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Festival Européen du Film Court de Brest : le départ est lancé !

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La 32e édition du Festival Européen du Film Court de Brest s’est ouverte hier soir, pour une semaine de pur plaisir visuel ! Petits et grands ont alors pu découvrir, le temps d’une première soirée, une ouverture unique et particulièrement bestiale…

Ça y est, la 32e édition du Festival Européen du Film Court de Brest est lancée ! Et comme chaque année, le rendez-vous des cinéphiles nous promet de belles découvertes artistiques. Entre les compétitions officielles, les séances spéciales et les diverses rencontres, le festival se présente toujours comme un rendez-vous immanquable pour les professionnels et les grands amateurs du 7e art. 

La soirée d’ouverture du Film Court s’est déroulée, une fois encore, dans la joie et la bonne humeur. Humour, émotion et douceur étaient alors les maîtres mots de cette séance, particulièrement unique en la matière. Il faut dire que tous les ans, le festival ouvre ses portes sous une thématique quelque peu insolite et singulière. Pour ceux et celles qui n’étaient pas présents lors de la soirée d’ouverture, sachez que la bande annonce officielle de la 32e édition, reflète au mieux l’ambiance familiale et bon enfant du festival.

Le Festival Européen du Film Court de Brest se déroule du 8 au 12 novembre, cinq jours pendant lesquels la ville de Brest vibrera au rythme d’une pluie de courts-métrages français et européens. 

Grand Froid, comédie noire de Gérard Pautonnier, sort en DVD

Le 6 novembre sort en DVD et VOD Grand Froid, le premier long-métrage de Gérard Pautonnier, avec un casting de qualité composé de Jean-Pierre Bacri, Arthur Dupont et Olivier Gourmet.

Synopsis : Dans une petite ville perdue au milieu de nulle part, le commerce de pompes funèbres d’Edmond Zweck bat de l’aile. L’entreprise ne compte plus que deux employés : Georges, le bras droit de Zweck, et Eddy, un jeune homme encore novice dans le métier. Un beau matin, pourtant, un mort pointe son nez. Mais, à la recherche du cimetière qui s’avère introuvable, le convoi funéraire s’égare et le voyage tourne au fiasco.

Grand Froid est une comédie macabre où le spectateur se délecte d’un certain humour noir. Jean-Pierre Bacri n’a plus à faire ses preuves tant son interprétation est parfaite et son rôle lui est adapté. En voyant le film, difficile d’imaginer autre acteur que lui pour incarner Georges. Arthur Dupont, qui incarne Eddy, son collègue, ne cesse de prendre de l’importance dans le cinéma français, et est tout aussi convaincant que son aîné. Enfin, Olivier Gourmet, leur boss, fait du Gourmet et complète parfaitement ce trio masculin.

Grand Froid offre un très agréable moment grâce à une écriture incisive mais également absurde. Certaines répliques révèlent une écriture réfléchie et plus complexe qu’elle en a l’air. Impossible de ne pas sourire, au moins une fois ! On se passionne également pour les décors du film, de véritables contrées nordiques alors que l’action se situe dans dans le Nord (France ? Belgique ?). L’incertitude des lieux, la certaine perdition des personnages contribuent également à l’atmosphère créée par le réalisateur.

Toutefois, la construction scénaristique peut paraître commune. Rien d’extraordinaire si ce n’est une succession de mésaventures, mais on remercie Gérard Pautonnier pour avoir tenté, et réussi, de faire une comédie française originale, bien loin des navets actuellement au cinéma.

Et puis, n’oubliez pas, « La mort c’est pas contagieux, c’est héréditaire. ».

Caractéristique technique du dvd Grand Froid

Bonus :
• Scènes coupées (15 minutes)
• Making of des effets spéciaux (4 minutes)
• L’Étourdissement, court-métrage de Gérard Pautonnier (23 minutes) (À voir absolument !) + Making of (16 minutes)

Grand Froid : Bande-annonce

La Montagne Entre Nous : un duo au sommet

20 ans après Titanic et les débats interminables sur le radeau, c’est dans les montagnes que Kate Winslet tente de survivre avec un homme. Le contexte est bien différent et la réussite également, pourtant cela n’empêche pas à Hany Abu-Assad de réaliser une bon film avec La Montagne Entre Nous.

Synopsis : Livrés à eux-mêmes après le crash de leur avion en pleine montagne, deux étrangers doivent compter l’un sur l’autre pour faire face aux conditions extrêmes. Réalisant qu’ils n’ont aucun espoir d’être secourus, ils tentent leur chance à travers des centaines de kilomètres de nature hostile, acceptant que ce n’est qu’ensemble qu’ils pourront trouver le courage de tenter de survivre.

Pourtant, que la montagne est belle…

Niveau film d’aventure et catastrophe dans les montagnes, il est vrai qu’on a connu mieux avec par exemple Everest. Mais La Montagne entre nous a le mérite d’être un très bon divertissement. Tourné en conditions réelles au Canada, le film propose une véritable aventure à travers des paysages enneigés incroyables. La froideur de la neige et des montagnes, même si tout est magnifique, vient souvent contraster le combat pour la vie que les deux protagonistes livrent. L’opposition, on la trouve encore entre les températures glaciales qu’ils rencontrent dehors et les liens bien plus chaleureux qu’ils tissent entre eux. Le réalisateur le montre avec des changements de couleurs qui en disent long sur les émotions des personnages aux moments venus. Les couleurs des scènes du chalet sont bien plus propices à l’union et au rapprochement que lorsqu’ils se battent dehors, contre le froid pour survivre.

la-montagne-entre-nous-critique-film-Idris-Elba-Kate-WinsletLa nature est ici leur alliée et leur ennemie : ils la contemplent parfois pour tenir bon et se rappeler à la beauté de la vie et des trésors cachés, mais ils luttent contre ses éléments qui les empêchent toujours d’avancer. Elle est à la fois la liberté exposée aux yeux de tous parce que la grandiosité des paysages ranime les personnages mais aussi la prison enneigée dans laquelle les protagonistes sont enfermés. Minuscules face à la puissance de la nature, ils avancent mais finissent toujours par reculer. Autant un film d’aventure qu’une tragédie humaine, le long métrage de Hany Abu-Assad choisit de montrer l’instinct de survie extraordinaire dont l’humain est capable.

Parfois un peu surfait et peu crédible par le trop plein de sérénité des personnages à certains moments, La montagne entre nous parvient tout de même à toucher, grâce à la sincérité de Kate Winslet et Idris Elba, tous deux sublimes et forts dans leurs rôles. À aucun moment, le film ne tourne leur mésaventure dans des dialogues aux allures mélodramatiques ou pathétiques. Tout est toujours maîtrisé et dans la finesse. Ils survivent parfois avec humour mais souvent avec amour. Le duo très bien assorti que forment ces deux là propulse le film à des sommets qu’il n’aurait jamais pu atteindre sans la symbiose délicieusement formée par les deux acteurs.

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La Montagne Entre Nous : Bande Annonce

La Montagne Entre Nous : Fiche Technique

Titre original : The Mountain Between US
Réalisation : Hany Abu-Assad
Scénario : J.Mills Goodloe, Chris Weitz, d’après l’oeuvre de Charles Martin (XIX)
Interprètes : Kate Winslet, Idris Elba
Musique : Ramin Djawadi
Producteurs : Peter Chernin, Jenno Toping, David Ready
Sociétés de production : Fox 2000 pictures, CHernin Entertainment
Société de distribution : Twentieth Century Fox France
Durée : 103 minutes
Genre : drame, action
Date de sortie : 8 novembre 2017

États-Unis – 2017

Voyage fascinant dans la taïga sibérienne avec Braguino de Clément Cogitore

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Avec sa nouvelle œuvre Braguino, l’alsacien Clément Cogitore nous emmène au fin fond de la Sibérie orientale. Dans le village éponyme coupé du monde, deux familles, les Braguine et les Kiline vivent en autarcie, suivant leurs propres règles. Seule une barrière sépare les deux familles. Au milieu du fleuve, un ilôt sur lequel les enfants des deux communautés viennent s’amuser.

braguino-clement-cogitore-braguineC’est un très long chemin qui aura conduit l’artiste Clément Cogitore de la France jusqu’à l’infinie taïga sibérienne. Le jeune cinéaste qui s’est fait connaître il y a deux ans avec son film de guerre faisant se croiser la religion et le fantastique, Ni le Ciel ni la Terre, livre ici un moyen-métrage que n’aurait pas renié le grand Werner Herzog. C’est par bateau, puis par hélicoptère que Cogitore s’est rendu dans ce village perdu au milieux des conifères. Braguino, nommé ainsi par son fondateur le patriarche de la famille Braguine, est le refuge d’un clan vivant en autarcie la plus complète. Longeant le fleuve, les maisons en bois dégagent une dimension intemporelle. Braguine et sa famille vivent selon des règles strictes, notamment au niveau de leur relation avec la nature. Ne pas utiliser la taïga, mais vivre avec la taïga. La chasse doit se faire avec parcimonie. Avec sa caméra, Cogitore suit cette famille dans son quotidien et imprime la pellicule d’images fortes, à la fois dures et poétiques. Le chef de famille utilisant sa carabine comme un cor de chasse, les enfants imitant des cris d’oiseaux, ou encore cette séquence impressionnante montrant un ours se faire évider. Braguino met en avant ce rapport à la terre que cultive la famille Braguine. La taïga est un nid foisonnant, parfois inquiétant, parfois apaisant.

braguino-clement-cogitoreMais Braguino n’est pas seulement le témoignage d’un mode de vie, c’est aussi celui d’une rivalité. De l’autre côté du fleuve, derrière une barrière vivent les Kiline. La famille ennemie des Braguine. Derrière les rideaux de brumes, on ne distingue seulement que quelques têtes blondes. Comme disait Sartre, l’enfer c’est les autres. Pour Braguine et sa famille, les Kiline représentent tout l’opposé des valeurs qu’ils défendent. Chassant à outrance, communiquant avec l’extérieur à l’aide d’un appareil militaire, revendiquant le territoire de Braguino… Si proches et menaçant, les Kiline invisibles distillent une peur dans tout Braguino. Mariées à la musique insidieuse d’Eric Bentz, les images offrent une nouvelle dimension au récit. Cogitore convoque à la fois le cinéma d’horreur, le western et le film de guerre. Entre les deux camps, un îlot de sable surgissant du fleuve semble jouer le rôle d’un havre de paix. Un no man’s land où viennent jouer les enfants des Braguine, mais également des Kiline. Cela aboutit forcément à une rencontre. Les progénitures aux cheveux blonds et aux visages angéliques témoignent dans leurs regards d’une innocence. Ils restent sans voix lorsque les deux clans se retrouvent sur ce terrain neutre. Pas de mots, juste des regards que encore une fois Cogitore capte avec une sincérité sublime. Les enfants n’ont pas besoin de parler pour qu’on les comprenne. Cet instant suspendu dans le temps montre la force dégagée par Braguino.

En 50 minutes, Clément Cogitore délivre une œuvre d’une puissance et d’une beauté rare. Un documentaire aux images mystérieuses et oniriques, un voyage au bout du monde. Même dans les étendues sauvages, l’ennemi de l’homme restera toujours l’homme.

Braguino – Bande Annonce

Braguino – Fiche Technique

Réalisation : Clément Cogitore
Scénario : Clément Cogitore
Image:  Sylvain Verdet
Montage: Pauline Gaillard
Musique: Éric Bentz
Producteur(s): Sandra Da Fonseca
Société de production: Seppia
Durée : 50 minutes
Genre : Documentaire
Date de sortie : 1er novembre 2017

France – 2017

Les meilleurs films de Jackie Chan : notre top 5

Légende vivante pour les uns, star invétérée du Kung Fu pour les autres, Jackie Chan laisse rarement indifférent. Si on ne retient de lui à première vue que sa carrière américaine, Rush Hour en tête, il a pourtant su se démarquer en apportant un nouveau visage au cinéma d’action, entraînant de surcroît une petite révolution dans le genre dès la fin des années 70.

Par la minutie de ses chorégraphies tout d’abord, chaque combat étant assimilable à un véritable ballet artistique, et où le plus insignifiant objet du quotidien peut devenir une arme de défense. Par l’introduction de la comédie ensuite, au sein même de l’action, portée principalement sur les mimiques, la gestuelle et la dimension slapstick dont Buster Keaton, Harold Lloyd et Charlie Chaplin furent les principaux porte-étendards. Enfin, par son implication sans commune mesure lors des tournages, exécutant lui-même ses propres cascades, dépassant ses limites à chaque film, frôlant même parfois la mort, dans le seul but de marquer la rétine du spectateur.

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A l’occasion de la sortie de The Foreigner, qui marque le grand retour de la star dans les salles françaises (chose qui n’était pas arrivée, hors films d’animation, depuis … Karate Kid en 2010), la rédaction vous propose un top 5 de ses meilleurs films. Basé sur les votes des rédacteurs, le résultat final constitue un beau panel de sa carrière, brassant les genres et les époques.

Notre top 5 des meilleurs films de Jackie Chan :

5/ Opération Condor (Armour of God 2), 1991 

Suite directe de Mister Dynamite sorti en 1986, Opération Condor est en tout point supérieur. Cette nouvelle aventure de l’Indiana Jones asiatique à la sauce kung-fu le conduira tout droit en Afrique en plein désert du Sahara chargé de retrouver un trésor de guerre nazi. Au-delà d’une direction artistique ambitieuse, que ce soit au niveau des décors ou des costumes (il s’agit de la réalisation la plus chère de Chan) et des chorégraphies toujours aussi spectaculaires et inventives, c’est davantage sur l’humour qu’est porté Opération Condor. Affublés de trois comparses aux personnalités aussi drôles qu’affirmées, les films multiplient les quiproquos et situations burlesques chers au cinéma de Chan et à ses inspirations. Le point d’orgue reste ce combat final dans le hangar  d’une turbine géante, entraînant un véritable déferlement d’air sur les combattants, tentant tant bien que mal d’anticiper le sens du vent. Désopilant … et impressionnant !

https://www.youtube.com/watch?v=6uAi5O4QdF4&t=87s

4/ Le Maître Chinois (Drunken Master), 1978 

Yuen Woo-ping réalise un grand classique dans le genre de la « kung fu comedy » en 1978 avec Le Maître chinois (Drunken Master). Jackie Chan y incarne un jeune Wong Fei Hung qui fait les 400 coups. Insolent, bagarreur, pique-assiette, coureur de jupons, ivrogne, le Wong Fei Hung de Yuen Woo-ping ira même jusqu’à flatuler sur l’un de ses adversaires dans un affrontement humiliant ou à faire un doigt d’honneur dans le combat final ! Cette version fascinante de Wong Fei Hung est sublimée par le pouvoir comique naturel et le jeu inimitable de Jackie Chan. Ses mimiques et les gags qui ponctuent le film sont des pépites humoristiques savoureuses. Sévèrement réprimandé par son père, il va parfaire son éducation auprès d’un vieil homme qui lui mènera la vie dure. Il subit alors un entraînement infernal, proche du sadisme. Mendiant Sou enseigne les techniques de la Boxe de l’Homme Ivre ainsi que la botte secrète des Huit Immortels Enivrés à Wong Fei-Hung. Le Maître chinois est donc un grand classique dans la filmographie de Jackie Chan qui, en digne héritier de Bruce Lee, déploie tout son talent bien avant son goût immodéré pour les cascades démesurées.

https://www.youtube.com/watch?v=APCgromgsb4

3/ Le Marin des Mers de Chine (Project A), 1983

Sorti en 1983, le Marin des Mers de Chine est le premier grand succès de Jackie Chan en tant que cinéaste. Combinant pour la quatrième fois les casquettes de réalisateur et acteur, Chan délivre un cocktail d’action et d’humour qui sera sa marque de fabrique tout au long de sa carrière. Mêlant intrigue historique avec les forces britanniques en prise à des pirates dans la baie de Hong-Kong, avec des situations burlesques hilarantes et bien évidemment des séquences de bastons ultra-chorégraphiées comme cette bagarre finale avec le chef des pirates. Qui dit Jackie Chan, dit cascade ultra dangereuse. Ici il s’agit de la fameuse chute de l’horloge renvoyant au cinéma muet de Harold Lloyd. Une chute de 18 mètres de haut où Jackie atterrira dans un premier temps sur la tête. Il en faudra plus pour l’empêcher de faire une seconde prise. Il est fou ce Jackie!

https://www.youtube.com/watch?v=WlY6TcRuPBU

2/ Combats de Maîtres (Drunken Master 2), 1994 

En 1994, cela faisait 14 ans que Jackie Chan n’avait pas mis les pieds dans le cinéma d’arts martiaux traditionnel. Entre-temps, le monsieur a eu le temps de devenir la superstar que l’on sait, dépositaire d’une marque de fabrique ayant érigé le » Jackie Chan » movie en genre à part entière. Dans le même temps, en 1991, Tsui Hark a renouvelé le genre du wu xi pian avec Il était une fois en Chine. Deux aspects qu’il faut considérer dans Drunken Master II (Combats de maîtres en français). Fausse suite mais vrai remake du premier Drunken Master, le film est surtout le moyen pour Chan de se réapproprier l’histoire de la boxe de l’homme ivre avec le bagage qui est le sien à cette époque. Le résultat ? La quintessence d’un style et peut être la meilleure itération d’un mythe porté au paroxysme de son expressivité cinématographique. A l’instar de Buster Keaton et Charlie Chaplin, Jackie Chan porte avec ce film l’art du mouvement au cinéma à des sommets que très peu d’autres acteurs/réalisateurs peuvent se vanter d’avoir atteints. Chaque scène surpasse le la montagne gravie par la précédente. Masterpiece.

1/ Police Story, 1985 

Cinquième réalisation de Jackie Chan, Police Story reste son chef d’œuvre incontesté. Première incursion de l’acteur réalisateur dans le genre policier, le film relate le quotidien d’une brigade de la police de Hong Kong, notamment l’inspecteur Kakui Chan aux prises avec un baron de la drogue. Il reste le long métrage le mieux maitrisé de Chan, bénéficiant d’une intrigue et d’une réalisation solide, alternant quiproquos hilarants et scènes d’action parmi les plus belles de sa carrière. La plus mémorable reste ce final dans un centre commercial d’une rare intensité, tant par ses chorégraphies où la notion de seul contre tous prend tout son sens que par sa violence (les protagonistes en prennent littéralement plein la tronche, même les femmes !). Anecdote amusante : les cascadeurs voulaient nommer ce film Glass Story dues aux nombreuses vitrines de magasin brisés pendant les combats. A voir absolument!

https://www.youtube.com/watch?v=IMlG-EVoqFw

Si tu voyais son cœur : rencontre avec Joan Chemla et Karim Leklou

Découverte de Si tu voyais son cœur à l’occasion de l’Arras Film Festival édition 2017. Premier film de Joan Chemla, Si tu voyais son cœur suit un jeune homme qui, traumatisé par la mort accidentelle de son meilleur ami, sombre dans les bas-fonds et les méandres de la folie. Rencontre avec la réalisatrice et l’acteur Karim Leklou.

Synopsis : Suite à la mort accidentelle de son meilleur ami (Nahuel Perez Biscayart), Daniel (Gael Garcia Bernal) échoue à l’hôtel Métropole, un refuge pour les exclus et les âmes perdues. Rongé par la culpabilité, il sombre peu à peu dans la violence qui l’entoure. Sa rencontre avec Francine (Marine Vacth) va éclairer son existence.

Planète FM 99.9 – Bienvenue à l’Arras Film Festival pour sa dix-huitième édition. Peut-on revenir sur la genèse du film ?

« Le film est né d’un très court roman autobiographique cubain, Mon Ange, de Guillermo Gonzales que j’ai très librement adapté. L’histoire est celle d’un exilé cubain à Miami, et j’ai essayé de la recontextualiser pour raconter l’histoire d’un exilé gitan à Marseille. »

Le Quotidien du Cinéma – Le film est un univers mental autour du personnage. Il aurait pu être assez abstrait mais vous l’ancrez dans une réalité sociable tangible et reconnaissable. Est-ce que pour vous cette manière de ménager les deux était une priorité dès la conception ?

« Absolument. Il y a un maillage de tons assez singuliers dans le film. Et c’était quelque chose que j’ai eu envie de travailler dès le départ. Et les frontières entre le concret et l’onirisme, le lyrique sont assez poreuses. Par rapport à Marseille, je m’en suis vraiment servie comme un décor. J’ai davantage plié la ville à ma conception que l’inverse, c’est-à-dire cette impression d’être dans un pays qu’on ne reconnaît pas nécessairement, ce qui donne peut-être ce sentiment d’être à la fois ancré complètement dans une réalité pour finalement mieux s’en départir et raconter une histoire plus universelle. »

Daniel (Gael Garcia Bernal) face au cerbère de son enfer (Karim Leklou)

CineSeriesMag – Comment avez-vous travaillé le glissement qu’opère le film à partir de situations concrètes, réelles et plutôt festives vers cet espace mental et les bas-fonds ? Avez-vous l’idée du montage non linéaire dès le scénario ? Ou alors, est-ce venu lors du tournage ou de l’écriture du montage ?

« Dès le scénario, je savais que j’allais amener le film vers ce que vous venez de décrire, qui est très juste. En effet, c’est un film très sensoriel. Et cette sensorialité a été travaillée au montage images et sons. Le travail du son participe beaucoup à l’immersion, à cela s’ajoute le travail du compositeur, Gabriel Yared, qui a été assez complexe, très fin. Le film étant assez silencieux, Gaël y est très peu bavard, la musique devait permettre d’expliquer des choses assez complexes, mentales, sans souligner, surligner ce qui se jouait à l’écran. »

CineSeriesMag – Justement, le travail musical se fait ressentir dès le début. Il peut d’ailleurs nous faire penser à celle du Vertigo d’Hitchcock. Dans la première scène du film, le mariage, il y a déjà un vertige tangible. Comme si la chute du meilleur ami était déjà exposée…

« Oui, c’est vrai. Alors initialement dans le scénario, la scène d’exposition du mariage n’était pas située au début. Mais quand j’ai vu les images, je me suis dit que c’était évidemment une scène très forte et que cela ferait une scène d’introduction assez mélancolique puisqu’on est immergés dès le départ dans le passé, même si l’on ne sait pas que c’est un flashback. Pour reprendre sur Vertigo, je n’ai pas du tout pensé à ça. Cela dit, j’adore Ravel, qui est l’inspiration première des musiques d’Hitchcock. »

« Il y a du concret, de l’onirisme. Je travaille beaucoup par contraste, par opposition et équilibre. »

– Joan Chemla –

Planète FM 99.9 – Pouvez-nous parler du reste du casting et la galerie de personnages qu’ils constituent ?

« Quand j’ai commencé à travailler sur la recontextualisation de cette histoire, avant même d’avoir écrit une ligne, j’avais besoin de mettre un visage sur cet acteur important qui allait porter le film. Et je me suis dit que, dans cet univers assez radical et noir, dans lequel je ne comptais faire aucun compromis, il va me falloir un visage familier qui capte une certaine empathie et qui amène de l’émoi aux spectateurs. La première idée, et la seule qui m’est venue, est celle de Gael (Garcia Bernal) que j’avais d’ailleurs adoré dans la Mauvaise Éducation d’Almodovar. Donc j’ai écrit chaque ligne du scénario pour Gaël avec le risque que ça lui ne plaise absolument pas. Donc ça, ça a été un élément hyper-important. Ensuite Marine Vacth, on a tourné un court métrage ensemble, L’homme à la cervelle d’or, avant Jeune et Jolie, et la collaboration s’est extrêmement bien passée. Pour moi, c’était évident que c’était l’unique actrice à qui je voudrais proposer cette histoire. Elle a été associée au projet dès le départ. Pareil (que pour Gael Garcia Bernal), avant même l’écriture du scénario, j’avais une sorte de foi continuelle de sa part. Nahuel c’est quelqu’un que je connais depuis quatre ans. On a tourné le film avec 120 battements par minute et Au Revoir Là-Haut. Bon le film (Si tu voyais son cœur) sort après ces deux films. Mais c’est vrai que c’est un acteur qui m’avait tout de suite (…) Nahuel pouvait apporter cette fragilité (…) au personnage. Enfin Karim, c’est grâce à mon directeur de casting qui l’a rencontré, et j’ai un coup de cœur, une évidence immédiate après l’avoir vu. (…) c’était un rôle difficile à caster. (…) Enfin il y a quelques acteurs non professionnels dans le groupe, et cet échange entre les acteurs non professionnels et les professionnels était un challenge, sur le papier pas forcément évident. Et ça s’est avéré être extrêmement productif parce qu’il y a un échange entre un acteur qui peut avoir une très grande complicité et un non-professionnel qui peut être extrêmement intense, très généreux. Donc ça créé un équilibre parfait dans le travail.»

« C’est tellement atypique, avec ses personnages très forts, je trouve que c’est très rare dans le cinéma français d’avoir un objet comme ça, »

– Karim Leklou –

Le Quotidien du Cinéma – Karim, vous incarnez le cerbère de cet hôtel sordide. Vous dégagez beaucoup de violence et de menace et en même temps vous avez un côté assez attachant qui nous empêche de le détester. En tant qu’acteur, comment avez-vous ménagé cette dimension ? Était-ce réfléchi ou instinctif ?

« C’était plutôt quelque chose de réfléchi puisque j’avais la chance d’avoir une réalisatrice à mes côtés qui veillait aux deux aspects, malgré le côté violent du personnage, pas vraiment détestable, qui est en quand même quelqu’un lui aussi touché par la vie. Du coup, ça a été travail qui a été vraiment réfléchi et amené grâce à Joan, que ce soit à travers le jeu, la diction ou même sur les scènes où il y avait une direction d’acteur très présente qui permettait de sortir de ce qu’on sait faire au quotidien. Il n’y avait donc pas forcément quelque chose d’instinctif même s’il y avait beaucoup de liberté qui était offerte sur le plateau. On a beaucoup discuté avec Joan de l’écriture et sur le plateau, il y avait quelque chose d’hyper-agréable à pouvoir entrer en toute confiance dans des sentiments vis à vis des autres acteurs. Ce qui n’est jamais plaisant. (…) Pour moi, la contrebalance était justement importante sinon on tombait dans quelque chose de stupide (…) puisqu’il y avait effectivement cette part de fragilité chez le personnage qui m’intéressait beaucoup. »

Marine Vacth et Gael Garcia Bernal

CineSeriesMag – Peut-on revenir sur la place de Marine Vacth dans le film. Son personnage semble être sur le fil du rasoir. C’est-à-dire qu’elle a une présence angélique, même fantasmagorique, et en même temps, vous veillez à l’inscrire dans le théâtre de tordus qui est dirigé par notre cerbère ici présent. Comment avez-vous fait pour garder un équilibre sur sa présence et éviter de tomber d’un côté ou de l’autre ?

« Vous avez raison. Je me suis dit que c’était l’une des très grandes difficultés auxquelles j’allais être confrontée, et je savais que ça allait être, comme vous dites, l’ensemble du film, sur le fil du rasoir. Ça s’est vraiment joué au montage, comment trouver l’équilibre, trouver les parties, et les tons. En effet, Marine, le personnage féminin du film (…) son arrivée ouvre une ère, une partie totalement nouvelle que rien ne laissait présager. Concernant Marine, je trouve vraiment que c’est une actrice très belle mais ce qui m’intéressait, c’était de fouiller son âme, quelque chose de noir et d’intense. C’est une actrice hyper-intense. On était d’accords sur ça. »

Bande-Annonce – Si tu voyais son cœur

 

Sortie publique du film le 10 janvier

Arras Film Festival : J’ai même rencontré des Tziganes heureux

A l’occasion de l’Arras Film Festival, découverte du classique yougoslave J’ai même rencontré des Tziganes heureux. Sorti en 1967, le film met en lumière une communauté souvent réduite aux pires caricatures malgré l’absence de représentation, les Tziganes.

Synopsis : De nombreux Tziganes vivent dans la vaste plaine de la Voïvodine, en Serbie, où ils exercent de petits métiers. Vivant de son commerce de plumes d’oie, Bora, jeune et insouciant, se veut libre mais il est marié à une femme plus âgée. Il rencontre Tissa une jeune sauvageonne, et s’éprend d’elle. Mais Mirta, beau-père de Tissa, déjà son rival en affaires, devient aussi son rival en amour.

Une histoire du cinéma

Présenté au festival de Cannes en 1967, le film d’Aleksandar Petrovic est le favori du président de son jury, Claude Lelouch. Ce dernier veut lui décerner la palme d’or. Mais des hommes importants de l’événement lui demandent de ne pas le faire : Antonioni et son Blow Up doivent avoir l’ultime prix, lui dit-on. Furieux, Lelouch démissionne. Il ne peut cautionner une telle demande. Mais il ne part pas sans aider le réalisateur : il prend en charge la distribution de son film. Aussi, pour éviter le scandale, l’œuvre de Petrovic gagna le Grand Prix.

Cette année, J’ai même rencontré des Tziganes heureux a été mis à l’honneur lors du festival de Cannes. Projeté lors de l’événement dans les Cannes Classics, le long métrage est aujourd’hui célébré à l’Arras Film Festival.

« Manicheism out ! »

J’ai même rencontre des Tziganes heureux est violent, émouvant, amoral, beau, joyeux… Un film humain donc. Le docu-fiction d’Aleksandar Petrovic dresse un portrait sans concession de la communauté Tzigane. Le protagoniste principal, Bora, a déjà une femme mais qu’importe, il en veut une autre plus jeune, l’ancienne saura se taire. Le père de la jeune femme convoitée par le premier veut garder sa fille pour lui. Comprenez « pour lui » ainsi : il veut coucher avec elle. Leurs lieux de vie sont misérables : de la boue, partout ; des logements qui connaissent à peine le mot « isolation »… Malgré tout, Petrovic n’oublie pas le reste, soit leur quotidien qui se trouve aussi être drôlement absurde et joyeux.

Les Tziganes sont aussi exposés dans leur rapport à l’autre. Ils marchandent avec les yougoslaves qui les traitent avec respect malgré nombre de remarques associées aux préjugés de leur communauté.

Le commerce des plumes donne naissance à de beaux moments absurdes et drôles.

Un autre monde

Le film de Petrovic donne aussi une étrange sensation au spectateur, celle d’assister au récit d’un autre monde. Le spectateur pourra ainsi avoir le sentiment d’observer la fiction et les rites et coutumes d’un alter univers. Lelouch l’expliquait dans la vidéo d’introduction à la projection : tout semble insensé dans le film. Le personnage principal largue sur la route son achat de plumes et assiste ému à son spectacle blanc. Un prêtre devenu fou vend les matelas emplis de plumes d’oie de ses anciens confrères. Vulgaire, étrange, il ira jusqu’à prêter sa propre literie au couple qu’il vient à peine de marier dans des conditions tout aussi bizarres, cela afin que les mariés puissent accomplir l’acte sexuel. Le monde de J’ai même rencontré des Tziganes heureux permet à tous les extrêmes – et toutes les nuances – de co-exister. Bora a un autre rival dans le domaine de la vente de plume d’oie. Chacun, tel un mafieux, possède dix territoires. Les deux patrons boivent ensemble, et se lancent même dans une affaire. Leur accord est conclu au bar, autour de litres de mauvais vins. La dame du lieu se met alors à chanter, payée par le deuxième « parrain » qui demande au premier de ne pas la draguer. L’endroit devient alors festif, enivré par les plus simples plaisirs humains : notamment celui de chanter ensemble dans une ambiance évidente de joie et paix. Le protagoniste principal s’ouvre les mains, et verse son sang, comme s’il se donnait entièrement à la passion positive qui s’exerce ici. Ainsi Aleksandar Petrovic révèle ici que la communauté Tzigane – tant stigmatisée, moquée et exclue – est le cosmos de tous les possibles, de la joie extrême au plus maigre espoir présent dans la pire des misères.

Bande-Annonce – J’ai même rencontré des Tziganes heureux

The Walking Dead saison 8 : le zombie perd de son mordant

Après une bande-annonce au rythme massacré de plus de cinq minutes qui présageait le pire, The Walking Dead saison 8 continue sa descente et perd à nouveau de nombreux téléspectateurs avec ce début de saison catastrophique. 

Negan absent 

A peine quelques scènes dans le premier épisode et totalement absent dans le deuxième, Negan, le grand antagoniste de la série manque à ce début de saison. Arrivé à la fin de la saison 6 alors que la série s’essoufflait depuis quelques temps, Negan avait réussit en une scène (la scène mythique du dernier épisode de la saison 6) à nous ramener au début de la série, lorsque le sentiment de sécurité n’existait pas, que la tension était omniprésente et la mort à chaque recoin.  A lui seul, il avait réussit à rebattre les cartes et relancer l’intrigue de même que notre intérêt. Mais une série ne peut reposer entièrement sur un seul personnage et en l’absence de Negan, il ne reste plus grand chose à The Walking Dead pour nous captiver.

Affrontement final qui vire à la parodie

Annoncée comme étant l’affrontement final tant attendu entre Negan et Rick, la saison 8 était censée être un concentré d’action et de tension mais c’était sans compter sur toutes les mauvaises habitudes accumulées par la série. Se déroulant sur plusieurs timelines en simultané (avec non pas un mais deux flashfowards), le premier épisode alterne entre scènes d’action dynamiques et scènes lentes et contemplatives. Or ces bonds dans le temps ne font qu’une chose : casser le rythme. Voilà plusieurs saisons que The Walking Dead nous rabâche ce montage alterné, outre le fait que cette répétition de procédé scénaristique a tendance à agacer le spectateur, la série semble user de ce rythme dans le seul but d’allonger la sauce. Non pas pour apporter plus de suspense, mais par simple habitude scénaristique. Et cela se sent tout au long de ce début de saison sans originalité qui nous assomme avec une accumulation abusive de clichés. Si The Walking Dead a toujours été un mélodrame, elle en devient maintenant une parodie. La série qui se vantait d’être réaliste, violente et brutale nous sert dans le deuxième épisode une succession de gros plans sur les visages inquiets et pensifs des personnages, accompagnée d’une musique tire-larmes qui nous suivra tout au long de ces moments supposément émouvants. Même le jeu d’Andrew Lincoln qui s’est avéré très convaincant par le passé finit par devenir grotesque dans cette réalisation qui manque cruellement de subtilité.

Sans oublier toutes les incohérences qui parsèment la série. Doit-on parler du fait que Negan se tenait à portée de tir de Rick, totalement à découvert mais que le shérif a préféré vider son stock du munitions sur une baie vitrée ? Ou encore de l’effacement de Daryl depuis que les scénaristes sont à court d’idée quant au développement de leur personnage, mais se refusent à le tuer de peur d’irriter les fans ?

Zombies en décomposition

Dans The Walking Dead, le zombie a toujours été un prétexte pour parler des relations humaines (et n’est-ce pas là le propre du film et de la série de zombie ?), mais si à une époque elle s’en servait comme outil, pour dire quelque chose ou augmenter la tension, le zombie ne sert à présent qu’à remplir l’espace, ne dévorant qu’un ou deux personnages secondaires par épisode dans le seul but de remplir le quota de morts et ainsi continuer à prétendre que le zombie représente encore un danger. Devenus accessoires, les zombies sont maintenant contrôlés par les personnages, qui s’en servent de piège, d’arme. Et s’il eût été intéressant de creuser ça, la série reste à la surface de cette évolution qui n’apporte rien de nouveau au niveau de la psychologie des personnages et qui dépossède alors le zombie de tout caractère inquiétant et terrifiant. Le comble pour une série de zombie.

Il n’est pas exclu que la saison 8, malgré son ridicule ambiant, nous donne son lot de bons moments voire de très bons moments, elle est encore capable de quelques éclairs de génie, comme elle l’a prouvé dans le passé. Cependant, on gardera toujours ce goût amer qui nous suit depuis quelques saisons car on sait pertinemment que la série restera à jamais le fantôme de ce qu’elle a pu être.

The Walking Dead saison 8 – Bande-annonce

The Walking Dead saison 8 – Fiche Technique

Création : Frank Darabont, Robert Kirkman
Réalisation : Gwyneth Horder-Payton, Gregory Nicotero, Ernest Dickerson
Scénario : Charlie Adlard, Frank Darabont, Robert Kirkman, Tony Moore, Gregory Nicotero
Interprétation : Andrew Lincoln (Rick), Norman Reedus (Daryl), Chandler Riggs (Carl), Melissa McBride (Carol Peletier), Lauren Cohan (Maggie Greene), Danai Gurira (Michonne), Lennie James, Sonequa Martin-Green(Sasha Williams), Alanna Masterson (Tara Chambler), Josh McDermitt (Dr Eugene Porter), Christian Marie Serratos (Rosita Espinosa), Seth Gilliam (Gabriel Stokes), Ross Marquand (Aaron), Austin Nichols (Spencer Monroe), Tom Payne (Paul « Jesus » Rovia), Austin Amelio (Dwight), Xander Berkeley (Gregory), Jeffrey Dean Morgan (Negan), Khary Payton (Ezekiel).
Production : Robert Kirkman, Frank Darabont, David Alpert, Charles H. Eglee, Gale Anne Hurd, Gregory Nicotero
Genre : horreur, drame, science fiction
Diffusion : 22 Octobre 2017
Chaine : AMC
Format : 16 x 44 min

États-Unis 2017

Stranger Things saison 2 : Retour dans le monde à l’Envers

L’attente est enfin terminée. A Halloween, les fans de Stranger Things ont pu découvrir la saison 2 tant attendue de la série phare de Netflix. Retour sur la sensation de l’automne qui n’a pas fini de faire parler d’elle.  

Le bon équilibre

Sur un air de “Rock You Like A Hurricane” des Scorpions, une voiture arrive en dérapant sur le parking du lycée d’Hawkins. Billy, le nouvel arrivant, en sort, tout vêtu de jean et mulet au vent; sa petite sœur, “Mad Max”, championne des jeux d’arcades file dans le bâtiment sur son skateboard. Stranger Things est bel et bien de retour.

Mulets à foison, converses et bande son délicieusement kitsch (des morceaux de synthé emplis  de mélancolie créés à l’occasion par Kyle Dixon & Michael Stein qui alternent avec des chansons de Corey Hart ou de Bon Jovi), Stranger Things nous renvoie à nouveau dans le passé et arrive même à rendre nostalgiques les spectateurs n’ayant jamais connu les années 80. Les références s’enchaînent : Les Goonies, E.T., Alien, tout y passe. Et si certains lui ont déjà reproché cette accumulation de références, l’accusant d’être un simple patchwork, la série arrive étonnamment bien à trouver son équilibre, échappant à la nostalgie nauséabonde grâce à un bon dosage d’humour et d’émotion.

Car là repose toute l’essence de la série, sur l’émotion et la tendresse de son univers dues à sa panoplie de personnages plus attachants les uns que les autres. Que ce soit les personnages principaux comme Jim Hopper, chef de police cynique et fatigué, ou les personnages très secondaires comme Erica, la petite sœur insolente et hilarante de Lucas; tous arrivent à nous émouvoir et nous faire rire. Et si certains ne parviennent pas à être tout à fait sympathiques (comme Billy ou le père de Nancy et Will, le barbant Mr. Wheeler), ils compensent grâce à une bonne dose d’humour et de parodie.

Plus qu’une comédie, Stranger Things nous renvoie dans l’enfance, non pas parce qu’elle nous propulse dans les années 80 mais parce qu’elle met en scène l’adolescence, ses premiers émois amoureux et ses moments de solitude. On retiendra la dernière scène de cette saison, la bal de Noël, aussi banal qu’émouvant dans sa simplicité.

Abordant les sujets de la guerre froide et du racisme dans une saison peut être plus noire que la première, Stranger Things explore d’autres territoires à notre plus grand plaisir mais n‘échappe pas au piège du recyclage optimisé. Reprenant le même schéma que la première saison : Will qui est coincé dans l’Upside Down (ici coincé entre les deux mondes), les demogorgons (ou demodogs pour reprendre le terme de Dustin) qui envahissent petit à petit le monde et Eleven qui vient à la rescousse de tous : Stranger Things réutilise son intrigue de base, la rendant juste plus grande, plus impressionnante. Il aurait toutefois été intéressant de voir toutes les références et clichés  qui abondent dans la série contrecarrés par une intrigue plus ambitieuse et originale que ce qui nous a été donné à voir, bien que la série ne pâtisse pas réellement de ce manque de renouveau dans l’intrigue, tant elle a de richesses à nous offrir. Le seul réel point noir est l’épisode 7, concentré uniquement sur Eleven qui part à la recherche de sa “sœur”, coupant le récit à un moment culminant, frustrant le spectateur pour, au final, dire ce que nous savions déjà sur Eleven.

Efficace et rythmée, Stranger Things continue d’être la série feel good par excellence. Cette saison, peut être même meilleure que la première, pose les bases pour une suite alléchante. On espère voir Billy prendre plus d’importance à l’instar de Steve, personnage plus ou moins antipathique dans la saison 1, qui forme à présent un duo drolatique inattendu avec Dustin; ou encore voir une amitié naître entre Max et Eleven, qui rendrait la première un peu moins accessoire.

Stranger Things saison 2 – Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=vgS2L7WPIO4

Stranger Things saison 2 – Fiche Technique 

Créateurs : Matt Duffer, Ross Duffer
Réalisation : Matt Duffer, Ross Duffer, Andrew Stanton, Rebecca Thomas
Scénario : Matt Duffer, Ross Duffer
Interprétation : Winona Ryder (Joyce Byers), David Harbour (Jim Hopper), Matthew Modine (Dr Martin Brenner), Cara Buono (Karen Whiler), Finn Wolfhard (Mike Whiler), Millie Brown (Onze/Eleven), Gaten Matarazzo (Dustin), Caleb McLaughlin (Lucas), Noah Schnapp (Will Byers), Natalie Dyer (Nancy Whiler), Charlie Heaton (Jonathan Byers), Sadie Sink (Max), Dacre Montgomery (Billy)
Musique : Kyle Dixon, Michael Stein
Producteurs : Matt Duffer, Ross Duffer, Shawn Levy, Ian Paterson
Société de production : 21 Laps Entertainment
Société de distribution : Netflix
Date de sortie : 27 Octobre 2017
Format : 9 x 50 min
Genre : science-fiction, horrifique

ÉTATS-UNIS – 2017

Arras Film Festival 2017 : Je vais mieux, de Jean-Pierre Améris

Et si un terrible mal de dos vous permettait d’affronter tous vos problèmes ? Voici la question posée par la nouvelle comédie de Jean-Pierre Améris, Je vais mieux. Le long métrage, projeté en avant-première au Arras Film Festival, suit un architecte accablé par un mal de dos en réalité causé par toutes ses frustrations. Retour sur le film et la rencontre avec son réalisateur en quatre citations.

Synopsis : Un quinquagénaire est victime d’un mal de dos fulgurant. Tous les médecins, les radiologues et les ostéopathes du monde ne peuvent rien pour lui : la racine de son mal est psychologique. Mais de son travail, de sa femme ou de sa famille, que doit-il changer pour aller mieux ? 

« Un film, c’est comme une thérapie de groupe. »

– Jean-Pierre Améris –

Librement adapté du roman homonyme de David Foenkinos, Je vais mieux met en lumière les maux de notre société. Utiliser le prisme de la comédie pour révéler les petits tracas des êtres humains n’est pas une première pour Jean-Pierre Améris. Ce dernier s’y était parfaitement exercé sur Les Émotifs anonymes. Le cinéaste est également connu pour ses nombreuses névroses qu’il a mises en image pour mieux les vaincre. Soit partager pour rire ensemble et mieux avancer, dixit le réalisateur : « la seule thérapie, on le sait, c’est de rire de ses handicaps, de ses névroses (…), il s’agit de réussir à rire de nos souffrances pour aller au-delà ». Aujourd’hui, fini la timidité maladive des Émotifs, Améris nous revient avec le mal de dos. D’ailleurs, pourquoi a-t-on mal au dos ?

« Un film sur le petit être humain et sa souffrance. »

– Jean-Pierre Améris –

Le cinéaste le répéta plusieurs fois : « petit être humain » n’est pas une expression négative, bien au contraire. L’humain est une formidable machine certes, mais elle est fragile. Elle l’est d’ailleurs davantage dans notre société moderne qui soumet quotidiennement aux êtres leurs lots de pressions et de douleurs. Eric Elmosnino interprète un monsieur tout-le-monde. Et comme toutes et tous, le personnage subit – au travail, au foyer – au quotidien. Dès le début du film, Elmosnino est touché par une fulgurante douleur dorsale. Il se courbe, se replie sur lui-même. La réponse à son problème est déjà présente, dans sa position. Son corps se referme sur lui-même pour ne plus avoir à s’ouvrir au monde. Debout, Elmosnino avance courbé. La réponse à son mal est étendue : il est plié par le poids des pressions et douleurs de son quotidien. De son ordure de sous-chef à son couple en péril en passant par le départ de sa fille du domicile familial, le bonhomme est accablé de toutes parts. Mais alors, que faire ?

« J’aime que mes comédies soient des petits théâtres de zinzins. »

– Jean-Pierre Améris –

Eric Elmosnino a mal au dodo dans ‘Je vais mieux’.

Améris aime le burlesque, « les gros yeux », « les gens décalés ». Justement, la souffrance – notamment physique – de l’architecte interprété par Elmosnino est drôle, parfois tordante. De sa visite chez une magnétiseuse aux examens pratiqués à l’hôpital, en passant par son emménagement forcé dans un établissement miteux tenu par un maître d’hôtel inquiétant, la peine et les doutes du personnage sont accompagnés par les rires du spectateur. Son rétablissement a aussi lieu sous le signe de l’humour : un étrange psychologue (occupant un cabinet tout aussi bizarre digne de l’imagination d’un Terry Gilliam) lui conseille de dire tout ce qu’il a dire, de ne plus retenir aucune frustration. Ainsi l’homme décide d’avoir une réelle dispute avec sa femme. En effet, cette dernière l’avait quitté en lui demandant d’accepter sans dire mots. Il n’en a pas fini : l’architecte va régler ses comptes avec une coiffeuse qui avait échoué dans sa coupe. La femme n’est plus là, mais qu’importe, il doit vider son sac. Elmosnino retourne plusieurs fois à l’intérieur du cabinet. Son corps exalté n’est pas sans rappeler les grands acteurs burlesques. À ce propos, le réalisateur a déclaré : « Eric m’évoque un peu Buster Keaton, et on a beaucoup travaillé le corps ».

« J’adore les comiques, je trouve qu’ils sont toujours au bord du tragique, ils sont émouvants. »

– Jean-Pierre Améris –

Le cinéaste traite ses comédies comme il considère les comiques : émouvantes, elles sont au bord de la tragédie. Le fond de ses films humoristiques est toujours mélancolique. Aussi, tirées de sa propre expérience, ses comédies démarrent à partir d’une base inspirée par une réalité amère et triste. Mais le conteur n’est pas un homme désespéré. Au contraire, il ne cherche qu’à aller au-delà de ses névroses. Douces-amères qualifie justement les comédies du réalisateur. D’ailleurs, rencontrez-le, écoutez-le. Car Jean-Pierre Améris est, à l’image de ses films, sincère, humain, émouvant et hilarant.

Je vais mieux est un film réalisé par Jean-Pierre Améris avec Eric Elmosnino, Ary Abittan, Alice Pol, Maud Baecker…
Scénario : d’après l’œuvre de David Foenkinos
Distributeur France sortie en salle : EuropaCorp Distribution

Je vais bien sortira le 10 janvier 2018 sur l’ensemble des écrans français.

https://www.youtube.com/watch?v=wjEdNyNE5PQ&feature=youtu.be

 

5 anecdotes sur « Hellboy » de Guillermo Del Toro

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En attendant la sortie prochaine du reboot de Hellboy réalisé par Neil Marshall et avec David Harbour dans le rôle titre, revenons rapidement sur la première adaptation cinématographique du célèbre comics par Guillermo Del Toro avec quelques anecdotes.

1. Quelques changements entre le comics et le film :

Le film de Guillermo Del Toro est l’adaptation du premier comics Hellboy, « Les germes de la destruction » publié en 1994. Et comme toute adaptation, le réalisateur a fait des choix, des changements par rapport à l’œuvre initiale dont deux sont majeurs :

  • Tout d’abord il introduit le personnage de John Myers (Rupert Evans) qui n’existe pas dans le comics. Un personnage aux multiples fonctions, permettant d’avoir un point de vue humain, auquel le spectateur peut se rattacher mais également d’introduire l’univers de Hellboy à travers son point de vue qui, à la manière de celui du spectateur, découvre un univers qui lui est inconnu. L’introduction du personnage permet également de créer un triangle amoureux entre lui, Liz Sherman (Selma Blair) et Hellboy (Ron Perlman).
  • La seconde modification importante que fait Guillermo Del Toro est de développer le personnage du professeur Broom (John Hurt), le père d’Hellboy. Alors que dans le comics, le personnage meurt dès les premières pages, le metteur en scène fait ici le choix d’étoffer la relation qui unit Hellboy et son père et d’en faire le pivot dramatique du film, le rendant attachant au spectateur et permettant à Hellboy de passer de l’adolescence à l’âge adulte.

2. Pré-production :

Le développement du film fut très long, Guillermo Del Toro souhaitant faire une adaptation cinématographique de l’œuvre de Mike Mignola dès le milieu des années 90. Pour cela, le réalisateur rencontrera le dessinateur avec qui il deviendra ami et ils développeront le film ensemble. En 1998, le projet sera très abouti et proche de la version que nous connaissons aujourd’hui. Mais les studios refuseront de le produire pour diverses raisons notamment que ce soit un film de super-héros, que Ron Perlman soit l’acteur principal du film ou encore que l’histoire soit trop sombre et qu’elle ne soit pas une histoire traditionnelle dans la lignée de « La belle et la bête« , la bête ne se transformant pas en Homme à la fin. C’est pourquoi il faudra finalement attendre le succès du X-men de Bryan Singer en 2000 pour encourager un studio à donner son feu vert à la production du film.

3. Ray Harryhausen :

Lorsque Guillermo Del Toro commence à travailler sur le projet, il souhaite collaborer avec Ray Harryhausen, grand maître des effets spéciaux et célèbre par exemple pour son travail sur « Jason et les Argonautes« . Pour cela les deux individus se rencontrent autour d’un dîner et Guillermo Del Toro lui parle du projet mais Ray Harryhausen refuse, trouvant les films récents trop violents. Pourtant, au cours de ce dîner, Ray Harryhausen donnera malgré tout quelques conseils très utiles au réalisateur. Recommandant par exemple à ce dernier de ne pas animer les monstres comme des monstres mais comme des animaux. Conseil que Guillermo Del Toro appliquera sur la créature de Sammael notamment en la faisant glisser sur des flaques d’eau lorsque qu’elle court dans les égouts ou encore en lui faisant mâcher l’os d’un cadavre à la manière d’un chien.

4. Les élastiques :

Durant le long-métrage, une scène explicative entre le personnage de Myers et Liz explique au spectateur la raison pour laquelle, cette dernière a plusieurs élastiques à son poignée. Cette idée vient de Guillermo Del Toro lui-même qui, plus jeune, après avoir emmené quelqu’un à un hôpital psychiatrique suite à un accident, a voulu lui rendre visite quelques jours plus tard pour prendre de ses nouvelles. Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il découvrit que l’individu en question s’était enfuit. Le jeune Guillermo est alors allé voir le directeur de l’hôpital qui lui a expliqué qu’il y avait un manque de personnel et qu’il serait très heureux de pouvoir embaucher de nouvelles recrues. Ce à quoi Guillermo Del Toro s’engagea en devenant membre de cet hôpital. C’est ainsi que le personnel hospitalier lui a appris la technique dite de l’élastique. Elle consistait, par manque de personnel, à donner des élastiques aux patients pour qu’ils puissent s’automédiquer et avoir conscience de leur état mental en permanence.

5. Diffusion :

Comme pour la pré-production, la diffusion du film, sera elle aussi assez compliquée. Le film sera rebaptisé dans certaines salles américaine « Hello boy » pour supprimé le préfixe « Hell ». D’autres salles quant à elles supprimeront des éléments du film qu’elles considéreront comme trop violents. Enfin, certaines salles iront jusqu’à refuser de le diffuser. Mais cela n’empêchera pas le film d’avoir un petit succès et de connaitre une suite quelques années plus tard, Hellboy 2 : Les légions d’or maudites.

Jeune femme, Laetitia Dosch survole le film

Récompensé par la Caméra d’Or au dernier Festival de Cannes, Jeune Femme livre les chroniques d’une femme seule entourée de plein de monde. Léonor Serraille trouve sa place dans le cinéma français avec un premier film marquant qui rappelle de multiples thèmes très actuels si l’on se laisse guider par les émotions et les aventures de l’héroïne.

Synopsis : Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache.

Parfois agaçante, parfois hilarante, l’instabilité dont Léonor Serraille fait le portrait à travers Paula ne peut pas passer inaperçue. Jeune Femme fait partie du cinéma français actuel que l’on aime et dont on a besoin : une femme au centre de l’écran, une femme peu banale et même différente qui erre entre son chat et sa recherche d’affection et de boulot. L’histoire d’une héroïne moderne à travers un quotidien qui semble répétitif malgré les épreuves qui ne font que s’accumuler. Le spectateur suit le chemin de cette trentenaire qui paraît souvent à côté de la plaque et perturbée. Enchaînant les maladresses et les coups de folie, ce qui semble la déconnecter parfois du monde réel et social n’est au final que sa plus grande force. De sa tristesse et son désespoir ressort une femme qui s’affirme et qui tente de dire non à l’homme qui ne fait que la mépriser. La réalisatrice place ici l’image de la femme que l’on aimerait voir plus souvent au cinéma : elle ne fait pas de son personnage une victime, elle façonne une guerrière. Et la force du film c’est cette figure féminine, seule et pourtant entourée par la vie et les gens, entre boulot et garde d’enfant, Paula n’a que son chat finalement. Partant de ce postulat très pessimiste mais réaliste qui rappelle à quel point l’on peut se sentir seul même accompagné, Léonor Serraille dresse le portrait d’une battante qui finira par avoir sa revanche sur la vie. Son caractère peu commun et souvent fou la protègera tant de fois contre la mélancolie et finira par la faire grandir en trouvant son indépendance.jeune-femme-laetitia-dosch

« Vous avez quelqu’un à qui parler ? Il y a plein de gens à qui parler. »

Si le film est une réussite, ce n’est pas uniquement pour ce qu’il dit des femmes. Parce qu’une femme, il fallait en trouver une capable de jouer cette héroïne aux yeux bicolores, au caractère fantasque qui manie aussi bien la folie que le fait de s’imposer. La réalisatrice trouve en Laetitia Dosch une parfaite représentation de ces multiples facettes. Et à vrai dire, heureusement, parce que c’est véritablement ceci qui donne la force au film : cette actrice au centre. La personnalité de l’héroïne porte le film sans qui, il aurait sûrement paru très long. Il faut soi même aller plus loin que ce qu’il n’y parait pour apprécier l’oeuvre, sinon, l’intrigue tourne assez vite en rond. C’est aussi à cela qu’on reconnaît le succès de Jeune Femme puisqu’il fait écho à la société, à nos expériences individuelles ou collectives d’ailleurs. Le film plante les graines dans nos esprits et le spectateur n’a qu’à s’approprier tout le reste. En revanche, bien que l’on puisse trouver certaines longueurs au scénario qui se répète très souvent, la cinéaste convainc grâce à ses images. En plaçant des intermèdes musicaux qui ramènent Paula à sa solitude au milieu des foules, le film prend quelques envolées célestes qui, à l’instar de 120 battements par minutes, donnent un second souffle à l’esprit. Techniquement également, beaucoup de plans à l’épaule, peu stables, rappellent le déséquilibre de l’héroïne : efficaces parce que l’on comprend ce qu’ils veulent dire mais dérangeants au niveau esthétique si l’on aime que tout soit carré.

Jeune Femme est vivant, amusant et important. Avoir récompensé ce film à Cannes ne laisse que de l’espoir pour les années à venir et pour le cinéma.

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Jeune Femme : Bande-Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=UdxXW__Obcs

Jeune Femme : Fiche Technique

Réalisation : Léonor Serraille
Scénario : Léonor Serraille
Interprétation : Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye
Image: Emilie Noblet
Montage: Clémence Carré
Musique: Julie Roué
Producteur(s): Sandra Da Fonseca
Société de production: Blue Monday Productions
Distributeur: Shellac
Durée : 97 minutes
Genre : comédie dramatique
Date de sortie : 1er novembre 2017

France – 2017