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15 idées de premier rendez-vous gagnant-gagnant qui vous remonteront le moral

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De nombreux psychologues affirment qu’il ne faut que quatre secondes pour se faire une première impression d’une personne. Nous ne serions pas aussi catégoriques, mais il y a néanmoins une part de vérité dans cette affirmation. Parfois, vous pouvez comprendre en un coup d’œil quel genre de personne se trouve en face de vous et s’il y a au moins une chance qu’une relation puisse se développer avec elle. Les vêtements, la posture, la manière de parler, les gestes, et même un regard — tout cela donne une impression de votre interlocuteur ou de votre interlocutrice. Et tout le monde le comprend.

Malheureusement, en nous concentrant sur notre apparence et notre comportement lors d’un premier rendez-vous, nous oublions souvent une chose tout aussi importante : le rendez-vous. Oui, oui, ce n’est pas une blague ! Le succès du premier rendez-vous ne dépend pas seulement de votre apparence et de votre comportement. Mais aussi de la façon dont ce rendez-vous se déroulera, de l’endroit où vous vous rencontrerez et de la façon dont vous passerez le temps. Vous pouvez être incroyablement élégant(e) et avoir des conversations pétillantes lors d’un premier rendez-vous, mais à quoi bon si la rencontre a lieu dans un pub miteux où se réunissent les personnalités les plus douteuses du quartier ?

idées de premier rendez-vous

Ce que nous voulons dire, c’est que si vous allez à un premier rendez-vous, alors essayez de le rendre vraiment inhabituel, agréable et mémorable. Et pour vous faciliter la tâche, nous avons préparé quelques idées intéressantes pour un premier rendez-vous !

  1. Une foire ou un parc d’attractions

Une version intéressante et non standard du premier rendez-vous, qui donnera certainement beaucoup d’impressions agréables. Regardez s’il y a une foire le jour que vous avez choisi ? S’il y en a une, allez-y ! Sinon, visitez un parc d’attractions. Il y en a un dans presque toutes les villes. Vous êtes quasiment sûr d’y passer de bons moments.

  1. Un cinéma en plein air

Un excellent choix pendant la saison chaude. Un projecteur, un film, un thermos avec du thé ou de la limonade fraîche, les rassemblements sous une couverture sont idéaux. Mais nous ne recommandons pas d’aller dans un cinéma classique pour un premier rendez-vous. Dans ceux-ci, vous restez assis en silence pendant une heure et demie à deux heures, sans apprendre à connaître correctement la personne. Et les tentatives d’entamer une conversation ne feront qu’ennuyer les autres.

  1. Faire du vélo, du roller ou du skateboard

Faire du vélo, du roller ou du skateboard ensemble est un bon choix si vous aimez différentes activités physiques. Mais nous vous recommandons de vérifier à l’avance si votre âme sœur potentielle aime ce genre de loisirs. Car tout le monde n’aime pas cela, et au final, votre idée peut s’avérer être un véritable échec.

  1. Une petite randonnée

Même une petite randonnée dans la nature peut laisser les impressions les plus agréables, et si vous la terminez par un pique-nique romantique, ce sera encore mieux. Mais n’oubliez pas que toutes les femmes ne sont pas d’accord pour aller camper avec un inconnu dans des endroits déserts. Par conséquent, n’insistez pas et proposez d’autres options au cas où.

  1. Aller faire un escape game

Un escape game est une excellente option pour un premier rendez-vous. En effet, vous devrez constamment interagir, parler et agir ensemble. La résolution commune d’énigmes est très fédératrice et rassembleuse. Dans tous les cas ce sera amusant. Essayez, vous ne le regretterez pas !

  1. Une promenade avec des animaux de compagnie

Si vous avez tous deux des animaux de compagnie, vous pouvez organiser une promenade ensemble. Vous ferez plaisir aux animaux, et vous passerez vous-même un bon moment. Si vous n’avez pas d’animaux de compagnie, ce n’est pas grave. Il y a très probablement des refuges pour chiens dans votre ville. Vous pouvez généralement y promener des animaux de compagnie. Une bonne façon de joindre l’utile à l’agréable.

  1. Un chemin touristique dans la ville

Il existe très probablement dans votre ville des itinéraires touristiques déjà prêts, ainsi que des applications de guide pour votre smartphone. Cela signifie que vous pouvez organiser une excursion intéressante, vous promener dans les lieux les plus emblématiques et jeter un regard neuf sur des sites familiers.

  1. Une rencontre Insta

Une promenade photo peut également être une façon amusante de passer un premier rendez-vous. Vous pouvez tout photographier : l’architecture, les gens, les animaux de la rue, ou vous photographier l’un l’autre. De nouvelles photos créatives sur les réseaux sociaux ne vous gêneront pas, n’est-ce pas ?

  1. Un concert acoustique

L’atmosphère agréable d’un concert acoustique est parfaite pour un premier rendez-vous. Un esprit spécial de romance et de paix plane ici. Nous vous garantissons que votre partenaire et vous-même aurez les impressions les plus agréables si vous choisissez un tel concert confortable comme premier rendez-vous.

  1. Un rendez-vous vidéo

Il n’est pas du tout nécessaire d’avoir un premier rendez-vous hors ligne. Vous pouvez utiliser le chat vidéo et passer un bon moment à discuter avec votre partenaire, jouer à des jeux en ligne ou regarder des films ensemble. Ce format de rendez-vous est souvent choisi par ceux pour qui le chat vidéo est devenu un lieu de connaissance. Par exemple, les utilisateurs de bazoocam.org et  coomeet.com/fr réalisent souvent leurs premiers rendez-vous par vidéo.

  1. Un théâtre immersif

Il s’agit d’un théâtre dans lequel les spectateurs eux-mêmes deviennent aussi des acteurs. Une excellente occasion de faire ses preuves, et en même temps d’organiser un premier rendez-vous tout à fait inhabituel. En outre, le théâtre immersif est aussi un bon moyen de vaincre sa propre timidité.

  1. Une promenade à cheval

L’équitation est une charge de positivité et de bonne humeur. Même si vous n’avez jamais fait d’équitation auparavant, ce n’est pas grave. Les instructeurs vous aideront toujours. L’essentiel est de surmonter la première peur et de profiter simplement d’une promenade inhabituelle. De plus, vous pourrez prendre quelques photos en souvenir.

  1. Le questionnaire Arthur Aron

Il s’agit d’un questionnaire inhabituel de 36 questions du psychologue Arthur Aron. Selon l’auteur, ces questions et leurs réponses rapprochent beaucoup les gens, les aident à partager leurs pensées et leurs désirs les plus intimes, à apprendre à se connaître et à ressentir leurs sentiments. L’essentiel est de répondre au questionnaire dans un environnement calme et paisible, où personne ne pourra vous déranger ou vous distraire.

  1. Un pique-nique dans un endroit pittoresque

Prenez quelques plats délicieux et rendez-vous dans un endroit magnifique comme la plage, le parc ou la campagne. Un pique-nique en plein air vous permettra de communiquer sans vous faire embêter par des inconnus, de vous détendre, de profiter de vues magnifiques et de passer un bon moment à côté d’une personne intéressante. Profitez-en !

  1. Des activités sportives communes

Si vous aimez tous les deux le sport, alors pourquoi ne pas en profiter ? Une course à pied, une balade à vélo ou même l’escalade d’un sommet ensemble peut être le premier rendez-vous parfait. Mais, encore une fois, soyez sûr à 100 % que votre âme sœur aime vraiment cela. Il arrive qu’une personne ne montre de l’intérêt que par politesse, un tel rendez-vous peut donc se transformer en cauchemar pour elle. Il est bien sûr préférable d’éviter cela.

Résumons tout cela !

Beaucoup pensent encore que la meilleure option pour un premier rendez-vous est d’aller dans un café ou un restaurant. En fait, ce n’est pas vrai. Ce lieu « statique » ne vous offre qu’un seul moyen de passer votre temps — parler. Mais les sujets de conversation avec une nouvelle personne seront très vite épuisés, et votre rendez-vous se transformera en un jeu du silence.

Si vous voulez vraiment rendre le premier rendez-vous inoubliable et laisser une impression positive à votre partenaire, n’ayez pas peur d’expérimenter et de mettre en œuvre des idées non standard. Croyez-nous, votre volonté de sortir des sentiers battus et de proposer quelque chose de nouveau peut jouer un rôle clé dans le développement ultérieur de la relation. Utilisez nos conseils et n’ayez pas peur d’inventer quelque chose de votre cru. Plus de créativité — plus d’impressions vives !

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Requiem for a dream : Voyage au bout de l’enfer

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Vingt-cinq ans après sa sortie dans les salles obscures, Requiem for a dream continue de fasciner et de bouleverser les cinéphiles du monde entier. Prostitution, folie et addiction, le réalisateur Darren Aronofsky nous plonge dans l’enfer des drogues dures. Une œuvre coup de point qui n’a (malheureusement) pas pris une ride.

Sex, drugs and rock’n’roll

Sexe, drugs and rock’n’roll. Voilà l’autre nom que l’on pourrait donné aux immenses lettres blanches HOLLYWOOD, surplombant la vallée californienne. La ville, berceau du septième art américain, symbolise les excès d’une industrie qui n’a jamais cessé de mettre en lumière ses propres travers jusqu’à faire du triptyque précité, la métonymie d’un star-system soucieux de donner une image cool (et un brin hypocrite) de lui-même. Si Hollywood s’autoparodie volontiers, il est également le champion des adaptations littéraires dopées aux opioïdes.

Tandis que les années 70 s’ouvrent avec Panique à Needle Park (1971), la décennie 80 s’achève avec Drugstore cowboy (1989). Les temps ont changé. Les États-Unis ont déclaré la guerre aux toxicomanes. Un nouveau conflit social s’installe. Adulée par le rock, perçue comme vectrice de liberté chez le poètes beatniks, la drogue devient, à la fin de Guerre Froide, synonyme d’errance. My Own Private Idaho, réalisé par Gus Van Sant en 1991, illustre parfaitement ce changement de paradigme. Le «  junkie » est le « mauvais sujet », celui qui ne plie pas aux règles de productivité dictées par le libéralisme postmoderne, à l’instar de Mikey (River Phoenix), toxico qui survit en se prostituant.

Le nouveau millénaire s’ouvre sur une bombe cinématographique. Elle s’appelle Requiem for a dream. Le détonateur se nomme quant à lui Darren Aronofsky. Voilà dix ans que le réalisateur a débuté dans le septième art. Son premier court-métrage Supermarket Sweep sort en 1991. Il faudra sept ans au jeune cinéaste pour réaliser premier long – sobrement intitulé Pi – qui s’inscrit dans la veine du thriller paranoïaque. En adaptant le roman éponyme de Hubert Selby Jr, Darren Aronofsky change de registre tout en conservant les codes du film à suspense.

Poèmes saturniens

Requiem for a dream mêle l’horreur au thriller. Le quotidien des personnages suscite chez le spectateur un sentiment d’effroi, voire de dégoût qui s’accompagne d’un saisissement presque physique à même de provoquer des cauchemars. Le film est sans doute la seule œuvre à avoir évoqué d’aussi près l’addiction. Darren Aronofsky décortique sa mécanique autant que les conséquences qu’elle induit. Harry Goldfarb (Jared Leto), son meilleur ami Tyrone (Marlon Wayans) et sa petite-amie Marion (Jennifer Connelly) sont héroïnomanes. Sara, la mère de Harry (Ellen Burstyn) est dépendante à la télévision et rêve de participer à son émission de télé-crochet favorite. Lorsqu’elle reçoit une lettre de la production, Ellen est persuadée qu’elle est sélectionnée pour concourir dans l’émission.

Afin d’être parfaite le jour dit, celle-ci décide de commencer un régime. Débute alors son voyage au bout de l’enfer. Son médecin, charlatan notoire, lui prescrit des pilules « amaigrissantes » qui s’avèrent être des amphétamines. Bientôt, Ellen ne mange plus. Son repas est exclusivement constitué de trois gélules. Dans un premier temps, elle est euphorique. Pleine d’énergie, Sara a l’impression de rajeunir, d’être une autre personne. Sa joie est à son comble lorsque son fils lui rend visite. Mais Harry sent qu’il y a quelque chose qui cloche. Ce bonheur trop factice pour être vrai… Il est perplexe. Puis tout s’éclaire enfin. Un cliquetis, les dents de sa mère qui s’entrechoquent nerveusement. Ça y est. Il a compris. Sa mère se drogue. Elle a basculé de l’autre côté. Comme lui.

S’il tente de raisonner sa mère, Harry a d’autres problèmes à gérer. Une guerre des gangs a asséché le trafic. Le jeune homme connaît bientôt avec sa Marion la douleur physique du manque. Il doit trouver rapidement de quoi se payer des doses. Tyrone le convainc alors de se lancer dans le deal. Nous sommes en automne. La précision peut paraître anecdotique. Il n’en est rien. Darren Aronofsky a pris soin de découper son film en suivant le fil des quatre saisons. L’histoire débute en été. Il fait beau et chaud. Harry et Marion vivent un rêve éveillé. Ils s’aiment. Rien ne paraît alors impossible. Marion projette d’ouvrir une boutique de vêtements. Elle achète un local. Ils passent le printemps à aménager l’endroit. Ils se droguent en parallèle. La substance ne leur paraît pas nocive. Tout juste les laisse-t-elle un brin brumeux après l’amour, flottant dans un entre-deux où l’on croit avoir saisi le sens de la vie. Les jours ont passé. Les nuits sont devenus moites et douloureuses. Le corps a mal. Il réclame du poison en intraveineuse. « Les sanglots longs des violons de la drogue blessent mon corps d’une douleur monotone », dirait Verlaine s’il voyait Requiem for a dream.

Requiem pour un massacre

Le rappel poétique n’est pas anodin. Darren Aronofsky offre au public américain une symphonie infernale électrisée par la partition de Clint Mansell et du Kronos Quartet. À l’instar du titre, le morceau phare du film – Lux aeterna – est un clin d’œil cynique à Mozart. Comme lui, les personnes connaîtront la déchéance, à ceci près que celle-ci ne débouche sur aucune gloire. Jamais le cinéma n’était parvenu jusqu’ici à filmer l’addiction. De l’ingestion, en passant par l’injection, à la diffusion du produit dans le sang menant, en un millième de seconde et plans en accélérés, son action salvatrice autant que destructrice sur les corps. La pupille se dilate démesurément. La drogue fait son effet. L’addiction n’est pas seulement mise en scène. Elle devient progressivement le personnage principal de l’histoire. La drogue efface tout en balayant tout sur son passage. Ne reste qu’une chose, celle de trouver – à n’importe quel prix – une dose. L’amour qui unissait Harry et Marion n’existe plus. Pas plus que ne demeure le lien filial entre Sara Goldfarb et son fils.

Requiem for a dream plonge le public dans l’horreur. On pourrait être tenté d’accuser le film de s’engouffrer dans les clichés glauques qui collent à la peau des toxicomanes. Si elle flatte quelque peu l’imaginaire collectif, l’œuvre ne saurait pour autant être confondue avec une campagne télévisuelle anti drogue. L’histoire convoque nos peurs les plus profondes. S’il y a bien une figure sociale repoussoir honnie par la société, c’est la figure du « junkie ». Perdu dans les méandres de son addiction, le « drogué » va à l’encontre de l’idéologie néo-libérale, n’étant ni un consommateur rêvé ni un travailleur flexible (et malléable à souhait).

Le deuxième long-métrage de Darren Aronofsky appuie là où cela fait mal (et peur). Il place la société américaine face à ses propres hantises (et problèmes). Car l’histoire de Harry est celle de millions d’américains et d’américaines. Le personnage est abandonné par les pouvoir publics, placé dans un camp de redressement, à défaut d’être pris en charge. Harry n’est pas perçu comme un être humain, une personne malade et digne d’être soignée, mais comme un délinquant qui trouble l’ordre public en se droguant. Lorsque la prise en charge médicale est effective, elle est effrayante de brutalité. Internée de force, Sara Goldfarb subit les frais d’une politique du musellement psychique, pour finir comme un légume réduit au silence. Si la santé mentale et les problèmes d’addictions sont aujourd’hui mieux appréhendés, l’histoire de Harry semble, avec la crise des opiacés qui sévit actuellement, devoir cruellement se répéter.

Bande-annonce – Requiem for a dream

Fiche technique – Requiem for a dream

Réalisation : Darren Aronofsky
Scénario : Hubert Selby Jr. et Darren Aronofsky, d’après le roman éponyme d’Hubert Selby Jr (1978)
Interprétation : Jared Leto (Harry Goldfarb), Jennifer Connelly (Marion Silver), Marlon Wayans (Tyrone C. Love), Ellen Burstyn (Sara Goldfarb).
Musique : Clint Mansell et le Kronos Quartet
Direction artistique : Judy Rhee
Décors : James Chinlund (en)
Photographie : Matthew Libatique
Pays : Etat-Unis
Genre : drame
Durée : 1h42

Note des lecteurs12 Notes
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Outer Banks, saison 3 : la saison de trop ?

Après une longue attente, la 3ème saison d’Outer Banks est enfin disponible sur Netflix ! En offrant un mix entre Indiana Jones et un album des Beach Boys, cette série ravira tous les binge-watchers en quête d’un plaisir coupable. Elle laissera cependant dubitatif les adeptes d’originalité…

Outer Banks (OBX) est une série Netflix lancée en 2020 et réalisée par Shannon Burke, Josh Pate et Jonas Pate. Elle raconte l’histoire d’une bande d’adolescents qui partent à la recherche du père de leur ami John B (Chase Stokes), disparu alors qu’il recherchait un trésor.

The Outer Banks, paradise on earth ? 

OBX a tout de la recette d’un teen drama par excellence. La série met en scène un groupe de jeunes que tout oppose dans un décor de rêve et les confronte aux questions adolescentes classiques : définir l’amitié, déconstruire les relations familiales ou encore tomber amoureux. Outer Banks, c’est finalement mettre le Breakfast Club (John Hugues, 1985) sur une planche de surf. Mais quid du développement ?

Si les deux premières saisons suivent un rythme plutôt agréable, avec une succession intelligente de rebondissements et un cliffhanger toujours plus insoutenable, la 3ème saison suggère cependant un manque d’inspiration traduit par un plot de plus en plus redondant. La guerre sociale entre les Pogues et les Kooks aurait pu être un axe intéressant pour dénoncer les inégalités des classes sociales mais la série ne dépasse malheureusement pas le cliché des méchants riches en égo trip qui s’opposent aux pauvres bienfaiteurs. Les Pogues et les Kooks, c’est finalement les Montaigu et les Capulets. L’histoire entre John B (Chase Stokes) et Sarah (Madelyn Cline) confirme cette assomption. Cette amourette est du pain béni pour les amateurs d’histoires d’amour niaises et sans profondeur. Une sorte de Roméo et Juliette ratée entre le beau bad boy et la jolie blonde de bonne famille. En 2023, c’est non.

Improbable paradis 

On observe, au fil des saisons, un manque crucial de réalisme qui dépasse les clichés habituels : pas de couvre-feu, des parents totalement absents et des mineurs livrés à eux-mêmes qui partent en expédition tous les quatre matins, et disparaissent pendant un mois sans jamais être rattrapés. S’ajoute à cela leur capacité à détourner la mort à l’infini, la police et les méchants juste par le biais de fuites rocambolesques et de battements de cils. Outer Banks, c’est une idée novatrice qui est transformée en scénario grossier mettant en scène des situations toujours plus impensables.

Cependant, il semble y avoir un point positif. En termes de cinématographie, Outer Banks est vraiment un paradis sur terre : des décors variés et de qualité, des magnifiques couchers de soleil, des planches de surf et de sublimes paysages. Aussi, le choix de la bande musicale de la série, entrainante et dramatique quand il le faut, rajoute du cachet à la production. Cela nous pousserait presque à oublier l’extrême simplicité du scénario. On laisse donc passer pour cette fois. En revanche, la fin de la saison 3 suggère le début d’une nouvelle quête mais ne donne signe d’aucune volonté de réinvention de la part des scénaristes… Rendez-vous en 2024 pour le verdict !

Outer Banks – Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=Rgz7t7q9ego&t=55s

Outer Banks – Fiche technique

Créateur : Shannon Burke, Josh Pate, Jonas Pate
Réalisateur : Cherie Nowlan, Jonas Pate, Valerie Weiss
Scénariste : Rachel Alter, Shannon Burke, Kathleen Hale, Jonas Pate, Josh Pate
Interprètes : Chase Stokes (John B), Madison Bailey (‘Kie’), Rudy Pankow (‘JJ’), Jonathan Daviss (‘Pope’), Madelyn Cline (Sarah), Charles Esten (Ward), Drew Starkey (Rafe), Austin North (Topper)
Photographie : Gonzalo Amat, David William McDonald, J.B. Smith
Montage : Jeffrey M. Warner et Sunny Hodge
Musique : Fil Eisler
Société de production : Rock Fish, Red Canoe Production
Société de distribution : Netflix
Durée : 3×10 épisodes (entre 46 minutes et 1h30) – En production
Date de diffusion : 15 avril 2020 – En production
Genre : Aventure

La Vierge Noire et le Voyou de Xavier-Marie Garcette

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2023 est l’année du soixantième épisode de la mort de Francis Poulenc. En ce début d’année, Xavier-Marie Garcette lui rend hommage à travers ce roman biographique et fictionnel. La Vierge Noire et le Voyou… Qui est cette vierge ? Qui est ce voyou ? La Sainte de Rocamadour, l’artiste et compositeur. Deux mondes qui semblent s’opposer, mais qui développent un lien transcendant, l’un en l’autre. Xavier-Marie Garcette a su captiver les lecteurs grâce à une biographie intéressante et originale. Elle relate les accomplissements, les échecs, les peurs profondes et les amours d’un musicien prodige. L’écrivain a réalisé un travail minutieux et intense pour que certaines parties du texte soient les véritables paroles de Francis Poulenc. Ainsi, l’homme se confie souvent sur ses doutes et ses craintes…

Tout d’abord, revenons sur Xavier-Marie Garcette, un écrivain français passionné d’arts et de voyages, a marqué la littérature avec ses œuvres comme Trévizac ou Le Marquis de Saint-Sozy. Dans son dernier roman, La Vierge Noire et le Voyou, publié aux éditions Des Auteurs Des Livres, l’artiste raconte la vie de Francis Poulenc, le célèbre compositeur et pianiste, qui a contribué au rayonnement de la France au XXe siècle.

Dans cet ouvrage de 168 pages, l’auteur a su captiver son lecteur ou sa lectrice, grâce à ce récit original qui mêle les genres, qui relate les accomplissements, les échecs, les peurs profondes et les amours d’un artiste prodige. Cet écrivain historien a réalisé un travail minutieux sur l’ensemble, si bien que certaines parties du texte incluent les véritables paroles de Francis Poulenc, qui se confie souvent sur ses doutes et ses craintes. Le roman débute dans les années folles, se poursuit avec une chronologie linéaire en suivant la vie de Poulenc, ses fréquentations de grandes figures de l’époque et son homosexualité, qui était encore considérée comme un crime dans l’hexagone…

Une petite histoire de Poulenc…

L’auteur dépeint l’artiste dans toute la complexité du personnage torturé de Francis Poulenc. Ce musicien, associé aux œuvres religieuses, était également un dandy aux mœurs souvent opposées à ses croyances. Le livre s’ouvre sur une scène hivernale avec un Francis Poulenc sortant d’un hôtel. Garcette décrit le parcours de ce personnage fascinant et ambitieux. D’ailleurs, Poulenc évolue dans un milieu très riche et dans l’abondance. L’auteur brosse un portrait captivant d’un compositeur génial, qui a vécu une existence double.

Il était à la fois un « voyou » et un « moine », et la rencontre la plus incroyable de sa vie a été son voyage spirituel à Rocamadour. Là, il a été bouleversé par la Vierge Noire. Malgré ses souffrances, Francis Poulenc a réussi à transcender ses tourments à travers son exutoire. Le livre de Xavier-Marie Garcette décrit l’environnement luxueux et coloré de Francis Poulenc, qui a évolué dans un milieu riche et côtoyé des personnalités célèbres. Par exemple, la famille Noailles ou encore Jean Cocteau. Entre bals costumés et conversations cocasses, le lecteur est entraîné dans un tourbillon de musique, d’arts et de rencontres fantasques. Toutefois, malgré son mode de vie dynamique, Francis Poulenc souffre d’un vide constant qui le tire vers le bas… Quelque chose manque à son existence, sur le plan spirituel.

Foi catholique et homosexualité : un artiste très pieux, mais débauché

En effet, l’homosexualité de Francis Poulenc était clairement condamnée à l’époque. Issu d’une famille catholique traditionnelle, il cultivait une foi authentique envers Dieu. Mais au lieu de se repentir et de vivre dans le mensonge, Poulenc a mené une existence double. Un « voyou » avec un côté « moine ». Il s’est interrogé sur sa personne et sa véritable nature toute sa vie. D’ailleurs, sa rencontre avec la Vierge Noire à Rocamadour a été un moment de transcendance divine, qui l’a bouleversé et l’a invité à aller un peu mieux… Jusqu’à ce que ses démons finissent par le rattraper.

Ce compositeur de génie a puisé son inspiration dans ses souffrances à travers sa musique. En effet, il a composé de nombreuses partitions, dont les Litanies à la Vierge Noire. Malgré ses tourments constants, il a réussi à exploiter sa douleur silencieuse, qui a été saluée par le public et les critiques…

La Vierge Noire : une mère spirituelle pour Poulenc

En vérité, Francis Poulenc était fasciné par l’image de la Vierge Noire et l’a magnifiée dans une œuvre musicale nommée La Vierge Noire de Rocamadour. Cette pièce est considérée comme l’une des plus grandes réussites de l’artiste. Elle fut jouée pour la première fois le 8 septembre 1946 et rapidement, unanimement acclamée.

La pièce débute avec une mélodie d’accueil et se divise en cinq parties, chacune représentant un épisode de la vie de La Vierge. Les mouvements portent les titres suivants « L’Annonciation », « La Nativité », « La Mort », « La Résurrection » et « La Gloire »… C’est une figure légendaire qui a inspiré de nombreux artistes tout au long des siècles. Elle est considérée comme un symbole de la foi et d’espoir, et l’a toujours honorée avec respect. Poulenc a rendu un hommage exceptionnel à cette figure mythique de la chrétienté, sa pièce musicale est un témoignage véritable de sa conviction et de sa dévotion.

Poulenc a été captivé la magie et la spiritualité de la Sainte dans son œuvre et séduit son lectorat, afin de mieux cerner ce personnage parfois méconnu de l’Art à la française. L’homme a laissé une contribution majeure à la musique du XXe siècle. Sa musique est simple et complexe, ludique et profonde : universelle. Sa musique est toujours aussi populaire de nos jours et est appréciée par les auditeurs de tous les âges et de toutes les cultures. Xavier-Marie Garcette a su lui rendre un hommage touchant grâce à ce livre poignant.

La Vierge Noire et le Voyou : Une brève histoire de Francis Poulenc, Xavier-Marie Garcette
Editions Des Auteurs Des Livres, janvier 2023, 163 pages

 

Petar & Liza : sélection Angoulême 2023

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Avant de faire partie de la sélection officielle du festival d’Angoulême 2023, cet album était mis en valeur au festival BD de Colomiers (novembre 2022) où son auteur, le Croate Miroslav Sekulic-Struja faisait partie des invités. Lors d’un atelier, l’œuvre fut commentée en présence du dessinateur.

L’album est centré sur Petar, personnage (partiellement autobiographique) qui a tendance à errer dans le monde en ayant du mal à y trouver sa place. On le sent régulièrement ailleurs, plus ou moins perdu dans ses pensées. Ses proches considèrent que, pour lui, l’essentiel tenait à l’écriture. Ce qui amène d’emblée à évoquer la façon dont l’album (le récit) est construit. Si on voit Petar évoluer de façon chronologique, c’est uniquement parce que l’auteur préfère sans doute éviter qu’on se perde. En effet, dès le début, on se demande qui tient la narration, car du texte commente des images sur lesquelles aucun personnage n’apparaît (sauf un cycliste anonyme sur le premier dessin). On finit par comprendre que, sur ces huit premières planches, c’est Liza qui s’exprime. Ensuite, la parole revient à Petar pour évoquer la période qu’il passa à l’armée, mais d’autres narrateurs interviennent ensuite. À l’armée, on commence à sentir Petar un peu ailleurs, même s’il reconnaît qu’il n’y était pas si mal. Cette partie se termine par son retour à la vie civile qui le voit prendre le train pour rentrer dans sa ville où il n’a aucun plan particulier (il ne compte pas reprendre son poste à la ferronnerie). Le personnage commence à prendre consistance quand on se rend compte que son appartement est squatté (personne ne l’attendait ce jour-là) et que, régulièrement, une foule d’inconnus vient y faire la fête. Il finit par devenir aide-cuisinier dans un grand hôtel jusqu’à sa fermeture. Ensuite, les temps apparaissent dans toute leur dureté. Heureusement, tout cela est compensé par la présence de Liza, charmante brune croisée deux fois par hasard avant de faire vraiment sa connaissance dans un vidéo-club. Ils s’aperçoivent qu’ils vivent dans le même immeuble et que Liza est la personne qui, par mégarde, arrose régulièrement Petar quand il contemple la ville de son balcon (très contemplatif, notre Petar). Rapidement, ils décident d’emménager ensemble dans un appartement de l’immeuble d’en face. C’est donc la meilleure période de Petar, très amoureux de cette jolie danseuse qui apporte un vrai rayon de soleil dans sa vie. Mais ils ont du mal à s’en sortir, tombent dans la misère et des conditions de vie sordides, jusqu’au moment où Liza décide de prendre la tangente. La mélancolie de Petar (âme slave typique me semble-t-il) prend alors le dessus. Concrètement, quand son moral est au plus bas, il broie du noir et se retrouve au fond du trou (ce que le dessinateur s’arrange pour représenter effectivement). Il se replie donc sur lui-même au lieu de se mettre en pétard…

Que penser de cet album très particulier ?

Un roman graphique (172 pages) complètement hors normes et traduit du croate. Son auteur (dessinateur, scénariste et coloriste) est du genre bonne pâte et peu loquace (il vit désormais en France mais a du mal avec la langue), qui se révèle étonnamment poète et semble se méfier d’éventuelles récupérations. En effet, son œuvre ne donne aucun repère spatio-temporel précis : ni lieu ni date, même si nous sommes forcément quelque part en Europe centrale entre les XXe et XXIè siècles. Les décors donnent quelques indications. En particulier, on note que l’auteur se concentre sur de nombreux détails, des objets en particulier. Avec un humour personnel (du genre désespéré), il s’attache à nous faire sentir une ambiance, avec des lieux où beaucoup de monde se croise. À part l’hôtel où Petar travaille un temps, l’ensemble respire surtout le dénuement matériel. On pénètre régulièrement dans des habitations encombrées d’objets hétéroclites dont personne ne se soucie. Finalement, la seule touche de vraie clarté (qui vient illuminer tout l’album), c’est l’amour qui rapproche Petar et Liza. Il culmine dans une scène où on les voit assis côte à côté, chacun sur une chaise, et où ils regardent devant eux. La scène se transforme insensiblement en un moment hors du temps où ils se retrouvent (vignette unique sous la forme d’un gros carré) comme en lévitation dans un ciel d’une grande pureté (comme leur amour), à regarder au loin comme si leur avenir se présentait aussi lumineux que le soleil. Cette vignette rappelle l’univers de Magritte (à opposer peut-être aux vignettes de lieux envahis par la foule comme dans certaines toiles de James Ensor). L’atmosphère générale de l’album rappelle un peu celle des meilleurs films d’Emir Kusturica.

Plus en détail

Quelques dessins de lieux en extérieur occupent une page entière (sans bords) voire même une double page, fourmillant de détails et de couleurs. L’illustration de couverture en donne un bon exemple. D’ailleurs, sur ce dessin on observe un avion et des grues, détails récurrents dont on sent à la fin qu’ils symbolisent l’évolution rapide du monde, une évolution qui ne fait qu’accentuer le décalage de Petar avec la réalité. Donc, même si l’auteur évite de trop situer son récit, il laisse entendre que tout va trop vite (perte d’humanité) et que seul l’amour compte vraiment. L’aspect poétique ressort sur une péripétie typique de la personnalité de Petar : un ancien ami lui laisse une silhouette grandeur nature de lui-même qui finira par s’envoler sur un coup de vent, survolant la ville comme si Petar, impassible et mutique contemplait les changements opérés pendant son absence (comme militaire). Enfin, ce qu’on peut reprocher à cet album, c’est son scénario qui a tendance à s’éparpiller (malgré une inventivité certaine dans l’art de la narration) et surtout un dessin que je qualifierais d’un peu raide. L’auteur s’attache à soigner de nombreux détails, mais il se révèle peu à l’aise pour rendre compte des mouvements. Par contre, il se montre très inventif pour décrire de multiples personnages très différents physiquement.

Petar & Liza, Miroslav Sekulic-Struja
Actes Sud BD, février 2022

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3.5

Quand le ciel pleut d’indifférence, le drame couve

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Peu après la catastrophe de Fukushima et en dépit des consignes largement diffusées, Yôhei erre dans la ville d’Okuma, lieu d’implantation du réacteur n°1 de la centrale.

Le souci, c’est que sa mère malade se révèle intransportable. Même s’il ne sent pas les effets des radiations, il sait ce qu’il risque. Lors de ses allées et venues dans la ville, il est pris de nostalgie pour tous ces lieux qu’il connaît par cœur et qui sont désormais à l’abandon. C’est en particulier le cas pour la maison de Misuzu qui fut son amie dans sa jeunesse : dans le jardin ne reste plus qu’un chien enfermé dans la volière où trônait autrefois un paon. Faisant son possible pour secourir le chien, Yôhei tombe sur une jeune femme. Mais celle-ci ne s’occupe que des chats mal en point.

Un drame peut en cacher un autre

Né dans la région de Fukushima, Izumi Shinga transcende la tragédie dont on sent combien elle l’a marqué, pour ce court roman (126 pages), qui rend palpable le grand silence qui règne dans la ville. Son histoire illustre de façon très émouvante la relation que les Japonais entretiennent avec les générations anciennes. Avec une belle économie de moyens, il crée une atmosphère de mort particulièrement crédible. Et si Yôhei déplore que Fukushima devienne une sorte d’écho à Hiroshima et Nagasaki, il convoque le destin qu’on accepte en commentant le mélancolique refrain « Welcome to the Hotel California » des Eagles. Yôhei n’en a compris le sens qu’au collège : « Vous pouvez quitter l’hôtel quand bon vous semble. Mais vous ne pourrez jamais vous échapper. » La tension culmine au moment de la mort de la mère. Explorant ses affaires, Yôhei y découvre un objet lui rappelant un drame de sa jeunesse. Surtout, cet objet lui fait comprendre comment sa mère a vécu le drame en question et s’est arrangée pour protéger son fils, faire en sorte qu’il ne culpabilise pas trop.

Quand le ciel pleut d’indifférence, Izumi Shinga
Éditions Philippe Picquier, mars 2019
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3.5

« Radiant Black » : la renaissance de Nathan

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Les éditions Delcourt publient le second volume de la série Radiant Black, comprenant les épisodes de 7 à 12. Graphiquement superbes et hétéroclites, ces nouveaux chapitres exposent les différents héros, au premier desquels Marshall, à des menaces pour le moins mystérieuses.

Le premier tome de Radiant Black comprenait une phase d’exposition aux caractéristiques proches de comics tels que Spider-Man. Écrivain sans le sou incapable de réunir les conditions nécessaires à l’obtention d’un nouveau prêt bancaire, Nathan Burnett devait, séance tenante, retourner vivre chez ses parents. Cela lui donnait l’opportunité de renouer avec son ami Marshall mais le confrontait également aux récriminations paternelles, évidemment liées à des choix de vie discutables. Comme souvent dans les univers super-héroïques américains, l’existence tout entière du jeune homme allait se voir reconfigurée à l’aune de pouvoirs inattendus, constituant autant une bénédiction qu’un mauvais présage. Il n’en fallait pas plus pour que l’on retrouve, quelques chapitres plus loin, Nathan dans le coma, et que l’étrange boule d’énergie responsable de ses nouvelles aptitudes surhumaines ne se porte sur Marshall.

C’est dans ce contexte que s’ouvre le tome 2 de Radiant Black. Ce dernier suit une ligne directrice attendue mais maîtrisée : les différents super-héros se révèlent les uns aux autres, ils apprivoisent peu à peu leurs facultés (souvent dans l’épreuve), tandis que les auteurs usent de flashbacks pour donner aux lecteurs un aperçu de leur vie d’avant. Les menaces, elles, se multiplient et prennent les formes les plus diverses. Un saut galactique contribuera même, certes fugacement, à préfigurer un affrontement hors de toute proportion terrestre – et donc humaine. Sur le plan psychologique, on suivra plus attentivement Marshall, confronté à la perte potentielle de son ami Nathan, doté de pouvoirs enivrants et mû par une rancœur tenace vis-à-vis de « Red », qu’il tient pour responsable de la déchéance du jeune écrivain, en ignorant toutefois tout de son histoire (partiellement éventée). Les scénaristes montrent un Marshall affligé, au chevet de Nathan, concerné par l’état de santé de son ami autant que par les responsabilités qui lui incombent désormais.

Ce n’est toutefois pas le seul protagoniste à faire l’objet d’une caractérisation plus étoffée. Derrière la super-héroïne « Pink » se cache en effet Eva, dont on découvre le lesbianisme et les activités de streameuse. Elle apparaît obsédée par ses « followers » (son audience) et vit comme une véritable catastrophe la perte… d’un microphone. On devine ainsi sans mal que sa relation avec sa petite amie ne tient qu’à un fil et qu’elle tend à la reléguer à l’arrière-plan de ses podcasts. Le soin apporté à ces deux personnages, Marshall et Eva, ne constitue toutefois pas le principal attrait de ce second tome. Car pour sauver Nathan, son ami entreprend un voyage périlleux dans « l’Existence », une réalité spatiotemporelle alternative, dont chaque « couche » est adossée à des codes graphiques différents – et splendides. Explosion de couleurs criardes, jeux sur les lignes, les figures, les rapports de symétrie et les contours, effets slit-scan, lectures rotatives, dimension psychédélique, images négatives : l’inventivité visuelle est à son comble, débridée et vertigineuse.

Ce qu’on gagne en spectacle, on le perd quelque peu en lisibilité. Si les premiers chapitres de Radiant Black étaient fortement ancrés dans le réel, ceux-ci font la part belle aux sauts temporels, quand ils ne relèvent pas, comme c’est le cas pour le dixième d’entre eux, de l’exercice de style assumé. Kyle Higgins et Marcelo Costa parviennent malgré tout à leurs fins, en donnant un nouveau souffle aux séries de super-héros (sans toutefois taire l’influence de leurs aînées).

Radiant Black (T.02), Kyle Higgins et Marcelo Costa
Delcourt, février 2023, 176 pages

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3.5

Au nom du « Peuple »

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La collection « Le Mot est faible » des éditions Anamosa propose dans une nouvelle édition actualisée l’opuscule Peuple de Déborah Cohen.

Dans son ouvrage, Déborah Cohen cherche à radiographier le peuple au-delà de ses flottements sémiologiques. Elle le conçoit comme bannière commune derrière laquelle se glisseraient des catégories hétéroclites formant un « nous » dominé face à un « eux » dominant. En cela, le peuple apparaît avant tout comme un désignant qui, l’auteure le rappelle, est en France essentiellement revendiqué par le Rassemblement national, même si le mouvement social des Gilets jaunes l’a quelque peu réhabilité. « Opérateur symbolique d’unification », le peuple ne règle cependant pas tout : une fois les dominants boutés hors de leurs sphères de pouvoir, la conflictualité ne risque-t-elle pas de se reporter à l’intérieur même du groupe ? Pour Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, la désignation d’un chef permettrait au peuple de disposer d’une figure symbolique de conjonction.

Dans la tripartition classique, le clergé prie, les guerriers guerroient et le peuple travaille. Déborah Cohen évoque ainsi ses capacités mobilisatrices, de nature à bloquer le système économique et ses rouages, comme en témoignent d’ailleurs les Gilets jaunes. Elle souligne par ailleurs cet étrange paradoxe. Le peuple est appelé à s’exprimer via son suffrage afin qu’un gouvernement puisse agir en son nom. En ce sens, la parole (sa « voix ») constitue son seul moyen d’action reconnu. Pourtant, quand il manifeste son mécontentement en descendant dans la rue, on réduit aussitôt ses revendications à une « grogne » vidée de son sens.

L’auteure revient par ailleurs sur les représentations idéalisées du peuple, souvent issues du passé et traduites notamment dans les tableaux d’Eugène Delacroix. Ce serait celui de la Bastille, des barricades et du cinéma classique (selon Gilles Deleuze). Déborah Cohen met cependant l’accent sur l’actualité et l’action du peuple plutôt que son passé fantasmé ou ses projections futures. Elle en problématise les tenants et aboutissants, cherche à identifier ce qui le définit et l’espace qu’il investit dans le champ social et politique.

« Si peuple est de l’ordre de l’action et non de la réaction, de l’agir et non de l’être, s’il ne rassemble ni ne crée aucune identité prédéterminée et stable, alors peut-être n’avons-nous pas besoin du mot pour commencer à nous retrouver. Il ne sera chez nous ni le mythe puissant déjà tout armé, ni le préalable à la construction d’une entité d’opposition. Alors, si le mot est faible, mais que notre action sur le réel est forte, nous le rechargerons. Peuple est devant nous, mais il a déjà commencé. »

Peuple, Déborah Cohen
Anamosa, février 2023, 80 pages

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3.5

« Les Choses sérieuses » : l’union totale mais erratique de deux artistes

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Isabelle Bauthian et Maurane Mazars publient Les Choses sérieuses aux éditions Steinkis. Elles racontent les liens étroits, de vocation, d’amitié et d’amour, unissant Jean Cocteau et Jean Marais, le tout sur fond de Seconde guerre mondiale.

La page 63 de l’album Les Choses sérieuses laisse entrevoir le drapeau nazi flottant tout en haut de la Tour Eiffel. Si un emblème (allemand, national-socialiste) a ainsi été apposé sur un autre (français, universel), c’est bien entendu parce que Paris a plié devant Berlin. Nous sommes en pleine Seconde guerre mondiale et la collaboration a fait son œuvre. Un personnage incarne parfaitement cet état de fait. Il s’agit du journaliste Alain Laubreaux, qui va s’opposer, plus d’une fois, au couple Cocteau-Marais, cœur battant du récit d’Isabelle Bauthian et Maurane Mazars.

Les Choses sérieuses relate dans le détail l’éveil progressif d’un jeune comédien et d’un artiste complet. Aux yeux de tous, Jean Marais n’est que l’énième muse de Jean Cocteau, dont l’homosexualité est notoire. Exerçant une fascination réciproque l’un sur l’autre, les deux Jean vont travailler ensemble, se lier d’amitié et entamer une relation amoureuse souvent contrariée mais toujours sincère. L’aspirant comédien commence à se faire un nom. Mais s’il bénéficie des réseaux de Cocteau, il doit aussi en subir tous les contrecoups…

Isabelle Bauthian et Maurane Mazars énoncent les traits constitutifs d’une relation fusionnelle et erratique entre Jean Marais et sa mère « Rosalie », qui voit d’un mauvais œil le rapprochement de son fils avec un Cocteau à certains égards sulfureux. Car l’homme n’est pas seulement réputé pour son génie, mais aussi pour son libertinage et ses accoutumances, de notoriété publique. Il lutte contre sa neurasthénie en se gorgeant d’opium. Obsessionnel, peut-être même bipolaire, il trouve dans la drogue de quoi se relever et avancer quand son corps et son esprit ne suivent plus. Jean Marais va faire plus qu’observer ces moments de trouble : il en accompagne chaque mouvement, avec prévenance.

Vigoureusement critiqué par la presse collaborationniste, dont Alain Laubreaux constitue la pointe avancée, Jean Cocteau continue néanmoins son travail sur les plateaux et sur les planches. Dans un album d’une grande sensibilité, où l’on croise notamment Edith Piaf, Max Jacob, Jean Genet ou Panama Al Brown, les deux auteures se penchent sur les dessous d’une relation intense, passionnée et passionnante, entre deux grandes figures du cinéma français. Entrecoupé d’extraits d’articles de presse (qui en renforcent le caractère réaliste), dessiné avec poésie au feutre et à l’aquarelle, Les Choses sérieuses restitue en clerc les fondements d’une relation complexe ainsi que différents événements inhérents à l’Occupation allemande. Un album à double fond, très documenté et d’une justesse à toute épreuve.

Les Choses sérieuses, Isabelle Bauthian et Maurane Mazars
Steinkis, février 2023, 126 pages

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4

Douze hommes en colère, joyau du cinéma à huis-clos

En 1957, Sidney Lumet revisite la pièce éponyme de Reginald Rose Douze hommes en colère et nous offre un film de procès minimaliste et un grand classique du cinéma à huis-clos.

En s’imposant au cinéma, le huis-clos est venu révolutionner le schéma narratif et l’esthétique des films. Initialement un produit du théâtre, ce genre a été démocratisé par de nombreux réalisateurs.  Ce fût notamment le cas d’Alfred Hitchcock avec sa fenêtre sur cour. Aujourd’hui, maintenir une audience par le biais d’une intrigue simple et de moyens minimalistes est un pari. C’est en cela que Douze hommes en colère de Sidney Lumet est un chef-d’œuvre cinématographique intemporel.

There were 11 votes for ‘guilty.’ It’s not easy for me to raise my hand and send a boy off to die without talking about it first.

Un jury populaire constitué de 12 hommes est convoqué pour conclure de la culpabilité ou de l’innocence d’un jeune homme de 18 ans accusé de parricide. Au regard du verdict rendu, l’accusé sera condamné à mort ou acquitté au nom d’un doute raisonnable. Ces 12 hommes seront amenés à remettre en cause leurs préjugés et leur morale.

Douze hommes en colère, un huis-clos haletant

Hormis la scène d’ouverture et la scène finale, l’intrigue évolue exclusivement entre les murs de la salle de délibération. En plaçant un débat si important dans un espace fermé à clé, le réalisateur créé une atmosphère étouffante, presque claustrophobique.

Sidney Lumet reste fidèle au triptyque des unités théâtrales et adopte presque exclusivement un plan d’ensemble (la salle) et des gros plans (les jurés). Toute l’attention est dirigée sur la discussion qui évolue crescendo. Aussi, des éléments matériels viennent tourmenter notre inconscient et suggèrent une tension insoutenable. Ainsi, l’image du ventilateur et l’ouverture des fenêtres semblent supposer un manque d’air, une réelle difficulté. En ce sens, à l’approche du verdict, le ventilateur qui cesse de tourner et l’orage qui pousse les protagonistes à fermer les fenêtres exacerbent ce sentiment d’urgence.

Douze hommes en colère est un film éprouvant mentalement malgré sa simplicité. Outre sa beauté cinématographique, c’est un film politique et sociétal. Il traite de sujets intemporels et universels comme la question du juste ou le rapport justice/pouvoir, ou encore justice/émotion.

En offrant une représentation microcosmique de la société américaine, Sidney Lumet, met en lumière les failles du système judiciaire américain ainsi que les préjugés et problèmes sociaux de son époque. Plus qu’un film, c’est une heure et quarante minutes de rétention respiratoire. Plus que des joutes verbales, c’est également une invitation à des joutes psychologiques. À l’instar des 12 membres du jury, le verdict du public oscillera à chaque fois qu’un nouvel élément de l’enquête sera découvert.

Alors, coupable ou non-coupable?

Douze hommes en colère – Bande annonce

Synopsis et fiche technique du film Douze hommes en colère

SynopsisAux États-Unis, douze hommes forment le jury d’un procès criminel. Ils doivent statuer à l’unanimité sur le sort d’un jeune homme, accusé de parricide. S’il est déclaré coupable, la chaise électrique sera la sentence. S’il est déclaré innocent, il sera libre. Le scénario du film sert de révélateur des motivations et des préjugés des jurés, des hommes issus de milieux sociaux différents.

Titre original : 12 Angry Men
Réalisation : Sidney Lumet
Scénario : Reginald Rose, d’après la pièce de théâtre du même nom
Acteurs principaux : Henry Fonda, Lee J. Cobb, Ed Begley, Jack Warden, Martin Balsam, Jack Klugman, John Fiedler, E. G. Marshall…
Musique : Kenyon Hopkins
Direction artistique : Robert Markel
Photographie : Boris Kaufman
Son : James A. Gleason
Montage : Carl Lerner
Production : Henry Fonda et Reginald Rose
Production associée : George Justin
Société de production : Orion-Nova Productions
Sociétés de distribution : United Artists (États-Unis), Les Artistes Associés (France)
Genre : drame
Durée : 96 minutes
Dates de sortie :
États-Unis : 10 avril 1957
France : 4 septembre 1957

À la belle étoile : comment devenir chef

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Sébastien Tulard met en scène et en images la vie de Yazid Hichemrahen en adaptant son autobiographie Un rêve d’enfant étoilé qui remonte jusqu’à sa difficile enfance à Épernay. Mis en avant, l’argument de l’histoire vraie est bien tenu par l’ensemble du film, même si condenser trente ans de vie en 1h50 exige quelques raccourcis

Le début du film se montre un peu hésitant, en alternant les scènes de l’adolescence de Yazid à Épernay et ses débuts dans le métier de pâtissier. On sent la volonté de montrer d’où il vient. Nous aurons droit à ses difficultés familiales, en particulier sa relation très houleuse avec sa mère (Loubna Abidar), son placement en famille d’accueil et l’ambiance dans un foyer où il côtoie de nombreux autres jeunes en difficulté. Un certain nombre de scènes montrent que son destin aurait pu dévier malencontreusement sur quelques décisions dues à des situations qui le dépassaient. Le film montre quand même que, depuis tout jeune, sentant ses capacités, il a la volonté d’émerger et trouver sa place dans le milieu de la grande cuisine et plus exactement de la pâtisserie. Le film montre également qu’il ne suffit pas d’avoir des qualités (du talent), pour réussir. Il faut aussi trouver les conditions nécessaires pour s’épanouir et s’entraîner encore et encore. On observe également toutes les rivalités qui peuvent éclater en cuisine, même si le film insiste sur le fait qu’il s’agit d’un travail d’équipe. Ceci dit, les thématiques du racisme, de l’autoritarisme et du sexisme n’apparaissent que pour un traitement superficiel.

La cuisine et le cinéma

Le début est sans doute révélateur, et du personnage et de la situation de Sébastien Tulard, dont ses 10 ans comme assistant-réalisateur n’en font pas encore le M.R.F. (Meilleur réalisateur de France), mais qui met tout son cœur dans ce premier film où il est aux commandes (également coscénariste avec Cédric Ido). Montrer d’où vient Yazid a son intérêt, mais certaines scènes sonnent comme des passages obligés et on ne sent pas la nécessité absolue de les placer dans le film, surtout par cette alternance répétée entre deux époques. Il faut dire que l’affiche indique clairement qu’il s’agit d’un film sur le milieu de la cuisine. On notera au passage que le titre joue sur un double sens certes astucieux, mais qui ne correspond qu’à moitié à ce que montre le film (si Yazid dort un moment à la belle étoile, on ne le voit jamais obtenir d’étoile comme chef pâtissier). Ajoutons qu’il a également le regard dans les étoiles, ce qui lui permet de montrer la Petite Ourse dans le ciel une nuit à un copain, ce à quoi le copain réagit en disant « Même quand on  regarde des étoiles, le mec il voit des casseroles partout. » pour signaler un exemple de la volonté de tirer les dialogues vers la comédie quand les situations le permettent. Rassurons les curieux.ses, oui le film montre effectivement de la cuisine et Sébastien Tulard rappelle fort opportunément que le travail de confection en cuisine recèle un réel potentiel esthétique. On en a la preuve dès la première fois que Yazid est mis au défi par le chef auprès de qui il vient de se montrer maladroit : réaliser une Forêt Noire. Autant dire que ce qu’il confectionne et présente donne l’eau à la bouche. Oui, on a envie de la manger, sa Forêt Noire ! Et c’est l’occasion de dire que toutes les pâtisseries réalisées dans le film sont des œuvres réelles, avec des ingrédients adaptés et élaborées selon des techniques surveillées par des spécialistes (Yazid Hichemrahen a lui-même contribué à la supervision de cet aspect essentiel du film).

Escalade

Maintenant, il faut quand même dire que, malgré toutes ses bonnes intentions, ce film ne se montre pas d’une originalité remarquable. Il s’agit de l’ascension d’un jeune qui a le talent nécessaire, mais dont les origines ne le prédestinent pas du tout à trouver sa place dans le milieu de la gastronomie. Il y arrive à force de persévérance et il doit faire face à de nombreuses difficultés. Bien mises en valeur, les qualités de Yazid éclipsent d’éventuels défauts probablement gommés du fait que le matériau de base est autobiographique. Sélectionné au festival de l’Alpe d’Huez 2023, le film montre les étapes de l’ascension de Yazid et en fait peut-être un peu trop en cherchant à rendre spectaculaire une phase finale de championnat du monde par équipes des pâtissiers. On sent que le monde du spectacle est passé par là, en particulier la TV avec ses nombreuses émissions à succès exploitant l’intérêt pour la cuisine, mais également en cherchant à fabriquer du suspense à tout prix.

Le casting

Il est porté par le jeune Riadh Belaïche dans le rôle de Yazid, que Sébastien Tulard n’a engagé qu’après un temps de réflexion, considérant que le jeune homme présente un parcours en devenir comparable à celui qu’il incarne. En effet, s’il est connu actuellement comme youtubeur et influenceur sous le nom de Just Riadh (allusion au Dîner de cons ?), il montre ici qu’il peut trouver sa place comme acteur dans le paysage audiovisuel français. Sa composition est solide et sans faille et il parvient à se montrer émouvant, comme l’ensemble de celles et ceux qui l’entourent. Citons Patrick d’Assumçao et Christine Citti, Marwann Amesker (Yazid jeune), mais aussi Pascal Legitimus dans un second rôle, la charmante Lika Minamoto, ainsi qu’Esteban dans un contre-emploi.

Bande-annonce : À la belle étoile

Fiche technique et synopsis du film À la belle étoile

Coproduction : France 2 Cinéma ; KissFilms ; Atelier de production ; De l’autre côté du périphe
Distribution : Bac Films
Réalisateur : Sébastien Tulard
Scénaristes : Cédric Ido et Sébastien Tulard : adaptation du livre « Un rêve d’enfant étoilé » de Yazid Hichemrahen
Sortie française : le 22 février 2023 – 110 minutes
Avec :

  • Riadh Belaïche : Yazid Hichemrahen
  • Loubna Abidar : la mère de Yazid
  • Patrick d’Assumçao : père (famille d’accueil)
  • Christine Citti : mère (famille d’accueil)
  • Marwann Amesker : Yazid jeune
  • Esteban : Julien
  • Pascal Legitimus : Bouchard
  • Lika Minamoto : Satomi
  • Saïd Benchnafa : Samy

Synopsis : Depuis son plus jeune âge, Yazid n’a qu’une passion, la pâtisserie. Elevé entre famille d’accueil et foyer, le jeune homme s’est forgé un caractère indomptable. D’Epernay à Paris en passant par Monaco il va tenter de réaliser son rêve : travailler chez les plus grands chefs pâtissiers et devenir le meilleur.

Note des lecteurs6 Notes
2.5

Emmett Till : Le combat d’une mère contre la haine raciale

Saisissant de cruauté. Tristement actuel. L’histoire tragique du meurtre d’Emmett Till, un adolescent Afro-Américain de 14 ans, résonne encore aujourd’hui. Elle rappelle l’impact du racisme sur les vies humaines et l’importance de la justice et de l’équité dans une société démocratique. Le biopic consacré à Emmett Till est un témoignage poignant de l’histoire américaine et un rappel sur la nécessité de continuer à lutter contre la haine raciale dans le monde d’aujourd’hui.

Emmett Till, un biopic bouleversant mais utile

Pour ce troisième long-métrage, la réalisatrice Chinonye Chukwu choisit de raconter l’histoire de celui qui deviendra l’un des symboles de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, Emmett Till, et du combat sans failles de sa mère, Mamie Till-Mobley, pour lui rendre justice.

Nous sommes le 31 août 1955, quand est retrouvé le corps sans vie et mutilé d’Emmett Till, flottant sur les bords de la rivière de Tallahatchie, dans le Mississippi. Kidnappé, torturé et sauvagement assassiné par deux hommes blancs pour avoir prétendument sifflé et fait des avances à une femme blanche dans un magasin de la ville de Money, où le jeune garçon de Chicago rendait visite à ses cousins. La mère d’Emmett, Mamie, prend alors la lourde décision de montrer le corps méconnaissable de son fils dans un cercueil ouvert lors de ses funérailles, exposant ainsi au monde la brutalité de la ségrégation raciale. Une décision courageuse qui ébranla l’Amérique, et eut un impact profond sur les gens du pays, inspirant des milliers de personnes à se mobiliser pour les droits civiques et à lutter contre le racisme.

Le film retrace les événements qui ont précédé le lynchage et ses conséquences, en dressant un double portrait du personnage d’Emmett et de sa mère, portés par les deux excellents Jalyn Hall (Emmett) et Danielle Deadwyler (Mamie). Une entrée en matière sur fond de chansons et de complicité, avec Emmett et sa mère chantant ensemble. On découvre alors à travers leur quotidien, la relation pleine de tendresse qui les unit, ainsi que la personnalité solaire du jeune garçon.
Le film explore également la relation tendue entre les communautés noire et blanche du Mississippi, ainsi que la manière dont les médias ont couvert l’affaire.

Côté réalisation, Chinonye Chukwu nous offre des plans soigneusement composés et une utilisation judicieuse de la lumière et des décors. Alternant des plans lumineux et joyeux – symbole du quotidien d’Emmett et Mamie avant l’horreur, de la personnalité solaire et de l’innocence du jeune garçon – et des plans plus sombres où l’inquiétude grandissante de Mamie, instaure une atmosphère de tension et de désespoir. A cela s’ajoutent de nombreux plans serrés sur les visages des personnages pour intensifier la tension dramatique et souligner leur douleur. Si la réalisation offre une esthétique soignée et minimaliste qui nous plonge assez bien dans l’ambiance des années 50, certaines scènes manquent cependant de profondeur, en particulier dans l’exploration des motivations des personnages blancs impliqués dans l’affaire.

La douleur d’une mère, fer de lance pour une lutte universelle

Dans ce biopic, la réalisatrice fait le choix de mettre la lumière sur le combat de Mamie Till, sans qui l’assassinat d’Emmett serait tombé dans l’oubli, à jamais éludé. Portée par la stupéfiante Danielle Deadwyler, qui livre ici une performance émouvante, capturant la douleur et la colère d’une mère endeuillée, ainsi que la détermination à faire entendre sa voix. C’est avec beaucoup de respect et de dignité que le personnage de Mamie est présenté, soulignant l’importance de son rôle dans la lutte pour les droits civiques et la justice raciale aux Etats-Unis.

Veuve, élevant seule son fils de 14 ans, unique femme noire à travailler pour US Air Force à Chicago, lorsque Mamie apprend la disparition de son enfant, elle ne tarde pas à remuer ciel et terre pour le retrouver, faisant appel aux médias pour relayer l’information. A l’annonce de son meurtre, Mamie fait rapatrier le corps d’Emmett à Chicago. Dans la douleur de voir son fils prisonnier de son cercueil, une phrase claque « Il ne peut pas respirer ». Des mots délibérément choisis par les scénaristes pour faire écho à ceux prononcés par George Floyd, tué brutalement et injustement par un policier blanc dans un abus d’autorité. Son combat commence alors pour obtenir justice. Sa décision d’exposer le corps de son enfant au public et à la presse lors de ses funérailles, confronte l’Amérique à la brutalité de la haine raciale. Des images qui provoquèrent un choc et une indignation à travers le pays.

Pas à pas, on suit le déroulement du procès, qui la mène dans le Mississippi afin que soient jugés et condamnés les deux auteurs du meurtre d’Emmett. Procès qui suscite une couverture médiatique intense, attirant l’attention du public sur la question de la ségrégation raciale dans le Sud. Après des délibérations expédiées par un jury composé uniquement de personnes blanches, les meurtriers sont acquittés. Une décision qui provoque l’indignation, et renforce la conviction de nombreux militants pour le mouvement des droits civiques.

L’histoire d’Emmett Till et le combat mené par Mamie Till ont eu un impact profond sur la lutte pour les droits civils aux Etats-Unis, galvanisant de nombreuses personnes, notamment des militants pour les droits civiques tels que Rosa Parks et Martin Luther King Jr. Lorsque Rosa Parks a été arrêtée quelques mois après le meurtre de Till en 1955, pour avoir refusé de céder sa place dans un bus à un passager blanc en Alabama, elle a déclaré plus tard que l’histoire du jeune homme avait été une source d’inspiration pour elle. Son meurtre a également été un catalyseur pour l’activisme de Martin Luther King Jr. qui a largement cité son exemple dans plusieurs de ses discours. Cette histoire a inspiré de nombreuses personnes à se mobiliser pour les droits civiques et à lutter contre le racisme, et continue d’inspirer des générations de personnes à défendre l’égalité et la justice pour tous.

Emmett Till est un film poignant qui rappelle encore une fois, l’impact dévastateur du racisme sur les vies humaines. Il souligne l’importance de poursuivre la lutte contre les crimes de haine. Une lutte qui aura permis 67 ans après le lynchage d’Emmett Till, à la signature d’une loi qui condamne le lynchage au rang de crime fédéral. Une législation qui revêt le nom de son symbole: le jeune Emmett Till (Emmett Till Antilynching Act).

Emmett Till : bande annonce

Fiche technique et synopsis du film Emmett Till

Réalisation: Chinonye Chukwu
Scénario: Keith Beauchamp, Chinonye Chukwu, Michael Reilly
Interprétation: Danielle Deadwiler (Mamie Till-Mobley), Jalyn Hall (Emmett Till), Frankie Faison (John Cartan), Haley Bennett (Carolyn Bryant), Whoopi Goldberg (Alma)…
Montage: Ron Patane
Musique: Abel Korzeniowski
Genre: Biopic, drame
Société de distribution: Universal Pictures International France
Date de sortie: 8 février 2023
Durée: 2h10
Pays: Etats-Unis

Synopsis : D’après une histoire vraie.

Jeune veuve élevant seule son fils de 14 ans, Mamie Till-Mobley est aussi l’unique femme noire travaillant pour la US Air Force à Chicago. Quand Emmett est assassiné parce qu’il aurait sifflé une femme blanche dans le Mississippi de 1955, Mamie bouscule les consciences en insistant, lors des obsèques, pour que le cercueil de son fils reste ouvert et que l’opinion publique comprenne l’horreur qu’il a subie. Un geste fort pour refuser l’oppression et la haine. Elle cède également au magazine Jet les droits exclusifs de publication des photos de son fils mutilé, si bien que le monde entier s’émeut de ce lynchage particulièrement atroce.

Avec courage, Mamie Till s’engage dans le mouvement des droits civiques et devient une militante active pour la NAACP, principale organisation de défense des Afro-Américains, réclamant davantage de justice sociale et d’accès à l’éducation pour la communauté noire.

3.5