Après 10 jours de compétition acharnée, les différents jury ont enfin rendu leur verdict.
12 films en compétition internationale, 7 films en compétition crossovers, et 20 courts métrages, les jurys et les festivaliers ont eu de nombreuses choses à se mettre sous la dent. Bien que la compétition soit plutôt ouverte, dans le précédent article, certains favoris ont été évoqués. Parmi eux Grave, l’œuvre audacieuse de Julia Ducourneau offrant un souffle d’air frais au cinéma de genre français. Ou encore Another Evil, comédie sur la recherche d’amitié revisitant les codes du film d’exorciste. Comme prévu, les deux films ont été à la hauteur de leur réception en salle.
Another Evil de Carson Mell se voit en effet gratifier de la mention spéciale du jury remise par l’auteur suédois John Avidje Lindqvist, reconnu pour le best-seller Laisse-moi entrer. Brontis Jodorowsky, fils d’Alejandro a quant à lui remis le pris du Méliès d’Argent. Pour rappel, le Méliès d’argent est un prix réservé aux films européens, qui pourront alors concourir avec d’autres lauréats pour le prix du Méliès d’Or au festival international du film de Catalogne à Sitges. Cette année, le film qui pourra espérer décrocher le Méliès d’Or est I am not a serial killer de Billy O’Brien. Pour cette 9ème édition, les crossovers ont également été mis en compétition. Le film qui remporte le prix de cette section dédiée aux films à la croisée des genres est le thriller noir indien, Psycho Raman.
William Lustig, président du jury a eu l’immense privilège de remettre le prestigieux Octopus d’or. Et pour la troisième fois après Buried en 2010 et The Woman en 2011, c’est le même film qui repart avec l’Octopus d’or et le prix du public. Le double lauréat des deux prix les plus importants du festivals est donc pour cette année, Grave qui succède à The Invitation, l’an dernier.
Palmarès du Festival Européen du film fantastique de Strasbourg 2016
Longs métrages :
Octopus d’or – Grave de Julia Ducourneau (France,Belgique)
A l’issue de la saison 1, Alison et Noah avaient quitté leurs conjoints respectifs pour s’installer ensemble, laissant Helen et Cole entre incompréhension, rage et désarroi.
Synopsis : Après avoir refait sa vie avec Alison, Noah est auréolé de succès grâce à son dernier roman plébiscité par les lecteurs et la critique. Accaparé par sa renommée soudaine, il délaisse sa nouvelle compagne et les problèmes s’installent, d’autant que son passé resurgit. Rapidement, il est plongé en pleine tourmente judiciaire et se trouve à nouveau confronté à un choix crucial…
Alison était tombée enceinte, et Noah avait écrit un roman inspiré de leur rencontre et de la vie à Montauk, ouvrage qui s’était rapidement imposé comme un best-seller : tout leur souriait. Oui mais voilà, c’était le calme avant la tempête. Les enquêteurs, que l’on voyait déjà mener leur investigation au sujet d’une étrange affaire, sont de retour ; ils sont en passe de résoudre le meurtre de Scotty Lockhart, le frère de Cole, et ont enfin trouvé un suspect en la personne de… Noah ! Plus sombre, plus mystérieuse, cette seconde saison, qui lorgne du côté du thriller, reprend ses thèmes fétiches pour les revisiter sous un angle nouveau, faisant passer l’intrigue de la sphère privée à la sphère publique.
Chacun sa route, chacun son chemin
Alors que l’on s’était habitués à une narration à deux voies menée par Alison et Noah, ici, les conjoints évincés prennent leur revanche et gagnent eux-aussi le droit de s’exprimer, éclatant le récit en quatre parties bien distinctes et rompant par la même occasion cet effet de vase clos propre à la première saison. Alison s’ennuie chez elle et délaisse ses études, pendant que Noah parcourt les quatre coins du pays afin de promouvoir son livre, tout en succombant au charme de quelques admiratrices. De leur côté, tandis qu’Helen se reconstruit auprès d’un nouvel amant qui semble la rendre heureuse, Cole sombre dans la déprime et peine à surmonter l’épreuve. Cette nouveauté offre la possibilité aux spectateurs d’en découvrir davantage sur les grands perdants de l’histoire, et le procédé s’avère efficace car générateur d’empathie. On retient surtout le personnage de Cole, interprété par Joshua Jackson, qui prend de plus en plus d’importance au fil des épisodes. Touchant, cet homme au destin brisé nous émeut par sa détresse et l’amour qu’il porte encore à Alison, au point qu’un basculement s’opère : l’ancienne serveuse devenue femme au foyer, qui n’aspirait qu’à quitter son mari dans la saison précédente, se trouve en proie au doute et envisage de remettre le couvert avec son ex, notamment parce qu’elle n’est pas épanouie avec Noah. Là encore, les créateurs de la série parviennent à disséquer les rouages de l’intime en montrant qu’après la passion et la fougue s’installe la routine, ce tue l’amour fatal à bien des relations. Ce revirement est triste mais aussi jubilatoire : le trompeur est trompé à son tour, c’est l’arroseur arrosé, et on comprend par la même occasion que les liens qui unissent Cole à Alison, intenses et profonds, sont peut-être plus complexes que l’on ne croyait. Ce retour de flamme saisissant arrive encore à nous faire ressentir des émotions aussi fortes que pudiques, garantissant à The Affair une assise certaine auprès du public, encore impacté par la dimension psychologique du show, toujours aussi juste.
Bonjour tristesse
On constate que par bien des aspects, la saison 2 fonctionne comme le miroir de la saison 1, mais à l’envers. Ainsi, Noah et Alison, dont l’histoire était clairement ascensionnelle dans les dix premiers épisodes, connaissent une crise de couple et leur complicité se dégrade progressivement. Cette évolution est motivée par plusieurs thèmes centraux qui réaffirment une fois de plus le statut très réaliste de The Affair, drame psychologique qui calque son intrigue sur la vie, la vraie. Tout n’est pas rose, et les problèmes de chacun affectent l’équilibre de tous. Noah n’a plus les pieds sur terre et son succès le grise ; Alison remet tous ses choix en question ; Cole boit pour oublier le chagrin ; Helen perd brièvement le contrôle de sa vie ; Bruce se rend compte qu’il vit dans le mensonge depuis des années et quitte sa femme ; Scotty déraille et les problèmes financiers de sa famille le poussent à nouer des relations douteuses. Les rivalités entre les clans s’accentuent, le linge sale est lavé en public, le vernis craque : tout vole en éclats. Le programme, qui prend parfois des airs de série chorale, élargit son panel de protagonistes et multiplie les noeuds dramatiques pour varier les registres : plus rien ne va, et Scotty, le mouton noir de la famille, s’enlise dans une spirale infernale qui préfigure la déchéance de plusieurs personnages, Noah en tête. Très grave, l’intrigue délaisse progressivement romance et érotisme sulfureux pour une ambiance plus crue et une tonalité plus abrupte : faillite, addiction à la drogue, conflits d’intérêt familiaux, descente aux enfers des uns, ruine des autres et trahisons à tous les étages sont au rendez-vous de cette seconde saison pour un résultat efficace, mais qui perd de sa magie.
Whodunnit ?
On le sait désormais, la mystérieuse enquête amorcée dans la saison précédente portait en fait sur la mort de Scotty, survenue à Montauk le soir du mariage de Cole avec sa nouvelle compagne. A cet événement, tout le monde était convié : Alison, Helen, Noah, mais aussi les ennemis du clan Lockhart. Tant de suspects potentiels dans cette affaire nébuleuse. Retrouvé sans vie au bord d’une route, Scotty, endetté et cocaïnomane, aurait été renversé volontairement par une voiture. Mais qui conduisait ? Rapidement, les soupçons des policiers se portent sur Noah, qui aurait un motif solide : Scotty a flirté avec sa fille aînée Whitney et l’a mise enceinte, affront que l’écrivain n’aurait pas avalé. Les preuves s’accumulent et jouent contre lui, Alison et Helen s’en mêlent et y mettent leur grain de sel, la bataille judiciaire fait rage et leur linge sale est lavé en public. Mais, dans cette série qui se garde bien de tomber dans un quelconque manichéisme, on remarque vite qu’aucun des protagonistes ne paraît irréprochable, ce qui corse l’affaire ! Là encore, comme dans la saison 1, la narration reste éclatée chronologiquement et le récit est morcelé, les révélations nous sont dévoilées petit à petit, ce qui entretient le suspense, d’autant que des flashbacks brumeux viennent titiller notre curiosité et faire planer le doute. Finalement, l’identité du coupable sera révélée, et Noah se retrouvera à nouveau confronté à un choix crucial qui résonne comme un écho à la saison 1 : une fois de plus, il devra choisir entre Alison et Helen, sorte de retour à la case départ qui sonne comme le glas d’une parenthèse enchantée bel et bien terminée. Vers qui ira sa loyauté ? Réponse le 20 novembre !
En résumé, The Affair reste fidèle à son style et conserve son identité propre mais pâtit d’une trop grande disparité de registres qui fait basculer la série dans le thriller, ce qui est dommage. Pourquoi avoir introduit une affaire de meurtre au sein d’un show qui se présentait au départ comme un drame psychologique de l’intime ? Redondante par certains aspects et trop gourmande par d’autres, cette seconde saison se disperse et amorce une direction risquée mais continue cependant de travailler des thèmes universels avec pertinence.
Après une saison 2 mouvementée et riche en rebondissements, The Affair revient sur nos écrans le 20 novembre 2016. Cela mettra-t-il fin au suspense ?
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The Affair : Fiche Technique
Créateurs : Sarah Treem et Hagai Levi
Réalisation : Jeffrey Reiner, Ryan Fleck, Anna Boden, John Dahl, Laura Innes, Scott Winant, Michael Slovis
Scénario : Sarah Treem, Alena Smith, Anya Epstein, Sharr White, David Henry Hwang, Abe Sylvia
Interprétation : Dominic West (Noah Solloway) ; Ruth Wilson (Alison Bailey) ; Maura Tierney (Helen Solloway) ; Joshua Jackson (Cole Lockhart) ; Colin Donnell (Scotty Lockhart) : John Doman (Bruce Butler)
Image : Steven Fierberg, Tod Campbell
Musique : Marcelo Zarvos
Production : Sarah Treem, Andrea P. Stilgenbauer, Abe Sylvia, Sharr White
Genre : Drame
Format : 12 épisodes de 50 minutes
Chaine d’origine : Showtime
Diffusion aux USA : Depuis le 4 octobre 2015
Diffusée depuis octobre 2014 sur le network Showtime aux Etats-Unis et sur Canal + Séries en France, The Affair s’est progressivement imposée comme une série de l’intime qui explore avec finesse la complexité des rapports humains.
Synopsis : Le temps des vacances, Noah Solloway, un écrivain et professeur de lettres new-yorkais, part se ressourcer à Montauk dans les Hamptons avec Helen, sa femme de longue date, et leurs quatre enfants. Sur place, alors qu’il est hébergé dans la propriété de son riche beau-père, Noah fait la rencontre d’Alison, une serveuse par qui il est irrésistiblement attiré…
L’intrigue, qui nous montre les conséquences parfois tragiques que peut avoir une relation extra-conjugale sur l’équilibre d’un couple, surfe habilement entre drame psychologique, romance sulfureuse et thriller. Il en résulte un show atypique et singulier dont on retient surtout l’ambiance très particulière, instaurée grâce aux décors naturels, au rythme un peu lent, à la délicatesse d’écriture, aux acteurs excellents mais aussi à la construction scénaristique éclatée qui entretient le mystère. Une réussite quasi-totale, mais qui repose sur un concept fragile : attention à ne pas s’essouffler !
Une atmosphère envoûtante
Tout commence par une rencontre : celle de Noah Solloway, écrivain raté et professeur de lettres frustré, et Alison, petite serveuse de province brisée par la perte récente de son petit garçon. Tous deux sont mariés : lui avec Helen, dont il a quatre enfants. Elle avec Cole Lockhart, propriétaire d’un ranch qui connaît des difficultés financières notables. Ils sont fidèles, et aiment leurs conjoints respectifs. Pourtant, alors qu’ils n’appartiennent ni au même milieu social, ni au même monde, Noah et Alison vont se rapprocher, inéluctablement attirés l’un par l’autre : c’est le coup de foudre.
La force première de The Affair réside dans le fait que le spectateur ressent d’emblée cette attraction, ce désir que chacun éprouve à l’égard de l’autre. Regards, silences, jeu de séduction implicite, puis rapprochement inévitable… Dès le départ, leur relation est chargée d’une rare intensité, charnelle mais aussi psychologique. Les enjeux sont multiples, l’interdit est franchi, la culpabilité s’installe, le tout mélangé au plaisir des sens… Ces sentiments, exaltants mais dangereux, sont remarquablement portés à l’écran par deux acteurs tout en finesse, transfigurés par une passion qui paraît plus vraie que nature.
Autre atout de la série : l’action se déroule en vase clos, dans une petite station balnéaire de l’état de New-York où seuls quelques habitants règnent en maitre, dont les Lockhart, belle famille d’Alison dont la présence sur l’île est tentaculaire. Par conséquent, les deux amants sont en quelque sorte pris au piège de ce lieu où ils sont observés, scrutés. Les ragots circulent, les rumeurs enflent, et le regard du clan Lockhart sur Alison se fait de plus en plus pesant, d’autant que rien n’est simple. Financièrement dépendante de son mari, avec qui elle a traversé une épreuve difficile, Alison est dans une position délicate ; tout comme Noah, entretenu lui aussi par son épouse et engoncé dans un mariage de façade dont il n’arrive pas à s’extraire, d’autant qu’il a quatre enfants. Très réaliste, le show exploite ainsi tous les tenants et les aboutissants d’une relation extra-conjugale et en étudie les multiples conséquences avec une rare intelligence. Simple et pourtant si riche, cette série arrive à faire de son thème de base un noyau dramatique puissant dont découle pléthore de sous-intrigues toutes plus intéressantes les unes que les autres.
Une narration éclatée au service d’un effet puzzle réussi
The Affair repose sur un principe simple : Noah et Alison décrivent, chacun de leur point de vue, l’évolution de leur relation. Ainsi, chaque épisode est divisé en deux, la première partie étant racontée par l’un, et la seconde par l’autre. Souvent, les deux segments reviennent sur les mêmes événements, avec des différences notables suivant la version de celui qui s’exprime, détail pertinent et révélateur de la mentalité de chacun. Noah décrit Alison comme une allumeuse pour justifier ses écarts de conduite, tandis qu’Alison fait de Noah un séducteur acharné par qui elle a été harcelée, jusqu’à céder. Ce procédé narratif innovant permet de nous donner accès à l’intériorité des deux protagonistes mais aussi de passer au scalpel les topoï universels d’une liaison : l’homme et la femme se rejettent la faute, refusent leur part de responsabilité, se cherchent des excuses, déforment la réalité. Finalement, on ne saura jamais qui dit vrai, mais c’est en mettant bout à bout les témoignages de Noah et Alison que l’on établit notre propre version des faits.
Enfin, on remarque que la chronologie n’est pas linéaire : la série fait s’entrecroiser plusieurs temporalités, et on comprend au fil du temps que Noah et Alison sont en réalité interrogés par la police sur une affaire dont on ignore encore la teneur. Face aux enquêteurs, ils reviennent donc sur la genèse de leur histoire, et le spectateur s’interroge : sont-ils toujours ensemble maintenant ? Combien de temps sépare leur rencontre de l’enquête ? Que s’est-il passé ? Qui dit vrai ? Les révélations sont faites au compte-goutte, ressort très accrocheur, ce qui introduit une touche de mystère ombrageux à l’ensemble, faisant de The Affair une série complète, à la lisière des genres, entre drame intime, chronique sociale, romance et thriller.
Créateurs : Sarah Treem et Hagai Levi
Réalisation : Mark Mylod, Jeffrey Reiner, Carl Franklin, Ryan Fleck
Scénario : Sarah Treem, Hagai Levi, Eric Overmyer, Melanie Marnich, Kate Robin, Dan LeFranc
Interprétation : Dominic West (Noah Solloway) ; Ruth Wilson (Alison Bailey) ; Maura Tierney (Helen Solloway) ; Joshua Jackson (Cole Lockhart) ; Colin Donnell (Scotty Lockhart) : John Doman (Bruce Butler)
Image : Steven Fierberg, Tod Campbell
Musique : Marcelo Zarvos
Production : Sarah Treem, Andrea P. Stilgenbauer
Genre : Drame
Format : 10 épisodes de 50 minutes
Chaine d’origine : Showtime
Diffusion aux USA : Depuis le 12 octobre 2014
Quand le réalisateur de Luke la main froide et Brubaker s’attaque au polar urbain, le résultat ne pouvait être qu’une plongée hardboiled dans ce que le San Francisco des années 70 avait de moins reluisant.
Il faut croire que le succès des Huit Salopards a pour effet de pousser les distributeurs de vouloir nous faire redécouvrir à quel point Bruce Dern a derrière une carrière fleurissant car, quelques semaines après la réédition de Silent Running, c’est au tour du Flic Ricanant, signé Stuart Rosenberg, de profiter d’une ressortie en Blu-ray/DVD. Réalisée en 1973, cette adaptation d’un roman policier scandinave en transpose l’action dans la Californie des seventies pour en livrer une image sordide où la violence de la rue n’a rien à envier à la corruption de la police. A partir d’une enquête sur le meurtre sanglant d’un inspecteur, qui n’est finalement qu’un prétexte, le duo formé par Bruce Dern et Walter Matthau explore toutes les sphères criminelles de la ville. Leur regard teinté de racisme fait d’eux des anti-héros comme le Nouvel Hollywood les aimait tant et permet surtout de grossir le trait dépréciatif de leurs nombreuses rencontres au sein des diverses communautés qui peuplent la ville. Si les flics avaient en revanche été attachants, cette caractérisation serait moralement contestable mais Rosenberg a pris soin de faire de chacun de ses personnages des êtres détestables, mais dont il est néanmoins plaisant de suivre les tribulations musclées.
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD:
Master restauré HD
Editeur : RIMINI EDITIONS
Format : 1.85 / 16/9 compatible 4/3
Format son : Anglais (Dolby Digital 2.0 Mono), Français (Dolby Digital 2.0 Mono)
Sous-titrage : Français
Couleurs
Durée : 1h50
+ Bonus : « Le Paradis suédois Maj Sjöwall et Per Wahlöö » par François Guérif, directeur des éditions Rivages/Noir (22 minutes) ; Bande annonce originale
Prix indicatif : 14,99€
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES BLU-RAY:
Master restauré HD
Editeur : RIMINI EDITIONS
Format : 1.85 / 16/9 compatible 4/3
Format son : Anglais (DTS-HD 2.0 stéréo), Français (DTS-HD 2.0 stéréo)
Sous-titrage : Français
Couleurs
Durée : 1h50+ Bonus : « Le Paradis suédois Maj Sjöwall et Per Wahlöö » par François Guérif, directeur des éditions Rivages/Noir (22 minutes) ; Comparaison des négatifs avant et après la restauration ; bande annonce originale
Prix indicatif : 19,99€
Synopsis : San Francisco, années 70. Un homme est suivi par un autre. Le premier passe un coup de téléphone. Puis les deux prennent un bus nocturne. Un inconnu pénètre alors dans le même car et en mitraille les passagers. Bilan : huit morts, dont un inspecteur de police. Son ami et partenaire, le cynique et bougon Jake Martin, mène l’enquête selon des méthodes très personnelles, secondé par une jeune recrue, l’arrogant Leo Larsen. L’oeuvre d’un fou, d’un serial killer ? Plutôt que de suivre la piste officielle, Martin obéit à son instinct, convaincu que le carnage trouve son origine dans une vieille affaire…
À l’occasion de sa ressortie en DVD et Blu Ray chez les éditions Rimini ce mercredi 21 septembre, LeMagduCiné a pu découvrir dans sa version restaurée un film méconnu en France, Le Flic ricanant, sorti aux Etats-Unis en 1973. Le long métrage, signé Stuart Rosenberg (Luke La Main Froide ; Amityville) est l’adaptation américaine du roman noir suédois éponyme écrit par le duo Sjöwall et Walhöö, quatrième opus d’une série de dix volets suivant un inspecteur et ses collègues devant faire face à des crimes sordides et à leur propre quotidien dans une Suède rongée par « le mal du libéralisme (économique) », nous explique François Guérif (dirigeant des éditions Rivages Noir) dans un documentaire des bonus des supports. Dans le film, l’action a été transposée aux États-Unis, mais bien des éléments des romans originaux ont justement gardés, tels que le travail de minutie dans la retranscription du quotidien policier.
En effet, regarder Le Flic Ricanant, c’est d’abord observer de nombreux gestes, ceux des officiers de police sur la scène de crime, aux postes de polices, lors d’une attaque, dans la rue à la recherche d’indices, bref, au travail. Toutefois Rosenberg n’en oublie pas son personnage principal, John Martin (nommé Martin Beck dans le roman), assez justement interprété par Walter Matthau (voir photographie de couverture ou le visuel du blu ray). Cet inspecteur bougon vient de perdre son coéquipier. S’il est en deuil, le protagoniste est surtout usé par son métier, abimé par la ville en déchéance qu’il tente de protéger. Lorsqu’il rentre chez lui, il échange peu de mots avec sa femme, mère au foyer, quelques uns avec sa fille, mais aucun avec son fils. Lorsqu’il hausse la voix avec sa femme, Martin s’excuse rapidement. Il n’a pas à faire subir ça à sa femme, qui constate l’usure morale et physique de son mari. Lorsque ce dernier rentre rarement chez lui, il mange seul et surtout passe son temps dans son bureau, isolé dans sa musique jazz digne du Rat Pack, soit l’écho d’un temps passé, sinon le son d’une époque fantasmée. Car Le Flic ricanant filme la misère, et le mal sous toutes ses formes d’une ville déchue, San Francisco. Oublié le Golden Gate et la Silicon Valley, voici San Francisco, une vieille grande ville sordide où l’espoir ne semble plus avoir de place. Même le fils de Martin goûte la pornographie dans des spectacles obscurs où des jeunes femmes mineures se tortillent pour quelques dollars. Lorsque le jeune rentrera, le père ne lui dira finalement pas un mot, il préfèrera s’isoler à nouveau, comme s’il n’arrivait plus à agir sur le monde en tant que père, mari, et individu, excepté lorsqu’il avance en tant que corps policier.
Un corps d’inspecteur dont les protocoles sont sûrs, répétés, assez connus pour être déformés pour proposer une nouvelle gestuelle. Rosenberg filme à hauteur d’homme le policier et ses collègues, êtres qui subissent la violence de la drogue, de la prostitution, des arrangements d’hommes haut placés, ou encore d’individus rongés par l’argent et la possibilité d’en avoir plus dans ce système rongé par le capitalisme libéral. Cette Amérique déchue est filmée par Rosenberg avec un certain réalisme documentaire formidable, appuyé notamment par l’importante présence de la musique dans la diégèse, soit dans les radios, et autres appareils d’écoute sonore de l’intrigue. La noirceur du propos, liée à un effet de distanciation créé par ce réalisme, est poussée à tel point que l’absence d’attachement aux personnages semble possible. En effet, nous observons des policiers au travail, San Francisco et ses quotidiens, et chacun des personnages semble si rongé par les maux de la ville (et même du pays) à plus ou moins grande échelle qu’il semble parfois impossible d’avoir de l’empathie pour eux : on pense à Martin qui s’isole du monde et qui s’énerve quitte à être parfois violent (voir une scène avec la copine de son ex-coéquipier) ; à celui de l’impeccable Lou Gosset qui vire parfois dans la violence; au personnage du commissaire complètement hystérique qui pense trop beaucoup à la presse (voir le personnage à droite sur la photographie ci à droite) ; ou encore au deuxième premier rôle – joué par Bruce Dern (au milieu sur l’image) – homophobe, bêtement casse-cou, violent, possiblement raciste et dragueur lourdingue.
Cette obscure vision d’une Amérique en déchéance n’était toutefois pas la première à être proposée au cinéma. En effet, on pense très vite à Bullit et French Connection sortis respectivement en 1968 et 1971. Le premier avait d’ailleurs bouleversé les normes de la fiction en apportant un réalisme documentaire très surprenant qui apportait énormément à la captation de la gestuelle des policiers dans leurs quotidiens personnels et professionnels. La course poursuite du film de Rosenberg tend à rappeler celle de Bullit, l’une des meilleures au cinéma et des plus spectaculaires, notamment grâce au travail du rapport réalité/fiction par la réalisation. Elle n’atteindra jamais sa qualité et sa puissance tant elle manque d’énergie, de nervosité et de vitesse (on notera sur l’un des plans au lointain sur la poursuite que les deux véhicules avancent très lentement dans ce qui est censée être une poursuite). Par ailleurs, French Connection utilisait aussi l’imagerie documentaire (d’après les dires mêmes du réalisateurs) pour capter le travail et aussi l’intimité de ses deux héros policiers à New-York, rongée par la misère, sale et grise, et abimée par ses trafics, parfois cachés derrière de beaux vêtements. Les héros de ce film et de Bullit principaux sont abimés par l’ensemble dont ils font partie, et aussi par leurs quêtes / leurs devoirs de policier, perturbant leur intimité, et parfois allant jusqu’à les faire passer dans l’abîme qu’ils chassaient. Pour le dernier cas, on pense bien sûr ici à French Connection et son protagoniste interprété par Gene Hackman pour lequel notre s’empathie tend à disparaître au fur et à mesure du film jusqu’à son passage dans les ténèbres.
Ainsi Le Flic ricanant ne révolutionne pas le cinéma comme semble l’avoir fait les romans (notamment d’après les dires de François Guérif dans le même documentaire), mais il est un excellent film noir qui gagne à être connu, et même reconnu. Les bonus comportent le très intéressant documentaire cité plusieurs fois dans cet écrit. Il a pour titre Le Paradis Suédois selonMaj Sjöwall et Per Walhöö, considérés comme les créateurs du polar scandinave contemporain. Est aussi disponible dans les bonus la bande-annonce originale du film, et enfin une vidéo comparant le visuel du film avant et après la restauration. Il faut d’ailleurs noter que la remasterisation du film est remarquable, même si un léger flou lié à la luminosité des images est à regretter sur des passages du film. Mais reste à voir si c’est un accident du temps subi par la copie choisie pour la restauration, ou si au contraire, il ne faisait pas parti du négatif original, et/ou s’il n’était pas une intention de la production. En tous les cas, avec cette nouvelle (re)découverte, les éditions Rimini n’ont décidément de cesse de nous surprendre.
Le Flic Ricanant : Bande-annonce
Fiche technique : Le Flic Ricanant
Réalisation :Stuart Rosenberg
Scénario : Thomas Rickman d’après l’oeuvre de Maj Sjöwall et Per Wahlöö
Interprétation : Walter Matthau, Bruce Dern, Louis Gossett Jr., Albert Paulsen, Joanna Cassidy, Anthony Zerbe, Val Avery, Cathy Lee Crosby…
Production : Stuart Rosenberg
Photographie : David M. Walsh
Montage : Bob Wyman
Décors : Doug von Koss
Costumes : Lambert Marks, Nat Tolmach
Musique : Charles Fox
Durée : 110 minutes
Sortie en salles : inédit en France
Les nouvelles littéraires fantastiques de Lovecraft bientôt sur le petit écran.
Après le succès planètaire de Stranger Things sur Netflix et alors que M. Night Shyamalan a comblé de nombreux fans d’épouvante au début de l’année avec l’annonce de la mise en chantier d’une nouvelle série basée sur Les Contes de la crypte, le studio Legendary Pictures travaille actuellement sur un projet ambitieux de série télévisée mâtinée d’horreur. Ce nouveau programme serait une adaptation des récits de l’écrivain Howard Phillips Lovecraft, l’un des maîtres de l’horreur et de la littérature fantastique au même titre que Bram Stoker, Mary Shelley ou Edgar Allan Poe.
Legendary Television, la branche dédiée aux productions télévisées du studio Legendary Pictures, a fait des révélations importantes sur ce projet de série qui devrait honorer les écrits terrifiants de Lovecraft. Seize nouvelles seront adaptées laissant entrevoir une possibilité de 16 épisodes, sur deux saisons. Les premiers récits transposés à la télévision pour les besoins de la série seraient L’Appel de Cthulhu, Le Cauchemar d’Insmmouth et L’Abomination de Dunwich.
De nombreux cinéphiles amateurs du genre fantastique et de littérature avaient été terriblement déçus et frustrés après l’annonce du report puis de l’abandon du film Les Montagnes hallucinées, l’adaptation d’une nouvelle de Lovecraft, avec Guillermo Del Toro derrière la caméra et Tom Cruise dans l’un des rôles-titres.
Les producteurs de cette nouvelle série horrifique ne sont pourtant pas habitués aux codes du genre. Lorenzo Di Bonaventura a notamment travaillé sur G.I. Joe Conspiration et la saga Transformers. Matthew Francis Wilson travaille sur le script de l’épisode pilote.
Les dates de tournage et de diffusion de la série ainsi que la liste détaillée des acteurs n’ont pas encore été communiquées. Ce projet de série aurait même reçu l’aval et l’accord du Lovecraft Estate.
La tâche la plus difficile à relever sera de retranscrire à l’écran l’époque, l’atmosphère et l’esthétique si particulières propres aux nouvelles et au style de Lovecraft ! Les effets spéciaux auront aussi une grande part dans la qualité ou dans la faiblesse de la série. La représentation du bestiaire terrifiant imaginé par l’écrivain de Providence, les Grands Anciens, des monstres effroyables avec une taille parfois démesurée, va demander beaucoup de travail aux équipes de la série. Seront-ils intégralement créés en images de synthèse avec un risque d’avoir à l’écran des effets numériques assez hideux en CGI ou l’utilisation de maquettes, de maquillages et de costumes sera-t-elle privilégiée ?
De nombreux jeux vidéo et jeux de rôle ont été adaptés des œuvres de Lovecraft. Ce projet de fiction pour le petit écran pourrait combler tous les mordus d’horreur et de littérature fantastique. Il ne reste plus donc qu’à se replonger dans l’intégrale des nouvelles de H.P. Lovecraft pour patienter avant la diffusion de cette série.
Les séries horrifiques américaines comme Masters of Horror, American Horror Story, 666 Park Avenue et Fear Itslef risquent donc d’avoir un concurrent sérieux, crédible et de qualité avec ce projet d’adaptation des œuvres de Lovecraft. Le nom précis de la série n’a pas encore été dévoilé.
Prague et Londres : les prochaines destinations de tournage pour le jeune prodige canadien
Alors que vient de sortir en France son dernier filmJuste la fin du monde, avec une pléiade d’acteurs français et couronné par le Grand Prix lors du dernier Festival de Cannes, des informations ont filtré sur le prochain long-métrage du réalisateur canadien Xavier Dolan. Le cinéaste de 27 ans vient de passer une étape importante dans sa jeune et si prolifique carrière avec un tournage qui a débuté cet été à Montréal pour son premier film intégralement en langue anglaise avec The Death and Life of John F. Donovan.
Après J’ai tué ma mère, Les amours imaginaires, Laurence anyways, Tom à la ferme, Mommy et Juste la fin du monde, Xavier Dolan a débuté cet été le tournage de son nouveau long-métrage destiné à un marché encore plus vaste avec l’utilisation de la langue de Shakespeare pour les dialogues.
Le cinéaste juvénile repousse une nouvelle fois les limites et se donne les moyens de ses ambitions. Xavier Dolan a réussi à réunir des actrices et des acteurs d’exception et des grandes stars d’Hollywood pour le casting de ce filmThe Death and Life of John F. Donovan. Le budget de cette production cinématographique est de plus de 20 millions de dollars.
Natalie Portman, Kit Harington, Jessica Chastain, Susan Sarandon, Kathy Bates, Bella Thorne, Chris Zylka, Emily Hampshire, Thandie Newton, Sarah Gadon et Michael Gambon sont notamment à l’affiche de ce drame dans le milieu du cinéma.Des rumeurs évoquent même la présence de la chanteuse Adele. Xavier Dolan avait réalisé le clip de sa chanson Hello. Lors de la promotion et des interviews accordées à l’occasion de la sortie de Juste la fin du monde, Xavier Dolan a tenu à préciser sur le plateau d’Anne-Sophie Lapix, dans l’émission C à Vous, que cette rumeur n’était pas fondée.
The Death and Life of John F. Donovan plonge le spectateur dans la vie quotidienne d’une star hollywoodienne, incarnée par Kit Harington, qui entretient une relation secrète et une correspondance épistolaire avec un jeune britannique de 11 ans. Mais une rédactrice en chef d’un tabloïd, interprétée par Jessica Chastain, va tout mettre en œuvre pour détruire la vie de cet acteur de cinéma.
Ce long-métrage devrait dénoncer les travers de la célébrité et apporter une vision intimiste sur les mœurs du show-business et sur la vie quotidienne des protagonistes qui évoluent dans cet univers. Les thèmes de la diversité et de l’identité dans le monde du cinéma seront abordés à l’écran. Ce projet tenait à cœur à Xavier Dolan. Il a écrit le scénario il y a déjà plusieurs années. Il n’avait pas véritablement envie de faire un film américain ou sur Hollywood. Le fond du film est sur le show-business et la volonté de s’intéresser à l’envers du décor et d’en dévoiler les travers et les failles. Le réalisateur a considéré qu’il était logique que le film se situe aux USA, avec Hollywood en toile de fond.
The Death and Life of John F. Donovande Xavier Dolan sortira en 2017 mais ne pourra pas être présenté à Cannes en Mai prochain.Le film ne sera pas terminé pour avoir une chance de figurer dans la sélection officielle sur la Croisette. Mais la Mostra de Venise, en Septembre 2017, pourrait être le prochain grand rendez-vous pour une nouvelle consécration pour le réalisateur de Mommy.
Après Montréal et New York cet été, le tournage devrait reprendre au printemps 2017 à Londres et à Prague.The Death and Life of John F. Donovan est l’une des expériences de tournage les plus exigeantes et éprouvantes pour Xavier Dolan et ses acteurs. Cette pause salvatrice de quelques mois devrait permettre au cinéaste canadien d’avoir une totale maîtrise sur son film et de ne pas bâcler cette nouvelle œuvre cinématographique pour des exigences de sortie et de présentation du film à Cannes notamment.
Une autre bonne nouvelle est arrivée récemment pour Xavier Dolan, son film Juste la fin du monde a été choisi pour représenter le Canada dans la course pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. L’année 2017 pourrait être l’année de la consécration internationale pour le jeune réalisateur avec une statuette aux Oscars et un accueil triomphal pourThe Death and Life of John F. Donovanauprès des critiques et du public !
Episode 1 Saison 3 « We’re Good People Now » (« Nous sommes les gentils à présent« )
Synopsis : Annalise enseigne à une classe réduite des courts bénévoles de Clinique Juridique tandis que Frank est toujours en fuite. Annalise, apeurée, loue les services d’un détective privé pour le retrouver et l’arrêter. Durant l’été, chacun est resté en ville près du professeur afin de se rapprocher d’elle, après les événements traumatisants de l’année dernière. Mais, deux mois plus tard, un autre crime mystérieux a lieu, un proche d’Annalise…
Crime et Châtiment
En mars 2016, nous nous étions arrêté à la « résolution » suivante : Frank, payé par une femme de main du puissant Wallace Mahoney, place un micro dans la chambre d’Annalise qui s’apprête à révéler le suicide de la mère de Wes lorsque ce dernier est à l’origine de l’accident qui cause la mort de son enfant. Annalise apprenant l’implication de Frank ne veut plus de sa présence dans la maison. Laurel se retrouve seule à devoir récupérer la confiance de l’avocate. Michaela et Asher continuent de se « voir » en secret. Oliver s’est fait passé pour Connor auprès de l’université de Stanford pour ruiner ses chances et Wes décide de retrouver son père, ce fameux Wallace Mahoney. Mais un sniper lui tire une balle dans la tempe…
Le jeudi 22 septembre, les #ThanksGodIt’sThurday, soirées Shonda Rhimes, reprennent avec la suite « tant attendue » de la saison 3 de HTGAWM. Relativisons, de 14 à 8 millions de téléspectateurs au cours de la 1ère saison, la série est descendue sous la barre des 5 durant la 2ème et si les audiences suivent la pente, Shonda et Peter peuvent craindre de plonger sous les 3 millions et, par conséquent, l’arrêt possible de la série. S’il est vrai que la fraîcheur acidulée liée à la surprise de cette nouvelle série soap-judiciaire qui a crée l’événement en 2015 a laissé place à un schéma relativement bien rôdé entre flash-backs et temps présent, il faut aussi admettre que les scénaristes se sont reposés sur leurs acquis. Il faut s’attendre au choc de départ pour construire/déconstruire la toile sur 15 épisodes. Ici, nous partons sur un corps transporté sur brancard, celui du père de Wes? L’essoufflement se fait sentir et les seuls retours sur les mois précédents nous apprennent des banalités sur la Keating 5. La principale erreur est de vouloir repartir de zéro, chacun se comportant comme d’habitude, malgré ce qui s’est passé dans le manoir des Hapstall la saison précédente, alors qu’indubitablement quelque chose s’est brisé en chacun d’eux. L’overdose se faisait sentir il y a un an, à présent la lassitude prend le pas, d’autant plus que le condamné à défendre est un immigré en possession de marijuana et que nous nous désintéressons complètement de son sort. Il faut combler les vides et le soap prend le pas sur le judiciaire, notamment avec le morceau de jazz suave de l’afro-américain Michael Kiwanuka. La rupture d’Oliver et Connor ne semble pas naturelle et la crédibilité du show en prend sévèrement un coup. Le cliffhanger de fin surprend cependant, car les sauts se feront dans le futur. Les atmosphères bleuâtre froides renvoient aux flashforwards et la mort d’un membre de l’entourage proche d’Annalise/incendie de la demeure seront résolus avant la pause hivernale de novembre/décembre. Le tempo électro électrisant prend des allures de chorale grâce au titre de Son Lux « We Are The One ». Le who dunnit se transforme en who’s is not et chaque semaine on apprendra, par élimination, qui n’est pas mort, à en croire le trailer de promo de l’épisode 2. Nos hypothèses se portent sur Nate, le nouvel amour d’Annalise… Ou alors les nouveaux personnages, Meggy (nouvelle petite amie de Wes) ou la nouvelle tête de classe. A en croire nos confrères à Deadline, Mary J. Blige sera une guest dans cette nouvelle saison. Et selon vous, qui a été tué au cours de l’incendie? Frank est-il encore une fois responsable? Commencez à fomenter vos scénario… How To Get Away With Murder nous bercera, plus qu’elle nous emballera pendant près de 6 mois.
How To Get Away With Murder : Fiche Technique
Réalisation : Bill D’Elia
Scénario : Peter Nowalk
Interprétation: Viola Davis (Annalise Keating), Billy Brown II (Nate Leahy), Alfred Enoch (Wes Gibbins), Jack Falahee (Connor Walsh), Aja Naomi King (Michaela Pratt), Matt McGorry (Asher Millstone), Karla Souza (Laurel Castillo), Charlie Weber (Franck Delfino), Liza Weil (Bonnie Winterbottom), Conrad Ricamora (Oliver Hampton), Corbin Reid (Meggy Travers), Assaf Cohen(Karim Assaf)
Producteurs délégués: Shonda Rhimes, Peter Nowalk, Betsy Beers, Bill D’Elia
Studios de productions : ABC Studios et Shondaland Productions
Format : 15 épisodes de 42 minutes
How To Get Away With Murder : Titres des épisodes à venir
2) There Are Worse Things Than Murder (« Il y a des choses pires qu’un crime ») – 29 septembre – réalisé par Zetna Fuentes et écrit par Angela Robinson
3) Always Bet Black (« Toujours parier Noir ») – 6 octobre – réalisé par Stephen Cragg et écrit par Joe Fazzio
4) « Don’t Tell Annalise » (« N’en parle parle pas à Annalise« ) – 13 octobre –
C’est déjà le dernier jour de compétition pour cette 9ème édition du FEFFS. Un dernier jour qui allie à la fois le très bon et malheureusement le très mauvais.
On pourra dire que globalement la compétition internationale a été de très haut niveau cette année, en proposant des belles petites pépites et des œuvres originales. Clap de fin donc sur la compétition avec les derniers films en liste pour l’Octopus d’or et parmi eux on retrouve certainement le meilleur comme le pire.
[Compétition internationale] Shelley
Réalisé par Ali Abbasi (Danemark,2016) Date de sortie inconnue.
Synopsis : Afin de pouvoir se payer un appartement pour elle et son fils, une jeune roumaine est engagée comme gouvernante par une famille danoise. Vivant dans une maison perdue dans la forêt et privée d’électricité, la jeune femme va se proposer pour devenir mère porteuse pour le couple.
Difficile de passer après Rosemary’s Baby qui même 47 ans après reste un standard absolu. Shelley renoue donc avec cette idée de la menace maléfique d’une grossesse. Qu’on le dise de suite, Shelley est raté de A à Z. Il est en effet difficile de trouver un point positif tellement le film parait insignifiant. L’élément le plus important dans ce genre d’exercice est bien évidemment la mise en place d’une ambiance. Ambiance qui devra être angoissante, or Abbasi passe complètement à côté et on se retrouve avec un film d’une platitude extrême.
Pourtant ce n’est pas faute d’essayer, tellement le réalisateur fait dans le forçage pour instaurer son angoisse. Le décor ( maison perdue dans la forêt sans électricité), l’utilisation du son, tout cela semble forcer à un point inimaginable. Et en plus de l’ambiance inexistante, l’histoire est quant à elle insipide. Si la première partie propose un embryon d’histoire intéressante, une fois que le bébé est là, le film part dans une direction farfelue, complètement invraisemblable. Il faut dire que les acteurs n’aident pas beaucoup, et notamment le père. Shelley est un plantage sur toute la ligne et repartira certainement avec le titre de pire film de la compétition.
[Compétition Crossovers] Dogs
Réalisé par Bogdan Mirica (Roumanie, 2016) Date de sortie 28 septembre 2016
Synopsis : Roman vient de recevoir en héritage de son grand-père une grande parcelle de terre. Décidé à la vendre, il se heurte à une bande de gangsters locale prêt à tout pour lui faire changer d’avis.
Présenté dans la catégorie Un Certain Regard au dernier festival de Cannes, Dogs est le premier film de Bogdan Mirica. Présenté comme un « eastern » par opposition au western, le film cultive effectivement les influences de ces œuvres américaines. Dogs est une véritable ode aux grands espaces et au paysage rural roumain. L’ambiance se rapproche de la brutalité de l’ouest sauvage, avec ses règlements de comptes entre bandes rivales ou ses meurtres sordides.
Visuellement réussi, Dogs va cependant s’embourber dans un rythme beaucoup trop contemplatif. Si certaines scènes bénéficient clairement de ce rythme lent ( la très bonne scène de découverte du pied par le policier), les longueurs beaucoup trop fréquentes risquent d’assommer assez facilement le spectateur. Pas très accessible, Dogs n’en reste pas moins une œuvre intéressante dont la représentation de cet est sauvage vaut le détour. Dogs montre encore une fois la richesse du cinéma roumain avec cet incursion réussie dans le cinéma de genre.
[Compétition internationale] Grave
Réalisé par Julia Ducournau (France,2016) Date de sortie 15 mars 2017
Synopsis : Justine, jeune végétarienne vient d’intégrer une grande école vétérinaire. Lors de la semaine d’intégration, elle est contrainte de manger un rein de lapin. Cela va agir comme une catharsis et révéler des instincts cannibales qui sommeillaient en Justine.
Dire que Grave était attendu serait un euphémisme. Le premier film de Julia Ducournau jouit en effet déjà d’une petite réputation qu’il s’est forgé dans plusieurs festivals comme celui de Toronto ou l’Etrange festival. De part son postulat de base très alléchant, Grave va mettre en scène l’éveil de son personnage principal. Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence si le nom du personnage renvoie à la vertueuse Justine de Sade. En utilisant un thème propre au film de genre, Ducournau va donc réalisé une œuvre très forte sur cette métamorphose d’une jeune fille.
Ne lésinant pas sur les moyens mis à sa disposition, la réalisatrice va offrir aux spectateurs de nombreuses scènes très limites. Toujours sur la ligne, Ducournau évite à son film de tomber dans un ridicule grotesque, et reste convaincant de bout en bout (même sur la scène finale). Dispersant une atmosphère de malaise tout au long du métrage, le film est bien loin de s’arrêter à son propos choc. Grave est une oeuvre drôle, audacieuse et borderline. Coup d’essai et coup de maître pour la jeune réalisatrice.
[Compétition internationale] Pet
Réalisé par Carles Torrens (USA,Espagne 2016) Date de sortie inconnue.
Synopsis : Seth est employé dans une fourrière. Il tombe un jour sur une ancienne camarade lycée, Holly. Devenu obsédé par cette fille, Seth va tout mettre en oeuvre pour qu’elle soit sienne. Quitte à aller jusqu’à la séquestrer.
On retrouve ici encore un film déjà présenté à l’Etrange Festival. Le début du film bien que classique est plutôt bien exécuté. On arrive à s’attacher à ce jeune homme timide campé par un sympathique Dominic Monaghan. Une fois que Pet bascule dans son récit de séquestration, le film devient de pire en pire. Pourtant cette idée d’inversion des rapports dominants/dominés aurait pu être très intéressante, sauf qu’elle est ici très mal exploitée.
Le gros problème réside dans le premier des retournements scénaristiques dont va avoir recours le film. Il est en effet complètement absurde et fait perdre un grand capital de crédibilité au film. On aurait pu avoir une œuvre malsaine, on se retrouve finalement avec une oeuvre grotesque. D’autant plus que Torrens ne s’arrête pas là et va avoir recours à de nombreux rebondissements tous ratés. Pour ajouter à cela, Ksenia Solo peine véritablement à être convaincante. Pet est un véritable potentiel gâché par des choix scénaristiques extrêmement douteux couplés à une réalisation fainéante.
[Midnight Movies] Yoga Hosers
Réalisé par Kevin Smith (USA,2016) Date de sortie inconnue.
Synopsis : Colleen Colette et Colleen Mackenzie sont les meilleures amies du mondes. Contrainte par le père de Colleen C. de travailler un vendredi soir dans la supérette de ce dernier, les voilà confrontées à une armée de saucisses nazis nommées les Bratzis.
Dernier midnight movies de cette 9ème édition, Yoga Hosers est le dernier film du génial Kevin Smith. Deuxième volet de sa trilogie canadienne, le film débute comme une sorte de retour à l’ambiance des Clerks ayant fait la réputation de Smith. Revenant sur l’émergence du fascisme au Canada, Smith va faire basculer son film dans la comédie horrifique en y incorporant des knackis nazis. Yoga Hosers va alors tout se permettre, et ce même dans le mauvais goût.
Indéniablement fun, Yoga Hosers se révèle plein de surprises. Idées de mises en scènes rappelant Scott Pilgrim, de l’humour noir, un Johnny Depp méconnaissable, les ingrédients sont nombreux. Avec un casting cinq étoiles et les très attachantes Lily-Rose Depp et Harley Quinn Smith, Yoga Hosers propose une galerie de personnages très réussies. Un midnight movie complètement barge, référencé et pop. Un midnight movie réussi en somme. Et puis un petit hommage à la France, ça fait toujours plaisir.
Avant les résultats qui vont être dévoilé ce samedi lors de la cérémonie de clôture, on peut se lancer dans un petit jeu de pronostic. Si certains films se détachent clairement comme Grave ou Jeeg Robot et qui repartiront certainement avec un prix, d’autres ont été de véritables surprises. C’est le cas notamment de Another Evil dont l’adhésion de la salle pourrait lui rapporter le prix du public ou de The Open et son traitement original. La compétition reste très ouverte et de nombreux films ont leur chance.
Synopsis : Une famille de Manhattan hérite d’une maison à Brooklyn, dont le rez-de-chaussée est occupé par la boutique de Leonor, une couturière latino-américaine. Les relations sont d’abord très cordiales, notamment grâce à l’insouciante amitié qui se noue entre Tony et Jake, les enfants des deux foyers. Mais le loyer de la boutique s’avère bien inférieur aux besoins des nouveaux arrivants. Les discussions d’adultes vont bientôt perturber la complicité entre voisins…
Money Monster
Il n’y a pas si longtemps, l’immense documentariste Frederick Wiseman nous a gratifié d’un édifiant In Jackson Heights, un film qui rendait compte de la tentative d’hyper-gentrification de certains quartiers new-yorkais, ici, le très cosmopolite Jackson Heights du boro de Queens. Wiseman prenait le temps d’expliquer les méthodes plus ou moins scélérates des investisseurs immobiliers pour déloger les petits commerçants, afin d’y installer des enseignes plus juteuses et soi-disant plus attrayantes, le tout financé par des taxes prélevées auprès des habitants eux-mêmes (ce fameux modèle du Business Improvment District qui inspire jusqu’à nos bonnes villes françaises…)
Brooklyn Village, le nouveau film d’Ira Sachs surfe sur cette même réalité de la gentrification. Brian Jardine (Greg Kinnear, remarquable de sobriété) hérite d’un immeuble dans Brooklyn à la mort de son père. Avec sa petite famille, il quitte Manhattan pour s’installer dans l’appartement du défunt. Son fils Jake (Theo Taplitz) se lie vite d’amitié avec Tony (Michael Barbieri), le fils de Leonor, la couturière qui loue de tout temps le local au rez-de-chaussée pour son activité. Très vite, le torchon brûle entre les deux familles quand Brian et sa sœur Audrey, qui veut elle aussi sa part du gâteau paternel, demandent un fort « réajustement » du loyer à Leonor (personnage interprété de manière très juste par la chilienne Paulina Garcia, la récente et magnifique Gloria du réalisateur Sebastián Lelio, ou encore la très déjantée Mami de la Voix off de Cristián Jimenez).
Ira Sachs a déjà évoqué ce problème dans son précédent film, Love is strange, dans lequel un couple de bobos établis et vieillissants de Manhattan n’arrivent plus à vivre sous le même toit, lorsque l’un des membres du couple perd son travail après que le directeur de l’école très catholique où il enseigne a découvert son homosexualité.
Dans l’un et l’autre de ces deux films, Ira Sachs est à la fois concerné par cette nouvelle donne économique que par les personnages eux-mêmes. Mieux, en apportant toutes les nuances possibles à la caractérisation de ses personnages, en leur insufflant une dimension humaine aussi riche que possible, il permet de voir combien l’interférence de l’argent est grande sur les relations interpersonnelles.
En effet, voilà deux familles infiniment aimables que l’amitié entre les enfants lie avant qu’elles ne se déchirent, presque malgré elles. On découvre Brian à la réception qui suit les obsèques de son père, affable et stoïque. A la fin de la réception, il descend les poubelles d’un pas ferme, mais arrivé en bas de l’escalier, hors de la vue de tous, il s’écroule et pleure à grands sanglots la disparition de son père. Le cinéaste n’a pas peur de s’attarder sur de telles scènes pour partager l’intimité de ses personnages. Ici, la scène, prenant place très tôt dans le métrage, suffit pour montrer que Brian n’est pas un insensible sans cœur qui ne serait attiré que par le gain. A l’inverse, Leonor, une douce femme que son statut d’immigrée chilienne rend encore plus réservée, sait se montrer manipulatrice, voire mesquine, après que Brian lui a exposé son projet immobilier. Le cinéaste évite le manichéisme, et la lutte des classes qui se dessine ici en filigrane, où la reproduction sociale semble être malheureusement la règle, est nuancée par la réalité vécue par les personnages (les capitalistes, ceux qui possèdent du patrimoine, ne sont pas forcément riches au quotidien).
Mais le sujet encore plus central de Brooklyn Village, ce sont véritablement Jake et Tony. Le cinéaste sait s’attarder sur la naissance et la fragilité de leur amitié. Son point de vue est celui de Jake, un de ces adolescents que l’on dit hâtivement être mal dans sa peau, un peu efféminé (à cause de ses cheveux longs, les camarades de Tony l’interpellent en le surnommant Kathy Perry), possiblement gay. Mais le personnage de Tony est également riche, un jeune légèrement insolent, dont le père est en vadrouille de par le monde pour des raisons professionnelles. On perçoit aisément une deuxième couche beaucoup plus sensible qu’il essaie de protéger dans une gangue de petit dur qu’il s’évertue à construire. Tony est volubile, tactile, et toute cette exubérance est construite intelligemment par Ira Sachs pour montrer combien l’absence paternelle empêche la sérénité et la confiance chez le jeune garçon, alors qu’au contraire l’évolution de Jake est magnifiquement encadrée par la présence de Brian.
Le cinéaste new-yorkais réussit une fois de plus à dessiner brillamment une relation entre deux hommes, qu’on a pu voir dans le très autobiographique et très intense Keep the lights on, ou encore Love is strange déjà cité, même si ici, il s’agit de « Little men », comme le précise le titre original du film. Quel que soit l’avenir de cette amitié naissante entre Jake et Tony, on devine très clairement combien elle va façonner les petits hommes qu’ils sont et que les adultes contre lesquels ils s’adossent participent à conduire sur un long chemin. Même s’il lui manque d’un peu de matière pour en faire un grand film, même s’il n’arrive pas vraiment à la hauteur des films de Ozu auxquels on le compare souvent, et même si l’ambiance générale du métrage est un peu trop low key, Brooklyn Village est un film attachant et sensible qui mérite d’avoir obtenu le Grand Prix au dernier festival du film américain de Deauville.
Brooklyn Village : Bande-annonce
Brooklyn Village – Fiche technique
Titre original : Little Men
Réalisateur : Ira Sachs
Scénario : Ira Sachs, Mauricio Zacharias
Interprétation : Michael Barbieri (Tony Calvelli), Theo Taplitz (Jake Jardine),Jennifer Ehle (Kathy Jardine), Paulina García (Leonor Calvelli), Alfred Molina (Hernan), Greg Kinnear (Brian Jardine), Talia Balsam (Audrey)
Musique : Dickon Hinchlife
Photographie : Óscar Durán
Montage : Mollie Goldstein, Affonso Gonçalves
Producteurs : Ira Sachs, Lucas Joaquin, Producteurs délégués : Joe Aliberti, Tom Dolby
Maisons de production : Charlie Guidance Productions, Faliro House Productions, Race Point Films
Distribution (France) : Version Originale/ Condor
Récompenses : Grand Prix, Festival de Deauville 2016
Durée : 85 min.
Genre : Drame, famille
Date de sortie : 21 Septembre 2016 Etats-Unis, Grèce – 2016
L’Histoire américaine pourrait finalement ne se résumer qu’à deux choses : l’immigration et la guerre. Tel est en tout cas le cœur du tableau que Raffi Pitts a dressé de ce pays où l’espoir semble être devenu un luxe.
Synopsis : Après plusieurs tentatives infructueuses, Nero parvient à passer la frontière mexicaine et revenir aux Etats-Unis, le pays où il a grandit mais qui le considère à présent comme un clandestin. Il va annoncer à son frère, arrivé avant lui, que son seul moyen d’odtenir la nationalité américaine est de s’engager dans l’armée.
American D.R.E.A.M.
Déjà six ans que l’on n’avait plus de nouvelles de l’iranien Raffi Pitts, de quoi laisser craindre que son exil forcé lui ait ôté toute inspiration artistique. Loin s’en faut ! Il nous revient via un film qui parle de ce qui semble être à présent son quotidien, à savoir le déracinement, et qui peut également se targuer d’être l’une des peintures les plus abouties de l’Amérique contemporaine. Ses propres origines apparaissent dans la scène d’ouverture, où un personnage encore non-identifié déclame une courte fable animalière, renvoyant aussitôt à la culture persane, et qui va aider à donner à ce qui va suivre des allures de conte allégorique. Et soudain, on s’aperçoit que cet orateur n’est autre que le passeur chargé de faire passer au jeune Nero le mur qui sépare sa terre natale de sa terre d’accueil. Dès lors, l’universalité du récit se double d’uneindiscutable résonance politique, en particulier au regard du discours du candidat Trump à l’égard de cette frontière perméable qui semble être la cause de tous les maux de la première puissance mondiale, celle-là même qui est le fruit de plusieurs siècles d’immigration. Heureusement pour lui (ou pas), Nero va réussir à atteindre le sol américain… Il lui reste alors à savoir comment s’intégrer, socialement comme légalement.
Tout le long du film, le public verra le monde à travers le regard hagard que Johnny Ortiz (American Crime s01) donne à son personnage. Son mutisme est ainsi la marque du parti-pris du réalisateur de ne pas imposer de jugement sur tous les travers de l’Amérique tels qu’il les dépeint, mais on il ne se prive pas de rendre l’observation inconfortable. Dès le premier contact que Nero va avoir lors de ce retour aux Etats-Unis, avec un automobiliste et ancien soldat, magistralement incarné par Michael Harney (aperçu dans la première saison True Detective), on partage sa gêne devant tant de sujets qui font pourtant l’american way of life auquel il aspire : Le rapport aux armes à feu, l’ambiguïté sexuelle ou encore le complotisme le plus crétin. Et cela n’ira qu’en s’amplifiant dans les retrouvailles avec son frère, au cours desquelles son apparente richesse laisse implicitement supposer que sa réussite n’a pu se faire que de manière délictuelle, et dont on comprendra rapidement qu’il n’est qu’un travailleur illégal. Ces deux perspectives d’intégration peu reluisantes appuient encore plus le malaise généré par cette image au vitriol d’une société moralement corrompue.Toutefois ce trouble qui va affecter le spectateur ne semblera pas atteindre la détermination de Néro de profiter d’une loi post-11 septembre permettant l’obtention de la carte verte aux immigrés engagés dans l’armée.
En conséquence directe à cette résolution, et après s’être construit pendant sa première heure comme un road-trip, la seconde moitié du film se rapproche du film de guerre, puisque l’on y suit alors Nero en poste dans un pays du Moyen-Orient indéterminé. Cette rupture stylistique brutale peut frapper alors qu’il est en fait symptomatique des rêves brisés du jeune mexicain qui, de cet idéal américain auquel il espérait tant appartenir, ne fera qu’en subir la pire violence. Ironie du sort, il a pris la place de ceux qui, peu de temps plus tôt, apparaissaient encore à ses yeux comme les oppresseurs, puisqu’il est en charge de la surveillance d’un poste-frontière. A ce moment-là, ses camardes de bataillons (essentiellement des afro-américains, ce n’est pas anodin non plus) le considèrent encore comme un étranger. Nero reste encore une fois en retrait, croyant encore au fond de lui que son intégration se fera lors du retour au pays, incapable qu’il est d’admettre qu’il n’y est pas le bienvenu. Par la force des choses, il en viendra à quitter son poste et à errer dans le désert, dans des images qui renvoient automatiquement au début du film. Un douloureux retour à la case départ en somme, comme iront l’appuyer la brutalité de la dernière rencontre avec des soldats qui semblaient pourtant être un ultime espoir, ainsi qu’un plan final riche en interprétations, et profondément désespéré. Tel est le sentiment qui transparaît de cette mise en scène dépouillée qui empêche à ce pamphlet de sombrer dans la simple démonstration rhétorique.
Dédicacé aux immigrés renvoyés chez eux malgré qu’ils aient servi dans l’armée américaine, Soy Nero est une fable assez bouleversante sur la difficulté de s’acclimater à un pays où l’on ne veut pas de soi. De par sa qualité d’écriture et l’actualité brûlante à laquelle il fait écho, il s’agit immanquablement d’un film politique majeur.
Soy Nero : Bande-annonce
https://www.youtube.com/watch?v=mUAc9GztofE
Soy Nero : Fiche technique
Réalisation : Rafi Pitts
Scénario : Rafi Pitts, Răzvan Rădulescu
Interprétation: Johnny Ortiz (Nero), Ian Casselberry (Jesus), Khleo Thomas (Mohammed), Aml Ameen (Bronx), Rosa Isela Frausto (Mercedes), Michael Harney (Seymour)…
Image : Christos Karamanis
Montage : Danielle Anezin
Musique : Rhys Chatham
Direction artistique : Max Biscoe, Malek Jahan Khazai
Producteur : Thanassis Karathanos, Rita Dagher
Société de production : Senorita Films, Twenty Twenty Vision Filmproduktion GmbH
Distribution : Sophie Dulac
Durée : 127 minutes
Genre : Drame, guerre
Date de sortie : 21 septembre 2016
Nous y sommes presque : dix ans après l’annonce de Final Fantasy Versu XIII sur Playstation 3, suivie malheureusement de plusieurs obstacles retardant sa sortie, nous nous apprêtons enfin à découvrir l’histoire de Noctis et ses amis en novembre prochain (désormais sous l’appellation de Final Fantasy XV sur Playstation 4 et Xbox One).
Synopsis : Une guerre fait rage depuis des années entre l’empire Niflheim qui cherche à étendre son influence sur le monde, et Lucis, un royaume pacifique protégé grâce au pouvoir d’un cristal. Face à la résistance de la ville royale d’Insomnia, capitale de Lucis, l’empire propose de négocier un traiter qui permettrait une paix entre les deux nations…
Game of Fantasy
Suite à l’impatience toujours plus insoutenable de la part des fans, Tetsuya Nomura et Hajime Tabata marquent l’événement avec une série animée centrée sur nos héros, mais surtout, proposent à Takeshi Nozue de réaliser Kingsglaive, troisième film d’animation produit par Square Enix, qui nous présente la mythologie et l’univers du futur jeu. Un long-métrage surprenant que personne n’avait vu venir…
Cela ne date pas d’hier, Final Fantasy a toujours été considéré comme le blockbuster du jeu vidéo à travers une sortie assez longue et des coûts de production toujours plus élevés.
Cependant, le rapport des fans à la saga est beaucoup plus tendu en terme de filmographie. En effet, après l’échec retentissant, il y a déjà 15 ans, de Final Fantasy, les créatures de l’esprit, qui ciblait un public trop large, les studios ont évité de se relancer dans une aventure cinématographique. Ils ont exclusivement sorti, en 2005 et directement en DVD, Advent Children, la suite de Final Fantasy VII.
Ce second film, destiné avant tout pour les joueurs, a rencontré un plus grand succès car, s’était montré plus fidèle aux approches et aux codes qui composent un Final Fantasy, malgré un travail technique ahurissant qu’il faut retenir, et soutenir, dans Les créatures de l’esprit pour l’époque.
De ce fait, Square Enix a réitéré l’expérience pour son 15èmeFinal Fantasy en développant un nouveau long-métrage en images de synthèse. Kingsglaive peut être considéré comme un prequel au jeu, à l’instar de Advent Children qui était un sequel. Le but étant d’accentuer la promotion autour du jeu à venir, tout en montrant aux spectateurs toutes les capacités des animateurs en effets spéciaux, transformées depuis une quinzaine d’années.
Ainsi, le film de Nozue nous invite dans un nouveau monde imaginaire, mélangeant à la fois science-fiction et créatures fantastiques, afin de se familiariser au contexte de cette nouvelle mythologie vidéoludique.
En repensant à l’ensemble de la série, le scénario du film se montre traditionnel et classique : un empire maléfique qui cherche à dominer le monde, et un petit royaume qui lutte pour maintenir sa liberté. Les éléments récurrents à la saga sont vraiment présents et seront très appréciés pour les fans en retrouvant un pays en danger, dont le destin est entre les mains d’une princesse, Lunafreya, et d’un groupe de soldats d’élites, mené par Nyx Ulric.
Les principaux héros du jeu étant absents, les spectateurs vont s’intéresser aux problèmes politiques, dignes d’un épisode de Game of Thrones, l’architecture étant absolument magnifique, la salle de trône d’Insomnia n’a rien à envier au trône de fer (l’anecdote intéressante, c’est que nous retrouvons nos très chers Sean Bean et Lena Headey qui font les voix du rois Regis et de la princesse). Le traitement des protagonistes est assez équilibré et présente un design réussi, typique à la culture japonaise pour chacun d’entre eux.
De plus, le développement de l’intrigue explique en détail tout l’univers, sans qu’on s’y perde, que ce soit pour un fan de la série, ou pour un spectateur lambda. D’ailleurs, nous avons une dramaturgie soutenue et bien géré jusqu’à son épilogue, nous dévoilant un affrontement incroyable, encore bien plus impressionnant que dans Advent Children. Digne d’un Marvel, nous conseillons aux spectateurs de regarder jusqu’à la dernière minute pour ne pas louper la scène post-générique, servant d’ouverture à Final Fantasy XV.
Les équipes techniques ont mené un travail esthétique colossal où nous constatons un visuel grandiose à travers chaque plan. Les textures au niveau des visages rendent ces avatars vivants et très réalistes, de telles manières que le spectateur pourra prétendre voir plus d’une fois un corps réel.
Pour finir sur ces décors, ils sont magnifiés dès les premières scènes. Ces images numériques se confondent aux prises de vues réelles grâce à des jeux de lumière parfaitement maîtrisés, confirmant le talent de Square Enix pour nous bluffer aussi bien sur leurs jeux vidéo que sur leurs longs-métrages.
Le bilan est vraiment concluant, nous faisons face à un scénario sérieux, un univers assez sombre qui agrandira son potentiel sur console, mais il est regrettable de ne pas voir ce film dans nos cinémas (à l’exception d’une séance spécial au Grand Rex).
Enfin, le dernier problème à cette mythologie qui commence, c’est qu’elle est exclusivement réservée aux fans de la saga. Le grand public appréciera la prouesse technique et son histoire, mais n’aura pas la chance de connaître la fin de cette épopée, à moins d’acheter le jeu. Avec de telles compétences, il serait intéressant que Square Enix lance une vraie saga cinématographique à Final Fantasy sous forme de trilogie par exemple.
Final Fantasy XV sort en France le 30 novembre 2016 sur Playstation 4 et Xbox One.
Kingsglaive, Final Fantasy XV : Bande-annonce
Kingsglaive, Final Fantasy XV : Fiche Technique
Réalisation : Takeshi Nozue
Scénario : Takeshi Hasegawa, Saori Itamuro, Kazushige Nojima
Doublage (VF) : Damien Ferrette (Nyx Ulric), Philippe Catoire (Regis Lucis Caelum), Geneviève Doang (Lunafreya Nox Fleuret), Vincent Grass (empereur Ledolas Aldercapt)…
Doublage (VO) : Aaron Paul (Nyx Ulric), Sean Bean (Regis Lucis Caelum), Lena Headey (Lunafreya Nox Fleuret), David Gant (empereur Ledolas Aldercapt), Darin De Paul (Ravux Nox Fleuret)…
Société de production : Square Enix
Date de sortie : 15 septembre au Grand Rex (30 septembre : DVD/Blu-Ray)
Durée : 110 minutes
Genre : Animation / Science-fiction