance de Howard (John Goodman) et Emmett (John Gallagher Jr), 2 hommes lui annonçant qu’une grave attaque chimique a eu lieu en surface et qu’ils sont peut-être les derniers survivants. Mais très vite, les non-dits et soupçons s’accumulent et la jeune femme se met à douter. Et si cette prétendue attaque chimique était fausse ?
Un prodige de communication.
Suite ? Prequel ? Reboot ? Ou véritable anthologie ? Bien avisé sera celui capable de dire ce qu’est vraiment ce 10 Cloverfield Lane par rapport au filmde Matt Reeves, sorti en 2006. D’aucuns prétexteront ainsi qu’il s’agit là d’une suite, quand d’autres verront dans ce film mâtiné de profond relent de huis-clos, les premiers émois, comprenez le prequelde la bête ayant dévasté Manhattan dans le film initial. On optera après visionnage pour une approche radicalement éloignée de celles susmentionnées puisque si le film tend vers une certaine forme, c’est bien à celle de l’hommage. Et pas à n’importe qui puisque le spectre d’Alfred Hitchcock rode au-dessus du film de Dan Trachtenberg. Jeune premier issu de la team Bad Robot, le metteur en scène (dont c’est le premier film) étonne par sa relative maitrise de l’espace. Car, il faut bien le dire : s’il conserve la tension attenante de son ainé, le réalisateur omet d’en garder la patine SF (tout du moins jusque dans les dernières minutes) pour préférer le mécanisme bien huilé du huis-clos. Conçu dans la plus pure tradition du genre, la peur del’inconnu et des occupants faisant le reste, le film peut alors dérouler ses références et surtout glacer d’effroi de par son sujet mystérieux en diable et son parterre d’acteurs. D’abord l’étonnante Mary Elizabeth Winstead, le comique John Gallagher Jr, mais surtout l’inquiétant John Goodman, qui, particulièrement en forme ces dernières années, continue de creuser son répertoire pour donner un rôle terrifiant de justesse et de tension. Et tant pis si le titre, un peu mensonger en somme, renvoie à une dimension purement commerciale des studios, car en emballant avec passion et maîtrise le film, le jeune Dan Trachtenberg s’est offert une place très recommandable au sein de la profession : celle de réalisateur à suivre.
Une édition soignée qui dissipe les nombreux mystères.
Forcément, vu l’émoi suscité par le film, on était désireux de s’en dégoter une copie. Ne serait-ce que pour l’incroyable coup marketing orchestré autour de sa sortie (rappelons qu’il a été conçu dans le plus grand secret) que pour sa promotion à contre-courant des normes hollywoodiennes (la première bande-annonce est parue à 2 mois de sa diffusion US), on tenait là un cas d’école qu’il nous tardait de mieux comprendre. Et d’analyser. Heureusement, bien que chapeautée par l’apôtre de la dissimulation qu’est J.J Abrams, le film se paie une batterie de bonus suffisamment étoffés pour mériter coup d’œil. Ainsi, on sera agréablement surpris de voir qu’en plus des traditionnels commentaires audio se sont glissés quelques modules racontant les différentes facettes du film : « Cloverfield » qui relate le lien existant entre le métrage et celui de Matt Reeves ; « Mentalité de Survivant/Aux Abris » qui expliquent le processus mis en oeuvre pour donner du crédit au parti-pris de délocaliser l’intrigue dans un bunker en sous-sol ; et « Fin de l’Histoire » qui explique le lien ténu entre le film de Matt Reeves et la fin du film en question. Bref, pas mal de pistes pour décrypter au mieux ce film qui devrait sans nul doute hériter d’une suite.
10 Cloverfield Lane : Recap DVD/Blu-Ray
Caractéristiques techniques du DVD :
Image : 16/9 1.78 :1 Full Frame
Audio : anglais, français et espagnol Dolby digital AC3 5.1 Surround
Sous-titres : anglais, néerlandais, espagnol, français
Bonus : Commentaires du réalisateur Dan Trachtenberg et du producteur
J.J.Abrams / Documentaires (Cloverfield, Mentalité de survivaliste, Fin de l’histoire)
Avis aux amateurs : le film qui a valu l’Oscar de la Meilleure Actrice à la future Captain Marvel, Brie Larson, est de sortie. Préparez les mouchoirs !
Ma’ (Brie Larson) est une mère qui élève seule son fils Jack. Le bain, les repas, les loisirs, tout est normal pour elle. Sauf peut-être l’endroit ou elle vit. Car la room du titre n’est autre qu’une pièce ou elle vit en captivité et qui au yeux de Jack, né à l’intérieur, représente le monde. Lucide mais surtout amoureuse, la mère va alors se battre pour faire connaitre le monde (le vrai) à son fils. Un combat auquel ce dernier n’est peut-être pas préparé.
Une ode à l’espoir.
Les mots viennent à manquer dès lors qu’il est question d’aborder le cas de Room. Véritable ascenseur émotionnel (on passe de la joie à la tristesse, de l’espoir au désespoir, ou encore de la chaleur à la froideur), le film de Lenny Abrahamson émeut autant qu’il donne à sourire. Il faut dire qu’en plus de pouvoir compter sur un réalisateur parfaitement à l’aise pour distiller des émotions et des états à travers sa caméra (jamais l’enfermement n’aura si bien été retranscrit), le long-métrage ne tombe jamais dans le pathos et sait, fait rare, conserver un petit espoir. Il suffit de voir le soleil se poser sur une fenêtre, le regard émerveillé de Jack fêtant son 5ème anniversaire ou le sourire à peine voilé de Ma pour comprendre que la vraie force du film réside ainsi dans ce sentiment. L’espoir de vivre. L’espoir de survivre. Et autant dire qu’en confiant aux méconnus Brie Larson et Jacob Tremblay les rôles de ces deux âmes en perditions, le réalisateur a réalisé le home-fun du siècle. Larson, tout en simplicité, saisit par la justesse de son jeu et la peur lancinante qui habite son personnage, quand Tremblay, lui, fascine par sa palette de jeu que ne renierait pas ses homologues plus âgés.
Une palette de bonus exiguës
Évidemment, quand on sait la proximité qu’entretient l’histoire avec d’obscurs faits divers similaires survenus en Autriche, on voulait en savoir plus. Quelles ont été ainsi les inspirations du projet ? Qu’est-ce qui a motivé le casting à prendre part à l’aventure ? Manque de pot, on ne pourra compter, en plus des habituels commentaires audios, à quelques modules consacrés essentiellement à la pièce du titre. 3 mètres sur 3 recréera ainsi l’enfermement en expliquant les conditions de tournage dans la pièce qu’on imagine déjà bien exiguë, quand le making-off nous plongera dans les coulisses du film et de son tournage. Bref, rien de bien neuf au soleil mais on aurait apprécié cela dit voir les inspirations du réalisateur qui a accouché d’une oeuvre pour le moins périlleuse.
Room : Recap DVD/Blu-Ray
Caractéristiques techniques du DVD :
Bonus DVD: Making of de Room / Recréer Room
Caractéristiques techniques du Blu-rayTM :
Bonus du Blu-rayTM:
Making of de Room / 3 mètres sur 3 / Recréer Room / Commentaire audio
Image : 16/9 2.40 :1 Letterbox
Audio : anglais, français, espagnol, allemand, italien Dolby Digital 5.1
Le concept de Gotham avait tout de quoi intriguer. Une sorte de préquelle à Batman, l’histoire située avant l’apparition du justicier masqué, un Bruce Wayne enfant, un Gordon encore jeune et idéaliste, et les super-vilains à leurs commencements, certains même avant le début de leur parcours criminel.
Synopsis : Le jeune Bruce Wayne voit ses parents mourir devant ses yeux. Traumatisé, il s’est lancé dans une quête insatiable pour retrouver les meurtriers, oubliant son jeune âge et au mépris souvent du danger. James Gordon, nouvelle recrue idéaliste et intègre, a juré de l’aider, et découvre que la corruption dans Gotham remonte au plus haut niveau. Pendant ce temps, un malfrat manipulateur surnommé Pingouin prépare ses coups, la jeune délinquante Cat se rapproche de Bruce, la petite Ivy se remet de la mort de son père, Ed Nygma se plait à travailler sur les crimes sordides toujours une devinette en tête…
Une série à la fois source de promesses et d’inquiétudes
Un Batman sans Batman. Il y avait certes matière à développer, mais était-ce pour autant suffisant à en faire une série ? Sachant que le héros principal de cet univers n’est qu’un enfant, aux intrigues forcément limités, et qui allait être relégué au statut de personnage secondaire; et qu’à part montrer la genèse des personnages emblématiques, il n’y avait pas réellement possibilité de montrer l’évolution d’un moment antérieur jusqu’à la situation initiale de l’histoire telle qu’on l’a connue comme le peuvent certains préquelles d’univers riches (Star wars, Le Seigneur des Anneaux). La série allait donc devoir déployer d’autres histoires et développer son propre univers.
Le créateur s’avère être en plus Bruno Heller, créateur d’une série excellente comme Rome ou plus populaire comme The Mentalist, deux séries de genre et de valeurs bien différentes. Quelle allait donc être la qualité de Gotham, allait-elle réussir son pari de raconter des histoires captivantes, ou n’aurait-elle d’intéressante que le concept?
Premier constat, l’univers visuel est plutôt réussi. Une ville sale, polluée et sombre, où la fumée des usines et des aérations enferment la ville dans un brouillard quasi permanent. Une espèce de New York des années 70-80, telle qu’on a pu la connaître dans Taxi Driver, avec la technologie moderne. Le banditisme, la violence, la corruption font partie inhérente de l’identité de cette cité décadente, où les crimes les plus fous sont commis et où les criminels les plus instables et machiavéliques œuvrent impunément. Une folie qui semble chaque jour plus forte, repoussant les limites de l’inimaginable, comme si la ville avait atteint un point de non-retour qui allait l’enfoncer toujours plus profondément dans les ténèbres de l’âme humaine.
Certains personnages parviennent à produire une forte impression, par leur caractère marqué et le jeu des acteurs. Ainsi Fish Money, femme fatale et redoutable ; Harvey Bullock (interprété par Donal Logue, également le roi Horik dans Vikings) le partenaire cynique et désabusé de Jim ; Alfred, qui joue plus le rôle de mentor et de garde de corps (et il sait bien se battre le bougre) que de majordome, un rôle intéressant et assez osé ; mais c’est surtout le Pingouin (le diabolique Oswald Cobblepot) qui attire toute l’attention. Cet homme aux manières étranges, un larbin dévoué et inoffensif en apparence tant il se dissimule par de bonnes manières, mais qui cache en réalité un tueur de sang-froid aussi impitoyable que rusé, capable soudainement d’enlever le masque affable pour révéler celui d’une bête tueuse et impitoyable, et remettre ensuite l’ancien masque avec un naturel effrayant. L’étendue de toute sa manipulation ne sera d’ailleurs appréhendée que plus tard dans la saison, le rendant plus retors que jamais, créant des conflits entre les gangs pour que les plus grands s’entretuent entre eux, et attendant le moment propice pour jouer le coup final.
Naturellement, la série allait créer sa propre mythologie. Certains ont crié au scandale à propos du passé de tel ou tel personnage qui ne respectait pas l’univers, mais il serait bon de rappeler que la mythologie de Batman a, dans les comics, changé plusieurs fois, et c’est encore plus vrai pour les films.
Beaucoup de personnages sont ainsi présentés dès le début, certains ayant plus ou moins d’importance. Il y a eu plusieurs critiques sur la façon dont ces personnages étaient introduits, d’aucun reprochant leur apparition peu subtile. Si peu subtil que plusieurs ont cru que le comique timide aperçu au premier épisode était le Joker… A ce titre les scénaristes ont par la suite plusieurs fois joué avec ce que le spectateur croyait savoir sur l’identité de tel ou tel personnage.
Réussite en demi-teinte
Réussite alors ? A l’issue de la première saison, la réponse est mitigée.Gotham subit les inconvénients du format long, à savoir une vingtaine d’épisodes, là où 13 auraient été sûrement préférables. La série étire les intrigues et les meuble à coups d’histoires épisodiques et de sous-intrigues d’intérêts inégaux. Elle évite le méchant de la semaine, mais y a recours à plusieurs reprises, lorgnant un peu trop vers une série policière classique, même si certains éléments rappellent que c’est loin d’être le cas (l’homme bouc ou le tueur aux ballons, on voit mal le NCIS être sur ce genre d’affaires…). C’est dommage car l’histoire globale est intéressante. Les complots de Fish pour voler le pouvoir à Falcone, les manipulations du Pingouin, l’opposition entre Gordon et son partenaire assurent un suivi qui incite à regarder l’épisode suivant. Malgré certains épisodes qui amènent leur lot de révélations et de bouleversements, la série retombe par la suite dans ses travers et retrouve un schéma classique, comme la mortelle cheffe de gang qui continue de sévir et de montrer encore et encore à quel point elle est dangereuse, aboutissant à une intrigue conçue juste pour elle et séparée des autres, procédure que l’on retrouvera également dans la saison 2 avec le Pingouin.
Les personnages restent fidèles à eux-mêmes sans réelle évolution, et les manœuvres de Fish et du Pingouin, comme les sarcasmes de Bullock face à un Gordon éternellement droit, finissent par lasser. Pour d’autres personnages les scénaristes semblent ne pas trop savoir quoi faire d’eux, le pire revenant à la compagne de Gordon après leur séparation, adoptant une attitude difficilement compréhensible, même s’il faut bien avouer qu’elle connaît par la suite une évolution très particulière et intéressante. L’intrigue globale semble difficile à cerner, tant elle semble constituée de sous-histoires maladroitement mises bout à bout, bien que certains éléments semblent prouver que les scénaristes savent un peu où ils vont (la corruption de Wayne Entreprise, qui revient en fin de saison et sera un élément central par la suite).
Il était à espérer pour l’avenir de la série que ces derniers décident de gommer ces travers et de proposer des histoires plus captivantes et mieux construites. La fin de la saison semblait assez prometteuse dans ce sens, avec un inspecteur devenant une icône d’intégrité pour la police, un jeune Bruce Wayne se rapprochant dangereusement des malversations de l’entreprise de son père, certains futurs vilains qui passent à l’acte et les longs conflits de pouvoir résolus en un bain de sang plutôt osé.
Une deuxième saison qui remonte le niveau
Les créateurs semblent avoir entendu les critiques, puisque la saison 2 constitue une agréable surprise. La continuité y est définitivement plus marquée. Chaque épisode fait avancer l’intrigue, aucun stand-alone, et ce sans –ou très peu– d’histoires secondaires, réussissant l’exercice, pourtant pas évident sur autant d’épisodes, de maintenir le rythme et l’intérêt constant. L’équipe de criminels regroupés au début ? Elle ne dure guère. Les machinations de Galavan ? Rapidement découvertes. Mister Freeze ? Arrêté rapidement avant qu’il ait un autre rôle plusieurs épisodes plus tard.
Plus du tout d’ennui donc, au prix toutefois de certaines incohérences dans les décisions des personnages, la logique des événements ou l’étrange organisation de la ville, comme par exemple les criminels qui parviennent à plusieurs reprises à triompher d’une police décidément bien impuissante. Mais c’est Gotham, une ville particulière hors du temps comme si elle possédait des lois qui lui sont propres. Des moines fanatiques qui attaquent à l’arme blanche, un ancien mort habillé en chevalier animé d’une force surhumaine qui se fait exploser à coup de lance-roquette finissent par devenir la routine… C’est aussi l’occasion de satisfaire un bon plaisir coupable, entre fusillades et combats au corps à corps.
Malgré tout certains choix laissent dubitatif : introduire une nouvelle équipe d’élite qui se font tuer un par un, ou la belle-famille du Pingouin dont on cherche toujours l’intérêt.
Du côté des personnages principaux, James Gordon montre une face plus sombre, inquiétante même, allant jusqu’à franchir la ligne rouge. Bruce Wayne, malgré son jeune âge, prend une part plus active, sur le point lui aussi de céder à la vengeance au détriment de la loi. Ses enquêtes, ses aventures avec Selina Kyle, ses confrontations avec la mort et des meurtriers l’ont rendu plus mature et moins naïf. Au point que Alfred, comprenant qu’il ne peut rien faire pour l’arrêter, accepte bon gré mal gré de l’assister et de lui apprendre les compétences pour survivre.
Les méchants ne sont pas en reste, le Pingouin verra sa place de « king of Gotham » compromise alors que de nouveaux joueurs arrivent en ville, et le futur Enigma assume enfin sa part maléfique.
Comme de nombreuses autres séries le font déjà, cette saison est divisée entre deux intrigues distinctes (avant et après la pause hivernale).
La première voit une sombre machination opérer dans la ville du crime, semant d’avantage le chaos.
Tandis que la seconde voit les horribles expériences d’un psychiatre machiavélique faire entrer Gotham dans une nouvelle ère de folie. Cette partie introduit entre autres le célèbre Mr Freeze, et les connaisseurs de l’homme chauve-souris sauront reconnaître également la naissance du chapelier fou. Des malversations qui n’épargneront personne, les personnages, héros ou vilains, se croisant et s’associant temporairement.
La série s’éloigne donc de l’aspect réaliste de la trilogie Dark Knight, pour permettre d’introduire des ennemis plus fantaisistes, et surtout de traiter d’affaires relevant plus de la science-fiction comme la réanimation des morts, et ce n’est pas pour déplaire.
La saison 2 a débarrassé la série des défauts de sa première saison pour réellement montrer tout le potentiel du concept, et lancer Gotham comme une série à part entière digne d’intérêt. Pour autant la question de son avenir à long terme se pose toujours, et il n’est pas garanti que la série parvienne au même résultat dans les saisons à venir. Il y a toutefois des éléments rassurants, l’univers compte un grand nombre de méchants à introduire et diverses intrigues peuvent être adaptées. Les créateurs ont-ils un plan ? Ont-ils décidés quand s’arrêter avant de laisser la place à l’icône masqué ? Quel sera l’état de la ville quand il va débarquer ? Nous verrons.
Gotham : Bande-annonce de la saison 1
Gotham, saisons 1 & 2 : Fiche technique
Créateur : Bruno Heller
Réalisateurs : Eagle Egilsson, Rob Bailey, Danny Cannon…
Scénaristes : Bruno Heller, Danny Cannon, John Stephens, Ken Woodruff, Jordan Harper, Robert Hull…
Interprétation : Ben McKenzie, Donal Logue, David Mazouz, Sean Pertwee, Robin Lord Taylor, Camren Bicondova, Cory Michael Smith, Morena Baccarin…
Musique : Graeme Revell, David E. Russo
Producteurs : Bruno Heller, Danny Cannon
Chaîne de diffusion : Fox
Genre : Science-fiction, Policier
Format : Deux fois 22 épisodes de 42 minutes
Le septième art à l’honneur dans la ville d’Angoulême pour clôturer l’été en beauté !
La ville d’Angoulême s’apprête à accueillir la 9ème édition du Festival du Film Francophone à la fin de l’été 2016, du Mardi 23 Août au Dimanche 28 Août. Cette manifestation culturelle, née en 2008, est le fruit du travail de deux passionnés et de deux acteurs majeurs du cinéma français : l’ancien agent Dominique Besnehard et la productrice Marie-France Brière.
Ce festival est une nouvelle vitrine culturelle et médiatique pour le cinéma français. La volonté des organisateurs est de valoriser et de mettre en valeur le cinéma francophone. Les personnalités du monde du septième art invitées chaque année et le public de festivaliers, de plus en plus nombreux, sont séduits par l’ambiance particulière qui règne au festival d’Angoulême, assez familiale et sans pression.
Le Festival du Film Francophone d’Angoulême a pu, par le passé, accompagner et compter énormément dans la carrière et le succès d’un film comme pour Intouchables (en ouverture du festival en 2011), Hippocrate ou Neuf mois ferme mais également avec le palmarès et les récompenses décernées : Much Loved en 2015, Les garçons et Guillaume, à table en 2013, La Guerre est déclarée en 2011.
Pour cette édition 2016, le jury du festival sera coprésidé par Gilles Jacob, l’ancien directeur du Festival de Cannes, et la comédienne Virginie Efira. Le reste du jury regroupe la réalisatrice Danielle Arbid, le romancier David Foenkinos, Nicolas Dumont (directeur du cinéma français à Canal +), le journaliste Thierry Chèze, les actrices Sara Martin et Sophie Desmarais et l’acteur Salim Kechiouche. A la fin du festival, ils devront remettre six Valois d’Or : celui du meilleur film, de la mise en scène, de la meilleure actrice, du meilleur acteur, du public et enfin le Valois de Magelis (le prix des étudiants des écoles de cinéma de Poitou-Charentes). L’actrice Anne Richard (Boulevard du Palais) est en charge du jury étudiant.
La compétition regroupe les films suivants pour l’édition 2016 :
–Mercenaire (France) de Sacha Wolff.
–Ma vie de courgette (Suisse) de Claude Barras.
–Cigarettes et chocolat chaud (France) de Sophie Reine avec Gustave Kervern et Camille Cotin.
–Les mauvaises herbes (Québec) de Louis Bélanger avec Alexis Martin et Gilles Renaud.
–Hedi (Tunisie, Belgique) de Mohamed Ben Attia avec Majd Mastoura et Rym Ben Messaoud.
–Voir du pays (France) de Delphine et Muriel Cousin.
–Wulu (Mali, Sénégal) de Daouda Coulibaly.
–Souvenir (Luxembourg) de Bavo Defurne avec Isabelle Huppert.
–Noces (Belgique) de Stephan Streker.
– 1:54 (Québec) de Yan England.
En plus de la compétition officielle, seize avant-premières sont programmées tout au long du festival, en présence des équipes des films.
L’Odysée sera présenté en ouverture du festival 2016. Ce biopic sur la vie du commandant Cousteau est réalisé par Jérôme Salle avec Lambert Wilson, Pierre Niney et Audrey Tautou.
Les festivaliers auront également la chance de découvrir parmi les avant-premières les films suivants :
–Juste la fin du monde de Xavier Dolan avec Marion Cotillard, Gaspard Ulliel, Léa Seydoux, Vincent Cassel et Nathalie Baye.
–La taularde d’Audrey Estrougo avec Sophie Marceau.
–Un petit boulot de Pascal Chaumeil avec Romain Duris et Michel Blanc.
–Ouvert la nuit d’Edouard Baer avec Audrey Tautou.
–Going to Brazil de Patrick Mille.
–Il a déjà tes yeux de Lucien Jean-Baptiste avec Aïssa Maïga et Vincent Elbaz.
–Le ciel attendra de Marie-Clotilde Mention-Schaar avec Sandrine Bonnaire, Noémie Merlant et Clotilde Courau.
–Le locataire de Nadège Loiseau avec Karin Viard, Philippe Rebbot et Hélène Vincent.
–Tamara d’Alexandre Castagnetti avec Sylvie Testud.
–La folle histoire de Max et Léon de Jonathan Barré.
–La mécanique de l’ombre de Thomas Kruithof avec François Cluzet, Denis Podalydès et Sami Bouajila.
–Toril de Laurent Teyssier.
–Cessez le feu de Emmanuel Courcol avec Romain Duris et Céline Sallette.
Le fils de Jean de Philippe Lioret sera projeté en clôture du festival.
Un hommage au Liban sera rendu cette année à travers neuf films dont Le Vendeur de bagues de Youssef Chahine et Tramontane de Vatche Boulghourjian.
Cinq long-métrages de la réalisatrice Catherine Corsini seront projetés à Angoulême pour cette édition 2016.
Un autre hommage sera rendu à la société de distribution Les films du Losange qui fête ses 30 ans cette année.
Depuis 2008, la municipalité d’Angoulême, Dominique Besnehard et Marie-France Brière mettent à l’honneur le septième art et le cinéma en langue française à la fin de l’été dans une ville qui était plus connue pour le 9ème art lors du célèbre festival de la bande dessinée.
Les péripéties infernales des travailleurs du parc Zombillénium bientôt adaptées sur grand écran dans un film d’animation
Cocorico ! Alors que la bande dessinée françaiseValerianva connaître une version live dans les salles obscures du monde entier grâce au blockbuster du réalisateur Luc Besson, un autre projet d’adaptation de bande dessinée française verra le jour en 2017 dans un film d’animation Made in France avecZombillénium.
Alexis Ducord va coréaliser ce projet avec Arthur de Pins, le créateur de l’univers de la bande dessinée Zombillénium (vendue à près de 200 000 exemplaires chez Dupuis). Les protagonistes principaux de cet univers graphique travaillent au cœur du parc d’attraction Zombillénium, qui n’emploie aucun mortel. Le parc est géré par un vampire, Francis Von Bloodt. Cette bande dessinée riche en humour noir est destinée à un public adolescent.
Arthur de Pins avait toujours rêvé de voir son univers adapté sur grand écran. Les personnages avaient fait une apparition remarquée dans un clip du groupe de rock Skip The Use pour le morceau Nameless World.
Le scénario du long-métrage d’animation se baserait sur le premier tome de la bande dessinée avec quelques changements et modifications pour des questions de rythme propre au format de film d’animation.
Les studios 2 Minutes d’Angoulême travaillent avec trois autres studios pour mener à bien ce projet ambitieux d’adaptation de la BD Zombillénium. Ils vont travailler notamment sur des marionnettes en 3D qui serviront par la suite aux animateurs.
La date de sortie de ce film d’animation est prévue pour Halloween 2017. Le budget du film est de 13,5 millions d’euros.
Musique Stranger Things, un univers aux sonorités électro-synthétique, darkwave…
Les Frères Duffer ont créé un monde avec des clins d’œil au cinéma de Spielberg, de John Carpenter ou encore Stéphane King, une série à la texture retro et moderne comme le soulignent les showrunners et réalisateurs dans une interview accordée à Télérama
« Nous aimons faire référence à John Carpenter, mais le travail de Cliff Martinez, notamment sur The Knick, la série de Steven Soderbergh, nous a aussi pas mal influencés, ainsi que celui de Trent Reznor sur les films de David Fincher. Leur musique, électronique, pleine de synthétiseurs, est parfaitement raccord avec notre ambition rétro, nostalgique et moderne à la fois. »
Si vous avez regardé la série Netflix Stranger Things, vous avez probablement remarqués ses partitions de synthés analogiques avec des accords hérissés pulsant un son à la fois inquiétant et familier. Écoutez le titre « She’ll Kill You, » pour ressentir cette ambiance musicale inspirée par les films d’horreurs des années 80.
Les deux membres du quatuor de synthé expérimental Austin Survive, Kyle Dixon et Michael Stein ont su habilement recréés une soundtrack éthérée, aux vibes intenses et troublantes très années 80 pour ce thriller surnaturel. Une série sur une musique qui « Thump » méthodiquement, bourrée de références, qui signe le grand retour de Winona Ryder.
Et si vous voulez traverser la porte du temps pour aller vers l’âge d’or de la musique de « synthewave », nous vous recommandons Lost Themes I & II de John Carpenter, Cold in July de Jeff Grâce,Starfire de Jaga Jazzist, Should I Stay or Should I Go des Clash ou encore Drive de l’ex batteur des Red Hot Chili Peppers, Cliff Martinez. Écoutez cette playlist mise en ligne par Netflix sur le site spotify.
Soundtrack série Stranger Things disponible sur Apple Music
Sranger Things, Vol. 1 est uniquement disponible sur iTunes, la deuxième partie sera diffusée le 19 août, dans les bacs à partir du 23 septembre.
Tracklist Stranger Things Vol 1
1) Stranger Things
2) Kids
3) Nancy and Barb
4) This Isn’t You
5) Lay-Z-Boy
6) Friendship
7) Eleven
8) A Kiss
9) Castle Beyers
10) Hawkins
11) The Upside Down
12) After Sarah
13) One Blink For Yes
14) Photos in the Woods
15) Fresh Blood
16) Lamps
17) Hallucinations
18) Hanging Lights
19) Biking to School
20) Are You Sure?
21) Agents
22) Papa
23) Cops Are Good at Finding
24) No Weapons
25) Walking Through the Nether
26) She’ll Kill You
27) Run Away
28) No Autopsy
29) Dispatch
30) Joyce and Lonnie Fighting
31) Lights Out
32) Hazmat Suits
33) Theoretically
34) You Can Talk to Me
35) What Else Is There to Do?
36) Hawkins Lab
En attendant le renouvellement de la série et vivre de nouvelles aventures surnaturelles…