Arras Film Festival 2016 : Chicken Run, un film de Nick Park & Peter Lord

Redécouverte à l’Arras Film Festival d’un film d’évasion pas tout à fait comme les autres, Chicken Run. Soit La Grande Évasion, version tous publics, avec des poules et deux coqs prisonniers d’avides producteurs d’œufs.

Synopsis : En 1950, en Angleterre, dans le Yorkshire, la vie paisible du poulailler de la ferme Tweedy semble plaire à ses locataires. La nourriture est abondante et l’endroit est chaleureux. Mais la poule Ginger est loin de partager l’avis de ses consœurs : elle rêve de grands espaces et de liberté. Chaque jour, elle essaie sans succès de s’évader de la basse-cour. La courageuse Ginger s’arme de patience pour faire comprendre à ses copines volatiles que le grillage n’est pas autour de la ferme mais bien dans leur tête.
Ses espoirs reprennent vie lorsqu’un « coq-boy libre et solitaire », Rocky, atterrit dans la basse-cour. Ginger voit alors en lui le sauveur de toutes les poules. S’il pouvait leur enseigner à voler, elles seraient capables de s’enfuir. Car elles n’ont pas le choix : M. Tweedy, le propriétaire de la ferme, a décidé de les passer à la casserole un jour ou l’autre.

Notre Review Chicken Run

A sa sortie en 2000, Chicken Run fut un énorme succès. Premier long métrage des studios Aardman – dont la célèbre identité visuelle est basée sur l’animation en stop motion avec des créations en patte à modeler -, Chicken Run est un film formidablement drôle, et référencé (des Aventuriers de l’Arche Perdue à La Grande Evasion). Les cinéastes Nick Park et Peter Lord adorent le cinéma, le vénèrent certes, et surtout n’oublient pas d’en faire. Là où beaucoup de films d’animation actuels comptent davantage sur la surprise et l’attraction des effets techniques (de la liberté quasi totale du numérique à la 3D) que sur la mise en scène, la technique des studios Aardman nécessite un savoir faire, une quantité de travail colossale et chronophage, et impose des contraintes face auxquelles le studio doit réfléchir avec précision, et tout à fait différemment des studios d’animation numérique.

La fable de Nick Park et Peter Lord n’a pas pris une ride. Mieux encore, si elle est une allégorie des camps de prisonniers (en renvoyant notamment aux grands films du genre) et de la Shoah, l’importance du discours sur la maltraitance des animaux – des chiens qu’on transforme en gardiens bêtas à l’affreux sort des poules et coqs – trouve beaucoup plus d’écho aujourd’hui, à l’heure où la lutte pour la cause animale, le végétarisme et le végétalisme sont bien plus médiatisés qu’auparavant.

La redécouverte au cinéma a ému et amusé petits et grands pendant toutes les projections du festival. On peut en déduire un point important : seize ans après sa sortie, Chicken Run reste un poids lourd du cinéma d’animation, ainsi qu’une véritable expérience à la fois collective et individuelle (on pense aux références cinéphiles) de cinéma. Une fable tous publics à voir et revoir, si possible sur grand écran.

Chicken Run

Un film de Nick Park et Peter Lord

Casting : Mel Gibson, Julia Sawalha, Miranda Richardson, Tony Haygarth, Imelda Staunton, Thimothy Spall, Lynn Ferguson, Jane Horrocks

Genres : Comédie – Animation

Production : Aardman Animations

Britannique-Français-Américain – 2000

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