Nuit d’horreur au festival Series Mania avec rétrospective de Masters of Horror projetée au Luminor dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 avril 2017.
De 22h à 6h le lendemain matin, les spectateurs ont eu droit à un programme croustillant : une sélection d’épisodes de la fameuse série Masters of Horror, préparée avec passion par Wilfried Jude, pour combler vos yeux et estomacs de sang, de chair, et d’humour. L’occasion de redécouvrir ces films de 60 minutes signés par des maîtres – du formaliste Tobe Hooper à l’humour noir de John Landis en passant par la folie cartoonesque de Joe Dante et la poésie grotesque chez Takashi Miike – et des artisans du genre : Larry Cohen, Peter Medak…
« En 2004, Mick Garris (La nuit déchirée) crée une collection de films courts pour la télévision. L’idée géniale: réunir les grands noms du cinéma d’horreur pour une sorte de baroud d’honneur, où toutes les transgressions peuvent se déployer sans aucune retenue. »
– Wilfried Jude, Livret Séries Mania, page 64 –
Dérangée, gore, kitsch, déjantée, grotesque, grave et absurde, la série diffusée sur Showtime de 2005 à 2007* dresse le portrait d’une Amérique loin de se conformer à « l’American Dream ». Que ce soit par le post-apocalyptique, le survival ou le teen-movie, Masters of Horror présente les ténèbres de cette folle Amérique : la paranoïa et la folie dangereuse face au terrorisme ; jeunesse en proie à des nouvelles drogues mises en place même après un « apocalypse » ; passion malsaine pour le spectacle au point d’accepter le contre-nature et l’inhumain ; ou encore la destruction et l’exploitation folle de ses richesses naturelles.
On obtient ainsi une galerie de portraits dressés sous acide et gonflés à l’ironie et l’humour. Wilfried Jude note d’ailleurs : « Masters of Horror, c’est la vengeance des vieux briscards, bien plus conscientisés que certains réalisateurs cyniques qui les ont suivis. L’art du Grotesque de Masters of Horror, résonne d’une manière étrange en 2017, car il est plus que jamais d’actualité. Est-ce le bouffon (le cinéaste) qui s’en amuse qui est le plus grotesque, ou bien monde délirant et absurde dont il s’est inspiré ? » (Livret Séries Mania, p.64).
On regrettera l’absence des deux épisodes réalisés par John Carpenter, mis de côté par le programmateur qui les a pensé trop « intello » pour la soirée. La programmation, comme il l’a bien dit, est subjective : Wilfried Jude a privilégié des épisodes qu’il appréciait, dont certains « mal aimés » a-t-il expliqué avant le lancement de la soirée.
Celle-ci s’est d’ailleurs passée dans une ambiance bon-enfant, transpirant la passion évacuée par de nombreux rires, des regards admirateurs, mais aussi des yeux cachés lors de certains épisodes, notamment celui de Takashi Miike.
Entre pépites horrifiques, séries B (et Z) assumées, comédies gores et thrillers dérangeants, Masters of Horror est un objet télévisuel unique, héritier de générations de Quatrième Dimension et d’Histoires Fantastiques, et héritage modeste mais non moins formidable du cinéma d’épouvante/horreur, qui a su en inspirer d’autres (American Horror Story par exemple) et le fait toujours.
Ci-dessous, la liste des épisodes projetés :
1 – George le cannibale (The Washingtonians), de Peter Medak (saison 2)
2 – Une famille recomposée (Family), de John Landis (saison 2)
3 – Serial auto-stoppeur (Pick Me Up), de Larry Cohen (saison 1)
4 – La Danse des morts (Dance of the dead), de Tobe Hooper (saison 1)
5 – La Survivante (Incident On and Off A Mountain Road), de Don Coscarelli (saison 1)
6 – J’aurai leur peau (Pelts), de Dario Argento (saison 2)
7 – La Guerre des sexes (The Screwfly Solution), de Joe Dante (saison 2)
8 – La Maison des sévices (Imprint), de Takashi Miike (saison 1)
*À noter que la série a été rachetée par Lionsgate puis retravaillée pour sa diffusion sur NBC (soit avec beaucoup moins de gore, et sans nudité). Renommée Fear Itself, on considère toutefois cette nouvelle saison diffusée en 2008 comme la troisième de Masters of Horror.

au cœur et s’avère empli d’espoir. Le film de Stéphane de Freitas et Ladj Ly est un moment hors du temps qui nous procure un plaisir immense. Par son sujet passionnant et des étudiants passionnés, À voix haute se grave dans nos mémoires et les voix de cette jeunesse trop souvent méprisée résonnent en nous.
cinématographique, les portraits des étudiants, que ce soit au sein de leur familles, dans leur cité et dans des endroits qui leur sont chers, prennent trop le pas sur le sujet même du documentaire qu’est le concours Eloquentia.
Un monument de beauferie…
Entre un Dwayne Johnson devenu par la force des choses un bisounours tout juste bon à faire du lancer de torpilles et donner de gnons, un Vin Diesel aussi charismatique qu’une armoire Ikea et une ribambelle de personnages tous plus indigents les uns que les autres, c’est à se demander comment on a su s’attacher à toutes ces faces de gaufres. La palme revenant ainsi à Jason Statham, pourtant ici méchant qui parvient à s’arroger les meilleurs moments et punchlines du film, et le tout sans forcer. Ce qui fatalement amène la question que de se demander pourquoi la franchise, rompue à ces numéros d’équilibriste en est tombée au point de sacraliser et rendre plus charismatique, un méchant ? Le film n’aura pas le temps d’y répondre, sans doute trop occupé à se foutre de son spectateur. Et pour cause, car cette 8ème cuvée surfe sur une intrigue tellement paradoxale qu’elle n’hésite jamais à sacrifier ce sur quoi elle a bâti sa renommée : les caisses. C’est bien simple : sur 2h20 de métrage, on verra plus souvent le crew se pavaner dans des bureaux high-techs, des avions, ou même des prisons que derrière un volant. Et, si sur la forme, ça n’a l’air de rien, sur le papier, ça défriche tout un pan de la « mythologie » (bon sang, on écrit vraiment ce mot là, quel drame!) de la team à Baboulinet et consorts. Fini en effet ces jeunes paumés qui font péter la nitro dans leurs engins et place aux similis agents secrets, rompus à empêcher une Troisième Guerre Mondiale tout ça pour pouvoir scander en choeur à la fin : Viva la famille. C’est gros. C’est trop gros. Mais…
coupé à la nitro, la franchise à Vin Diesel a fait crisser pas mal de dents (et de pneus) en course. Quitte à envoyer bouler le tout dans le mur de la bienséance ou de la logique pure. Et c’est bien pour ça, cette adaptabilité, que le chaland y a trouvé son compte depuis toutes ces années. En ce sens, difficile donc de faire la fine bouche devant cet opus, tant il prend un malin plaisir à condenser tous les poncifs de la saga, en l’occurrence mêler intrigue d’un Mission Impossible dans le carcan d’une famille ultra dys-fonctionnelle.. Et rien que pour ça, on en profite. Charlize Theron en méchante qui surnage, Statham qui fait office de caution cartoonesque de l’ensemble et Dwayne Johnson toujours là pour montrer les poings, bref, on assiste à un festival de mauvais gout ininterrompu. Mais, grâce du cinéma oblige, cet amas de beauferie se transforme alors en une sucrerie pop, infusée à la connerie, jamais absente dès lors qu’il est question de faire monter l’adrénaline. Résultat, on se prend au jeu de se passionner devant les aventures délirantes de Baboulinet qui passe du coté obscur, et se met en tête d’échapper à un sous-marin sur la banquise ; ou de survivre à une apocalypse de voitures zombies en plein New York. Bref, c’est gros là encore, c’est énorme mais force est de constater que ça fait du bien.
A l’origine, Message from the King est un scénario écrit par Oliver Butcher et Stephen Cornwell (le duo derrière Sans Identité et Riddick) qui tourne de mains en mains depuis de nombreuses années à Hollywood. Il fut notamment proposé à
La La Land. Ici, on ne chante pas son bonheur, on se drogue, on se prostitue, et surtout on règle ses problèmes à grands coups de chaîne de vélo dans la gueule!
s’échanger les bourre-pifs est ce montage qui rend les bastons littéralement illisibles. Celles-ci ne sont que cinq au total. Trop peu diront certains, déjà trop diront d’autres. Evidemment, voir Chadwick Boseman distribuer les coups est jouissif, et le voir se faire, à son tour, passer à tabac nous rappelle que nous ne sommes pas devant un film de super-héros… encore que. Qu’il soit sévèrement marqué après une première dérouillée est ainsi cruellement réaliste, en revanche qu’il régénère aussi vite que Logan dans les dernières minutes l’est beaucoup moins. Une preuve de plus que Du Welz n’a pas su conserver jusqu’au bout le contrôle de son travail et s’est brûlé les ailes face à ses producteurs hollywoodiens tout puissants qui lui ont imposé, entre autres, une musique pompière et omniprésente, une relation pleine de bienveillance et un happy-end platement prévisible (hormis un twist qui, certes, n’apporte rien à l’intrigue mais alimente la mythologie autour du héros).
A Miracle donc, on retrouve Kevin Garvey qui est de nouveau chef de police. Kevin semble sincèrement heureux, riant à pleines dents, un visage lumineux, il plaisante avec son fils qui travaille désormais à ses côtés. Cela semble presque incongru de voir ces personnages d’habitude si tourmentés et détruits psychologiquement, si insoucieux et détendus.
Comme à son habitude, la série énigmatique amène de suite de nouveaux questionnements et garde cette ambiance lynchienne onirique si singulière et si dépaysante qui nous met dans le même état de confusion et d’alerte que les personnages. C’est à nouveau tout en métaphore que The Leftovers s’adresse à nous, nous poussant à nous questionner sur la mort, mais surtout la vie puisque la principale question, comme l’a si bien dit Max Richter (compositeur de la série), est “comment les personnages (autrement dit nous) parviennent à se lever et à continuer de vivre ?”. Usant de symboles et de métaphores, The Leftovers laisse alors au spectateur le choix, la liberté, d’interpréter les épisodes comme bon lui semble, selon ses croyances et sa vision personnelle du monde.
Très souvent un “yes man”, notamment dans le système de production américain, le réalisateur de série n’est que peu connu du grand public contrairement à certains de ces confrères au cinéma. Tim Van Patten (The Sopranos, Boardwalk Empire) avoue, dans le troisième épisode de cette série documentaire, s’être par moment senti comme un “professeur remplaçant”, débarquant dans une équipe dont il ne connaît pas les membres, exécutant un travail qu’on lui décrit sans pouvoir exprimer sa personnalité. Mais malgré des débuts difficiles sur fond de précarité financière, les réalisateurs présentés dans ses trois premiers épisodes, à force de persévérance, ont réussi à s’imposer dans la profession.
C’est le cas de Rosemary Rodriguez, qui a connu une vie compliquée et tumultueuse mais qui a eu par la suite, l’occasion de travailler sur des séries prestigieuses comme The Good Wife ou
Au final, Charlotte Blum nous offre une série de portraits touchants et sincères de réalisateurs habités par leur profession et qui ne sont que rarement reconnu à leur juste valeur. En mettant en avant ce métier, souvent vu comme ingrat (embauché pour un épisode puis remplacé), ce documentaire arrive, en l’espace d’une heure et demie (pour la première partie), à faire rêver bon nombre de sériphiles/cinéphiles dans la salle grâce au regard passionné que ces professionnels portent sur leur travail. Une profession qui ne lassera jamais ses trois réalisateurs comme le confie Tim Van Patten, qui s’émerveille devant son insatiable goût pour l’apprentissage, ajoutant qu’il continuera d’apprendre jusqu’à son dernier jour de tournage.
Jamal Malik (Slumdog Millionaire) et Sheru (Lion) sont deux orphelins, miséreux de la vie qui s’offre à eux. Même si ce dernier possède toujours une mère, il est symboliquement, un enfant perdu au milieu de nulle part. Voici la triste réalité de ces drames loin de n’être qu’une simple fiction. Slumdog Millionaire et Lion sont des œuvres bouleversantes, qui dépeignent le quotidien de millions d’enfants dans le monde. Ils permettent une véritable prise de conscience, loin de notre confort privilégié, sur la misère qui peuple notre
Même si ces deux enfants, devenus des hommes, entretiennent une relation bien différente avec leur frère, tous deux restent véritablement attachés à ce lien du sang, celui qui les unit. D’un côté, nous avons l’histoire de Jamal Malik, protégé brutalement par l’image de son frère ainé. De l’autre nous avons celle de Sheru, bercée par les tendres souvenirs de l’existence fraternelle qu’il a connu. Entre ces deux histoires, une grande similitude : celle d’une union entre deux personnes ayant toutes deux connues l’indigence. En effet, ce n’est pas uniquement le lien familial qui les soude, c’est aussi le partage d’un
Slumdog Millionaire et Lion apparaissent comme de douloureux romans d’apprentissage. Telle une leçon de vie, ces mélodrames de l’enfance parviennent à produire en nous une véritable prise de conscience à l’égard des classes pauvres. Nous comprenons que c’est à travers les épreuves que ces hommes parviennent à exaucer leur rêve.
La classicisme et la banalité de la mise en scène mettent en valeur le talent des acteurs, sublimes dans toute leur intensité. Si l’on croit au début qu’il s’agit d’un récit d’apprentissage sur l’émancipation féminine, le long métrage tourne rapidement au drame et à la tyrannie de l’amour sur la morale. Catherine prend le pouvoir et reproduit les mêmes ordres que son mari osait lui donner, sur la servante qui l’accompagne pour ensuite donner une leçon d’humanité qui, semble cacher beaucoup de secrets. Le féminisme du début du film laisse place à une ambiance glaçante et perturbante : la jeune femme qui ne demande que la liberté au début sera finalement prête à tout par amour. Presque une heure et demie à suivre ce changement radical de personnalité grâce à des silences, des respirations, et un jeu excellent de Florence Pugh qui frappe le spectateur dans un plan final incroyable, même si attendu. Le film connaît quelques longueurs et pourtant le temps passe vite et l’on ne s’ennuie pas bien que le rythme soit lent et répétitif. L’histoire s’achève sur un générique silencieux, à l’image de 
Le festival Séries Mania 2017 frappe donc très fort en nous offrant la première mondiale (les États-Unis n’acceptant que très rarement de donner l’exclusivité de leurs séries avant leur diffusion nationale) des deux premiers épisodes de The Leftovers. Une troisième saison qui s’annonce tout aussi énigmatique que les deux premières, les deux épisodes amenant leur lot de questions habituelles (on doute d’ailleurs que la série répondra à toutes les questions dans cette saison qui sera la dernière). On retrouve Kévin, toujours à la limite de la folie, apparemment pas remis de son retour à la vie et Nora au bord du craquage. L’intrigue devrait se passer au moins en partie en Australie, ce ne sont alors plus les chiens mais les kangourous qui vont devoir se méfier de la gâchette de Kévin.
