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Concours Urge : Gagnez 5 liens du film en VOD

Concours : Gagnez 5 liens du film The Duke réalisé par Aaron Kaufman avec Pierce Brosnan, un thriller où l’Urge n’atomise pas que le cerveau…

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

Une fin de semaine de débauche prend un tournant dangereux lorsque le propriétaire mystérieux d’une boîte de nuit introduit une nouvelle drogue à un groupe d’amis. Privés de ces inhibitions, ces derniers vivent leurs plus grands fantasmes, mais ce qui débute en une folle nuit d’excès se transforme rapidement en une soirée mortelle, tandis que l’île paradisiaque où se trouve ce groupe se détériore en une maison de fous tropicale

Titre original : Urge
Titre français : The Duke
The Duke est un thriller américain coécrit et réalisé par Aaron Kaufman
Scénario : Aaron Kaufman, Jerry Stahl, Jason Zumwalt
Montage : Jeffrey Wolf
Acteurs principaux : Alexis Knapp, Ashley Greene, Pierce Brosnan, Bar Paly, Danny Masterson
Montage : Jeffrey Wolf
Musique : The Newton Brothers
Photographie : Darren Lew
Son : Charles Marcus, Daniel Brooks
Producteurs : Mark Neveldine, Yoram Barzilai, Skip Williamson, Warren T. Goz
Durée : 1h 29 minutes
Genre : Thriller
Sortie en VOD : 27 février 2018
Pays d’origine : États-Unis

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Le Labyrinthe – Le Remède Mortel : la conclusion explosive qu’on attendait !

Fort d’une conclusion qu’il aura su faire murir via deux films plutôt efficaces, Wes Ball signe avec Le Labyrinthe : Le Remède Mortel, le final attendu mais explosif de la saga littéraire de James Dashner.

Il se sera écoulé 3 ans entre la sortie du Labyrinthe : La Terre Brulée et celle du Remède Mortel. 3 ans, c’est long. Suffisamment en tout cas pour avoir vu le genre dans lequel les films s’insèrent – le divertissement young-adult- dépérir. C’est donc dans une industrie étant passée à autre chose et proposé à un public qui l’aura oublié que la franchise arrive ; chargée de clore l’arc de Thomas et de sa bande, partis mater l’ultime bastion de WICKED ; mais aussi celui du genre tout entier. Une double mission qui n’aura pas manqué d’être portée à l’attention du réalisateur, ce dernier s’évertuant à proposer tant bien que mal la conclusion spectaculaire et ambitieuse que laissait présager les deux films précédents.

La boucle est bouclée

Puisque « a contrario » d’Hunger Games qui aura su dès ses débuts ameuter un casting de star, la saga du Labyrinthe n’aura su pour capter l’intérêt de son spectateur que se reposer sur deux choses : son concept tout droit issu de la Quatrième Dimension et le talent de son principal artificier, Wes Ball. Sans surprise, ce dernier joue de tout son poids sur cet ultime volet, lui donnant ambition et maîtrise, et ce, dès l’entame via une ouverture « in media res » assez efficace, voyant la clique à Thomas effectuer un spectaculaire braquage à bord d’un train lancé à vive allure. Une ouverture qui a le chic de brosser rapidement la trame : les résistants menés par Thomas et sa bande, toujours à la recherche de Minho, kidnappé dans le climax du volet précédent, se décident à le suivre jusque dans l’ultime bastion de WICKED, grimé en une ville futuriste où les nantis se cachent derrière une gigantesque muraille. De quoi transformer la fuite en avant du second volet en un heist-movie futuriste et donc permettre à son réalisateur de convoquer d’autres références dans l’entreprise. Ainsi, exit celles évidentes à Mad Max et Résident Evil du second opus et place à des œuvres aussi variées qu’Elysium, Hunger Games, 28 Semaines plus Tard et même le récent Détroit de Kathryn Bigelow. Un joyeux cocktail émaillé ça et là de scènes d’action invraisemblables, de retournements de situations nombreux et variés d’où n’émanent qu’un plaisir furibard ou une profonde envie de lever les yeux en l’air, le choix étant laissé à l’appréciation du spectateur pour le genre, rompu à ces numéros d’équilibristes incessants. Mais curieusement, là ou l’ambition est un point fort du métrage, il est aussi sa principale faiblesse.

Trop plein d’ambition

En effet, ce trop plein d’ambition se révèle problématique à bien des égards. On ne pourra ainsi occulter toutes les scènes se déroulant uniquement pour servir les lubies visuelles du cinéaste, ou celle clichées, montrant les dilemmes du héros aussi vite expédiés qu’inutiles. Le pire étant malheureusement à ranger au rayon du script, qui outre d’accumuler les incohérences propres au genre, délaissent toute rationalité au profit de l’action. Les scènes se multiplient, quitte à introduire des thèmes survolés (dont celui amené bien maladroitement par Walton Goggins et ses envies de révolution), on fait revenir des personnages des anciens films sans aucune explication, on donne à voir une flopée de personnages étonnamment vides et on ne peut être que consternés quand on voit la fin, de comprendre comment WICKED a su prospérer vu leur profonde débilité à trouver un remède quand il était devant leur nez depuis toujours. Certains argueront que c’est propre au genre, mais il faut bien admettre que Wes Ball a été trop gourmand ; ce qui est d’autant plus troublant quand l’intrigue prend de grosses libertés avec la trame contenue dans les romans.

Plus étoffé que le précédent sur tous les aspects, Le Labyrinthe : Le Remède Mortel a le chic d’être un divertissement bien troussé qui conclut avec brio la trilogie initiée en 2014. Reste que pour accepter le spectacle, il faudra passer par une intrigue absurde, parfois bâclée et assez inconsistante. A double tranchant donc.

Le Labyrinthe : Le Remède Mortel : Bande-annonce 

Synopsis : Thomas et les « Blocards » s’engagent dans une ultime mission, plus dangereuse que jamais. Afin de sauver leurs amis, ils devront pénétrer dans la légendaire et sinueuse Dernière Ville contrôlée par la terrible organisation « Wicked ». Une cité qui pourrait s’avérer être le plus redoutable des labyrinthes. Seuls les « Blocards » qui parviendront à en sortir vivants auront une chance d’obtenir les réponses tant recherchées depuis leur réveil au cœur du labyrinthe.

Le Labyrinthe : Le Remède Mortel – Fiche Technique

Titre original : Maze Runner : The Death Cure
Titre français : Le Labyrinthe : Le Remède mortel
Réalisation : Wes Ball
Casting : Dylan O’Brien, Kaya Scodelario, Thomas Brodie-Sangster, Aidan Gillen, Patricia Clarkson, Walton Goggins, Will Poulter, Rosa Salazar, Giancarlo Esposito, Bary Pepper…
Scénario : T. S. Nowlin, d’après Le Remède mortel de James Dashner
Direction artistique : Daniel T. Dorrance
Costumes : Sanja Milkovic Hays
Montage : Dan Zimmerman
Musique : John Paesano
Production : Wyck Godfrey et Ellen Goldsmith-Vein
Société de production : Gotham Group, Temple Hill Entertainment et 20th Century Fox
Société de distribution : 20th Century Fox ; 20th Century Fox France
Langue originale : anglais
Format : couleur – 35 mm – 2,35:1 – son Dolby Digital
Genre : aventure, science-fiction
Durée : 143 minutes
Dates de sortie : 7 Février 2018

États-Unis – 2018

Concours Le Duel : Remportez 5 liens du film en VOD

Concours : Gagnez 5 liens du film The Duel en VF (Le Duel) réalisé par Kieran Darcy-Smith, un western à la lisière du fantastique et de l’horreur avec un Woody Harrelson (No Country for Old Man) en gourou venimeux accro aux scalps, Liam Hemsworth (Independence Day 2) et Alice Braga (Elysium)

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

Texas 1887. Le Ranger Kingston est envoyé enquêter sur une série de morts mystérieuses à la frontière Mexicaine. Ses recherches le mènent rapidement à Mount Hermon, une petite ville sous l’emprise de celui qu’on appelle le Prêcheur. Kingston reconnaît alors l’homme qui a tué son père 20 ans auparavant dans un duel sanglant.

Réalisateur : Kieran Darcy-Smith
Avec Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Alice Braga, Emory Cohen, José Zuniga, William Sadler…
Scénario : Matt Cook
Compositeur : Craig Eastman
Date de sortie : le en Vidéo à la demande
Distributeur : ACE Entertainment
Sociétés Production : Mandeville Films
Genres : Western, Thriller, Drame
Date de sortie : 21 février en VOD
Durée : (1h 58min)

Nationalité américain

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Cro-Man, d’Aardman Animations : un petit dernier qui parle des ancêtres… sans la maturité de ses aînés

Après des incontournables de l’animation comme Wallace & Gromit, Chicken Run ou encore Shaun le mouton, le studio Aardman revient avec Cro-Man. Un nouveau-né portant sur ses épaules l’héritage de créations parlant à tous les publics, et à la saveur si particulière.

Synopsis : Une famille d’hommes de Cro-Magnon mène une vie paisible de chasseurs-cueilleurs, plusieurs millénaires après l’extinction des dinosaures où, selon cette histoire, vivaient déjà des ancêtres unis derrière le sport du ballon rond. Alors que le chef d’un peuple médiéval débarque et prend possession de leur territoire, la survie de leur milieu de vie devra se décider lors d’une partie de football.

Cro-Man est d’abord appréciable pour ses visuels irréprochables. La patte artistique et le stop-motion caractéristiques du studio sont poussés à leur paroxysme, l’univers est développé de manière simple tout en étant attachant, et sur ce point le film est une réussite. On retrouve certaines touches d’humour absurde qui fonctionnent à merveille (ouvrir le film au temps des dinosaures en précisant que l’on est à « Manchester »), tout comme les différents anachronismes qui sont toujours des trouvailles (du rasoir-scarabée aux marionnettes pour faire les ralentis des matchs). Il y a même quelques (rares) références à l’attention des plus grands, avec par exemple un vendeur de « jurassic pork » ou un marchand de silex nommé « flint [silex, en anglais] eastwood ». Enfin, le film se moque ici et là de certains clichés inhérents au monde du football (les joueurs qui se recoiffent sans cesse, les simulations, etc).

Malheureusement, c’est en terme d’histoire et surtout d’humour que le bât blesse. La trame narrative est des plus convenues dans son déroulement, les thèmes et valeurs véhiculés sont vus, revus et éculés (l’amitié triomphante, l’esprit d’équipe face à l’individualisme, le courage), si bien que Cro-Man ne surprend à aucun moment. Pire, les gags sont souvent téléphonés et peu originaux, à l’image de la ridiculisation du chef et de la figure du pouvoir, faite de manière peu subtile, sans finesse ni nuances aucunes. Un humour aseptisé qui touchera un plus large public, certes, mais se faisant laissera sur le banc de touche ceux qui appréciaient les créations Aardman pour leur impertinence et leur second degré. Cro-Man est un peu trop premier degré. L’intelligence muette de Gromit mettait justement en exergue la bouffonnerie d’un Wallace toujours trop bavard et maladroit. Il manque ici cet équilibre entre les personnages qui se suffisent à eux même, sans vraiment servir ce genre de relations improbables qui faisaient la sève des films précédents du studio. Pourtant les personnages proposés sont dans l’ensemble charismatiques et réussis (à commencer par le sanglier de compagnie et le petit lapin), mais ils manquent de ce cynisme involontaire qui participait à l’étrangeté de leurs aînés, parfois effrayants et cruels comme dans Chicken Run.

Cro-Man souffre peut-être de sa grande générosité. Le film donne tant de choses à voir en moins d’une heure et demie qu’il paraît parfois brouillon, confus, noyant le spectateur dans ce trop-plein d’idées (intelligentes, au demeurant) comme sont perdus les personnages à leur arrivée dans la forteresse médiévale, débordante de choses qui leur sont inconnues. Il glisse tout un tas de détails faisant échos à l’actualité (le grillage et les pancartes d’interdiction, rappelant la frontière Mexique/États-Unis et le problème de l’intégration ou des enjeux autour de la question du territoire), mais qui ne sont pas suffisamment creusés pour être de réels atouts à créditer au film.

En se fondant parfaitement dans le paysage des films d’animation de ces dernières années, Cro-Man oublie la « magie Aardman » qui en fait un studio bien à part, et pas que sur le plan graphique. Un bon film qui assure un agréable moment mais qui, par son manque de profondeur, ne marquera sûrement pas autant les mémoires que ses grands frères. Souhaitons lui tout de même une réussite au box office, afin que le studio continue à nous offrir ces belles créations qu’il serait malgré tout dommage de bouder.

Bande-annonce : Cro-Man

Fiche technique : Cro-Man

Titre original : Early man
Réalisation : Nick Park
Scénario : Mark Burton, John O’Farrell
Interprétation : Eddie Redmayne, Tom Hiddlestone
Durée : 89 minutes
Genre : Animation, comédie
Date de sortie : 7 février 2018

France/Royaume-Unis – 2018

Avec 15h17 pour Paris, Eastwood brise le mur entre réalité et fiction

Inspiré des événements de l’attentat du Thalys, 15h17 pour Paris retrace la genèse des trois héros américains qui ont neutralisé Ayoub Elh Khazzani, terroriste du train. Avec ce film, Eastwood n’échappe pas à un manichéisme patriotique pro-militaire navrant mais propose une oeuvre troublante qui interroge sur la limite entre fiction et réalité.

AyoubElKhazzani-15h17pourparis-film-eastwood-attentat-thalysLorsque Clint Eastwood a annoncé consacrer un long-métrage à l’attentat du Thalys, massacre potentiel évité le 21 aout 2015 sur la ligne LGV NORD, on pouvait être sceptique. Que pouvait-il raconter de cet événement si court et furtif dans le temps sans tomber dans un récit pompeux et étiré ? Une seconde nouvelle est finalement venu attirer notre curiosité tout en confirmant nos premières craintes : les trois héros américains du Thalys joueront leur propre rôle. On comprend alors vite le choix de Clint Eastwood qui retrouve dans le destin des américains ses thèmes de prédilection : l’armée, la religion et la bonne vieille Amérique. Avec une première bande-annonce qui laissait présager du pire, on ne peut que poser tristement le constat : 15h17 pour Paris n’évite pas une propagande pro-arme fatigante et un récit manichéen où les héros semblent être guidés par une force divine. Le ton est annoncé dès le début lorsque la mère de Spencer Stone (Judy Greer) déclare :  » Mon Dieu est au dessus de vos statistiques « . Cette allusion à la religion se poursuivra tout le film, notamment lorsque Spencer Stone, en voyage à Venise, affirme être guidé par une force supérieure qui l’attend pour quelque chose de grand. Cette connivence avec la religion atteint son paroxysme lors qu’après l’attaque, la voix-off conte une prière comme pour mieux affirmer l’idée d’un acte d’ héroïsme mené par Dieu. A cela s’ajoute une éloge très lourde sur l’armée et le devoir citoyen. Deux des protagonistes ont fait un passage chez les militaires. Alek Skarlatos et Spencer Stone s’habillent en tenue de camouflage et ont des posters Full Metal Jacket.  Ils seront d’ailleurs les deux personnages les plus développés du film, Anthony Sadler étant laissé de côté et n’apparaissant que comme simple faire-valoir des ses amis. Cette propagande pour la guerre frôle le ridicule lors d’un montage où Stone se prépare physiquement. Le tout est accompagné d’une voix-off digne d’une vidéo Youtube de motivation pour perdre du poids. Là où le film préfère n’accorder qu’une dizaine de minutes à l’attentat, il donne plus d’1h10 à l’enfance des amis et à la formation à l’armée de Spencer Stone. Autant dire l’ennui arrive très vite, surtout lors de l’escapade des protagonistes à l’étranger. Le terroriste lui n’apparaît que comme un fantôme, une silhouette tacite.

Hasard ou destin ?

La durée du film est très courte (1h34) et n’aurait pas mérité une seule minute de plus tant le récit de vie est étiré. Et c’est ici qu’Eastwood commet sa plus grosse erreur : en essayant de donner un sens métaphysique à l’acte d’hommes qui n’ont été là que par hasard. Mais on ne peut nier la réalité historique et factuelle de l’événement : ces hommes se sont bien trouvés là et ce sont leurs expériences passées qui leur ont permis de Sauver la vie de centaines de personnes. Ainsi, plusieurs éléments disséminés au cours de l’histoire prennent tout leur sens lors de la scène finale. L’addiction d’Anthony aux selfies fera bouger la bande de potes vers la première classe, là où il y a une meilleure wifi pour poster les photos sur Instagram. Un cours de survie donné à Spencer Stone quelques années plus tôt va lui permettre de maintenir en vie Mark Moogalian, victime d’une balle tirée par le terroriste. Un homme dans un bar donnera envie aux amis de se rendre à Amsterdam, puis de passer par Paris. Un nombre incroyable d’éléments ont mené à cet acte d’ héroïsme, sans lequel l’histoire serait bien différente. Et c’est en essayant de s’approprier une histoire de hasard et de chance pour servir son idéologie conservatrice et religieuse qu’Eastwood rate son film. Le long-métrage semble d’ailleurs jouer sur cette ambiguïté, sans faire exprès. D’un côté, il émet une prophétie quasi-divine qui mène Spencer Stone à son destin, et de l’autre il souligne de nombreuses fois le hasard lié aux décisions des héros.

Quand s’arrête la fiction ?

C’est finalement là que ressort le caractère le plus intéressant du film : le lien troublant entre la fiction et la réalité. La scène de l’attaque est saisissante : 15 minutes incroyables sous tension qui placent le spectateur au cœur de l’action et de l’horreur. En plus des héros, les autres véritables passagers du Thalys revivent également la scène dont le couple Moogalian. Deux des six vrais héros ont décidé de ne pas jouer leur rôle, dont « Damien », un français, absent du film, qui a tenu à rester anonyme. De ce point de vue, les séquences dans le train sont fascinantes. Regarde t-on un documentaire ? Une reconstitution des faits? On ne peut imaginer l’effet cathartique que rejouer cette scène peut avoir sur les vrais passagers du Thalys. La véritable force du film réside donc dans son parti-pris réaliste. Comment pouvoir juger la performance des acteurs qui jouent tout le long leur propre rôle ? Sont-ils capables de mal se jouer ? Pouvons-nous les accuser de ne pas être assez convaincants dans la reproduction de leur propre vie ? L’amateurisme du trio, parfois palpable, ne se révèle pas comme un défaut tant la caméra, tremblante,  semble vouloir les capturer comme un documentaire. Selon les interviews donnés lors de la tournée promo, la bande d’amis semble épouser le traitement manichéen de Clint Eastwood. Peut-être est-ce pour eux un moyen de donner sens à un événement si brutal et hasardeux ? Dans une volonté presque malsaine, Clint Eastwood refait vivre à Mark Mooliagan une situation où l’homme était mourant. Il impose à Spencer Stone de refaire tout son parcours militaire. La véritable équipe médicale présente lors de l’attentat rejoue ses gestes et ses mouvements.

L’apothéose de ce lien curieux entre fiction et réalité apparaît lors de la séquence finale, remise de la légion d’honneur par François Hollande. D’abord filmé de dos, par une doublure (Patrick Braoudé), le président se révèle de face. Surprise : il s’agit du vrai François Hollande, Clint Eastwood ayant décidé d’utiliser des images d’archives. De leur côté, les trois héros du Thalys restent les même entre la reconstitution mise en scène et les images des JT diffusées à l’époque. François Hollande agit alors comme un pont entre le récit fictionnel et la véritable histoire, ancrant les personnages définitivement dans la réalité. Avec ce film, Eastwood donne sa réponse à un enjeu culturel qui se pose depuis peu : La question de la représentation des attentats au cinéma. On souligne le réalisme de l’attentat, on rejette le message.

Bande-annonce : 15h17 pour Paris

Synopsis : Dans la soirée du 21 août 2015, le monde, sidéré, apprend qu’un attentat a été déjoué à bord du Thalys 9364 à destination de Paris. Une attaque évitée de justesse grâce à trois Américains qui voyageaient en Europe. Le film s’attache à leur parcours et revient sur la série d’événements improbables qui les ont amenés à se retrouver à bord de ce train. Tout au long de cette terrible épreuve, leur amitié est restée inébranlable. Une amitié d’une force inouïe qui leur a permis de sauver la vie des 500 passagers …

Fiche technique – 15h17 pour Paris

Titre original : The 15:17 to Paris
Réalisation : Clint Eastwood
Scénario : Dorothy Blyskal, d’après l’autobiographie The 15:17 to Paris: The True Story of a Terrorist, a Train, and Three American Heroes de Jeffrey E. Stern, Anthony Sadler, Alek Skarlatos et Spencer Stone.
Casting : Avec Anthony Sadler, Alek Skarlatos, Spencer Stone, Jenna Fischer, Judy Greer, P.J. Byrne
Direction artistique : Timothy David O’Brien
Décors : Ronald R. Reiss
Costumes : Deborah Hopper
Photographie : Tom Stern
Montage : Blu Murray
Musique : Christian Jacob et Thomas Newman
Production : Clint Eastwood, Jessica Meier, Tim Moore et Kristina Rivera
Sociétés de production : Malpaso Productions ; Warner Brosv (co-production)
Sociétés de distribution : Warner Bros. (États-Unis), Warner Bros. France (France)
Budget : 40 millions de dollars
Genre : drame biographique
Durée : 94 minutes
Date de sortie : 7 Février 2018

Pays : États-Unis

Marseille saison 2 : La Bonne Mère pourra-t-elle sauver Netflix ?

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Après une première saison qui a été étrillée par les critiques, et alors que le jeu subtil pagnolesque « avé l’accent » de Benoît Magimel, pour des fins électoralistes, n’a pas été compris par le public, la plus frenchie des séries de Netflix, Marseille, s’apprête à faire son grand retour dès le 23 février prochain.

Alors que les nouveaux épisodes de la série politique française Baron Noir viennent d’être diffusés sur Canal+, la saison 2 de la série Marseille est attendue pour le 23 février 2018 sur Netflix, selon des informations d’Allocine. Une première bande-annonce de cette nouvelle salve d’épisodes a été dévoilée ces dernières semaines. Cette saison inédite devrait s’étaler sur huit épisodes.

La cité phocéenne vient donc de changer de maire. Le précédent, incarné par Gérard Depardieu, a perdu les élections et a subi une attaque cardiaque dans le cliffhanger de la fin de la saison 1. La ville de Marseille est désormais entre les mains du jeune loup en politique au lourd passé familial (Benoît Magimel). L’équipe municipale sera rapidement plongée en pleine tourmente. Des membres de l’extrême droite seront en effet intégrés dans de nombreuses décisions. En plus des affres de la vie politique, la saison 2 pourrait également s’attarder sur la part sombre de la cité phocéenne, le trafic de stupéfiants dans les quartiers nord. Le personnage de Gérard Depardieu devrait, de son côté, connaître une renaissance dans le milieu du football avec le club mythique de l’Olympique de Marseille.

Le scénario a été confié à Philippe Pujol, ancien journaliste marseillais. Il a remplacé l’écrivain français Dan Franck. Le casting regroupe les comédiens Gérard Depardieu, Benoit Magimel, Nadia Farès, Géradline Pailhas, Stéphane Caillard ou bien encore Hedi Bouchenafa.

Les abonnés de la plateforme de SVOD seront-ils au rendez-vous ? Réponse donc sur Netflix le 23 février prochain. La saison 2 de Marseille sera disponible en intégralité dans quelques semaines à peine.

Après la diffusion exclusive des deux premiers épisodes de Marseille en mai 2016 sur TF1, à l’occasion du lancement sur Netflix, la saison 1 de Marseille sera à nouveau proposée sur TF1 Séries Films (l’ancienne chaîne de la TNT HD1) à compter du mercredi 21 février 2018 à 21h. Les téléspectateurs français auront ainsi droit à des séances de rattrapage lors de cette première soirée à trois épisodes et assisteront à la découverte de la suite de la série jusqu’au vendredi 23 février.

Bande-annonce de Marseille saison 2 :

Le jeu vidéo Duke Nukem bientôt adapté au cinéma avec John Cena ?

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Le catcheur John Cena pourrait prochainement incarner le anti-héros du jeu vidéo Duke Nukem. Ce projet cinématographique serait une nouvelle adaptation vidéoludique au septième art avec un ancien lutteur de la WWE, après Rampage ou Doom avec Dwayne Johnson (The Rock).

Le personnage culte des années 1990, Duke Nukem, pourrait bien bénéficier d’une adaptation cinématographique dans les années à venir. Selon des informations de la rédaction du Hollywood Reporter du 22 janvier dernier, le catcheur de la WWE, John Cena, serait actuellement en négociations pour incarner Duke Nukem dans un projet de long-métrage sur grand écran.

Les studios Paramount disposeraient dorénavant des droits de la licence Duke Nukem, un peu à la manière de Warner Bros pour les jeux Batman, Injustice ou Mortal Kombat. Le film Duke Nukem sera produit par Platinum Dunes, la société de Michael Bay. Ce projet déroutant, qui collerait parfaitement à l’Amérique de Donald Trump, n’a pour l’instant pas de réalisateur attitré. Le scénario n’aurait pas encore été écrit. Les producteurs du film devraient rapidement partir à la recherche d’un auteur.

Ce projet permettrait de lancer très sérieusement la carrière d’acteur de John Cena, cantonné jusque-là à des séries B. Les fans de catch peuvent même donc rêver de voir un jour un nouvel affrontement John Cena – The Rock (Dwayne Johnson) à Hollywood dans un crossover DOOMDuke Nukem.

Reste à savoir si le film sur Duke Nukem sera bien lancé outre-Atlantique. Le personnage principal, adepte du politiquement incorrect et admirateur de la gente féminine et des petites pépées, risque effectivement de ne pas séduire le grand public en pleine polémique sur le harcèlement sexuel à Hollywood (à la suite scandales Weinstein, Allen et Polanski). L’univers des jeux vidéo Duke Nukem s’apparenterait presque à ceux des films du studio indépendant Troma, de Lloyd Kaufman, resté célèbre pour le Toxic Avenger notamment. Le personnage de Duke Nukem est un clone d’Arnold Schwarzenegger blond qui doit sauver la planète d’une invasion extra-terrestre sur fond de menaces de déchets nucléaires toxiques. A la force de ses biceps et d’une ribambelle d’armes déjantées (le pistolet au rayon rétrécissant, l’arme givrant les ennemis), Duke Nukem va devoir sauver, une à une, toutes les femmes de la planète terre face à la menace des petits hommes verts !

Les ennemis du jeu culte de la licence, Duke Nukem 3D, sorti en 1996 par les studios 3D Realms, sont encore dans toutes les mémoires des adeptes du rétro-gaming. Des policiers à la tête de cochons sauvages, des cerveaux volants comme l’abominable Dr.Krang des Tortues Ninja ou des aliens qui n’ont pas une tête de porte-bonheur comme le disait si bien Schwarzy dans la séquence mythique de Predator.

Le jeu et la licence Duke Nukem sont devenus rapidement cultes grâce aux répliques digitalisées prononcées par le héros dans le jeu. C’est le comédien Jon St. John, spécialisé dans le doublage, qui a ainsi permis de populariser le personnage de Duke Nukem. Reste à savoir si John Cena sera entièrement doublé par Jon St. John dans le futur film Duke Nukem. L’une de ces multiples phrases fétiches dans les jeux est d’ailleurs un hommage à la tirade du film culte de John Carpenter, Invasion Los Angeles : « It’s time to kick-ass and chew bubble gum, and I’m all out of gum » (dans les jeux Duke Nukem).

Le dernier volet de la franchise, Duke Nukem Forever, est sorti sur PC, Xbox 360 et PS3 en 2011. Éreinté par les critiques, le titre a néanmoins permis aux fans purs et durs de verser une petite larme en retrouvant Duke dans de nouvelles aventures et de proposer des missions bonus avec une parodie de Terminator.

Ce long-métrage sévèrement burné et qui pourrait ringardiser les Expendables, s’il respecte à la lettre les codes de la licence du jeu dans un film Rated-R, à la manière de la récente mode à Hollywood (Venom, Deadpool, Logan, Spawn), pourrait bien – en cas de succès au box-office – forcer Hollywood à décider Paul Verhoeven de reprendre du service dans des projets qui sentent bons les années 1980 ou à relancer la machine Alien avec Neill Blomkamp aux commandes ! En attendant l’arrivée de Duke Nukem, John Cena sera à l’affiche d’une autre production Michael Bay consacrée au personnage de Bumblebee de la franchise Transformers, qui sortira en salles en décembre prochain.

Les répliques cultes de Jon St. John dans les jeux Duke Nukem :

Une interview de Jon St. John par la redaction de Gamespot sur son travail de doubleur et sur Duke Nukem Forever :

Concours Belle et Sébastien 3 : le dernier chapitre, gagnez des places de cinéma du film

Jeu Concours : Belle et Sébastien 3 : le Dernier Chapitre, à l’occasion de la sortie du film réalisé par Clovis Cornillac, remportez 3×2 places de cinéma et un livre

SYNOPSIS, INFOS ET BANDE ANNONCE

Deux ans ont passé. Sébastien est à l’aube de l’adolescence et Belle est devenue maman de trois adorables chiots. Pierre et Angelina sont sur le point de se marier et rêvent d’une nouvelle vie, ailleurs… Au grand dam de Sébastien qui refuse de quitter sa montagne.
Lorsque Joseph, l’ancien maître de Belle, ressurgit bien décidé à récupérer sa chienne, Sébastien se retrouve face à une terrible menace. Plus que jamais, il va devoir tout mettre en œuvre pour protéger son amie et ses petits…

Réalisateur : Clovis Cornillac
Scénario : Fabien Suarez, Juliette Sales, d’après l’oeuvre de Cécile Aubry
Avec Félix Bossuet, Tchéky Karyo, Clovis Cornillac…
Compositeur : Armand Amar
Société de production : Gaumont
Producteurs : Clément Miserez, Matthieu Warter, Frédéric Brillion
Genres : Famille, Aventure
Date de sortie : 14 février 2018
Durée : 1h 30min
Nationalité français

Modalités du concours

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Festival de Gérardmer 2018 : Un détour hors-compétition

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Après la compétition, il est temps de s’intéresser plus en détail à ce que le festival de Gérardmer nous a servi hors-compétition. Au programme 4 films dont 3 inédits et 1 classique du body horror. Encore une fois , la France s’illustre avec deux films : Cold Skin et La Nuit a dévoré le monde. Au même moment, une nouvelle production de l’invité d’honneur Alex de La Iglesia nous arrive tout droit du Pays Basque sous le nom de Errementari. Du côté du old school, c’est une œuvre culte du cinéma d’horreur des années 80 qui a été présentée dans une nuit spéciale, Hellraiser de Clive Barker.

  • Cold Skin

Xavier Gens, c’est un peu un enfant de Gérardmer. Le réalisateur français a été membre du jury, y a présenté The Divide en 2012 et Frontière(s) en 2008, il était donc tout naturel que le Dunkerquois revienne dans les Vosges pour nous montrer son projet de longue date, Cold Skin. Adapté d’un roman, le film raconte l’histoire d’un climatologue qui se retrouve sur une île perdue où il fait la connaissance d’un singulier gardien de phare. Ce ne sera par ailleurs pas la seule rencontre excentrique que fera ce pauvre homme, car l’île se trouve être peuplée de créatures amphibiennes à la silhouette anthropomorphe. Très vite les deux hommes vont se retrouver repliés dans le phare, en essayant de survivre aux assauts meurtriers des bestioles. Cold Skin avait de quoi allécher, malheureusement dès l’apparition de cette fameuse citation de Nietzsche ayant un rapport avec l’abîme qu’on a déjà vu 1000 fois, on sait très vite ce que va être le discours du film. Résultat, pendant plus d’1h30, le film va nous rabâcher cette rengaine de l’homme qui se mue en monstre et qu’au contraire une certaine humanité se cache au sein des bestiaux. Au moins, Gens a le mérite de s’attaquer à ça de façon frontale (même avec une scène de sexe, le mec ne se refuse rien) au travers d’un film de siège sanguinaire. Là aussi, on a un peu de mal car les assauts nocturnes sont sympas et divertissants les premières fois, mais deviennent très vite redondants. Si le film offre des visuels très réussis, avec beaucoup de trucages mais en dégageant de l’île de Lanzarote une ambiance très froide, le design des bêtes est un peu moins convaincant, tant il s’avère très simpliste. De belles idées, mais assez oubliable au final. On attendra Del Toro pour être ému par un amphibien.

  • La Nuit a dévoré le monde

Cette année, les films de zombies venaient de contrées incongrues. Après les Québécois de Les Affamés, c’est au tour des Français de La Nuit a dévoré le monde d’être présentés à Gérardmer. Pour son premier long-métrage, Dominique Rocher ne fait pas les choses comme tout le monde. Avec La Nuit a dévoré le monde, ce n’est pas tellement les zombies qui l’intéressent, mais plutôt ceux qui restent et notamment son personnage de Sam, incarné par Anders Danielsen Lie, que l’on avait déjà vu errer dans la capitale norvégienne dans Oslo, 31 Août de Joachim Trier. Ici c’est à l’intérieur d’un immeuble parisien que va se dérouler l’entièreté du long-métrage alors que le jeune homme semble être le seul rescapé de ce mal d’une origine inconnue. C’est donc la mélancolie engendrée par cette solitude que va filmer essentiellement Rocher, en nous montrant son personnage déambuler à travers les pièces de cet immeuble, en se tapant la discute avec un zombie coincé dans un ascenseur ( joué par Denis Lavant, qui montre encore une fois que le type peut tout jouer), ou en s’amusant à faire de la musique avec des ustensiles de cuisine. À partir de là, La nuit a dévoré le monde devient l’archétype même du film qui aurait fait un beau court-métrage, mais qui se transforme en supplice interminable. À l’image du personnage principal, on se retrouve très vite accablé par un ennui lancinant avant qu’il ne devienne complètement agaçant. La nuit a dévoré le monde a le mérite d’offrir un angle d’attaque original, jouant sur un aspect contemplatif au lieu de nous servir une nouvelle fois un survival calibré. Dommage que ça ne soit trop long et répétitif, ce qui atténue définitivement l’impact du message. Avec 1 heure de moins, le film aurait pu être des plus enthousiasmants.

  • Errementari : le forgeron et le diable

Alex de la Iglesia n’est pas venu les mains vides en tant qu’invité d’honneur du festival. Le cinéaste ibérique a été accompagné du réalisateur espagnol Paul Urkijo qui présente ici son premier long-métrage. Plus qu’un film espagnol, Errementari est avant tout un film basque, chose assez rare que de voir des films tournés dans cette langue. Nous propulsant donc dans le Pays Basque du XIXème siècle, Errementari s’avère être un conte gothique racontant l’histoire de deux personnages particuliers, un forgeron vivant à l’écart du village et qui effraie la plupart des habitants, et un diable gardé prisonnier sur Terre. Errementari frappe avant tout par cette atmosphère qu’il dégage, cette imagerie folklorique et gothique superbement cultivée au travers d’un esthétique foisonnante. Avec ces jeux de couleurs et d’éclairage, notamment au niveau des couleurs chaudes (rouge et orange), Paul Urkijo plante un décorum qui suffit à lui seul pour la création d’une ambiance. Comme on pouvait s’en douter en voyant le nom d’Alex de la Iglesia au générique, le film n’hésite pas à offrir de nombreuses ruptures de tons et de mettre les pieds dans un humour parfois noir et parfois très potache. L’écriture et la caractérisation des personnages sont à ce niveau très savoureux, notamment en ce qui concerne Usue, une gamine au sacré tempérament et Sartael, ce diable un peu loser et malchanceux sur les bords. Errementari est un nouveau témoin de l’efficacité des espagnols en ce qui concerne le film de genre. Un beau petit morceau de cinéma comico-fantastique ne se refusant pas à offrir des visuels très marquants (cette vision des enfers restera certainement gravée un moment dans les esprits).

  • Hellraiser

Pour finir ces petites reviews du festival de Gérardmer, autant conclure avec du culte. Quoi de plus culte que la saga Hellraiser vous allez me dire ? Le fleuron du body horror a eu l’honneur de se voir accorder une nuit blanche à cette 25ème édition avec la projection des 3 premiers volets. On ne parlera cependant ici que du premier, de l’original, celui sorti tout droit de l’esprit dérangé de son créateur Clive Barker. Hellraiser est une histoire en apparence compliquée à base de cube mystérieux,  de créatures à la recherche du plaisir au travers des douleurs intenses, d’un adultère entre une  femme et un oncle revenu des enfers, le tout dans une vieille maison. Mais Hellraiser c’est avant tout l’expression du body horror dans sa vision la plus marquante et frontale à l’image d’un Cronenberg des 80s.  Si Hellraiser fait encore aujourd’hui faire des cauchemars, c’est au travers des visions d’horreur que le film nous envoie en pleine face avec ces effets spéciaux dévastateurs. Entre le retour de l’enfer des Cénobites de l’oncle Frank dont le corps se reconstitue en prélevant des organes à de malheureuses victimes, et le design de ces Cénobites, créatures penchées sur le SM à un niveau beaucoup plus perché que Christian Grey, les FX n’ont pas pris une ride et gardent tout leur impact. Si parfois le scénario part dans des directions un peu trop alambiquées, l’ambiance poisseuse de cette maison et de son grenier, la présence d’une certaine influence Lovecraftienne, d’un côté cyberpunk dans le design des Cénobites, et puis surtout la tronche de Pinhead, figure emblématique de l’horreur, suffisent amplement à Hellraiser  pour obtenir sa place au panthéon du genre.

 

The Cloverfield Paradox, trou noir cinématographique

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The Cloverfield Paradox, troisième film de la saga, se révèle vite être d’un vide sidéral.

Synopsis : dans un avenir proche mais indéterminé, les réserves naturelles seront quasiment épuisées sur Terre, ce qui emmènera l’humanité au bord d’un conflit planétaire. La dernière chance de l’éviter consiste à expérimenter un accélérateur de particules spatial, le Sheppard, placé en orbite autour de la Terre dans une station internationale. Mais, au bout de deux ans, les essais restent toujours infructueux.

Les deux premiers film de la saga Cloverfield proposaient une relecture du film de monstres tout en gardant une identité propre. Le premier exploitait de façon intelligente le procédé du found footage tout en mettant en avant des réminiscences du 11-Septembre, alors que le deuxième jouait à fond, et de façon réussie (du moins si l’on excepte le quart d’heure final), la carte de la claustrophobie. Tous les deux permettaient d’entretenir une part de mystère sur ce qui se déroulait réellement à l’écran, s’amusant avec ce que l’on voit et surtout ce que l’on ne voit pas, ce que l’on devine et ce que l’on peut supposer.

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Le troisième film, The Cloverfield Paradox, disponible sur la plate-forme Netflix depuis le lundi 5 février, mise sur la carte de l’espace tout en essayant de donner plus de densité au monde Cloverfield. Ainsi, une partie de l’histoire se déroule sur Terre et multiplie les clins d’œil aux deux premiers opus. Le personnage de Michael, médecin et mari d’un des membres de la station spatiale, découvre la ville attaquée par ce que l’on suppose être une grosse bestiole, puis s’enferme avec une gamine survivante dans un bunker.

Voilà qui est assez symptomatique de The Cloverfield Paradox. Au lieu de proposer quelque chose de vraiment nouveau, le film va se contenter de brasser du déjà-vu, en enfilant comme des perles des scènes caractérisées par leur manque absolu d’originalité et d’inventivité. Pour les amateurs de film de science-fiction et/ou d’horreur, tout, dans ce film, a déjà été vu, revu et rerevu des centaines de fois ces quarante dernières années. Pire : la plupart du temps, c’était bien mieux que ce que nous propose Julius Onah ici. Car le manque d’idée ne se limite pas au scénario, il se propage également à la mise en scène.

Ne sachant pas vraiment comment se positionner, le scénario nous propose un amalgame bancal de scènes de pseudo-horreur spatiale et de mystère quantique. Et le réalisateur se contente de filmer son joli décor en se prenant pour Ridley Scott, tant certaines séquences rappellent furieusement le premier Alien. Sauf qu’ici, chaque scène semble indépendante du reste du film : on accumule les morts sans qu’il y ait la moindre relation causale. Les séquences sont placées les unes à la suite des autres sans être reliées entre elles. Le but est de montrer des gens mourir sans la moindre logique scénaristique.

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Si ces scènes se contentaient d’être mauvaises, ce serait presque bien. Mais non, elles vont beaucoup plus loin que cela et le film s’enfonce joyeusement dans le ridicule lorsqu’un homme d’équipage plaisante au sujet de son bras sectionné, lequel bras continue à vivre sa vie tout seul de son côté.

L’aspect « mystère » parvient parfois à sauver deux ou trois scènes. Toutefois, ne réussissant pas à faire aboutir cela sur quelque chose d’intéressant ou d’utile sur le plan de l’histoire, les scénaristes se sont contentés de noyer le tout sous un flot de mots qui font intelligents (« particules », « quantique », etc.) mais ne parviennent pas à cacher l’ineptie de l’ensemble.

La réalisation, quant à elle, se contente d’être plate. Là aussi, elle brille par son absence complète de la moindre idée de mise en scène. Julius Onah se révèle strictement incapable d’instaurer un minimum d’ambiance anxiogène. Du coup, les personnages ont beau hurler à l’écran, le spectateur regarde tout cela d’un œil totalement désintéressé.

Enfin, pour dire un mot du casting… Les acteurs font ce qu’ils peuvent dans une telle situation, mais ça ne va pas bien loin. Il faut juste noter la présence de Zhang Ziyi, seule tête d’affiche du film, qui doit sûrement sa présence dans le film à une volonté d’attirer le public chinois sans lequel un long métrage ne peut plus être un succès international de nos jours.

Bref, The Cloverfield Paradox est raté d’un bout à l’autre, et il n’y a franchement pas grand chose pour sauver l’ensemble. Ce qui est d’autant plus dommage que la saga Cloverfield offre de nombreuses possibilités aux différents cinéastes. Mais, pour cela, il faudrait avoir un brin d’imagination, ce qui est totalement absent ici.

The Cloverfield Paradox : bande annonce

The Cloverfield Paradox : Fiche Technique

Réalisateur : Julius Onah
Scénario : Oren Uziel, Doug Jung
Interprètes : Gugu Mbatha-Raw (Hamilton), Daniel Brühl (Schimdt), John Ortiz (Monk), Chris O’Dowd (Mundy), Aksel hennie (Volkov), Zhang Ziyi (Tam).
Musique : Bear McCreary
Photographie : Daniel Mindel
Montage : Alan Baumgarten, Matt Evans, Rebecca Valente
Production : J. J. Abrams, Lindsey Weber
Société de production : Bad Robot, Paramount Pictures
Société de distribution : Paramount Pictures
Genre : science-fiction
Durée : 102 minutes
Date de sortie : 05 février 2018 (Netflix)

États-Unis – 2018

La Nuit a dévoré le monde : Le renouveau de l’horreur à la française !

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Les fans de cinéma de genre vont très bientôt pouvoir découvrir une perle française dans les salles obscures. La Nuit a dévoré le monde, le long-métrage de Dominique Rocher, s’apprête à sortir au mois de mars. Le jeune réalisateur s’est lancé dans un pari osé, un film de zombies !

Après les dernières tentatives dans le cinéma français de Benjamin Rocher et Thierry Poiraud avec Goal of the Dead et La Horde, un nouveau projet s’apprête à sortir dans les salles obscures dans quelques semaines. La Nuit a dévoré le monde, présenté dans la catégorie hors-compétion à Gérardmer, s’attaque au genre très risqué des films de zombies. Le long-métrage va en réalité interroger les spectateurs sur la sensation de solitude et sur l’individualisme plutôt qu’une énième tentative de faire peur avec le thème des morts-vivants.

Sam, un jeune parisien, vient de passer une nuit de fête somptueuse dans un luxueux appartement. A son réveil, le lieu est désert. Il va malheureusement découvrir rapidement que la capitale a été envahie par des hordes de zombies. Il va devoir rapidement s’organiser afin de tenter de survivre. Sam est-il le seul survivant de cette nuit d’apocalypse ?

Dominique Rocher a écrit le scénario avec Guillaume Lemans (Pour Elle, Mea Culpa) et Jérémie Guez (Yves Saint Laurent). La Nuit a dévoré le monde est en réalité une adaptation du roman de Pit Agarmen, le pseudonyme de l’écrivain Martin Page. Le jeune cinéaste s’est confié à la rédaction d’Allocine sur ce premier long-métrage.

J’ai tout de suite été séduit par ce texte, son ton atypique et la façon dont il pose la question de l’isolement et du rapport aux autres. Et surtout par la personnalité de Sam, un personnage qui aime la solitude, à la limite de l’agoraphobie. C’est cette misanthropie qui s’incarne à travers le genre. Lorsqu’il émerge dans un monde transformé pendant la nuit, au milieu d’un océan de zombies, cette transformation ne le surprend pas. Je dirais même qu’il est armé pour survivre, psychologiquement. En une nuit, il se retrouve seul, dans cet immeuble haussmannien telle une île déserte, sans espoir d’être retrouvé. Sam s’apparente à un Robinson Crusoé et doit tout organiser pour sa survie. J’aimais l’idée de quelqu’un qui trouve une sorte d’équilibre dans cette solitude et dans cet univers.

Le cinéaste a souhaité mettre en perspective l’image d’une grande ville et le sentiment de solitude.

La logique propre au cinéma de genre et aux films de zombies impose comme principe de transformer d’autres êtres humains en monstres… Et pour moi, l’idée de l’isolement sur laquelle je voulais travailler s’incarnait parfaitement dans cette convention. Ce qui m’intéressait alors, c’était de centrer le film sur Sam plutôt que sur ces monstres.

Deux versions du film ont été tournées. L’une en anglais, l’autre en français. Chaque plan a été tourné deux fois. Le casting regroupe les comédiens Anders Danielsen Lie, Golshifteh Farahani, Denis Lavant, Sigrid Bouaziz et David Kammenos. La Nuit a dévoré le monde sortira au cinéma en France le 07 mars 2018.

Selon des informations d’Allocine, Dominique Rocher a également l’intention de développer une mini-série pour Arte, intitulée La Corde (3 épisodes de 52 minutes). La Nuit a dévoré le monde est son tout premier long-métrage.

Bande-annonce La Nuit a dévoré le monde :

Festival de Gérardmer 2018 : Une compétition de haute volée

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Après 3 jours de festival des plus intenses, où les heures de sommeil ont été inférieures à la quantité de neige tombée, il est temps pour la rédaction de vous livrer ses impressions sur les films vus lors de cette 25ème édition du Festival Fantastique de Gérardmer. On commence avec la compétition, qui comme l’année dernière a été de très haut niveau avec des propositions de cinéma très différentes allant du rape and revenge très esthétisé, au film de zombies québécois, en passant par de l’animation française complètement déjantée. Il est donc venu le moment de faire un point sur Chasseuse de géants, Revenge, Les Affamés, Le Secret des Marrowbone, Ghostland et Mutafukaz.

  • Chasseuse de géants

On commence le festival en douceur avec Chasseuse de géants, le premier film d’Anders Walter, réalisateur danois ayant reçu l’Oscar du court-métrage pour Hélium en 2013. Pour son premier long, le Danois s’est donc exilé aux États-Unis mais n’en a pas pour autant oublié ses racines et notamment toute la mythologie qui émane de ses contrées. Comme le titre l’indique, il est bien question de géants dans le film, mais avant tout d’imagination. En ça, Chasseuse de géants renvoie très vite au sous-estimé Quelques minutes après minuit de Bayona sorti en catimini début 2017. Les deux personnages échappent à la dureté de leur vie au travers d’une imagination débordante. Barbara est une jeune fille solitaire et asociale, se faisant harceler par des élèves plus âgées mais possédant un caractère bien trempé.  Afin d’échapper à cet univers, elle se crée donc une quête, un combat, celui de protéger sa ville contre l’attaque de géants à l’aide de différents appâts ou pièges de sa confection. Le film d’Anders Walter devient alors un véritable petit conte rempli de poésie. L’aspect créatif et excentrique de Barbara, incarnée par l’excellente Madison Wolfe, en fait un personnage à la fois attachant et imprévisible pour qui il se crée une véritable empathie. Esthétiquement, malgré son aspect très cinéma indé américain, le film offre parfois de très beaux moments de bravoure visuelle comme ce petit affrontement final qui confine à l’épique nordique. On pourra regretter un déferlement trop important de pathos dans la dernière partie, chose que le film avait pourtant réussi à éviter tout du long, avant de succomber aux sirènes dans un final très mélo. Un peu dommage que Bayona soit passé avant il y a peu de temps.

  • Revenge

Ayant déjà fait le tour de quelques festivals dont le PIFFF et Sundance, Revenge s’était déjà crée une petite réputation. Le premier film de la française Coralie Fargeat s’alignait directement dans le sillon de Grave, dans cette optique de faire revivre le cinéma de genre en France. Comme le film de Ducourneau, Revenge est une première œuvre viscérale et passionnée. Reprenant un genre très calibré comme le rape and revenge, la Française met en scène une véritable chasse à l’homme entre 3 hommes ayant violé et laissé pour morte une jeune femme. Si Revenge marque les esprits, et ne se perd pas dans la masse de rape and revenge déjà existant, c’est surtout grâce à l’intelligence et la malice de sa créatrice. Fargeat a conscience de tous les codes qui régissent ce genre et va s’en amuser. En hypersexualisant son personnage dans le premier acte, la cinéaste se moque de toutes ces figures féminines que l’on retrouve dans l’horreur ou le film d’action et surtout des hommes qui se cachent derrières ces personnages. Loin d’être une potiche, son héroïne va déployer l’étendue de son talent dans ce survival caniculaire. S’amusant avec les ruptures de ton, Coralie Fargeat arrive à mettre en place un humour particulièrement mordant où la gent masculine en prend pour son grade. Outre son fond, Revenge brille également par sa forme. Pour un premier film, Coralie Fargeat déploie une esthétique particulièrement clinquante fourmillant de trouvailles visuelles. On peut bien évidemment penser à ce trip sous peyotl avec un sens du montage super percutant ou encore cet affrontement final prenant une tournure psyché à l’intérieur des couloirs ensanglantés de cette luxueuse maison. Que ce soit à  l’aide de plans séquences ou  des jeux de couleurs, Fargeat s’amuse à explorer au maximum ses capacités afin d’offrir un spectacle qui prend très vite des tournures sensorielles. Et puis bon, c’est quand même super jouissif comme film.

  • Les Affamés

Comment ça ? Un film de zombies québécois ? Comment est-ce possible ? La réponse est simple : Robin Aubert. Le réalisateur québécois est venu donc présenter un film de zombies tourné en québécois. Et forcément, la salle a rigolé. S’il est vrai qu’il est de plus en plus difficile de proposer quelque chose d’original dans un genre aussi vu et revu que le cinéma de zombies, et bien Robin Aubert a trouvé l’angle d’attaque parfait pour se distinguer. Même si aux premiers abords, Les Affamés reste un film assez convenu. Suivant à la manière d’un récit choral une poignée de survivants humains face à la création d’une société de zombies érigeant des totems fait de chaises, le film dispose d’un rythme décousu, oscillant parfois entre moments nerveux avec des éruptions de violences et des scènes plus contemplatives. Dans son déroulé, Les Affamés fait donc preuve de quelques faiblesses. Par contre là où Aubert fait plaisir, c’est bien évidemment dans ce ton et ses ruptures de tons complètement décomplexés propres à nos cousins du Grand Nord. Parce qu’au final, Les Affamés, c’est un peu The Walking Dead qui rencontre les Jokes de Papa. Entre les blagues intégrées comme telles dans le récit (comme ces hilarantes blagues de docteur), ou des runnings gags complètement loufoques (et notamment celui du militaire aimant faire des frousses, dont le destin funeste a fait applaudir la salle entière), le tout débité par cet accent si savoureux, tout cela fait clairement de Les Affamés un film à part. On sent la sympathie de son auteur qui surgit à chaque moment.

  • Le Secret des Marrowbone

Pour l’ouverture du festival, les organisateurs ont décidé de jouer la carte de la sûreté en programmant le premier film de Sergio G. Sanchez. Bien évidemment cet Espagnol n’est pas un inconnu puisque c’est l’homme derrière le scénario de l’Orphelinat le Grand Prix 2008. Si en plus on ajoute un casting composé de plusieurs valeurs montantes comme Anya Taylor-Joy ayant déjà ouvert les hositilités avec Split l’an dernier ou Charlie Heaton, l’ado de Stranger Things, on avait de quoi faire plaisir au public. Le truc c’est que Marrowbone ressemble un peu trop à l’Orphelinat. Les ingrédients fonctionnent cependant toujours très bien. La maison hantée, l’esthétique léchée (plus réussie que le film de Bayona d’ailleurs) et le côté mélo sont donc de nouveau au rendez-vous. On se laisse très vite emporter par l’atmosphère du film et cela grâce au casting particulièrement attachant incarnant la famille Marrowbone et notamment George MacKay. Tour à tour touchant dans le traitement de la fratrie et intriguant de par ses secrets, le film n’hésite pas non plus à faire frissonner à quelques moments (même si ce n’est pas forcément son point fort). Bien évidemment si on est familier du genre, les surprises et autres twists ont moins d’impact, mais Sergio G. Sanchez mène bien sa barque et délivre de façon très convaincante les réponses de son énigme. En espérant cependant qu’il se renouvelle un peu pour son prochain film.

https://www.youtube.com/watch?v=RNBtlom3fiw

  • Ghostland

Certainement le film le plus attendu du festival, d’autant qu’il s’agissait de sa première mondiale, Ghostland est le nouveau film de Pascal Laugier, ayant déjà marqué l’horreur française avec le saisissant Martyrs, il y a de ça 10 ans. Même si le film a semble-t’il fait l’unanimité du jury et du public, obtenant ainsi le Grand Prix et le Prix du public, Ghostland rentre directement dans la case de ces films qui vont diviser. Il est d’ailleurs assez difficile de se faire un avis net et concis de la chose. Ghostland à la manière de Mother! l’an dernier agit avant tout comme un rouleau compresseur. Le genre de film fait pour exténuer son spectateur, lui faire vivre un cauchemar de tous les instants. La démarche jusqu’auboutiste de Laugier est à ce niveau des plus enthousiasmantes. Y a plein de belles idées dans Ghostland comme ces chamboulements scénaristiques dynamitant une histoire en apparence simple, cette direction artistique glauque à souhait, on a de quoi s’exalter, même Mylène Farmer offre une prestation des plus convaincantes. Là où le hic arrive, c’est dans la façon dont Laugier met tout ça en scène. Le cinéaste français abuse clairement des jumps scares. En y réfléchissant en détail, on se demande si ce n’est pas malheureusement la seule façon disponible pour faire ressentir ce que Laugier veut faire ressentir à son spectateur. les jumps scares agissent donc pleinement dans ce sentiment d’agression constante. Ghostland agace, Ghostland fascine, Ghostland clive.

https://www.youtube.com/watch?v=TALwkQYvBp4

  • Mutafukaz

L’animation en compétition à Gérardmer est une chose rare, encore plus le fait qu’elle soit primée. Mutafukaz a cependant conquis le cœur du jury jeunes, et de bons nombres de festivaliers. Adapté de la bande-dessinée éponyme créée par Guillaume « Run » Renard, Mutafukaz est une œuvre complètement déchaînée comme on en voit trop rarement, pour ne pas dire jamais dans l’animation française (le seul équivalent pourrait être l’excellente série Lastman). Empilant les références, de GTA à Akira en passant par Men in Black ou Star Wars, le film  déborde d’une générosité de chaque instant, d’un amour pour la pop culture qui suinte de chaque plan. Avec son animation dynamique, Mutafukaz est un véritable feu follet qui ne laisse que peu de répit à son spectateur s’embarquant dans les aventures rocambolesques de Angelino et Vince. Ponctué de scènes d’actions à couper le souffle, avec son vocabulaire ordurier et son ultra-violence, Mutafukaz n’est clairement pas destiné aux enfants et devient une œuvre des plus jouissives et électrisantes, un genre de rollercoaster décoiffant. On pourrait faire les rabats-joies en regrettant quelques arcs un peu expédiés comme tout ce qui concerne la lucha libre, mais bon on aurait juste à écouter la partition concoctée par The Toxic Avenger et Guillaume Houze pour avoir envie de retourner tout casser à Dark Meat City.