Quand le ciel pleut d’indifférence, le drame couve

Peu après la catastrophe de Fukushima et en dépit des consignes largement diffusées, Yôhei erre dans la ville d’Okuma, lieu d’implantation du réacteur n°1 de la centrale.

Le souci, c’est que sa mère malade se révèle intransportable. Même s’il ne sent pas les effets des radiations, il sait ce qu’il risque. Lors de ses allées et venues dans la ville, il est pris de nostalgie pour tous ces lieux qu’il connaît par cœur et qui sont désormais à l’abandon. C’est en particulier le cas pour la maison de Misuzu qui fut son amie dans sa jeunesse : dans le jardin ne reste plus qu’un chien enfermé dans la volière où trônait autrefois un paon. Faisant son possible pour secourir le chien, Yôhei tombe sur une jeune femme. Mais celle-ci ne s’occupe que des chats mal en point.

Un drame peut en cacher un autre

Né dans la région de Fukushima, Izumi Shinga transcende la tragédie dont on sent combien elle l’a marqué, pour ce court roman (126 pages), qui rend palpable le grand silence qui règne dans la ville. Son histoire illustre de façon très émouvante la relation que les Japonais entretiennent avec les générations anciennes. Avec une belle économie de moyens, il crée une atmosphère de mort particulièrement crédible. Et si Yôhei déplore que Fukushima devienne une sorte d’écho à Hiroshima et Nagasaki, il convoque le destin qu’on accepte en commentant le mélancolique refrain « Welcome to the Hotel California » des Eagles. Yôhei n’en a compris le sens qu’au collège : « Vous pouvez quitter l’hôtel quand bon vous semble. Mais vous ne pourrez jamais vous échapper. » La tension culmine au moment de la mort de la mère. Explorant ses affaires, Yôhei y découvre un objet lui rappelant un drame de sa jeunesse. Surtout, cet objet lui fait comprendre comment sa mère a vécu le drame en question et s’est arrangée pour protéger son fils, faire en sorte qu’il ne culpabilise pas trop.

Quand le ciel pleut d’indifférence, Izumi Shinga
Éditions Philippe Picquier, mars 2019
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3.5

Festival

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Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

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"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

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