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Unité sans frontières : la nouvelle série policière de la rentrée sur M6

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Unité sans frontières : le spin-off d’Esprits Criminels arrive sur M6

La sixième chaîne s’apprête à diffuser un nouveau programme pour sa grille de rentrée. Les amateurs de fiction policière vont pouvoir occuper leurs soirées de Septembre.

Au casting de cette série baptisée Unité sans frontières, les téléspectateurs français retrouveront Gary Sinise (Les Experts : Manhattan, Les Experts : Miami), Alana De La Garza (Les Experts : Miami, New York Police Judiciaire, Forever), Annie Funke (The Affair), Daniel Henney (Hawaï 5-0, NCIS : Los Angeles) et Tyler James Williams (The Walking Dead, Tout le monde déteste Chris). Unité sans frontières est en réalité un nouveau spin-off d’Esprits Criminels. Une série dérivée avait déjà vu le jour avec Forest Whitaker, Criminal Minds : Suspect Behavior.

Gary Sinise et Alana De La Garza incarnent deux agents du FBI qui sont chargés, avec leurs collègues, de résoudre des enquêtes dans un cadre bien spécifique et dépaysant. Leur affectation reste néanmoins beaucoup plus terre à terre que celle des agents fédéraux Fox Mulder et Dana Scully, qui ont fait leur retour pour le plus grand bonheur des spectateurs de la chaîne M6, il y a quelques mois, pour la saison 10 de X-Files.

La section du FBI au cœur d’Unité sans frontières vient en aide à des citoyens américains portés disparus à l’étranger. Ses membres disposent de solides compétences en informatique et en médecine notamment pour mener à bien leurs missions dans les plus brefs délais. La vie de leurs compatriotes est en jeu. Plus l’enquête piétine, plus les chances de retrouver les personnes vivantes s’amenuisent.

Treize épisodes sont programmés sur M6 dès le Jeudi 01er Septembre à 21h. La série Unité sans frontières a été reconduite pour une deuxième saison, après avoir été diffusée l’automne dernier, aux USA, sur CBS.

Cet été, M6 a réussi à séduire les téléspectateurs avec Quantico une autre série policière sur le combat d’une femme qui cherche à prouver son innocence, après avoir été accusée à tort d’avoir commandité un attentat. Quantico et Unité sans frontières sont d’ailleurs toutes les deux produites par Mark Gordon.

 

Panic! X Chroma : le grand retour des soirées cultes Panic! Cinéma à la rentrée

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Le retour des séances bis et décalées

Si vous cherchez des idées de sorties originales pour la rentrée ou pour les amateurs de projections décalées les séances Panic! X Chroma sont faites pour vous. Après de longs mois d’absence, l’équipe de Panic! Cinéma a en effet annoncé, le Jeudi 25 Août 2016, la reprise de ses activités sur les réseaux sociaux.

Panic! Cinéma va faire son grand retour à Paris avec une séance chaque mois. Ces nouvelles soirées seront organisées en partenariat avec une autre équipe de passionnés de cinéma, Chroma. Les projections ne vont plus se dérouler dans le quatrième arrondissement de la capitale mais au Forum des Images.

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas Panic! Cinéma et n’ont pas eu la chance et le bonheur d’assister à l’une de ces séances, voici un petit rappel. L’équipe de Panic! Cinéma, composée notamment de Célia Pouzet et Yann Olejarz, biberonnait les spectateurs le samedi soir, pendant de nombreuses années, en programmant des séances mythiques, cultes, bis et déviantes dans la salle de cinéma parisienne Le Nouveau Latina (devenu depuis Le Luminor Hôtel de Ville).

Des animations théâtrales divertissaient les spectateurs avant les projections. Des stands de dvds rares étaient disponibles à la vente, à l’étage du cinéma. Mais les qualités des soirées Panic! Cinéma, en plus du choix et de la sélection des films programmés, venaient des rencontres exceptionnelles et des débats organisés dans le cadre de ces séances avec la présence notamment de Rob Zombie, Lloyd Kaufman (à la tête du studio bis et indépendant Troma), Uwe Boll pour Postal, Joe Dante, Luc Merenda et Sergio Martino pour Torso, l’ensemble du casting du sentai  franchouillard et fauché France Five ou bien encore l’équipe du court-métrage La Bifle.

Panic! Cinéma c’était aussi Panic Reverse, le concours de fausses affiches de films et la réalisation de courts-métrages, issus de ces délires graphiques.

Les membres de Panic! Cinéma avaient participé, aux côtés du maître de l’horreur Tobe Hooper, à l’animation et à la présentation de la projection spéciale, au Grand Rex, en Septembre 2014, de Massacre à la tronçonneuse, dans sa version restaurée 4k.

Cet été 2016, Panic! Cinéma a collaboré à la soirée organisée au Max Linder Panorama à l’occasion de la sortie de nombreux films bis et vintages en DVDs et Blu-rays chez Carlotta Films dans la catégorie Midnight Collection : Maniac Cop, Le Scorpion Rouge, The Exterminator, Blue Jean Cop (en juillet) mais également Frankenhooker et Basket Case 1, 2 et 3 (dès le 07 Septembre).

La première séance de Panic! X Chroma se déroulera le Samedi 01er Octobre 2016 au Forum des Images. Le premier film projeté sera Troll 2 de Claudio Fragasso.

Voici le communiqué diffusé par les équipes de Panic ! Cinéma sur les réseaux sociaux à l’occasion de ce grand retour :

[BACK IN BUSINESS]

L’équipe de Panic! Cinéma est fière de vous annoncer son grand retour à la rentrée, avec une nouvelle séance mensuelle, dans une des plus belles salles de Paris !

Et comme on ne fait pas les choses à moitié, on a décidé de s’associer à des gens de talent, l’équipe de Chroma (ex Crossed), Karim Debbache, Gilles Stella et Jérémy Morvan.

Ce nouveau rendez-vous, intitulé Panic! X Chroma, aura lieu dans un endroit bien connu des cinéphiles, à savoir Le Forum des images, avec au programme : animations, débats et surtout des films choisis avec amour par nos deux équipes, pour des séances faisant la part belle aux invités et à la participation du public.

On a hâte de vous retrouver !

 

 

Mimosas, la voie de l’Atlas, un film d’Olivier Laxe : Critique

Une œuvre unique qui offre une magnifique vision mystique de l’islam, à peine appesantie par l’obscurantisme propre à son lyrisme coranique et par le rythme étiré imposé par sa dimension picturale.

Synopsis : Dans les hautes plaines de l’Atlas marocain, une caravane est reconvertie en escorte funéraire, chargée d’accompagner un cheikh dont la dernière volonté est d’être enterré auprès des siens. Mais, à la mort de celui-ci, et malgré l’abandon de nombre des leurs, Saïd et Ahmed, mus par l’appât du gain, rejoint par le mystérieux Shakib, tentent de mener le voyage jusqu’à son terme.

Bien plus profond qu’une escapade contemplative

Même s’il est plus linéaire que son premier film, Vous êtes tous des capitaines, réalisé en 2010, ce second long-métrage d’Oliver Laxe n’en reste pas moins une œuvre baroque dans sa façon d’être bâtie sur une narration éclatée teintée de mysticisme religieux. Sa grande réussite est en fait d’avoir su insuffler une atmosphère de conte fantastique dans un récit romanesque que l’on peut aisément qualifier de l’improbable qualificatif de « western moderne musulman». Laxe nous fait partager son image du Maroc, son pays d’adoption, celle d’un point de télescopage entre traditions ancestrales et modernité désenchantée. C’est ainsi qu’il a conçu sa fiction comme la rencontre entre des personnages dont le parcours, localisé dans les montagnes escarpées à l’écart de la civilisation, semble intemporel, et d’autres issus d’un milieu moins attirant puisqu’on y reconnait ce que le monde d’aujourd’hui peut avoir de moins glamour, à savoir une horde de demandeurs d’emploi dans une fourrière de voitures abandonnées.

Mais la question que le film laisse dès lors en suspens est celle de la réalité de ces deux espaces temporels. Shakib, ce chauffeur de taxi et prédicateur raté à ses heures perdues, ne serait-il pas en plein voyage intérieur, sa destination n’étant alors pas le village de ce cheikh mort mais bien une sorte d’épiphanie religieuse ? Ou n’est-il pas, à l’inverse, un esprit venu aider Saïd et Ahmed à faire de leur aventure la source de leur propre rédemption ? Les deux peut-être. L’interprétation allégorique est libre à chacun, mais une chose est certaine, c’est que la foi des personnages sera malmenée, pour être mieux renforcée à l’issue de leur équipée. Si l’on pourra alors toujours reprocher au scénario de ne pas savoir où il va, sa volonté de faire partager au spectateur cette évasion mystique est inattaquable tant sa façon d’éviter de sombrer dans un discours bigot lourdaud est louable. Au lieu de ça, son choix d’avoir recours à la poésie filmique, et aux inévitables égarements narratifs qui vont avec, apparait comme la meilleure solution pour nous faire astucieusement profiter de la réflexion sur l’âme humaine qui vient pimenter ce très beau road-trip.

Car il serait dommage de ne pas mentionner que Mimosas nous offre avant tout des images resplendissantes sur des paysages trop rarement exploités avec un tel aplomb au cinéma. Les nombreux plans larges sur  de vastes étendues désertiques, dans lesquelles les personnages semblent littéralement noyés (avec une force évocatrice qui n’est pas sans rappeler le magnifique Gerry de Gus Van Saint), sont d’une magnificence mémorable et ouvrent une autre piste de lecture –certes plus matérialiste que les précédentes– qui est celle du courage qu’il faut à l’homme pour affronter la nature dans ce qu’elle de plus mortellement aride. Mais puisque la religion n’est jamais loi dans la conception qu’Olivier Laxe donne à son long-métrage, la façon dont les personnages vont surmonter leur couardise face aux contraintes géographiques et autres obstacles mis sur leur trajet  apparaît,  pour les uns comme un acte de foi, pour les autres comme un véritable miracle.

Impossible de nier, au sortir de ce Mimosas, que l’épure formaliste et  l’obscur découpage en chapitres de cette fable ont à peine égratigné la finalité ascétique vers laquelle le réalisateur a su mener sa peinture hypnotique et immersive du Haut-Atlas.  

Mimosas, la voie de l’Atlas : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=8ZytyNjVuF4

Mimosas, la voie de l’Atlas : Fiche technique

Réalisation: Oliver Laxe
Scénario: Oliver Laxe, Santiago Fillol
Interprétation: Ahmed Hammoud, Shakib ben Omar, Said Aagli, Ikram Anzouli, Ahmed el-Othemani, Hamid Fardjad…
Image: Mauro Herce
Costumes: Nadia Acimi
Son: Amanda Villavieja, Emilio García
Montage: Cristóbal Fernández
Producteur(s): Felipe Lage Coro, Lamia Chraïbi, Michel Merkt, Nadia Turincev, Julie Gayet
Production: Zeitun Films, Rouge International, La Prod
Distributeur: UFO Distribution
Récompense: Grand prix de « La semaine de la critique » Cannes 2016
Genre : Drame, western
Durée: 1h36
Date de sortie: 24 août 2016

Espagne, Maroc, France – 2015

Hotel Singapura, un film d’Eric Khoo : Critique

Hotel Singapura commence comme il se termine, en boucle, sur la même image dudit hôtel dans un futur apocalyptique, en ruines, abritant des amours interlopes et douteuses. C’est dire si le film tourne en rond, incapable de s’échapper du dispositif dans lequel il s’est laissé enfermer.

Synopsis : C’est le premier jour d’Imrah comme femme de chambre à l’ Hotel Singapura. Dans la suite n°27, un groupe de pop est venu fêter le nouvel an. Parmi eux, leur chanteur Damien est dans un état second quand il croise Imrah dans le couloir. Bien plus tard, dans ce même hôtel, une japonaise laisse filer son amant, un travesti reçoit son dernier plaisir avant l’opération, une touriste couche devant son meilleur ami… Mais toujours Imrah, en rangeant la chambre, se souviendra de sa rencontre avec Damien…

Room 2(3)7

Comme la chambre 237 de l’hôtel Overlook d’un certain Stanley K., la chambre 27 de l’hôtel Singapura abrite bien des secrets. Mais dans cette dernière, les râles sont dus à des galipettes qui se suivent et se ressemblent tout au long des décennies. Le film est bâti en sketches, au nombre de 6, tous liés par le lieu, la fameuse chambre 27 donc, et des témoins communs, Imrah, une femme de chambre qui aura dédié toute sa vie à l’endroit, et Damien (Ian Tan), une rock-star singapourienne décédée jadis d’une overdose d’héroïne dans cette même chambre 27 (rock-star ayant réellement existé, et à qui le film est dédié), les deux filant un amour platonique qui traverse le temps et l’espace…

On doit reconnaître à Eric Khoo et son chef opérateur Brian Gothong Tan d’avoir réussi parfaitement à colorer de manière spécifique chacun des épisodes. Ainsi, la première histoire, entre un Britannique en passe de retourner dans son « Angleterre agonisante » au moment de l’invasion du Singapour par le Japon, nous sommes en pleine 2ème guerre mondiale, et son amant chinois, est tournée en noir et blanc, aussi bien pour rendre compte de l’époque, que pour traduire la mélancolie de cette passion homosexuelle que seul un bel effleurement d’un doigt matérialise. Ainsi encore, l’histoire d’Orchid, cette Madame Claude Hongkongaise qui apprend avec humour les rudiments du sport de combat sexuel à de nigaudes donzelles en leur faisant une démonstration d’un lancer de balles de ping-pong très particulier : les couleurs très criardes correspondent aux année 60, et à la quasi-vulgarité du segment. Ainsi enfin, cette séquence entre une femme mariée japonaise et son amant malais : tout est filmé pour nous ramener – en vain – vers l’Empire des Sens du japonais Nagisa Ōshima : la lumière, les poses, et même un peu le physique des protagonistes.

Mais de telles prouesses ne suffisent pas à susciter l’intérêt du spectateur. Malgré l’artifice consistant à créer un fantôme, celui de Damien, un habitant permanent des lieux qui observe avec bienveillance les passions qui s’y racontent, leur donnant quelquefois un coup de pouce, le film relève trop d’une sorte d’inventaire sexuel, maladroit et systématique et qui a vite fait d’agacer. Certes, le cinéaste égrène tout au long du métrage de petites touches permettant de resituer ces huis-clos dans le contexte socio-politique de chaque époque (coupures de journaux, ou discussions entre les protagonistes), mais la mauvaise passion arrosée du sirop de la mauvaise musique prend le pas sur ce qui aurait pu être une vraie chronique singapourienne. Les scènes sexuelles, nombreuses, sont filmées sans nuance, de manière assez caricaturale et en tout cas très peu flatteuse pour les personnages féminins et les actrices qui les interprètent. Ce qui aurait dû être sensuel n’est qu’étreintes polies à la limite de l’ennui…

De-ci, de-là, on peut cependant retenir quelques belles séquences de ce film décevant. Hotel Singapura, à l’image de la cité-état de Singapour qui est une plaque tournante du business asiatique, est multi-culturel, et c’est ainsi que se mélangent joliment dans le film japonais, malais, chinois , thaïs et coréens, dans un florilège de langues et de diversités, même si elles sont souvent subtiles au travers de notre regard européen ethno-centré. La séquence qui implique deux personnages coréens (joués par Choi Woo Shik, vu récemment dans Dernier Train pour Busan de Sang-Ho Yeon, et Kim Kkobbi, impeccable dans Breathless de Ik-June Yange) est celle qui est la plus réussie, celle qui contient le plus de jeu de la part des acteurs, et de la vraie passion de la part des personnages. D’ailleurs, là encore, l’exercice de style, la pastiche devrait-on dire, rend hommage au cinéma coréen, si reconnaissable parmi toute la filmographie asiatique… Kim Kkobbi en particulier est animée d’un feu qui manque globalement au métrage d’Eric Khoo, en restituant la souffrance de cette jeune femme gavée de sexe vide, d’étreintes qui traversent son corps sans y laisser de traces. Un très beau segment qui est malheureusement loin d’être égalé par le reste.

Sans être complètement raté, Hotel Singapura est un film qui pêche par ses excès : excès de bonnes intentions, de beaux sentiments, de violons doucereux, de métaphores lourdes, de sexe ennuyeux, et la liste est longue. Il est dommage de devoir vilipender ainsi un film visiblement sincère, assis sur scénario somme toute assez travaillée, et dont le réalisateur est le cinéaste singapourien le plus en vue, mais dont le résultat est aussi peu convaincant…

Hotel Singapura : Bande annonce

Hotel Singapura – Fiche technique

Titre original : In the room
Réalisateur : Eric Khoo
Scénario : Andrew Hook, Jonathon Lim
Interprétation : Aeaw (Imrah), Josie Ho (Orchid), Daniel Jenkins (Lawrence), Kkobbi Kim (Seo-yun), Ian Tan (Damien), Choi Woo-Shik (Min-jun), George Young (Vernon)
Musique : Christopher Khoo, Christine Sham
Photographie : Brian Gothong Tan
Montage : Natalie Soh
Producteurs : Nansun Shi, Fong Cheng Tan
Maisons de production : Zhao Wei Films
Distribution (France) : Condor entertainment, Version Originale
Budget : 1 000 000 SGD
Durée : 90 min.
Genre : Comédie, Drame, Romance
Date de sortie : 24 Août 2016

Hong-Kong, Singapour – 2015

Friends : Fin de l’espoir pour les fans du monde entier

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Friends : This is the end, my only friend, the end

Marta Kauffman, la co-créatrice de la série, a tenu à faire taire les rumeurs sur le possible retour de Friends. Les fans du monde entier n’ont plus d’espoir de revoir la suite des aventures de Rachel, Monica, Phoebe, Chandler, Joey et Ross.

La sitcom culte s’était arrêtée en 2004 après 10 saisons. De 1994 à 2004, une bande de six amis à l’écran étaient sous le feu des projecteurs et réunis pour le meilleur… et pour le rire. Le programme a révélé au grand public de nombreux actrices et acteurs. Certains d’entre eux ont réussi à percer à Hollywood et mener une carrière prolifique. Le casting réunissait Jennifer Aniston, Courteney Cox, Lisa Kudrow, Matt LeBlanc, Matthew Perry ou bien encore David Schwimmer.

Marta Kauffman était souvent questionnée par les journalistes et harcelée par les fans sur le projet fou d’un éventuel retour et d’une suite pour la série Friends. Dans un entretien à Deadline, elle a tenu à clarifier les choses et a annoncé très clairement qu’un retour n’aurait jamais lieu.

« Comme chaque chose, une série a une durée de vie. Une fois que celle-ci est dépassée, cela ne sert à rien de continuer, juste parce que les personnages manquent au public. Regardez les anciens épisodes, je ne vois pas comment on peut arriver à faire mieux. Je ne vois pas comment on pourrait arriver à un résultat satisfaisant. Cela n’arrivera donc jamais. Nous ne le ferons jamais. »

Never say never ?

A moins d’un revirement spectaculaire dans ce dossier -mince et unique espoir dorénavant pour une poignée de fans hardcores- les aventures de Chandler, Rachel, Monica, Phoebe, Joey et Ross ne connaitront jamais de suite sur le petit écran. Sortez les mouchoirs et essuyez vos larmes…

Les seules retrouvailles officielles de l’équipe de la série se déroulèrent en février dernier, à l’occasion d’un hommage rendu de son vivant à James Burrows (producteur et réalisateur de Will and Grace et Mike et Molly notamment). Il a réalisé 15 épisodes de Friends.

 Vidéo de la réunion culte des acteurs de Friends en hommage à James Burrows

Friends : Le Générique le plus culte des années 90

 

Nerve, un film de Ariel Schulman & Henry Joost : Critique

Portrait sans fard d’une jeunesse désabusée et biberonnée aux réseaux sociaux, Nerve, à mi-chemin entre Spring Breakers et The Game, se veut comme étant l’oeuvre (ultime) sur la génération 2.0.

Synopsis : Nerve est un jeu en ligne qui propose deux options : Voyeur, où le public paie pour voir les gens jouer, et Joueur, où une personne doit réaliser des défis de plus en plus dangereux. Vee, une adolescente timide, est poussée par ses amis à jouer au jeu pour prendre plus de risques dans sa vie. Son premier défi, un simple baiser, va lui faire rencontrer Ian, un autre joueur. Suite à la demande du jeu, les deux jeunes vont devoir faire équipe pour réaliser leurs défis suivants. Mais plus le jeu avance, plus les défis sont risqués et louches. Vee et Ian n’auront aucun autre choix que celui de mettre leurs vies en danger sous les regards de la communauté de spectateurs de Nerve.

Parce que oui, à moins d’avoir vécu dans une grotte ou avoir été mis dans de la carbonite comme feu Han Solo, il va sans dire que la vision d’une armada de hipsters jouant à Pokemon GO, ou d’instagramers s’extasiant sur la dernière pitance mangée au restaurant d’à coté ne devrait (à priori) plus être une surprise. Mais pour ceux du fond qui n’écoutent pas, sachez que ça s’appelle l’ère numérique. Une époque où le voyeurisme est devenu maitre et où ces gigantesques networks, qu’on pourrait plus facilement qualifier d’entités omniscientes, nous observent comme le faisait déjà en son temps le Big Brother de 1984. Autant dire un sujet glissant, pour ne pas dire une véritable gageure que se sont pourtant tenté à dépeindre le duo Henry Joost/ariel Schulman, déjà à l’oeuvre du redoutable Catfish, un documentaire de 2010 dessoudant les rouages du tout internet et sa figure de proue : Facebook.

Un Hunger Games à l’ère du numérique !

Il ne sera toutefois pas question du géant des réseaux sociaux ici, mais bien de son influence, ici répercutée sur un jeu purement fictif : Nerve. Car oui, pas question ici d’égratigner frontalement la firme de Palo Alto mais plus de dresser un discours, pour ne pas dire pamphlet, adressé à tous ces réseaux. qui cristallisent à eux seuls la déchéance d’une génération toute entière, réduit désormais à un troupeau de zombies lobotomisés pour qui popularité est aujourd’hui synonyme de succès. Ça sera donc via l’adaptation d’un roman à succès outre-Atlantique, que le duo aura affuté ses armes. Nous voilà donc en 2020. Vee, une ado un peu perdue (mais pas trop) découvre, sous l’impulsion d’une de ses amies, et accessoirement la personne la plus populaire de son lycée, l’application Nerve. Le pitch ? Un jeu qui se voit confronter 2 sortes de participants : les joueurs d’un coté, chargé d’exécuter des défis, lesquels sont proposés par les voyeurs. Evidemment, l’appât du gain étant ce qu’il est, il ne sera pas surprenant de voir la belle tomber dans ce piège en forme d’application alléchante et donc devoir se bouger pour s’extirper de ce jeu tentaculaire. Fatalement, à la lecture de pareil résumé, on ne peut dire que le projet semblait engageant. Mais même si l’intrigue baigne dans une certaine prévisibilité (on passera rapidement sur les personnages stéréotypés et le déroulement du récit assez linéaire), le film parvient à séduire pour sa lucidité. Bien que denrée rare dans le tout Hollywood, Nerve sait en effet jouir d’une étonnante conscience de soi et de ses limites, quitte à distiller rapidement l’impression d’avoir à faire à un film qui sait où il va et qui sait ce qu’il veut raconter. En atteste ainsi une volonté claire de ne pas rééditer la fermeté de Catfish (leur documentaire sur le même sujet et lui préférer une version plus soft, pour ne pas dire plus branchée aux jeunes. La suite, elle ne déroge pas à cette règle. Multipliant le found-footage, les effets de style (rappelant là Spring Breakers pour son utilisation élégante des fluos et autres néons) et cultivant le flou sur son concept de base (qui a crée Nerve ? comment marche-elle ?), le long-métrage peut alors enchainer la seconde, quitte à gentiment terrifier de par son statut d’ersatz numérique d’Hunger Games, les deux films partageant cette logique d’hyper compétitivité et de dérives fascistes et aliénantes. De là à dire qu’on tient le premier film symptomatique de l’époque 2.0, il n’y a cependant qu’un pas. Un pas qu’on se gardera de faire, car derrière le vernis fluo dégagé par ces images, se cache une certaine prévisibilité et un sens du racolage particulièrement édifiant. Preuve en est que faire un film pour son public est parfois à double tranchant.

Bien que schizophrène dans son approche, en ce sens qu’il met en scène un système qu’il condamne ouvertement de manière thématique, Nerve assure le spectacle autant pour sa lucidité sans faille que par la qualité de son casting, particulièrement en phase. L’une des bonnes surprises de l’été.

Nerve : Bande-Annonce 

Nerve : Fiche Technique

Réalisation : Henry Joost et Ariel Schulman
Scénario : Jessica Sharzer, d’après le roman Addict de Jeanne Ryan
Interprétation : Emma Roberts (Vee), Dave Franco (Ian/Sam), Juliette Lewis (Nancy Delmonico)
Direction artistique : Marc Benacerraf
Décors : Kara Zeigon
Costumes : Melissa Vargas
Musiques : Rob Simonsen
Casting : John Papsidera
Photographie : Michael Simmonds
Montage : Madeleine Gavin et Jeff McEvoy
Production : Anthony Katagas et Allison Shearmur
Sociétés de production : Allison Shearmur Productions, Keep Your Head Productions, Supermarche et Lionsgate Film
Sociétés de distribution : Lionsgate Film, Entertainment One, Les Films Séville, Metropolitan Filmexport
Langue originale : anglais
Format : couleur – 35 mm – 1,85:1 – son Dolby numérique
Durée : 96 minutes
Genre : Thriller
Dates de sortie : 24 août 2016

Etats-Unis- 2016

Bande-annonce Lion avec Dev Patel, Nicole Kidman et Rooney Mara

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Lion, un drame bouleversant au casting prestigieux.

Ce long-métrage est une adaptation des mémoires de Saroo Brierley (A Long Way Home en version originale, Je voulais retrouver ma mère en version française).

On suit un enfant de 5 ans qui, suite à un concours de circonstances malheureuses, se retrouve dans un orphelinat en Inde. Adopté par une famille australienne, quelques années plus tard, il va être confronté aux fantômes de son passé. Cette histoire bouleversante est basée sur l’histoire vraie de Saroo Brierley et son combat pour retrouver sa famille biologique. Les nouvelles technologies ont eu un rôle clé au cours de ses recherches et tout au long de son voyage.

Au casting, Dev Patel (Slumdog Millionnaire, Chappie), il incarne Saroo Brierley, Nicole Kidman joue le rôle de la mère adoptive de Saroo et Rooney Mara interprète le rôle de sa petite amie.

Le combat de cet enfant en quête de ses racines peut sembler un pitch convenu mais le film promet une puissance émotionnelle assurée par ses acteurs. Loin de la beauté onirique de L’odysée de Pi (Ang Lee, 2012), Lion  s’annonce comme un drame familial à la fois tendu et bouleversant.

Lion sortira en salles aux USA le 25 Novembre 2016. Aucune date de sortie en France n’a été pour l’instant communiquée.

Ce premier long-métrage marque les grands débuts de Garth Davis sur grand écran, il avait réalisé un documentaire et certains épisodes de séries télévisées comme (Top of the Lake et Love My Way). Son prochaine film, un biopic  en pré-production intitulé  Mary Magdalene avec Rooney Mara, Joaquin Phoenix et Tahar Rahim s’annonce lui aussi, prometteur.

Harvey Weinstein, le distributeur déclare au magazine The Hollywood Reporter « Lion pourrait être sélectionné pour huit ou neuf Academy Awards ». Selon lui, Nicole Kidman pourrait obtenir une nomination dans la catégorie meilleure actrice dans un second rôle. Lion semble donc être un candidat très sérieux pour la course aux Oscars.

 

Musique The Leftovers: une soundtrack de bulles électroniques

The Leftovers: Bande originale baignée de lumière pour une série d’une rare beauté

L’évidence saute aux yeux. C’est comme un phare au beau milieu de la pénombre. Avec The Leftovers, la douce musique de Max Richter trouve  son double parfait avec la série dramatique de David Lindelof. Musicien émérite, compositeur iconoclaste, Max Richter joue avec les altérités émotionnelles et dissimule une ribambelle de mélodies élégiaques qui s’accordent avec les thématiques de The Leftovers. Au départ, la besogne ne paraissait pas évidente : surtout pour faire cohabiter le fond et la forme d’une série à l’ambition imposante. La gravité de la vie, le destin, la reconstruction initiatique après le deuil et la perte d’un être proche sont des idées abstraites qui arpentent The Leftovers de tout son long. Et si la série ne tombe jamais dans le gouffre des larmes faciles et évite avec facilité cette manie américaine de surplomber les émotions par des artifices d’écriture disjointe, c’est aussi grâce à la magie ensorcelante des ritournelles nébuleuses de Max Richter qui a compris avec justesse l’introspection qui se meurt au cœur des épisodes.

La bande originale de Max Richter est comme un livre ouvert cathartique, une méditation sur les sentiments et devient par ses notes obscures de synthés une deuxième lecture de la série. Une parenthèse enchantée qui ne s’épuise jamais grâce à ses nombreuses rêveries. Alors qu’elle s’ajuste idéalement avec les mouvements et la captation portraitiste de la mise en scène de Peter Berg, ce polaroid symphonique crée une musique aussi clairvoyante qu’indépendante : une identité propre qui se sublime par ses qualités iconiques (« Afterimage ») à travers des accords dénudés ou des notes de piano d’une grande limpidité (« Tenebrae »). On pourra reprocher à la série d’amplifier un peu trop son thème musical mais la diversité des structures composites et l’architecture ambiante apprivoisent les querelles intestines qui gangrènent les émotions des personnages (« The Quality of Mercy »). Car même si, l’image de certaines séquences de The Leftovers, Max Richter s’échappe, dans des envolées lyriques qui explosent les barrières de toutes émotions, le minimalisme abrupt des compositions agrandit la richesse d’une œuvre qui disperse avec parcimonie le flou psychologique qui règne dans la série (« Dark Cloud for Nora »).

Max Richter – The Quality of Mercy (The Leftovers Season 2 Soundtrack)

L’adhésion musicale de Max Richter et The Leftovers

Passant de mélodies simples et chancelantes au piano, aux vrombissements incertains et mystérieux d’un ambient que ne renierait pas Brian Eno, Max Richter n’économise pas ses efforts pour matérialiser la portée sentimentale de la série. Tout comme le scénario avec qui elle corrobore, la musique de Max Richter joue sur les échelles de valeurs et distille une aura hors du temps confiné dans un lieu  cloisonné: allant de l’infiniment grand à l’infiniment petit, du refrain intime au couplet fédérateur fait de guitares, du sursaut frénétique à la réflexion paisible au violon, de la colère sourde à la tristesse aveuglante, le compositeur superpose la densité de ses réverbérations pour repeindre à sa guise un univers fragile où il est difficile de ne pas succomber à l’atmosphère crépusculaire de certaines notes (« Dona Nobis Pacem 3 »). L’écriture musicale de Max Richter est cinématographique comme en témoigne son travail fourni pour le film Le Congrès ou Valse avec Bachir pour ne citer que des exemples récents : son sens de la mélodie ne s’avère jamais inopportun et tente à chaque fois de jouer les entremetteurs entre une musique classique épurée (proche d’un Alexandre Desplat) et une orientation plus urbaine et électronique (proche d’un Cliff Martinez ou d’un Trent Reznor.).

Max Richter est un caméléon hors pair, faisant alors toute la beauté de son art qui papillonne autour de différentes émotions dont la rythmique peut paraître aussi lymphatique que chevaleresque (« A Bird in a Box »). Ponctuées de deux saisons pour le moment, et même si les textures sonores se confondent, les compositions musicales ont pris la température du changement de tonalité d’une saison à l’autre. Alors que la première saison présentait ses personnages et leurs troubles passés, les mélodies de piano se sont faites plus amples, moins arides, caressant avec délicatesse le thème du deuil et sa dure réalité.

La deuxième saison, quant à elle, s’appesantissait sur un nouveau départ et une quête initiatique de reconstruction et dévoilait alors un autre visage de Max Richter : avec des bruits sonores monochromatiques, un « ambient » atmosphérique comme symbole de la confusion de sentiments et du mystère du précipice dans lequel ses personnages s’agrippaient (« Entropy for Meg »). De cette opacité dans les écueils, de ce frémissement de l’extraction, de cette échographie d’une communauté, The Leftovers trouve sa parfaite complémentarité, sa respiration cotonneuse, son lien invisible qui amène une série vers d’autres cieux, qui tapisse les murs d’une création sombre sans jamais la détourner de son propre but (« The Departure »).

Max Richter nous immerge alors dans un recueil de chansons à l’inventivité foisonnante, entremêlé de songes qui se domptent dans la bulle des notes électroniques brumeuses dans laquelle il s’évapore (« Tom’s Lullaby ») ou la volupté de ses mélopées orchestrales (« Erika and John »). Suite à cette genèse, Max Richter construit un miroir aux multiples fissures agrémentant la dualité parfois schizophrénique de la série et accouche d’un point d’ancrage essentiel aux consonances sensorielles de toute une œuvre. Cette bande originale magistrale s’écoute comme elle se regarde, elle se lit comme elle se ressent.

The Leftovers Tracklist

Distribution: WaterTower Music

Saison 1:

01 The Leftovers (Main Title Theme)
02 The Departure
03 Afterimage 1
04 De Profundis
05 Only Questions
06 Dona Nobis Pacem 1
07 Afterimage 2 Max Richter
08 Departure (Reflection)
09 Dona Nobis Pacem 2
10 Family Circles
11 A Blessing
12 She Remembers
13 Departure (Lullaby)
14 Illuminations/Clouds
15 Afterimage 3
16 Departure (Home)

Saison 2:

1. Entropy for Meg
2. The Departure (Diary)
3. Crossings
4. Storybook
5. A Bird in a Box
6. Tenebrae
7. Dark Cloud for Nora
8. The Departure (Phone Call)
9. A Crowd of People Turned Away
10. Bright Cloud for Jill
11. Tom’s Lullaby
12. That Solitary Moment Together
13. Dona Nobis Pacem 3 (Evie)
14. The Departure (Persistence of Vision)
15. Dark Cloud for Kevin
16. Erika and John
17. The Quality of Mercy
18. The Leftovers Main Titles Season 1 (Small Ensemble Version) (Bonus Track)

The Leftovers reviendra pour une troisième et dernière saison

Divines, un film de Houda Benyamina : Critique

Remarquée pour l’obtention de la Caméra D’Or au dernier festival de Cannes accompagné d’un discours féministe prônant l’importance des femmes dans le cinéma, Houda Benyamina frappe fort avec son premier long-métrage et se promet une belle carrière de réalisatrice.

Synopsis : Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.

Combats de femmes

Si beaucoup parleront de Divines comme un La Haine féminin, le film est, fort heureusement, bien plus complexe et élaboré. Banlieue, soif d’argent et désir de s’en sortir rythment la vie de nos trois protagonistes principaux, que fondamentalement tout oppose, et pourtant. Les liens sociaux construits par la réalisatrice ne produisent aucun déchet et sont tous « divinement » réfléchis. La religion côtoie le trafic de drogue là où l’amour côtoie l’incertitude.

Les jeunes actrices ont toutes un potentiel de jeu énorme et s’avèrent toutes les trois bluffantes. Quel étonnement de voir que Divines est une vraie composition vécue avec les tripes, dans laquelle chacune s’est éloignée de ce qu’elles sont réellement pour creuser des personnages complexes et complexés. La direction des actrices est minutieuse et frôle la perfection. Là où, dans La Haine ,on parvient à prendre du recul par rapport à notre trio masculin portant un regard incisif, parfois critique, il n’en est rien dans Divines. Même si leurs choix et leurs actes ne nous plaisent pas forcément, on ne peut que s’éprendre d’une empathie pour elles, avec un léger surplus pour les personnages de Dounia et Maimouna. Divines est un combat de presque deux heures durant lequel le spectateur surmonte les épreuves au rythme du temps, en parfaite corrélation avec les jeunes filles. On s’amuse, rigole mais on tremble, prend peur et s’interroge également. Et même sous une image de caïd qu’elles ne cessent de se donner, impossible de ne pas discerner la sensibilité de chacune, de réussir à mettre le doigt sur leurs failles, mais aussi sur ce qui font d’elles des jeunes filles dans la fleur de l’âge, certes, mais également forte et puissante, prêtes à comprendre que la réussite s’obtient bien souvent individuellement.
On ne peut que se réjouir de la future carrière d’actrice de Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Jisca Kalvanda mais également Kevin Mischel, seul protagoniste masculin important, qui donnent envie d’en voir encore plus une fois Divines terminé. Toutefois, certaines scènes donnent à voir la naïveté du premier jeu cinématographique, ce qui peut apparaître parfois comme légèrement « faux », ou un peu plus surfait, mais heureusement, ces scènes sont vraiment en très forte infériorité numérique, et se font oublier par la puissance d’autres séquences.
Aux rêves et aux désirs se mêlent aussi l’amour, qui, dans Divines, permet la prise de conscience et de se sentir plus grande. La douceur côtoie la dureté, mais aucun problème pour Dounia de s’imposer sur tous les fronts, malgré les difficultés. Et ce qui est fort, c’est que, l’empathie mise à part, on peut également détester les jeunes filles. La scène du lycée fait du personnage d’Oulaya Amamra quelqu’un de détestable, qui ne mériterait que d’être corrigé tant son insolence est atroce et son mépris puissant.

Mais outre être une histoire de femmes, Divines est le travail acharné et complet d’une réalisatrice pleine de talent. A la fin de la projection, on ne peut qu’être stupéfait lorsque l’on se dit qu’il s’agit du premier long-métrage de Houda Benyamina. Le scénario tient toutes ses promesses et ne perd jamais le spectateur, même s’il comporte quelques facilités qui auraient pu être contournées pour confirmer la dureté des propos. Aussi, la réalisatrice touche à beaucoup de sujets comme l’argent, les liens sociaux mais aussi la religion, qui rythme la vie de nombreuses familles, notamment celle de Maimouna, interprétée par Déborah Lukumuena. C’est d’ailleurs cette dernière qui nous fera sourire, voire rire, lors de nombreuses scènes dispersées dans le film. La photographie est superbe, avec une mention spéciale pour la scène finale, le montage est porteur d’un rythme filmique dont on ne se lasse pas, et le travail technique qu’est la lumière mais également le son complète parfaitement les éléments précédemment énoncés.

Le premier long-métrage de Houda Benyamina n’a pas volé sa Caméra d’Or au festival de Cannes tant Divines est réussi, avec des actrices resplendissantes qui ont su révéler leur potentiel devant la caméra de la réalisatrice.

Lire l’article Divines Rencontre avec l’équipe du film

Divines : Bande-annonce

Divines : Fiche Technique

Réalisateur : Houda Benyamina
Scénario : Romain Compingt, Houda Benyamina, Malik Rumeau
Interprétation : Oulaya Amamra, Deborah Lukumuena, Kévin Mischel, Jisca Kalvanda…
Photographie : Julien Poupard
Montage : Loic Lallemand, Vincent Tricon
Musique : Demusmaker
Producteurs : Marc-Benoit Créancier
Sociétés de production : France 2 Cinéma
Distribution (France) : Diaphane Distribution
Récompenses : Caméra d’or 2016, Césars du meilleur premier film, de la meilleure actrice dans un second rôle pour Deborah Lukumuena et du meilleur espoir féminin pour Oulaya Amamra
Durée : 105 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 31 aout 2016

France – 2016

La Maison de Bambou, le chef d’oeuvre de Samuel Fuller filmé au pied du Mont Fujii est enfin ressorti en DVD le 8 août 2016

Quand Samuel Fuller partait tourner un polar au pays du soleil levant, on obtenait l’un des plus beaux thrillers des années 50. Une petite perle qui ressort enfin en version restaurée.

Après la mort d’un ancien soldat américain au cours de l’attaque d’un train près de Tokyo, la police charge un de ses ex- compagnons d’armes, Eddie Kenner, fraîchement débarqué, d’infiltrer son équipe de braqueurs. Sous le nom d’Eddie Spannier, il rencontre et tombe éperdument amoureux de la veuve japonaise et va devenir un membre influent du gang mené par le redoutable Sandy Dawson.

La face cachée du protectorat américain

Reconnu comme le « premier film hollywoodien filmé au Japon », La Maison de Bambou est plus qu’un polar construit sur la seule intrigue de la mission d’infiltration de son héros. Ce que Samuel Fuller (Le Port de la drogue, Dressé pour tuer…) a su mettre en place est avant tout un choc des cultures, teinté de politique. Il est en effet impossible de ne pas voir derrière le système mafieux mis en place par les anciens GI’s à la solde de Dawson (incarné par le toujours très juste Robert Ryan, vu notamment dans La Horde Sauvage ou encore Les Douze Salopards) une allégorie évidente de l’outrecuidance de l’impérialisme américain vis-à-vis des vaincus de la Seconde guerre Mondiale. Mais au-delà de la double lecture du film de genre, il est important de noter que le scénario fait la part belle à l’histoire d’amour entre l’enquêteur et la veuve de celui sur qui enquête. Autant dire, que la réalité des sentiments reste trouble, source d’un suspense émotionnel qui vient se greffer à la relation pour le moins ambiguë que va entretenir Eddie avec les braqueurs, et en particulier avec son leader. Enfin, et surtout, La Maison de Bambou est une œuvre picturale d’une qualité visuelle éblouissante, qu’il est encore plus réjouissant de profiter –à défaut de grand-écran– de cette édition HD.

Des bonus limités mais instructifs

Hormis une inévitable bande-annonce d’époque, les éditions Hollywood Legends ont eu la bonne idée de donner la parole à François Guerif, éditeur à la tête de la Collection Rivages/Noir mais aussi critique de cinéma émérite. Lors d’un entretien de moins d’une demi-heure, il revient brièvement sur le parcours de Fuller et la genèse de La Maison de Bambou (en particulier les raisons pragmatiques du choix d’embaucher un inconnu plutôt qu’une star dans le rôle principal) mais aussi sur l’un des angles de lecture qui fit, à l’époque, couler beaucoup d’encre : La relation crypto-gay entre Eddie et Sandy.

La maison de Bambou : Recap DVD

Caractéristiques techniques du DVD :

Bonus DVD: « La maison de Bambou, film d’amour… film de guerre ? » (30 min) / Bande annonce originale du film

Durée du film : 98 minutes

Image : 16/9 compatible 4/3

Format : 2.55

Audio : Français dual et mono, Anglais stéréo

Sous-titres : Français

La Maison de Bambou : Bande-annonce (VO)

Dans le noir, un film de David F. Sandberg : Critique

Apparue pour la première fois sur grand écran, le 8 juin 2016 lors du Los Angeles Film Festival, cette adaptation sur grand écran par la Warner Bros d’une pépite de 2 minutes se conforme-t-elle aux clichés éculés des teen horror movies de cette dernière décennie ou réussit-elle vraisemblablement à divertir à l’instar des sagas horrifiques telles que Destination Finale ou Saw ?

Synopsis: Petite, Rebecca a toujours eu peur du noir. Mais quand elle est partie de chez elle, elle pensait avoir surmonté ses terreurs enfantines. Désormais, c’est au tour de son petit frère Martin d’être victime des mêmes phénomènes surnaturels qui ont failli lui faire perdre la raison. Car une créature terrifiante, mystérieusement liée à leur mère Sophie, rôde de nouveau dans la maison familiale. Cherchant à découvrir la vérité, Rebecca comprend que le danger est imminent… Surtout dans le noir.

Le raccourci du divertissement mérite bien des nuances au long des divers opus, tant l’exagération est courante, le spectaculaire terrifique est devenu leitmotiv. Il en va de même pour ce premier film de David F. Sandberg, passionné du genre à en croire ces différents travaux disponibles sur youtube. Si l’on admire le chemin parcouru par ce suédois de 35 ans, on reste tout de même sceptique devant sa réalisation convenue et son scénario impersonnel. Fidèles jump scares, lumières contrastées et créature croque mitaine féminine. Les 81 minutes sont étirées façon lanières de guimauve et les studios américains ont réussi à remplacer l’actrice charismatique Lotta Losten par une blonde australienne trop lisse, faisant d’une potentielle pépite sombre en Clair Obscur, un produit américain sans saveur.

Il faut commencer par regarder Lights Out, le 6ème court métrage de Sandberg pour se rendre compte que le hors champ sonore est primordial. Tenu par 3 bouts de ficelles, le film surprend et amuse.

Le film s’adresse aux amateurs du genre et clairement à un relativement jeune public ciblé pop corn. Admettons le fait pour ne pas trop se plaindre, car les redites sont foison. Plateau visible, lumière artificielle, acteurs mono expressifs et scénario prévisible. Nous nous étions promis de ne pas maugréer ! De ce type de produit moulé industriel surgit une volonté certaine pour un cinéaste au talent indéniable de s’amuser sans jamais réussir à se lâcher. Il suffit de regarder ses autres courts métrages et vidéos making off pour comprendre le feu qui l’anime. Cependant, le décalage est ici anecdotique et l’écran lumineux du téléphone portable pour faire fuir l’ombre menaçante fait rire l’ensemble de la salle. La musique manque un peu d’âme, mais remplit ses fonctions sensorielles. Le cahier des charges suffit-il à créer l’adhésion ? Le film semble certainement vouloir nous l’imposer à coups gimmicks nocturnes. En plus de s’arrêter à un scénario de fête foraine bon marché sur fond d’asile psychiatrique et parallèles gratuits entre vivants et morts, il cumule tous les poncifs attractifs sans jamais chercher au-delà sur un rythme mal équilibré. Tel un train fantôme marquant les arrêts devant les mannequins en plâtre dans un couloir sous-éclairé, à la lumière noire par effet de style, le film avance mécaniquement. Il nous tient éveillé, grâce à l’interprétation convaincante de Teresa Palmer qui, à défaut de briller, – il aurait été difficile avec le peu de moyens que s’est donné l’équipe,- touche, et cela suffit. Pourquoi l’amère impression que le chef opérateur ou l’ingénieur son n’ont pris aucun plaisir à composer respectivement l’image, bringuebalante par moments et la bande-son qui aurait mérité plus de nuances. « On est payés à faire le minimum syndical ». L’hérésie aurait été appréciable et, au lieu d’une dichotomie clair/obscur sur de réels conflits existentiels, nous assistons à un ersatz superficiel et commun de créature, aux desseins flous, coincée dans le monde des vivants. Le seul personnage masculin (qui a validé sa coupe de cheveux?), amoureusement béat est relayé au second plan. La relation fraternelle coule de source et la folie de la mère jamais vraiment approfondie. Histoire de surface et récidive d’effets, ce défaut omniprésent dans les petites productions (Dorothy, The Visit, Sinister) semble finir par devenir une caractéristique propre. Écrire avec ses pieds est encore possible. Réaliser avec ses coudes est plus courant. Aucun twist ou retournement de situation. Aucune double lecture ni clin d’œil esthétique. Après tout…

Si Mister Babadook méritait sûrement le détour pour l’atmosphère nordique et assumée, ainsi qu’un véritable (ENFIN) rôle d’enfant ou si Catacombes et It Follows ont séduit par la maîtrise de l’hommage et l’esthétique portée à terme, Dans le noir se range du côté d’un Ouija aussi vite regardé aussi vite oublié, alors qu’il aurait pu être mûrement réfléchi, sans le dogme conventionnel de la forme avant le contenu. Preuve une fois de plus que les studios pensent à l’argent davantage qu’à la création. Mais nous n’apprenons rien. A nous de ne pas succomber à l’emballage pour un piètre chocolat. Tout dépend de votre budget pour Halloween…

Dans le noir : bande-annonce

Dans le noir : fiche technique

Titre original : Lights Outdans-le-noir-poster

Réalisation : David F. Sanderg
Scénario : Eric Heisserer, David F. Sanderg (d’après son court métrage du même nom)
Interprétation : Teresa Palmer (Rebecca), Gabriel Bateman (Martin), Alexander DiPersia (Bret), Billy Burke (Paul), Maria Bello (Sophie), Alicia Vela-Bailez (Diana), Andi Osho (Emma), Rolando Boyce (Officier Brian Andrews), Maria Russell (Officier Gomez), Lotta Losten (Esther)…

Photographie : Marc Spicer

Musique : Benjamin Wallfisch
Montage : Michel Aller et Kirk M. Morri
Décors : Jennifer Spence, Shannon Kemp, Lisa Son
Costumes : Kristin M. Burke
Production : Atomic Monster, Grey Matter Productions, New Line Cinema, RatPac-Dune Entertainment, Warner Bros.
Distributeur : Warner Bros France
Durée : 81 minutes
Genre : Horreur
Date de sortie : 24 Août 2016 (France) – 22 juillet (usa) …

Etats-Unis – 2016

En VOD sur Outbuster : The Devil’s Path, Peppermint Candy, My Queen Karo et The Attorney…

 Micro-critiques des films du mois d’août sur Outbuster

The Devil’s Path, Peppermint Candy, My Queen Karo et The Attorney

L’été est presque terminé, mais Outbuster n’en a pas fini de nous fournir des œuvres injustement méconnues en France. Un polar japonais bien huilé, un mélodrame corréen, une reconstitution historico-familiale belge et un thriller politico-judiciaire coréen. Un beau panel de films éclectiques qu’il serait dommage de continuer à ignorer.

Devil’s Path (Kazuya Shiraishi, Japon, 2013) : Ce polar se distingue par son ambiance sombre et sa structure alambiquée. Son premier tiers s’apparente à un Zodiac à la sauce nippone, suivant l’investigation d’un journaliste chevronné autour d’une série de meurtres. Que celui-ci fasse constamment des allers-retours entre les lieux de son enquête et le parloir d’une prison où est enfermé son principal témoin apparait alors frustrant dans le développement de l’intrigue. Mais celle-ci va exploser dans le second tiers, sous la forme d’un long flashback empruntant aux codes des films de yakuzas. Loin de la violence d’un Fukasaku ou du lyrisme d’un Kitano, la réalisation s’inscrit dans un réalisme glaçant. Le film ira se terminera en reprenant le fil astucieux de son investigation pour se conclure dans une scène de procès qui aurait mérité de prendre plus de place dans la narration. L’ensemble n’en reste pas moins un thriller noir parfaitement maitrisé et interprété sans fausse note.

Peppermint Candy (Lee Chang-Dong, Corée du Sud, 1999) : Même si un pétage de plomb peut sembler amusant, il ne faut pas oublier qu’il peut finir de la plus dramatique des façons et qu’il révèle des failles psychologiques qui méritent d’être soignés. C’est ce que nous rappelle cette biographique à la narration anti-chronologique de Yongho. 8 ans avant le très beau Secret Sunshine, où il explorait déjà la thématique du deuil, Lee Chang-Dong utilisait astucieusement un procédé narratif similaire à celui de Irréversible étiré sur 20 ans pour nous faire saisir les origines des fêlures internes et des remords qui pousseront son personnage à se suicider. La chronique d’une mort annoncée moralement éprouvante et une histoire d’amour contrariée tout simplement bouleversante, le tout reposant sur un habile mélange des genres, comme les coréens savent si bien le faire, qui en dit long sur l’état du pays… avec en bonus, une méthode de drague qui semble infaillible.

My queen Karo (Dorothée Van Den Berghe, 2009) : Nous avons, en France, été nombreux à découvrir Matthias Schoenaert dans Bullhead, donnant injustement de lui l’image d’un homme massif et bourru, mais, dans sa Belgique natale, cet acteur plein de délicatesse avait déjà été découvert grâce à de petites productions locales telles que ce My Queen Karo. Le regard porté par une gosse d’une dizaine d’années sur la communauté de hippies dans laquelle ses parents l’élèvent permet de mettre en lumière les contradictions de ces adultes idéalistes. Tiraillée entre les luttes politiques de ses parents auxquelles elle ne comprend rien et ses propres envies d’évasion, cette fillette devra faire preuve de détermination pour se frayer un chemin. Même s’il ne réussit pas à tirer profit de son contexte historique (les années 70), on devine une émouvante part d’autobiographie dans cette interrogation désenchantée sur l’éducation des enfants dans un milieu ultra-permissif et surtout dans lequel ils côtoient des soirées orgiaques.

The Attorney (Yang Woo-Seok, Corée du Sud, 2013) :  Ce que nous propose cette production coréenne est plus que le récit de la rédemption d’un avocat vénal devenant le défenseur des opprimés, c’est avant tout la reconstitution d’une page délicate de l’Histoire récente du pays : La répression musclée, dans les années 80, des mouvements de gauche accusés d’être à la solde de leurs ennemis communistes au Nord de la frontière. Si le rôle-titre n’avait pas été tenu par Song Kang-ho, la plus grande star locale, ce film politique au sujet sensible n’aurait alors sans doute pas été l’un des plus importants succès commerciaux de 2013 au box-office coréen. Il est vrai que l’acteur est excellent et parvient à rendre attachant son personnage malgré tous ses défauts. Un personnage de juriste dont l’avidité est parfaitement exploitée pendant la première heure, avant que ne démarre son éveil politique, et qui ira culminer dans une scène de procès à l’intensité remarquable.