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Impastor, une série de Christopher Vane : Critique de la saison 1

L’usurpation d’identité n’est pas un sujet comique nouveau, mais il faut l’avouer assez rare (on se demande encore quel sujet pourrait être novateur), Mme DoubtfireTootsie pour le grand écran ou… nous continuons de chercher pour le petit. Impastor reprends les codes du quiproquo sur quelques stéréotypes qui mériteraient lourdement d’être actualisés afin de créer des situations plus en rapport avec son temps.

Synopsis: Un pauvre homme criblé de dettes fuit ses débiteurs et se cache dans une petite ville luthérienne. Il y trompe les habitants en se faisant passer pour un pasteur gay…

Catch Me If You Can

L’homosexuel façon Will & Grâce, efféminé et fils de bonne famille est rétro, tout comme la blonde à demi-fatale et la sainte nitouche active et sexy. Ces images paraissent dépassées, mais restent un tant soit peu attendrissantes. De ce capital sympathie, entrecroisé de réels gags au suspense méritant, naît un véritable plaisir, presque coupable. Chaque épisode réserve son lot de « va-t-il se faire prendre » (« will he get caught? ») excepté le 06 « Honor Thy Boyfriend’s Father and Mother » poussif et aucunement crédible. Du côté de la mise en scène, Rob Greenberg, nommé 4 fois aux Emmys, ayant travaillé sur FrasierHIMYM, Scrubs ou Happy Endings et Jay Karas (Parks and Recreation, Raising Hope, Awkward, The Fosters, Brooklyn Nine-Nine et Workaholics) et Clark Mathis (One Tree Hills, The Comeback, Grimm). A l’écriture, Alan R. Cohen et Alan Freedland (American Dad), Adam Barr (Parker Lewis Can’t Lose) récompensé pour… ne cherchons pas plus loin… Will & Grâce !

Le voix off de crooner, rappelant celle du père Ted Mosby dans la série susnommée de Carter Bays et Craig Thomas, apporte la plus-value nécessaire, non sans rappeler celle de Mary Alice Young dans Desperate Housewives. Ces narrateurs avaient une longueur d’avance, que ce soient sur ces femmes au foyer captivantes ou ces trentenaires inséparables. On appelle cela l’ironie dramatique. Cet avantage du spectateur sur le récit est source d’émotion et est contrebalancé par une dose superficielle de tragique made in Breaking Bad, par cette remise en question de conscience, l’existence compromise, le point de non-retour tiré certainement par la tragédie antique. Si le personnage d’Alden rappelle Niles, le maître d’hôtel des Sheffield dans Une nounou d’enfer, au potentiel comique indéniable, Buddy reste ce héros maladroit, chanceux et suffisamment intelligent pour se sortir d' »inextricables » instants, tantôt grossiers tantôt appréciables. L’aspect policier amené par cette fuite et le corps du vrai pasteur retrouvé par deux détectives un peu gauches évoque étrangement une atmosphère à la Monk avec Tony Shalhoub.

Derrière les évidences de sous-textes, comme l’intégration, les faux semblants, la tolérance et la rédemption, Impastor n’invente pas l’eau chaude. Elle ne renouvelle pas non plus le genre, mais a le mérite de se laisser regarder sans avoir l’impression de perdre son temps et cette amère récurrence est une rareté dans le paysage audiovisuel/numérique actuel. Une série bed & breakfast pétillante plus drôle que la majorité des sitcoms studio et légèrement plus subtile et fine que la plupart des comédies dramatiques de ces 10 dernières année. A consommer sur la pause casse-croûte, plus lucide qu’elle n’y paraît !

Impastor : Bande annonce

Impastor : Preview saison 2

Prévue initialement pour juin 2016, la chaîne a reporté à l’automne la diffusion de la saison 2 qui débute le 28 septembre.

Impastor : Fiche Technique

Créateur : Christopher Vane
Réalisation : Rob Greenberg, Victor Nelli, Jr., Clark Mathis, Jay Karas
Scénario : Christopher Vane, Alan R. Cohen et Alan Freedland, Tod Himmel, Ryan Raddatz, Rob Sheridan, Gracie Glassmeyer, Adam Barr
Interprétation : Michael Rosenbaum (Buddy Dobbs / Barlow), Sara Rue (Dora Winston), Mircea Monroe (Alexa Cummings), David Rasche (Alden Schmidt), Mike Kosinski (Russell Kerry)
Production : Christopher Vane, Rob Greenberg, Eric Tannenbaum, Kim Tannenbaum, Michael Rosenbaum
Sociétés de production : TV Land Original Productions, CBS Television Studios, The Tannenbaum Company, All In Vane
Genre : comédie
Format : 10 épisodes de 28 minutes
Chaine d’origine : TV Land
Diffusion aux USA : Depuis 15 juillet 2015 – en production

Hollywood Legends sort en DVD trois classiques de l’âge d’or de la Fox

En ce mois de septembre, les éditions Hollywood Legends ont poursuivi leur travail de réédition en version Haute Définition de films devenus, depuis leur première sortie en DVD, difficilement accessibles. Des œuvres de genres divers et variés, mais qui peuvent chacun se targuer d’être signées par un réalisateur de renom :

Allez coucher ailleurs (Howard Hawks, 1949):

Plus de dix ans après avoir fait de lui une star grâce à L’impossible Monsieur Bébé, Howard Hawks refaisait appel à Cary Grant pour lui faire endosser un rôle qui semblait être écrit pour lui. Il est en effet celui qui incarna le mieux le leitmotiv des screwball comedy du réalisateur qui est de mettre en porte-à-faux un homme charmant mais immature face à une femme dominatrice. Un rapport de forces qui atteint ici son summum. Le film en lui-même est construit de façon bicéphale, en ce sens où sa première moitié ne se concentre que sur le couple que Grant forme douloureusement avec Ann Sheridan, jouant sur le sentiment d’attraction/répulsion des deux personnages pour aller s’achever sur un inévitable coup de foudre… un schéma de comédie romantique on-ne-peut-plus classique mais profitant de dialogues savoureux et porté par un excellent duo d’acteurs.

Ce sera la seconde moitié du film qui méritera davantage de considération, car le mariage entre les deux amoureux va se voir compromis par deux facteurs : d’abord, ils sont tous deux soldats, et lui est français. Ce sont les procédures terriblement phallocrates de l’armée américaine, qui ne concevaient que le mariage de ses membres masculins avec une étrangère, qui vont être moquées. Pour cela, le scénario s’amuse, tout en finesse, des quiproquos et des situations incongrues qui vont naître de l’obligation du personnage de Cary Grant de se faire passer pour une femme afin de suivre sa dulcinée en Amérique. Un état de fait qui pourrait sembler capillotracté, mais pourtant tiré d’une histoire vraie puisqu’il s’agit là d’une adaptation de l’autobiographie d’un belge ayant dû ainsi jouer de cette faille administrative. Les rapports homme/femme qu’Hawks appréciaient tant sont donc au cœur de cette délicieuse comédie sarcastique qui flirte même par moments avec l’humour noir.

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD:
Master restauré HD
Format image : 4/3 format respecté 1.33
Format son : Anglais & Français Stéréo / Mono stéréo
Sous-titrage : Français
Noir & blanc
Durée : 1h45
+ Bonus : Entretien avec Jacky Goldberg, critique pour Les Inrockuptibles (20 min)

Le Carrefour de la mort (Henry Hathaway, 1947):

C’est assez rare pour mériter d’être souligné, mais le titre français de Kiss of Death est bien choisi tant ce film est un carrefour, celui de deux genres majeurs des années 40 : le film de gangster, de par la nature même de Nick, son personnage principal anti-héroïque, mais aussi et surtout le film noir, dans la façon dont le scénario ne se bâtit pas sur un schéma de  » rise and fall », tels que les histoires de bandits se sont traditionnellement batties selon le modèle du Scarface d’Howard Hawkes, mais sur une intrigue qui semble ne laisser aucune issue favorable possible à ce pauvre Nick. En plus de ce mélange de genres – chose très rare à l’époque – la réalisation a appuyé sa volonté de s’émanciper du carcan des majors en étant tourner en « décors naturels », comprendre « à New-York », loin des studios, et offrant ainsi à son récit un certain gage de réalisme.

Entre les manipulations des policiers et la violence de ses anciens complices, Nick semble en effet pris en étau. Ceci ne serait pas un véritable enjeu dramatique s’il n’avait pas été rendu attachant par cette peur qu’il a de ne pas revoir sa femme et ses deux fillettes. De cette inquiétude résulte une humanité rare chez les figures de gangsters tels qu’ils apparaissaient alors au cinéma. La prestation de Victor Mature, tour à tour touchant et détestable, est pour beaucoup dans l’empathie pour son personnage. Cependant, c’est un autre acteur, qui tenait là son premier rôle au cinéma que l’on retiendra de ce long-métrage : Richard Widmark, dans la peau du redoutable criminel Tommy Udo, sera même nommé à l’Oscar du meilleur rôle secondaire pour cette performance qui est restée un modèle pour tous les personnages de psychopathe (impossible même de ne pas penser qu’Heath Ledger ne l’avait en tête pour son incarnation du Joker dans The Dark Knight!).

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD:
Master restauré HD
Format image : 16:9 compatible 4/3
Format son : Anglais (Dolby Digital 2.0 Mono), Français (Dolby Digital 2.0 Mono)
Sous-titrage : Français
Noir & blanc
Durée : 1h38
+ Bonus : « Le carrefour de la mort, tout est bien ce qui finit mal » (20 minutes) ; « Richard Widmark, parcours exemplaire à Hollywood » (10 minutes), par Jean-Loup Bourget, critique cinéma pour Positif

Back Door to Hell (Monte Hellman, 1964) :

Réalisateur du cultissime Macadam a deux voies (1971), Monte Hellman a été l’un des premiers réalisateurs à faire tourner Jake Nicholson, qui avant ça, n’était apparu que dans des petites productions, et en particulier sous la coupe de Roger Corman. Leur collaboration la plus mémorable est certainement le western L’Ouragan de la vengeance (1965). Un an plus tôt, c’est ensemble qu’ils ont réussi à soutirer au nabab Robert Lippert un budget suffisant pour aller tourner deux films dans les Philippines, une terre idéale pour filmer la guerre du Pacifique. Bizarrement, dans aucun de ces deux films (le second est Flight to Fury, réalisé dans la foulée), Nicholson n’aura le rôle principal. Ici, c’est Jimmie Rodgers – une star de pop-rock à la carrière foudroyée – qui tient le rôle du Lieutenant Craig, au cœur de l’action. Jack Nicholson n’a que le rôle d’un soldat-traducteur sollicité dans les dialogues avec les japonais.

Ce sont toutefois les courtes apparitions de ce personnage secondaire, ainsi que celles de l’opérateur-radio campé par John Hackett (qui restera un proche de Nicholson), qui seront les meilleurs passages de ce film de guerre. Dans sa courte durée (moins de 70 minutes), Hellman nous fait suivre des militaires yankees chargés, avant l’arrivée du gros des troupes, de s’accorder la confiance des guérilleros locaux en lutte contre des soldats japonais, mais découvrent que les deux camps font preuve d’une barbarie similaire à l’égard de leurs prisonniers. Cet interventionnisme est décrit avec un certain dédain inhérent à la nonchalance même des personnages (que les distributeurs américains atténuèrent à l’époque par des images patriotiques en guise de générique de fin). Hormis l’attaque d’un village mise en scène avec virtuosité, le réalisateur ne cherchera pas à impressionner mais à rester au plus près – à l’aide d’une caméra mouvante – de ces sous-officiers blasés par la guerre et ainsi étudier leur rapport à la violence.

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD:
Master restauré HD
Format image : 16:9 compatible 4/3
Format son : Anglais (Dolby Digital 2.0 Mono)
Sous-titrage : Français
Noir & blanc
Durée : 1h05
+ Bonus : « Back Door to Hell, jungle western », par Olivier Père, directeur du cinéma d’Arte France (20 minutes)

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FEFFS 2016 : Caméléon, Kebabs et zombies tamouls

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La 6ème journée du FEFFS propose à nouveau des films de tous horizons, et pour la première fois du festival un quasi sans-faute.

Il est très facile de placer cette sixième journée du FEFFS comme la meilleure du festival, grâce à sa programmation à la fois variée et réussie. On y retrouve donc Alec Guiness qui endosse 8 rôles, un justicier des fast-foods et la première incursion de Kollywood dans le film de zombies.

[Rétrospective M for Murder] Noblesse Oblige

Réalisé par Robert Hamer (UK, 1949) Date de sortie 10 février 1950

Synopsis : Un jeune aristocrate condamné à mort rédige ses mémoires. Il raconte son ascension au sein de la famille d’Ascoygne. Famille qui les avait reniés lui et sa mère après le mariage de celle-ci avec un roturier.

Si pour le moment la rétrospective M for Murder était surtout le théâtre de films oscillant entre le malsain et le psychologique, la présence de Noblesse Oblige lui offre un autre souffle. Réalisé en 1949, Noblesse Oblige fait partie de ces classiques de la comédie britannique nous gratifiant de cet humour raffiné so british. A première vue, en lisant le synopsis, on ne s’attend pas à rire, mais c’est ça qui fait toute la réussite de ce petit bijou.

L’ascension de Louis d’Ascoygne est en effet remplie de cynisme et d’humour noir. Le plan calculateur et vengeur de son personnage principal, la vénalité de son amie d’enfance, le mépris de la famille d’Ascoygne, tant d’éléments qui rendent l’humour omniprésent. Le film est remarquable aussi grâce à la performance d’ Alec Guiness campant à lui tout seul l’intégralité de la famille d’Ascoygne. Du vieux patriarche, en passant par le prêtre sénile, et même une femme, Guiness nous offre un véritable récital. Avec sa liberté de ton et son aspect grinçant, Noblesse Oblige reste l’un des emblèmes de la comédie anglaise.

[Compétition Crossovers] Creative Control

Réalisé par Benjamin Dickinson (USA,2015) Date de sortie inconnue.

Synopsis : Dans un futur très proche, David travaille dans une agence de pub pour promouvoir un nouveau produit de réalité augmentée. Le désir qu’il éprouve pour Sophie va le pousser à créer un avatar de cette dernière. Cela va engendrer une descente en enfer pour David.

Her de Spike Jonze avait déjà incorporé la technologie dans la comédie sentimentale. Avec Creative Control, Dickinson va proposer un angle plus froid et pessimiste. Mettant en avant David dont le couple avec Juliette bat de l’aile, le réalisateur va s’intéresser à cette perte de contrôle vis à vis de la technologie. En effet David éprouve une certaine attirance pour Sophie, la fiancée de son meilleur ami. Afin de combler ses désirs, il va, à l’aide de lunettes à réalité augmentée, créer un avatar de cette dernière.

A partir de ce moment, David va commencer à perdre de plus en plus le contrôle de sa vie. Au niveau professionnel ou affectif, le monde réel et le monde virtuel vont fusionner. La perte de repères va se faire de plus en plus importante, David pensant réellement vivre les moments avec l’avatar. Le parallèle avec Juliette, professeur de yoga en quête d’un bien-être intérieur, est une idée bien exploitée. Tourné en noir et blanc, le film dispose d’un esthétique très arty. Quant à la musique classique, elle convient très bien au ton du film. Creative Control est une œuvre à la thématique intéressante, et bien moins éloignée de la réalité qu’on ne le pense.

[Compétition internationale] K-Shop

Réalisé par Dan Pringle (UK, 2016) Date de sortie inconnue.

Synopsis : Salah, jeune étudiant est contraint de reprendre en main le fast-food de son père après que celui-ci se soit fait assassiner par une bande de Hooligans. Peu après, Salah va partir en croisade vengeresse afin de débarrasser Londres de sa vermine et les transformer en viande à kebab.

Le postulat de base du premier film de Dan Pringle fait penser au vigilante movie. Le film est avant tout un véritable cri de rage porté à la fois par son réalisateur et son personnage principal. Le jeune Salah, dont la vie a été ruinée par des hooligans, va donc faire régner sa justice dans son quartier. Pendant près de 2h, Salah va  faire le ménage et transformer des poivrots en kebabs. Mais K-Shop est bien plus qu’un film bourrin, c’est aussi un film avec une certaine dimension sociale.

Mettant en avant des immigrés travailleurs  opposés à des britanniques racistes, le film a d’autant plus d’impact par les temps qui courent. Malheureusement, Pringle se plante un peu dans son exécution. D’une linéarité trop complaisante, K-Shop peine à complètement convaincre. Une fois que le film a trouvé son rythme de croisière, il s’y tient tout du long. Manquant de véritables surprises, le film souffre sur la longueur. Il n’en reste néanmoins un film intéressant mêlant à la fois critique sociale et hommage au vigilante movie.

[Compétition internationale] Another Evil

Réalisé par Carson Mell (USA,2016) Date de sortie inconnue.

Synopsis : Dan et Mary décident de faire appel à un exorciste afin de débarrasser leur chalet des fantômes qui l’habitent. Après un premier entretien peu concluant, Dan va entrer en contact avec un exorciste loufoque et inquiétant.

Another Evil est l’archétype du film dont on n’attendait pas grand chose mais qui se révèle être une excellente surprise. Revisitant un sous-genre  du film d’horreur, le film d’exorciste, Another Evil s’avère être une comédie complètement absurde. Ici, l’exorciste est loin d’être un vieux prêtre très sérieux, il s’agit d’un loser complètement timbré persuadé d’avoir couché avec Satan. Mark Proksch (vu dans The Office) va exploiter tout son potentiel comique. Entre rituels avant-gardistes et anecdotes salaces, Oscar l’exorciste va livrer un véritable one-man show.

Mais derrière son aspect loufoque se cache un homme en quête d’amitié. Amitié qu’il va essayer de cultiver avec Dan,  qui va alors ressentir une certaine gêne vis à vis de l’exorciste. Ce dernier va alors devenir de plus en plus dangereux. Revisitant les codes du film d’exorciste, Another Evil arrive à allier subtilement comédie et réflexion sur le malaise social. Servi par des acteurs habités par leur rôle, il ne serait pas étonnant de voir le film de Carson Mell repartir avec un prix du public.

[Midnight Movies] Miruthan

Réalisé par Shakti Sounder Rajan (Inde, 2016) Date de sortie inconnue

Synopsis : Un flic, accompagné de sa petite soeur et d’une jeune médecin dont il est secrètement amoureux, se voit obligé de faire face à une armée de zombies.

Si les derniers midnight movies n’étaient pas à la hauteur des espérances, Miruthan a très vite réconcilié les festivaliers. Venu directement de Kollywood, l’industrie du cinéma indien qui produit des films en langue tamoul, Miruthan est leur première incursion dans le film de zombies. Que ça soit avec son message de prévention contre le tabac, ou encore son aspect sitcom, Miruthan ne perdra pas de temps pour obtenir l’adhésion des spectateurs. Véritable mélange de genres, le film  va flirter avec la comédie romantique à de nombreux moments avec des scènes kitschissimes.

Mais ce qui le fait vendre surtout, c’est son étiquette film de zombies. Et le film ne sera pas en reste pour faire plaisir au spectateur. Bagarres bien musclées sur de la musique ultra-rythmée, Miruthan est le midnight movie qu’on attendait tous. Qui dit cinéma indien, dit chansons, et encore une fois Miruthan n’est pas avare sur ce point, poussant à plusieurs reprises la chansonnette avec des morceaux entraînants et qui vont rester en tête. On pourrait s’amuser à chercher la critique sociale classique derrière le film, mais honnêtement Miruthan est surtout un concentré de fun à 100%.

Des stars d’Hollywood dans un clip citoyen et anti-Trump

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Les Avengers ont besoin de vous… pour voter !

A quelques mois seulement de l’élection présidentielle américaine, certaines stars d’Hollywood viennent de participer à un clip encourageant les citoyens américains à s’inscrire sur les listes électorales. De nombreux acteurs et actrices des blockbusters de la Marvel/Disney s’engagent et adressent un message fort à leurs concitoyens dans cette vidéo. Les Avengers semblent avoir un ennemi plus redoutable que Thanos : le candidat Républicain et conservateur Donald Trump !

Robert Downey Jr. , Scarlett Johansson, Leslie Odom Jr., Mark Ruffalo, Julianne Moore, James Franco, Don Cheadle, Stanley Tucci, Martin Sheen et Neil Patrick Harris apparaissent aux côtés d’autres acteurs et de citoyens anonymes dans un spot énigmatique publié par le comité d’action politique Save The Day. Alors que l’on pourrait penser que cette vidéo soit plutôt neutre, citoyenne et encourageant le sens civique, ce clip est en réalité un atout de poids dans la campagne d’Hillary Clinton et cherche à mobiliser l’électorat jeune qui avait fait basculer le vote pour Obama avec la puissance des réseaux sociaux de sa campagne lors de sa toute première élection. Save The Day a été fondé par le cinéaste Joss Whedon à qui l’on doit deux épisodes de la saga Avengers. Ce groupe participe au financement direct de la campagne d’Hillary Clinton.

« Mardi 8 Novembre, ce pays va prendre la décision la plus importante de son histoire. Vous avez l’obligation de participer à cette décision. »

Sans jamais le nommer, les différents acteurs s’en prennent à Donald Trump et évoquent la menace qu’il représenterait pour le pays si jamais il était élu. Les stars Hollywoodiennes affichent un message clair et sans langue de bois : faire barrage au candidat du parti Républicain.

« Voulons-nous vraiment confier des armes nucléaires à quelqu’un dont le geste le plus célèbre est de licencier les gens ? »

Le seul message humoristique et décalé de cette vidéo au ton très sérieux et civique est venu du comédien Mark Ruffalo. Il a promis de jouer entièrement nu dans une scène de son prochain film si les citoyens américains s’inscrivent en masse sur les listes électorales à l’occasion de cette élection présidentielle de Novembre.

Donald Trump va-t-il répondre à cette vidéo en réalisant un clip de campagne avec des acteurs aux opinions politiques proches du camp des Républicains comme Clint Eastwood ?

L’implication des acteurs sur le plan politique ou leur soutien apporté à un candidat n’a jamais vraiment eu le vent en poupe en France et est même plutôt mal perçu par les français. On se souvient du soutien d’Alain Delon et de Christian Clavier pour Nicolas Sarkozy ou les engagements humanistes et marqués à gauche de Philippe Torreton et Pierre Arditi ou bien encore les délires et les saillies de Fabrice Luchini sur les acteurs dit de gauche lorsqu’il est invité sur un plateau de télévision.

Aux Etats-Unis, Matt Stone et Trey Parker tiraient à boulets rouges sur la politique interventionniste et la dérive militaire des USA dans la comédie avec des marionnettes, en hommage aux Thunderbirds, Team America, Police du Monde. Mais les deux créateurs de South Park n’épargnaient personne dans Team America. Les acteurs emblématiques d’Hollywood qui avaient dénoncé l’intervention militaire américaine en Irak comme George Clooney, Sean Penn ou Matt Damon en prenaient pour leur grade. Les marionnettes à leur effigie sont ridiculisées et connaissent une mort tragique dans le final explosif de Team America.

Les citoyens américains pourront assister à trois débats entre les deux candidats à l’élection présidentielle de Novembre : le 26 Septembre et les 09 et 19 Octobre prochain.

Reste à savoir si les Avengers et ce beau casting Hollywoodien auront réussi à mobiliser les citoyens américains pour s’inscrire sur les listes électorales et pour se rendre aux urnes en Novembre.

 

 

 

Justin Timberlake et Kate Winslet sur le tournage du nouveau Woody Allen !

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A peine le temps de l’avoir vu présenter son Café Society sur la Croisette au mois de mai dernier, que l’infatigable Woody Allen a déjà retrouvé l’odeur d’un plateau de tournage, qui plus est marqué du sceau des années 1930/1940. La nouvelle décennie faste pour le réalisateur de Manhattan

A 80 ans, l’heure de la retraite n’a pas encore sonné pour Woody Allen. Alors qu’on attend patiemment son incursion dans le domaine de la série télévisée (Crisis in Six Scenes avec Miley Cyrus), le new-yorkais s’est déjà lancé dans un nouveau projet, qui comme à son habitude est encore teinté de beaucoup de secrets. Tout juste sait-on qu’il a donné les premiers tours de manivelle la semaine dernière et que sous son scope sentant bien bon la malice et l’humour noir, se déhanche un casting jusque ici inédit pour lui : Justin Timberlake (The Social Network) et Kate Winslet (Titanic, Steve Jobs). Si l’intrigue est encore inconnue et que l’on ne peut encore que spéculer sur son orientation, les premières photos rendent compte d’une atmosphère très inspirée des années 1930/1940 avec le maillot de corps délicieusement rétro du chanteur et les accessoires portées par Juno Temple et Kate Winslet. Rien n’indique encore si les deux acteurs tomberont dans les bras de l’autre, mais on ne pourra enlever au new-yorkais la faculté de créer des couples de cinéma relativement atypique. Et rien que pour ça, on a envie de voir ce que nous réserve le cinéaste le plus névrosé de la profession. Mais pour l’heure, voici les premières (et seules) images dont on pourra disposer :

                               On ignore encore la date de sortie, ni le cadre choisi pour ce film, qui pourrait tout aussi bien lorgner du coté du drame que de la comédie, mais l’on sait que le dernier film du maestro, Café Society est de sortie depuis quelques jours dans les bacs. Pour l’occasion, on vous remet la bande-annonce.

Bande-Annonce de Café Society (dernier film en date de Woody Allen) :

 

Avengers Infinity War : les premiers éléments de l’intrigue ?

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Annoncé comme l’épisode le plus meurtrier du Marvel Cinematic Universe, Avengers Infinity War aura à cœur de donner (enfin !) l’affrontement entre la team des Vengeurs et Thanos. Forcément, on se doute que cet arc des comics, loin d’être une simple bisbille de quartier, aura des conséquences dans les deux camps. D’ici là, on ne pourra que se rassurer (ou pas) devant ce qui s’apparente au premier synopsis, qui en dit long sur les intentions de Thanos et les répercussions qui en découlent dans ce film de super-héros qui se muera à coup sur en un sauvage destruction porn des familles. 

Avec un physique de déménageur et une vilaine propension à jouer les méchants de supérette bien calée sur son siège, on peut pas trop dire que Thanos, pourtant vendu comme la némésis ultime du MCU, nous ait jusque ici impressionné. Égrenant les films comme un mal-propre au biais des scènes cachées, on attendait le moment où sa frimousse violette sera de tous les plans, quitte à enfin laisser voir toute sa force et son charisme. Coup de chance, voilà qu’il sera partie intégrante du prochain Avengers, dont le tournage commence en Novembre. Et si l’on ignorait jusque ici comment le film respecterait le comic éponyme dont il est inspiré, voilà qu’un synopsis (pour l’heure non confirmé par les studios) a fuité sur le net et révèle en substance beaucoup de choses, notamment la raison qu’a Thanos de vouloir semer la mort et la désolation sur tous les territoires qu’il traverse. Ainsi, si l’on se fie au fameux synopsis, il semblerait que Thanos, bien parti pour souffler le titre de meilleur dictateur à Hitler et Mao réunis, soit un apôtre de la destruction à seul fin d’impressionner le grand amour de sa vie ; en l’occurrence La Mort elle-même. Si l’on peut aisément pouffer de rire devant pareil synopsis, notamment par la propension qu’a Thanos de prendre au pied de la lettre la fameuse expression « J’irais décrocher la lune pour toi », force est d’admettre que le synopsis s’avère éminemment plus riche ce que l’on pourrait penser. Ainsi, La Mort serait campée à l’écran par une entité démoniaque féminine, qui selon certaines sources, ne serait autre que le personnage d’Héla, qu’on retrouvera dans le prochain Thor Ragnarok, sous les traits de Cate Blanchett. Une actrice de rêve, qui fera sans nul doute fureur dans les bras de Josh Brolin (Sicario), chargé de donner ses traits à Thanos.

Mais là où le script s’avère être intéressant, c’est pour le rapport qu’il entretient avec les Pierres d’Infinités. Si seulement 4 d’entre elles ont été retrouvées, le synopsis révèle (potentiellement) l’emplacement des deux autres. Ainsi, on retrouverait celle dédiée au temps dans le prochain film du MCU, Doctor Strange (sortie le 26 Octobre) et celle dédiée à l’âme aux cotés d’Adam Warlock, un personnage majeur de la mythologie Marvel, qu’on retrouverait normalement dans la suite des Gardiens de la Galaxie, que prépare actuellement James Gunn ; et qui serait sans nul doute partie intégrante dudit film, notamment en raison de la place de choix qu’il occupe dans la team à Star-Lord dans les comics. A cela s’ajoute aussi l’arrivée en renfort de Nick Fury, qu’on imagine particulièrement en rogne et qui aura à cœur de rabibocher les deux teams séparées à la fin de Captain America Civil War. Dans tous les cas, avec un tournage débutant en Novembre, il faudra peu de temps au film pour révéler ses secrets et encore moins de temps pour le voir affirmer son potentiel qu’on pressent « titanesque ».

Bande-Annonce de Captain America Civil War (dernier Marvel en date)

 

Mr Majestyk DVD en édition collector + Blu-ray+Livret le 5 Octobre 2016

En 1974, Richard Fleischer a donné à Charles Bronson un de ses rôles les plus mémorables dans un film méconnu en France mais culte aux États-Unis. Mr Majestyk nous revient dans une version restaurée qui mérite le coup d’œil.

Un film indispensable aux amateurs de Charles Bronson

Ancien détenu et vétéran du Vietnam, Vince Majestik est aujourd’hui un homme tranquille, installé dans le Colorado et reconverti en gérant d’une vaste exploitation de pastèques. Ses méthodes expéditives pour régler les problèmes lui font écoper d’une peine de prison. C’est là le début de ses ennuis car il y rencontre Frank Renda, un tueur à gages particulièrement brutal. Profitant d’une tentative d’évasion de ce dernier, Majestyk parvient à l’échanger à la police contre sa propre liberté. Une fois évadé, Renda n’aura en tête que sa vengeance, en commençant par détruire entièrement la récolte de pastèques.

Un polar rural qui va poser les bases du western moderne

Le rapprochement entre le film de Fleischer (Soleil Vert, L’Etrangleur de Boston…) et les classiques du western n’est pas quelque chose d’anodin puisque son scénario est une adaptation d’un livre d’Elmore Leonard qui s’est fait un nom grâce à ses romans prenant place au far-west. Mais davantage que son réalisateur ou son scénariste, ce qui a fait la réputation de Mr Majestyk, c’est indubitablement son interprète. Charles Bronson y tient un rôle bien plus subtil et livre une prestation bien moins monolithique que dans la peau des habituels personnages de gros durs taiseux auxquels il était souvent limité. Cette humanité lui vient de la nature même du long-métrage, qui n’est pas qu’un film d’action brutal, puisque sa première-partie repose entièrement sur une intrigue sociale, autour des difficultés du héros à faire fonctionner son entreprise agricole malgré la pression de syndicats corrompus et dans un contexte de tensions raciales à l’égard des latinos qu’il emploie, dont la belle Nancy (Linda Cristal) avec qui il va entretenir une relation amoureuse. Lorsque le scénario va prendre un virage vers des scènes plus musclées, ce sera grâce à un affrontement avec un méchant presque aussi charismatique que le héros incarné par l’impressionnant Al Lettieri. Dans une mise en scène sans fioriture non moins soignée et sur une splendide musique signée Charles Bernstein, le réalisateur nous offre à voir des courses-poursuites en pleine campagne et des fusillades véritablement impressionnantes. C’est sans doute ces passages qui ont fait gagner à cette petite production son statut de film culte dans son pays, où Quentin Tarantino le cite régulièrement parmi ses sources d’inspiration (allant jusqu’à lui faire un petit clin d’œil, au détour d’une affiche, dans le van de Budd dans Kill Bill). Une chose est sûre, vous ne vous en prendrez plus jamais à ce qu’un cultivateur de pastèques a de plus cher.

Des bonus qui nous en disent long sur le tournage

Les compléments offerts par le Blu-ray/DVD de cette réédition se composent des interviews de deux personnes qui ont participé de près à l’aventure Mr Majestyk puisqu’il s’agit, d’une part de Richard H. Kline, le chef opérateur de ce film comme de certains des plus gros succès de Fleischer, et d’autre part de Lee Purcell, l’actrice qui incarne l’une des complices du redoutable Franck Reda. Ces deux témoignages en disent long sur les conditions dans lesquelles le long-métrage a été mené à son terme. Pour en savoir plus sur le film, de sa genèse à son influence, son réalisateur et son acteur principal, il faudra cependant se reporter au livret de plus de 80 pages préparé spécialement pour ce coffret collector et qui, en plus d’images d’archives, revient tout particulièrement sur la place importante que tient ce film dans la carrière de Charles Bronson.

mr-majestyk-coffret-bluray-dvd

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD:
Master restauré HD

Format image : 1.85, 16/9ème compatible 4/3

Format son : Anglais DTS 2.0 & Anglais & Français Dolby

Digital 2.0

Sous-titres : Français

Durée : 1h39

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray
Master restauré HD – Format image : 1.85

Résolution film : 1080 24p

Format son : Anglais & Français DTS Master Audio

Sous-titres : Français

Durée : 1h48

Prix public indicatif : 24,99 Euros le Coffret Blu-ray+DVD+Livret

COMPLÉMENTS :
– “Colorado cool” : entretien avec le directeur de la photographie Richard H. Kilne (14’)
– “Colorado chic” : entretien avec l’actrice Lee Purcell (28’)
+ Un livret exclusif de 86 pages sur le film et sa genèse, spécialement écrit pour cette édition par Frédéric
Albert Lévy, illustré de photos d’archive rares.

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Mr. Majestyk : Bande-annonce (VO)

Alexandre Desplat quitte Star Wars pour le film de Luc Besson, Valérian

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Alors que la polémique autour de son départ du projet Rogue One ne cesse de prendre de l’ampleur, le compositeur français Alexandre Desplat a rejoint un autre space-opéra, français cette fois : Valérian et la Cité des Milles Planètes, que prépare actuellement Luc Besson.

Certains diront, non sans humour, que l’honneur est sauf. Le compositeur, a défaut de composer pour la mythique saga et donc marcher directement dans les pas de John Williams, est en effet resté dans les étoiles. Et pas n’importe lesquelles puisque il s’aventure dans le domaine céleste du plus grand rêveur du cinéma français, Luc Besson, qui peaufine actuellement son très ambitieux Valérian et la Cité des Milles Planètes, projet hors norme 100% européen et marquetée à hauteur de 170 patates. C’est en effet par le biais du profil Instagram de Luc Besson qu’on a appris la nouvelle. Le réalisateur de Lucy, Léon ou autre 5ème Élément, très actif sur les réseaux sociaux a gratifié ses followers d’une photo du compositeur affairé sur une table de mixage avec la mention suivante : « Alexandre Desplat a dû quitter L’Etoile Noire mais s’est trouvé un nouveau foyer dans la Cité des Mille Planètes. Bienvenue à bord de Valérian maestro ». On passera sur la déception que de ne pas voir Desplat composer pour Star Wars, mais on se réjouira malgré tout de le voir assurer une partition dans le même univers et empli des memes thématiques, sentant forcément bien bon le gigantisme, la découverte et le futur. De quoi gaiment ronger son frein jusqu’à la sortie du projet, en Juillet 2017. D’ici là, vous pourrez toujours écouter le travail d’Alexandre Desplat dans le prochain Une Vie Entre Deux Océans de Derek Cianfrance (5 Octobre) ou l’Odyssée de Jerome Salle (12 Octobre).

Bande-Annonce de « Une Vie Entre Deux Océans », futur film à disposer du savoir-faire du compositeur 

 

 

 

 

Juste la fin du monde, un film de Xavier Dolan : Le Pour/Contre de la rédaction

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Deux ans après le bouleversant Mommy, le jeune prodige québécois revient avec Juste la fin du monde. Un film attendu, Grand Prix du Jury à Cannes mais qui a profondément divisé notre rédaction. Que vaut alors le nouveau Xavier Dolan ? Réactions..

[Pour/Contre] Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Synopsis : Louis, un jeune auteur, vient passer l’après-midi auprès de sa famille après 12 ans d’absence. Un retour auprès des siens qui a pour finalité d’annoncer sa maladie et sa mort prochaine.

L’avis positif convaincu

Il semble que le cinéma puisse parler de manières différentes aux gens. Il fera naître telle ou telle réflexion selon les pensées du spectateur, ou une émotion plus qu’une autre selon son vécu. Il faut distinguer donc les deux grands pôles : la raison et l’émotion. Depuis ses débuts, les films du jeune québécois Xavier Dolan font d’abord appel à l’émotion. De manière générale, il faut préciser que le Festival de Cannes déchaîne les passions, les bonnes et les mauvaises, et que donc il en ressort forcément une vision du film non pas biaisée, mais conditionnée. Attention donc aux jugements trop hâtifs, nécessaires dans notre métier. Juste la fin du monde est totalement réussi. Xavier Dolan porte à l’écran une histoire que l’on dirait écrite par lui, en fait une adaptation de Jean-Luc Lagarce. On retrouve le grand thème de Xavier Dolan, à savoir un jeune homme aux rapports familiaux compliqués. Mais il nous faut préciser la nature de cette complication. Chez Dolan, le rapport à la famille est toujours un mélange d’attraction et de rejet. Louis, joué par Gaspard Ulliel, se trouve tiraillé entre l’amour qu’il porte aux autres (même pour son frère odieux, même pour sa sœur et sa belle-sœur qu’il ne connaît pas) et l’envie de partir le plus loin possible. Peut-être qu’émotionnellement, cette partie ne peut physiquement parler qu’à une certaine tranche d’âge, qu’à un certain type de spectateur, le mélancolique discret.

Dans son dernier film, Xavier Dolan filme cette famille en huis-clos en plan serré. C’est un cadrage absolument génial, car il est tout à fait en adéquation avec ce qu’il veut exprimer. La vision quasi-chirurgicale des différents membres de la famille de Louis traduit son immense affection pour eux, faisant office de gros plans psychologiques, vus depuis les yeux du personnage principal. On a l’impression que le bonheur pourrait durer éternellement, mais la vision prolongée en gros plan d’un visage humain fait souvent se révéler les pires tics et protubérances – ce n’est pas pour rien que le grand angle déformant utilisé en gros plan est souvent utilisé au cinéma pour faire apparaître un personnage comme monstrueux. Comme dans Mommy, l’impression de bonheur semble se dessiner à de nombreuses reprises. Mais le cinéma de Xavier Dolan est un cinéma sur la brèche, pouvant vaciller à tout moment d’un extrême à l’autre, de l’amour au dégoût. Ce qui est impressionnant, c’est la capacité qu’à ce jeune metteur en scène à faire adhérer le spectateur à ses émotions, à son ambiance, à sa mélancolie. Effectivement, l’utilisation de Dragosta Din Tei entre en résonance avec On ne change pas, utilisé dans le précédant film, en faisant appel à une nostalgie (plutôt jeune il faut le dire) qui parlera sans aucun doute au plus grand nombre. Dans les deux cas, ces chansons interviennent à des moments forts du film, et précèdent bien souvent une retombée brutale.

De notre avis, le personnage joué par Gaspard Ulliel est le moins marquant, nécessairement en retrait car il joue le rôle du spectateur de sa propre famille, et c’est par lui que nous aurons toutes les informations. La sœur Léa Seydoux est la seule véritablement agaçante, alors que Nathalie Baye, Marion Cotillard et Vincent Cassel font une interprétation remarquable. Dans les trois cas, on est forcé de s’attacher à eux, tout en voyant bien leurs défauts. Allons, qui n’a jamais ressenti cela vis-à-vis de ses proches ? Remportant le Grand Prix au Festival de Cannes, Xavier Dolan signe un film maîtrisé. D’aucuns regrettent qu’il soit moins époustouflant que Mommy, qui avait remporté le Prix du Jury. Il est difficile pour nous de porter un jugement. Peut-être Juste la fin du monde se trouve-t-il simplement dans la continuité de Mommy, en étant moins novateur, certes. Sa force et son propos n’en restent pas moins importants.

L’avis négatif catégorique

Deux ans après le bouleversant Mommy et un Prix du Jury (mais une Palme d’Or logique pour tout le monde), Xavier Dolan retrouve le tapis rouge du Festival de Cannes accompagné d’un casting exclusivement composé de stars françaises, le tout pour l’adaptation d’une pièce délicate de Jean-Luc Lagarce. Soit Juste la fin du monde, un huis-clos familial où le malaise s’illustre à travers les relations tendues entre chaque personnage. Et quand celui qui était parti douze ans auparavant, décide de revenir pour annoncer sa mort, le retour du fils prodigue va amener cette famille au bord de l’explosion. Avec ce scénario, Xavier Dolan se fait plus mature et s’attelle pour la seconde fois – après Tom à la ferme – à l’exercice ô combien périlleux de l’adaptation. Un travail d’écriture à demi-risque néanmoins, puisque la pièce de Jean-Luc Lagarce est un matériau tout taillé pour Dolan. Focalisé sur ce personnage d’un homme seul subissant sa différence, Xavier Dolan apporte assurément de sa personne et nous conte, à sa manière, les dysfonctionnements de sa propre vie familiale. Il y a deux ans, il arrivait à nous arracher une larme avec un morceau de Céline Dion. Cette année, il tente de nous transporter en nous ramenant plus de dix ans en arrière, avec le tube moldave Dragosta Din Tei du groupe O-zone. C’est la preuve que le cinéaste persiste dans son style, en faisant à nouveau appel à certains éléments identitaires de Mommy et plus largement de ses autres films. Xavier Dolan nous livre ainsi sa vision du genre, très bourgeois et théâtral, qu’est le repas de famille en huis-clos. Il fait ainsi ressentir comme personne la difficulté de communiquer correctement dans cette famille, tout comme il fait peser lourdement le sentiment de claustrophobie. Malheureusement pour lui, cette posture artistique n’en fait absolument pas un film agréable à regarder. Juste la fin du monde est un film malade. Malade par sa mise en scène, ses acteurs en pleine crise de nerfs, son recours maladroit à la musique, et sa lumière sépia qui ne sied qu’à moitié au cadre oppressant de l’intrigue.

De ce repas de famille qui est le postulat de départ du récit – qui doit sans doute bien mieux fonctionner au théâtre – Xavier Dolan n’arrive qu’à employer ses acteurs de la manière la plus hystérique et irritante possible. Entre les cris stridents, les silences pesants, les balbutiements interminables et les regards tournés vers le sol, on ne souhaite qu’une chose : quitter cette table et prendre le dessert à la maison. Peut-être que le problème du film réside justement dans son casting cinq étoiles. Car moins que les performances, ce sont les célébrités que l’on regarde se déchirer ; d’abord avec une jubilation coupable puis avec une exaspération interminable (Cotillard en gênée balbutiante étant la plus insupportable à regarder, contrebalançant avec sa jolie prestation dans Mal de Pierres). On se sent mal de voir de si bons acteurs être employés dans une telle mascarade, Nathalie Baye cabotinant en mère exubérante, Léa Seydoux en rebelle chialeuse et Vincent Cassel, l’habituel connard impulsif de service. Seul Gaspard Ulliel, timide et jamais à sa place arrive à susciter de l’empathie et tirer son épingle du jeu. On aimait les ouvertures au monde et les déambulations des personnages dolaniens dans ses précédents films, on regrette amèrement qu’ici ils ne soient filmés qu’en gros plans et sous toutes les coutures. Juste la fin du monde devient alors une succession de photos de profil où les visages radieux, malades, gênés, enflammés, s’enchaînent avec la plus grande frustration. Un bal de plans serrés qui devient à la longue étouffant.

Le parti-pris est affirmé et peut-être qu’il est là le génie du film, nous faire ressentir comme jamais le malaise d’un repas de famille qui dure. Quelques dialogues sonnent très justes et la reprise du contrôle de la situation par Gaspard Ulliel laisse espérer un climax apocalyptique réjouissant. Il n’en sera rien et tout ce qui faisait la vie, la folie, et la frénésie des films dolaniens se fait définitivement absent. Les défenseurs du québécois diront qu’il a pris en maturité et que sa naïveté insouciante évolue en regard hanekien sur les relations d’une famille dysfonctionnelle. Mais comptant autant d’adorateurs que de pourfendeurs, Xavier Dolan n’est pas prêt de réconcilier les deux camps. Juste la fin du monde sonne comme le changement de ton d’un cinéaste qui décide de filmer l’hystérie dépressive de la vie au lieu de la célébrer comme il le faisait jusque là. Bien que le film soit secoué par toute l’énergie des acteurs en total roue libre, l’entreprise de Dolan tourne à vide et n’offre, à l’arrivée, que le résultat d’une démonstration vaine, hystérique et assommante. En tentant de s’adapter à un matériau qui lui ressemble, Xavier Dolan démontre qu’il ne maîtrise pas encore les sujets qui ne sortent pas de sa tête. Le jeune cinéaste reste néanmoins l’un des réalisateurs les plus fascinants de sa génération et on attend avec une hâte non dissimulée son prochain film, The Death and Life of John F. Donovan, son premier film tourné en anglais.

Juste la fin du monde : Bande-annonce + extrait

Juste la fin du monde : Fiche Technique

Réalisation : Xavier Dolan
Scénario : Xavier Dolan, d’après l’oeuvre de Jean-Luc Lagarce
Interprétation : Gaspard Ulliel (Louis), Nathalie Baye (La mère), Léa Seydoux (Suzanne), Vincent Cassel (Antoine), Marion Cotillard (Catherine)…
Photographie : André Turpin
Décors : Colombe Raby
Montage : Xavier Dolan
Musique : Gabriel Yared
Producteurs : Nancy Grant, Xavier Dolan, Sylvain Corbeil, Nathanaël Karmitz, Elisha Karmitz, Michel Merkt,Patrick Roy
Sociétés de Production : MK2 Productions, Téléfilm Canada, Sons of Manual
Distributeur : Diaphana Distribution
Festival et Récompenses : Grand Prix du Jury et Prix du Jury Oecunémique au Festival de Cannes 2016, Césars 2017 du meilleur acteur pour Gaspard Ulliel, meilleur montage et du meilleur réalisateur
Genre : Drame
Durée : 95 minutes
Sortie en salles : 21 septembre 2016

Canada, France – 2016

 

FEFFS 2016 : Western, Tennis et Cafards mutants

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À mi-parcours de cette 9ème édition, les films se suivent et surtout ne se ressemblent pas

C’est un véritable melting-pot de genres pour cette cinquième journée du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. On y retrouve un western tarantinesque tandis que la compétition nous offre un nouvel OVNI. La séance de minuit est quant à elle l’occasion de voir l’un des nouveaux films du japonais ultra-productif Takashi Miike.

[Séances spéciales] Fear Itself

Réalisé par Charlie Lyne (UK, 2015) Date de sortie 18 octobre 2015

Synopsis : Pendant 1h30, une jeune femme va, en voix off, nous présenter une réflexion sur la peur et le cinéma. Le tout accompagné de nombreux extraits de films.

Fear Itself est un documentaire réalisé par le très jeune Charlie Lyne, qui possède à côté de cela une rubrique dans le Guardian. Le film est composé uniquement de séquences de films ayant pour la plupart marqué le 7ème art. Par-dessus ces extraits on retrouve la voix off d’une jeune femme qui va nous emmener dans une réflexion sur la peur. Loin d’être une exploration scientifique de la peur et de son fonctionnement, le film mise surtout sur le sensitif. Les multiples sensations induites par divers stimuli, la réaction à certains facteurs, voilà l’angle choisi par Lyne.

Fear Itself n’est pas seulement un documentaire sur la peur, mais aussi sur le cinéma. La forme du film est d’ailleurs particulière. Le documentaire est en effet à l’exception de l’ouverture et conclusion, uniquement composé d’extraits de films. Allant de Blow out à M le Maudit en passant par Mullholland Drive, les morceaux sont choisis avec minutie. On pourrait penser que ce sont des séquences faisant peur, mais loin de là. Les passages accompagnent la voix off, entrent en symbiose avec elle et fonctionnent comme une véritable illustration de celle-ci. Fear itself est un documentaire à la forme originale même si parfois trivial, mais qui ravira certains cinéphiles.

[Compétition crossovers] Outlaws and Angels

Réalisé par JT Mollner (USA, 2016) Date de sortie inconnue.

Synopsis : Après un braquage qui tourne mal, une bande de hors-la-loi trouve refuge dans le foyer d’une famille pieuse. Au cours d’un huis-clos très tendu, la situation menace de basculer quand la fille cadette se rapproche du meneur de la bande.

Bien plus qu’un festival fantastique, le FEFFS est un festival de film de genre, et pour une fois le western est mis à l’honneur. Le premier film du réalisateur JT Mollner nous transporte directement à la fin du XIXème siècle. Une bande de braqueurs se retrouvent pourchassés et se retranchent dans la demeure d’une famille pieuse. S’ensuit un huis-clos posé et bavard mais à la tension omniprésente. Il est assez facile de rapprocher Outlaws and Angels au western de Tarantino sorti en début d’année,  Les 8 Salopards. Leur construction est similaire, on y retrouve cette volonté de proposer un film où les dialogues prennent le pas sur l’action dans sa première partie jusqu’à ce qu’un élément déclencheur change la donne.

Car comme dans le film de Tarantino, l’ambiance va très vite devenir plus explosive. La limite entre bien et mal s’effacera rapidement, et les protagonistes sont très loin d’être les saints ou les hors-la-lois auxquels on s’attendait. Le personnage de Florence, jouée par la jeune fille de Clint Eastwoord, Francesca se révélera dans la deuxième partie du long-métrage. A partir de là, le film va aller de plus en plus loin dans sa violence et son humour très noir. Portrait d’un ouest sauvage, individualiste et pessimiste, Outlaws and Angels est un film efficace dont la lenteur globale prépare à un petit feu d’artifice final.

[Compétition internationale] The Open

Réalisé par Marc Lahore (France, Belgique, 2016) Date de sortie inconnue.

Synopsis : Dans un monde post-apocalyptique, trois personnages persistent à jouer au tennis sans balles et sans filets.

Avis aux amateurs d’œuvres originales : The Open est fait pour vous. Véritable OFNI, le film réalisé par Marc Lahore et son équipe de 9 personnes est une œuvre au budget très très limité. Dans un genre comme le post-apo, il est souvent difficile d’offrir de nouvelles idées et même si les univers sont variés, le combat pour survivre reste un thème omniprésent. C’est dans cette optique que The Open offre un regard frais et nouveau sur ce genre. Ici la seule préoccupation des protagonistes est de jouer au tennis et de gagner la finale de Roland Garros.

Si dans les premières minutes du film, on se retrouve très souvent à rire devant l’absurdité complète de la situation, le long métrage va très vite se révéler être bien plus qu’une comédie surréaliste. The Open s’impose comme une oeuvre particulièrement touchante, parlant de la survie à travers un but. But qui est pour ces personnages leur raison de vivre. Après qu’on leur ait tout pris, la seule chose qu’il leur reste est le tennis. Loin de la guerre, les voilà sur la plage en train de s’échanger des balles imaginaires. Dans sa démarche, The Open est un film  sincère avec un trio d’acteurs très justes. Oeuvre minimaliste mais profonde, The Open se pose clairement comme l’un des incontournables de la compétition.

[Rétrospective M for Murder] Manhunter

Réalisé par Michael Mann (USA, 1986) Date de sortie 15 août 1986

Synopsis : Après avoir capturé le terrifiant Docteur Lecter, l’ex-agent du FBI Will Graham coule des jours heureux avec sa femme et son fils. Mais le voilà contraint de reprendre du service quand un psychopathe nommé « The Tooth Fairy » s’en prend à des familles.

Première adaptation de l’oeuvre de Thomas Harris, Manhunter est aussi le premier classique de son auteur. Reprenant l’histoire de Dragon Rouge, Mann nous offre un polar très prenant mais profondément ancré dans les années 80. Racontant l’histoire d’un profiler ayant une capacité d’assimilation très importante à la recherche d’un tueur s’en prenant à des familles entières, Manhunter relève plus d’un thriller psychologique que d’un policier aux multiples rebondissements.

Au contraire des autres adaptations où Hannibal prend une place importante, il est ici très peu présent. Permettant à Mann de mettre plus l’accent sur Will Graham (ce qui explique certainement ce choix de titre) campé par un jeune William Petersen et d’insister sur ses facultés, très développées (son sixième sens). Malheureusement cela se reflète sur le traitement de Dollarhyde (interprété par un inquiétant Tom Noonan) qui se révèle être beaucoup trop expéditif. Au niveau de la forme, les qualités d’esthète de Mann se mélangent au côté kitsch des années 80. Manhunter reste une oeuvre clé dans la filmographie du cinéaste américain.

[Midnight Movies] Terra Formars

Réalisé par Takashi Miike (Japon,2016) Date de sortie inconnue

Synopsis : En 2599, un groupe de criminels est expédié sur Mars afin d’y exterminer les cafards envoyés 500 ans auparavant dans le but de terraformer la planète. Pour parvenir à leur fin, ils bénéficient de modifications génétiques leur permettant de se transformer en insecte.

En véritable stakhanoviste du cinéma, il était tout naturel de retrouver Takashi Miike avec un nouveau film pour le FEFFS. Présentée à l’Etrange Festival, cette adaptation de manga ne jouit pas d’une très bonne réputation. Il faut dire que le synopsis annonce déjà la couleur, mais permet d’espérer une sorte de nanar complètement décomplexé et jouissif. Malheureusement cela ne sera pas vraiment le cas. Les premières minutes sont pourtant plaisantes et promettent une bonne partie de fun, avec la découverte des cafards mutants, les transformations des divers personnages avec leurs capacités propres. On pouvait s’attendre à une sorte de rencontre entre les Power Rangers et Straship Troopers.

Le film va très vite s’embourber dans sa mécanique et le fun va se faire de moins en moins présent. La faute notamment à une expédition trop rapide de certains éléments et d’un ton un peu trop sérieux. Le film peine donc à être l’oeuvre décomplexée qu’on pouvait attendre. Certaines scènes d’actions offrent des moments dignes d’un bon midnight movie. Pourtant à côté les effets spéciaux s’avèrent être bien souvent laids et les acteurs sont parfois à la ramasse. Takashi Miike prouve encore une fois son manque de constance et préfère miser sur la quantité que la qualité.

 

Chien : le prochain film de Samuel Benchetrit avec un casting surprenant et atypique

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Tournage imminent pour Samuel Benchetrit avec l’adaptation de l’une de ses œuvres littéraires.

L’écrivain et cinéaste va débuter le tournage de son sixième long-métrage, après Asphalteadapté de son roman éponyme, Chien, publié chez Grasset.

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, Samuel Benchetrit a également dévoilé cet été sur les réseaux sociaux les premiers noms des acteurs qui vont intégrer l’équipe du film. Le résultat est vraiment surprenant et risque d’étonner bon nombre de cinéphiles. Vincent Macaigne donnera la réplique à Vanessa Paradis et à… JCVD himself, Jean-Claude Van Damme ! Avec ce casting décalé, Chien risque de rappeler l’ovni Atomik Circus, réalisé par Didier et Thierry Poiraud en 2014, avec sa pléiade d’acteurs atypiques : Vanessa Paradis, Jean-Pierre Marielle et Benoît Poelvoorde.

Après une série de repérages, le tournage de Chien serait imminent.

Le roman de Samuel Benchetrit entraînait le lecteur dans le quotidien de Jacques Blanchot, victime de la loi de Murphy (le pire est toujours certain). Un malheur n’arrive jamais seul dans sa triste existence et en entraîne toujours un autre dans son sillage. Le pauvre Jacques est très loin de voir la vie en rose. Il doit plutôt se contenter d’une vie de chien. Sa femme le quitte et le met dehors. Son fils le déteste et profite de lui. Jacques Blanchot est en plus exploité par son patron sur son lieu de travail. Pour retrouver un peu d’affection, il s’achète un chien. Mais l’animal de compagnie décède rapidement…

Suite à cette succession infernale de malheurs, Jacques Blanchot va lui-même finir par se transformer… en chien !

Le meilleur ami de l’homme et les animaux ont décidément la côte ces derniers temps au cinéma après les films d’animation Zootopie ou Comme des bêtes et après le long-métrage Le Teckel de Todd Solondz, remarqué au dernier Festival du cinéma américain de Deauville.

Samuel Benchetrit devrait également bientôt travailler sur un nouveau projet de film, intitulé Ma Femme, dont le thème central reposerait sur la paternité.

La Danseuse : Rencontre avec la réalisatrice Stéphanie Di Giusto et Soko

Rencontre avec l’équipe du film La Danseuse (au cinéma le 28 septembre)

La Danseuse, c’est six ans de travail, trois ans d’écriture et la modeste somme de six millions d’euros de budget. Derrière cet audacieux projet, une jeune réalisatrice inconnue au bataillon il y a encore quelques mois. C’est le premier film de Stéphanie Di Giusto et pourtant, elle a déjà tout d’une grande. À commencer par les idées : « Un jour, je suis tombée sur une photo en noir et blanc. Il y a avait des voiles blancs en mouvement et à l’intérieur, une femme. J’ai tout de suite voulu savoir qui elle était et son histoire m’a bouleversé ». Talentueuse et prometteuse mais toujours les pieds bien sur terre, CineSeriesMag a eu la chance de la rencontrer au Royal Monceau, en compagnie de la belle Soko, l’interprète principale du film.

Portraits de deux femmes au caractère bien trempé, qui prouvent encore une fois que les femmes ont du talent. Beaucoup de talent.

« Le premier film c’est arriver au bout du chemin, le deuxième c’est là où tout commence » Stéphanie Di Giusto

Lorsque Soko fait son apparition à la fin de la projection, c’est une petite tornade brune qui déboule dans la salle. Elle est drôle, déchaînée, sans complexe et parle fort. Stéphanie Di Giusto, qui fait à son tour son entrée, ne peut s’empêcher de rire « Je vous jure qu’elle n’est pas ivre, elle est comme ça tous les jours » avant d’ajouter, endossant son tablier de réalisatrice et pour commencer l’échange : « Il fallait que je parvienne à canaliser son énergie ».

La réalisatrice est rieuse et enjouée lorsqu’elle parle de son actrice principale, et très fière aussi. La bonne humeur de Soko doit être communicative. En tous cas sur le public, ça fonctionne. 

Stéphanie Di Giusto : Ce qui me plaît chez Soko, c’est qu’elle est unique, vraie. Pour moi, il n’y avait que Soko. C’était elle que je voulais pour le personnage. Elle et seulement elle.

À propos du personnage que la jeune femme interprète, l’artiste Loïe Fuller, la réalisatrice ne tarie pas non plus d’éloges.

Stéphanie Di Giusto : Comme le spectacle n’a jamais été filmé, ce n’est pas la vraie Loïe que l’on peut voir sur internet, seulement des imitatrices. Loïe Fuller a passé son temps à être imitée. C’est une femme libre. Elle est tout sauf une danseuse, mais elle est tellement d’autres choses. Elle aimait le beau. Pas le beau esthétique. Le beau culturel. Tous les croquis vus dans le film sont de Loïe. Sur le tournage, nous étions tous des intégristes du beau […] pour être digne d’elle.

Soko : C’est une femme tellement concentrée sur son travail que sa vie personnelle n’existe pas. C’est une femme qui se cherche, qui doute.

« J’admire la volonté et la dévotion qu’ont les danseurs »

On voit Loïe souffrir tout au long du film. Soko, avez-vous aussi beaucoup souffert pour interpréter ce personnage ?

Soko : Pour arriver à un telle performance […] Ça demande une rigueur de dingue. J’admire la volonté et la dévotion qu’ont les danseurs. Certains matins je me levais, je n’arrivais plus à marcher, j’avais des bleus et tout … C’est deux mois et huit heures par jour d’entrainement, je danse à trois mètres de haut.

Comment avez-vous travaillé avec Benoît Debie (directeur de la photographie sur Lost River de Ryan Gosling ou encore Love de Gaspard Noé) ?

Stéphanie Di Giusto  : Je suis fan. J’aime son travail. J’avais toujours l’appréhension qu’il n’aime pas, à chaque fois qu’il entrait sur un décor. Mais lui, il s’émerveillait, il disait que tout était beau, que l’endroit était beau, que Soko était belle. Je ne me vois pas faire un deuxième film sans lui. C’est incroyable, on n’a pas besoin de se parler pour se comprendre. C’est un grand génie. 

Soko : Et c’était la première fois qu’il faisait un film d’époque. 

Il y a une telle alchimie entre les acteurs. Particulièrement entre Soko et ses partenaires (Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry et Lili-Rose Depp). Comment s’est passé la collaboration ?

Soko : Quand on a un bon scénario, c’est évident. La relation est déjà écrite. En plus, j’étais déjà copine avec Lili-Rose, donc ça a aidé. C’était son premier baiser de cinéma, en plus avec une fille. Donc je n’arrêtais pas de lui demander si ça allait, je lui disais de ne pas se forcer s’il y avait quelque chose qu’elle ne voulait pas faire. Mais elle, elle était très détendue, elle me disait « Non non, ça va ». Et partout où elle allait, elle était suivie par deux énormes gardes du corps, donc j’étais super nerveuse. Je n’avais pas envie qu’ils me cassent la figure [rire]. Mais finalement, c’était plutôt drôle.    

Stéphanie Di Giusto : Oui, tout le monde s’est très bien entendu. 

« Depuis toujours le femmes font du cinéma. Il n’y a pas de raison que ça change »

Quelles sont les difficultés que l’on peut rencontrer quand on fait un film historique ?

Stéphanie Di Giusto : C’est un bras de fer permanent pour arriver à ne pas céder à ce que l’on vous propose. Le même château dans lequel a été tourné tous les films. J’aime la photographie et quand je rentre quelque part et que je suis sublimée par ce que je vois, c’est cet endroit que je veux. Heureusement, j’avais le meilleur chef décorateur (Carlos Conti). Dans La Danseuse, tous les décors sont d’origine, du XIXème siècle. À l’Opéra de Paris, on avait le droit de tourner entre une heure et huit heure du matin.

Soko : C’était le plus beau cadeau du monde. Pour mes 30 ans, j’ai dansé à l’Opéra de Paris.

Stéphanie Di Giusto : Tout le film a été tourné en France, c’était très important pour nous de faire travailler les artisans français.

Vous aviez un budget plutôt limité pour un film de cette envergure (6 millions d’euros). Comment vous en êtes vous sortie ?

Stéphanie Di Giusto : Il faut montrer que l’on a aucun doute, que l’on y croit. Convaincre les producteurs, ses acteurs. Surtout quand c’est ton premier film et que tu sors un peu de nulle part. Tout le monde te met à l’épreuve.

Avez-vous rencontré des obstacles liés à votre « place de femme » dans le milieu du cinéma ?

Stéphanie Di Giusto : Un homme aurait rencontré les mêmes problèmes. Depuis toujours, les femmes font du cinéma. Il n’y a pas de raison que ça change.

« Mon nouveau projet sera plus compliqué, plus dur et plus fou que celui-là »

Lili-Rose, c’était un pari plutôt risqué.

Soko : C’est ma copine, donc Stéphanie était obligée de la prendre [rire].

Stéphanie Di Giusto : Avec Soko, nous sommes allées l’auditionner à Los Angeles. Quand elle a commencé à jouer, c’était évident. Elle a de la grâce, de l’abandon. Elle a envie d’être actrice, c’est ce qu’elle veut faire. C’est très important pour un metteur en scène de savoir que ses acteurs sont convaincus que c’est ce qu’ils veulent faire.

Soko : Elle a ça en elle. Comme Isadora Duncan, elle a ce pouvoir d’intimidation. C’est incroyable de dégager une telle emprise à seize ans.

Stéphanie Di Giusto : Elle posait toujours les bonnes questions sur son personnage, sur le scénario. Elle avait de vraies réflexions. Elle est très mature pour son âge.

Lili-Rose a-t-elle été doublée ?

Stéphanie Di Giusto : Bien sur. C’est vingt ans d’expérience pour faire ce que vous avez vu. Soko c’était différent, je voulais qu’elle aille jusqu’au bout dans l’interprétation du personnage.

Quel sera votre prochain projet ?

Stéphanie Di Giusto : J’attends déjà les retombées du 28 septembre (date de sortie du film en France) mais oui, je travaille sur un nouveau projet. Plus compliqué, plus dur et plus fou que celui-là. Mais je n’ai pas envie d’attendre encore six ans. J’ai envie de vite retourner, d’être sur les plateaux d’ici deux ans.

Et vous Soko, comment envisagez-vous la suite ?

Soko : La sortie d’un troisième album préparé à New York cet été. J’ai envie de faire une pause dans le cinéma et de refaire de la musique. C’est un autre moyen pour moi de m’exprimer, plus personnel. 

La Danseuse: Bande annonce

 La Danseuse : Fiche technique

Réalisateur : Stéphanie Di Giusto
Scénario : Stéphanie Di Giusto et Sarah Thibau
Interprétation : Soko (Loïe Fuller) Gasard Ulliel (Louis) Mélanie Thierry (Gabrielle) Lili-Rose Depp (Isadoraa Duncan) François Damiens (Marchand) Louis-Do de Lencquesaing (Armand)
Producteurs : Alain Attal, Emma Javaux, Marie Jardillier et Xavier Amblard
Photographie : Benoît Debie
Chef décorateur : Carlos Conti
Chef costumier : Anaïs Romand
Chorégraphe : Jody Sperling
Durée : 168 min.
Genre : Drame, Biopic
Date de sortie : 28 septembre 2016

France – 2016

Auteur : Yael Calvo