Il y a 25 ans, les studios Disney livraient l’un de leurs plus grands chefs-d’œuvre : La Belle et la Bête. Fleuron d’un second âge d’or entamé avec La Petite Sirène, le film de Gary Trousdale et Kirk Wise s’inscrivait dans la renaissance du studio par sa parfaite hybridation au genre de la comédie musicale, impulsée par le regretté parolier Howard Ashman. Succès mondial, premier film d’animation nommé à l’Oscar en 1992, adapté avec succès sur les planches de Broadway ; il était assez logique qu’en 2017, La Belle et la Bête soit le nouvel appelé dans la valse des ré-adaptations live Disney. Un mouvement opéré depuis 2010 qui aujourd’hui livre un nouvel exemple du sillon sage et timoré que le studio creuse depuis Cendrillon. Soit une luxueuse décalcomanie qui offre un bon moment mais guère plus.
Avant toute chose, il semble utile de dresser un rapide bilan de la stratégie Disney qui amènera prochainement sur nos écrans Christopher Robin, Mulan ou Dumbo. Soit l’adaptation en live-action, et en blockbusters, des grands succès animés de Disney. Entamée avec Alice au pays des merveilles de Tim Burton, la démarche pourrait aurait pu être seulement mercantile (la lucrative capitalisation sur des oeuvres cultes) si Maléfique, Peter et Eliott le Dragon ou Le Livre de la Jungle n’avaient pas montré le possible intérêt de ces revivals. Par de nouveaux angles et de nouvelles approches, les classiques Disney justifient ainsi leur retour au cinéma par un apport suffisant de nouveautés en un terrain connu, apprécié et sauvegardé dans ses grandes lignes. Et ce qu’on aime ou pas ces nouvelles versions.
Mais La Belle et la Bête, à l’instar de l’anecdotique Cendrillon, joue dans une catégorie plus polémique. Une transposition pure et simple de l’oeuvre originelle, plan pour plan en certains endroits avec reprise des chansons, soit ce qui faisait l’originalité du traitement de 1991. D’où un débat qui n’a finalement plus lieu d’être tant sa stérilité est validée : celui de l’intérêt. Ça se saurait si Hollywood nous demandait notre avis, et nous pouvons pester autant que nous voulons, Disney fait bien ce qu’il veut. Donc oui, nous sommes entièrement d’accords, refaire un chef d’oeuvre comme La Belle et la Bête n’a aucun intérêt si l’entreprise consiste juste à en dupliquer les séquences emblématiques. Ce sans rien convoquer de très inédit. Mais c’est comme ça, c’est pas nous qu’on décide.
D’ailleurs, l’intention initiale de Bill Condon était d’adapter en film la comédie musicale issue du dessin animé. Une démarche plus logique, plus valide, sur laquelle le studio est finalement revenu ensuite pour offrir un film d’héritage comme il commence à en avoir bien trop. Triste tendance maladive d’une industrie qui s’adapte à un public aujourd’hui très animé par sa nostalgie. Et malheureusement, les chiffres donnent raison à cette démarche, ainsi que l’attitude d’une frange spectatorielle peu exigeante, absolument pas gênée de revoir la même chose. Justifiant de facto son passage à la caisse puisqu’elle aime le film avant même d’entrer dans la salle.
En cela, les quarante premières minutes du film frôlent la catastrophe dans cette bête récupération. L’introduction est expédiée dans un montage hyper rapide où se succède quantité de plans kitschs d’une grande platitude. Soit, effectivement, rien à voir avec la narration magnifique en vitraux de l’original. Sauf que dans les faits, nous ne sommes pas trompés sur la marchandise, la voix-off débite exactement la même rengaine, avérant que vous allez revoir le même film…en moins bien. Un sentiment qui se confirme avec Bonjour, le morceau le plus en deçà de cette nouvelle version où la gestion de l’espace, des figurants et de la rythmique est aux fraises, vidant ainsi le passage d’une partie de son ampleur d’antan quand il tente pourtant de l’égaler. Et parce que nous sommes polis, on ne parlera pas de la mauvaise synchronisation de la pourtant jolie voix d’Emma Watson…
S’ensuit à peu de choses près la même enfilade de scènes que dans le dessin animé, avec de bons acteurs hélas mal dirigés débitant des dialogues identiques et/ou anecdotiques. Ce qui marchait dans le dessin animé ne fonctionne pas forcément ici en live, et cette trop forte et inadéquate proximité avec le matériau d’origine laisse augurer du pire pour la suite tant la chose devient artificielle et désincarnée. Ce qui est peu aidé par le filmage à papa de Bill Condon, loin du métier du Rob Marshall d’Into the Woods. Surtout quand on sait que la comédie musicale de Broadway avait déjà essuyé quelques plâtres sur l’impossibilité de transposer fidèlement certains passages.
Bref, on grince un peu des dents, persuadé d’avoir pris un aller simple pour le viol de son enfance (avec 50 mn de plus au compteur) et là arrive le morceau Gaston… Et allez savoir pourquoi, là ça fonctionne. Ce n’est pas une merveille, c’est même bourré de faux raccords mais il y a suffisamment d’énergie, d’idées et de subtiles réinventions pour que la scène prenne une autre dimension. C’est d’ailleurs à partir de là que le film se bonifie vraiment. Comme s’il avait fallu en passer par ce premier acte plan-plan pour enfin accrocher son spectateur ou le faire adhérer à ce que fait le film.
Les cadres deviennent plus travaillés et impactants, le métrage prend de l’ampleur, on se retrouve de nouveau impliqué dans l’histoire et les personnages… . Bref, le minimum attendu de ce qui restera finalement jusqu’à son terme un simple divertissement, mais de correcte facture. Ce avec quelques (trop rares) pointes d’audace et d’émotion. Ça n’empêche pas, encore une fois, ce remake de coller franchement aux basques de son aîné mais avec suffisamment de métier pour prendre un certain plaisir à retraverser ce classique.
D’ailleurs, ironiquement, le film se plante complètement dès qu’il essaye timidement de décompresser certains points de l’intrigue (soit l’une de nos attentes initiales). On voit bien l’intention d’apporter plus de chair à Belle et au Prince mais ça ne fonctionne absolument pas car inutile, amené au forceps et toujours lié aux parents… . D’où, malgré des interprètes qui font le taf (mais n’ont pas grand chose de plus à manger), l’impression de personnages plus en surface et en 2D que ceux du film de 1991. Le même commentaire vaut pour l’entièreté d’un casting 5 étoiles majoritairement britannique qui reste droit dans les bottes de ses antérieurs animés. Et ce malgré tout le métier et la classe des rosbifs quand il s’agit de servir un personnage, notamment dans la comédie musicale.
Un reproche ne pourra jamais être fait à Disney, c’est dans la débauche de moyens mise à l’écran pour ses productions. Il y a beaucoup d’argent et ça se voit. Chaque dollar s’incarne dans les costumes, décors, accessoires et impressionnants effets visuels déployés avec soin et minutie. On remarquera d’ailleurs avec amusement que c’est justement cette débauche d’effets visuels qui est aussi pour beaucoup dans le gap qualitatif du film. Leur omniprésence décharge entièrement Condon de la réalisation de certaines séquences (à l’image des meilleures passages d’Ant Man, dus à ILM) permettant à C’est la fête d’être la séquence la plus réussie puisque pensée par des animateurs. Et pour le coup, si elle décalque des images fortes du film original, la scène offre aussi son lot de nouveautés, au même titre que la bataille finale.
Bref, pas grand chose à dire sur une direction artistique impeccable, fastueuse et bien dosée entre pratique et numérique. Le character design des objets enchantés, probablement le plus gros défi à l’oeuvre, est plutôt franc et réussi dans son parti pris et empêche seulement un Big Ben très statique de pleinement convaincre. Une petite déception cependant sur le visage en CGI de La Bête, bien moins convaincant que dans la récente version de Christophe Gans malgré la belle conception globale de la créature.
Et la musique dans tout ça ? Et bien, il faut avouer qu’elle souffre un peu de la surenchère du film. « Trop de notes » disait l’Empereur à Mozart et c’est un peu l’idée dans la ré-orchestration de la légendaire partition. Nanti d’un orchestre plus ample, le sublime travail d’Alan Menken prend quelques allures boursouflées, quelques longueurs dont il pouvait aisément se passer. Attention, ça reste le chef-d’oeuvre de son auteur et un régal pour les oreilles mais, si on doit pinailler, les enluminures n’y sont pas essentielles. Point bonus pour cette version de 2017, quatre nouvelles chansons exclusives (aucune de Broadway n’a été ajoutée et Humain à nouveau n’est pas présente) dont Ensemble à jamais, magnifique et bouleversant morceau de La Bête (sous influence Bossu de Notre-Dame) qui justifie à lui seul la vision du film. Howard Ashman, de là où il est, serait très fier de cet ajout.
En définitive, la redoutée catastrophe n’a pas eu lieu. S’il faut passer au-delà d’un premier acte embarrassant, le long-métrage de Disney est aussi honnête, efficace et plaisant que ses prédécesseurs. Déjà parce que l’amour et le respect pour l’original sont palpables (manquerait plus que ça) mais surtout parce que les canons de production du studio garantissent une vraie tenue de l’ensemble. Prétendre à plus est cependant impossible tant le métrage s’inscrit en luxueux revival plutôt qu’en nouvelle proposition. Sachez-le donc, si cette version 2017 est une jolie anecdote, qui cartonnera sûrement au B.O, l’Histoire Eternelle reste bel et bien celle de 1991.
La Belle et la Bête : Fiche Technique
Réalisation : Bill Condon
Scénario : Stephen Chbosky et Evan Spiliotopoulos
Interprétation : Emma Watson (Belle), Dan Stevens (La Bête / Le Prince), Luke Evans (Gaston), Kevin Kline (Maurice), Ewan McGregor (Lumière), Ian McKellen (Big Ben), Emma Thompson (Mme Samovar),…
Photographie : Tobias A. Schliessler
Montage : Virginia Katz
Musique : Alan Menken
Costume : Jacqueline Durran
Décors : Katie Spencer
Producteurs : David Hoberman , Todd Lieberman, Don Hahn, Thomas Schumacher, Jeffrey Silver, Steve Gaub, Jack Morrissey, Greg Yolen, Alexander Young
Sociétés de Production : Walt Disney Pictures, Mandeville Films
Distributeur : Walt Disney Pictures
Budget : 160 000 000 USD
Genre : Musical, Fantastique
Durée : 129 minutes
Date de sortie : 22 mars 2017
Etats-Unis – 2017
Auteur : Adrien Beltoise




Evidemment, les puristes iront à la rencontre des mangakas Masashi Kudo (qui a travaillé sur Bleach, Chain Chronicle, Chobits, NO6,

Frot semble un peu plus dans le contrôle et la retenue bien que soit son personnage qui le veuille. Si Deneuve paraît aussi à l’aise, c’est aussi parce que l’on sent un naturel débordant qui émane de sa voix et de son corps, sans réel besoin de jouer finalement : son personnage lui colle à la peau. Il est vrai que l’on s’attendait à plus d’étincelles de la part de ce duo qui avait pourtant tout pour rendre cette rencontre explosive. Le spectateur attend cette confrontation avec impatience pour n’obtenir que quelques éclats de voix, très bons mais pas suffisants. Les personnages secondaires sont également très intéressants avec Olivier Gourmet et Quentin Dolmaire mais quelques fausses notes font perdre un peu de crédibilité à certaines scènes, bien que ce soit très vite rattrapé par d’autres moments drôles ou émouvants.

Going to Brazil réussit bien plus dans l’aspect suspense que dans l’aspect comique. Le film s’avère très efficace dans sa dimension dramatique. Une réelle pression emporte tout le long du métrage, impliquant le spectateur dans les péripéties des quatre françaises au Brésil. Le pitch de base n’est finalement pas qu’un prétexte et retrouve un écho dans plusieurs des obstacles qui apparaissent au fur et à mesure du film. L’intrigue criminelle et la course-poursuite à travers le Brésil se révèlent vraiment prenantes et intenses. Ceci est assez rare dans les comédies pour être souligné tant les antagonistes sont souvent de simples McGuffin. Ici la menace de la mafia aux trousses des héroïnes a réellement un propos et installe un suspense jusqu’à la fin du film. On pourra justement reprocher une fin bâclée et assez invraisemblable.
Pour son tout premier film en tant que réalisateur, le scénariste et showrunner David Farr se tourne du côté du thriller psychologique et cite rien moins qu’Hitchcock et son Vertigo comme référence. Référence dont il s’avère ne pas être à la hauteur. En effet, l‘intrigue de London House, bien que plantée dans un décor sophistiqué, est prévisible et d’une grande banalité (surtout pour les adeptes des téléfilms à la sauce M6). Tout commence par des plans de bonheur factice : les acteurs sourient, sont beaux et la femme enceinte semble épanouie. Seul bémol : la mère de la future mère (soit la grand-mère du futur bébé) est distante, voire absente. Pire, elle ne semble pas s’émouvoir de la naissance à venir. Cela affecte quelque peu Kate qui fantasme alors sur sa voisine, libérée et délivrée qui fait l’amour à grand bruit avec son mari et le rejoint tous les midis pour manger, quand elle ne tombe pas par hasard dans un vieux tiroir sur une photographie de son frère mort dans des circonstances mystérieuses (mais certainement liées au psychologique). Ce joli décor tombe à la renverse quand Theresa, la voisine également enceinte, perd son bébé à la suite d’une chute malencontreuse sur le félin de Kate, cette dernière n’ayant pas eu le temps de changer l’ampoule grillée du couloir. Le couple du bas a donc de la rancœur envers le couple du haut. Theresa effraie Kate, la fragile et celle qui ne voulait pas vraiment d’enfant, pour la faire passer pour folle. Comment ? A coup de gaz non éteint et de baignoire qui déborde. Bref, le thriller London House lorgne du côté d’un Rosemary’s Baby sans saveur. Par la suite, le couple redevient bucolique avant de retomber dans le cauchemar et tout cela jusqu’à la séquence finale qui elle, lorgne du côté de Vertigo…
En effet, David Farr se joue de références notamment lorsque Theresa porte le chignon à la Vertigo. C’est justement là tout le problème, on sent les intentions du réalisateur tout le long du film, intentions louables, mais bien trop prévisibles et un peu maladroites. L’intérêt moindre pour l’intrigue n’est même pas sauvé par le casting, exceptée Clémence Poesy, qui reste quand même assez fade dans ce rôle de personnage fêlé de l’intérieur qui tente de se construire. Plongé dans la peur, l’angoisse et la solitude, le personnage évolue finalement peu. Le réalisateur tente plutôt de jouer sur ce que les personnages savent et sur ce que le spectateur découvre avant eux, mais ça ne marche pas toujours, car les ficelles sont plutôt grossières (comme pour le coup du babyphone dans lequel on entend une respiration alors que le personnage du mari de Theresa est annoncé absent dès le début de la soirée). Résultat, tout sonne assez faux et on finit par s’ennuyer devant une intrigue qui aurait pu être haletante. L’opposition et la construction des personnages sont survolées, trop scolaires par rapport aux modèles invoqués et déjà évoqués. London House n’est finalement qu’une bien triste contribution au monde du thriller psychologique et à celui des twists de fin à la Shutter Island.

Naturellement, Simon Rich
fraîcheur et son côté complètement imprévisible qui en a surpris plus d’un, cette troisième saison voit tout ça devenir un peu redondant. Les épisodes s’articulent la plupart du temps autour de 3-4 idées et il est au final assez rare de les voir toutes fonctionner. Si certaines sont tout bonnement hilarantes et frappent là où il faut (l’exemple précédent du sexe anal pour représenter le mariage en est une illustration parfaite), certaines sont au contraire très poussives et cela peut parfois déteindre sur tout l’épisode. L’épisode concentré sur Liz qui essaie de se reconnecter avec son père, tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et a du mal à être véritablement pertinent, en plus d’avoir une peine énorme à décocher un sourire au téléspectateur. Les épisodes de cette troisième saison sont au final assez inégaux que cela soit entre eux ou, plus problématique, au sein des épisodes eux-mêmes.

Le monde du cinéma a toujours été

