Festivals

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Joyland : Un œuvre qui met en joie

Joyland s’affirme comme un réquisitoire glaçant sur la transphobie et l’homophobie qui règnent dans la société pakistanaise actuelle. Le cinéaste rappelle, de manière subtile, sans misérabilisme, que l’une et l’autre tuent encore aujourd’hui.

Nelly et Nadine : L’amour lesbien en temps de guerre

Dans Nelly et Nadine, Magnus Gertten rend hommages aux femmes qui s'aiment à travers l'évocation de l'histoire d'amour qui a unit les deux héroïnes éponymes. Ainsi, le documentaire traverse-t-il l'universel et l'intime en offrant le portrait sans concession d'une généalogie familiale, politique et historique en train de se (re)construire. Bouleversant !

Les Œillades 2022 : Noémie dit oui de Geneviève Albert, la poupée qui fait non

Premier long-métrage à la fois percutant et maîtrisé de la réalisatrice québécoise Geneviève Albert, Noémie dit oui ausculte l’enfer de la prostitution juvénile montréalaise à travers le regard sombre et meurtri d’une adolescente de quinze ans livrée à elle-même, remarquablement interprétée par Kelly Depeault. 

Les Œillades 2022 : Annie Colère de Blandine Lenoir, une pour toutes

Dans Annie Colère, son troisième long-métrage porté par une Laure Calamy toujours solaire, Blandine Lenoir (Zouzou, Aurore) pose un regard à la fois intime, lumineux et émouvant sur les destins oubliés des militantes du collectif MLAC, qui pratiquaient, à l'aide de la méthode Karman, des avortements avant leur légalisation par la loi Veil en 1975. Sensible et délicat, le film explore l'intime pour tendre vers l'universel sans chercher à imiter L'Événement d'Audrey Diwan sorti l'année dernière.

Les Œillades 2022 : Ailleurs si j’y suis de François Pirot, l’appel de la forêt

Dix ans après Mobile Home, le belge François Pirot réalise Ailleurs si j’y suis, une seconde comédie aux allures de conte existentiel inspirée du récit "Walden ou la Vie dans les bois" de Henry David Thoreau. Porté par Jérémie Renier en héros aliéné qui renonce brusquement à son confort d’homme moderne pour se reconnecter à la nature, ce film choral à la fois poétique et décalé met en scène une galerie de personnages fantaisistes, drôles, attachants remarquablement écrits et incarnés. Une réussite. 

Les Œillades 2022 : De grandes espérances de Sylvain Desclous

Après avoir interprété la jeune Simone Veil dans le biopic éponyme d'Olivier Dahan, Rebecca Marder revient à l’affiche du drame De grandes espérances, second long-métrage de Sylvain Desclous. Elle y joue Madeleine Pastor, étudiante brillante et ambitieuse destinée à une haute fonction politique. Hantée par un meurtre malencontreux, celle-ci va peu à peu s’enliser dans ses mensonges censés disculper son amant (Benjamin Lavernhe) et ce jusqu’à perdre son poste de conseillère auprès d’une ancienne ministre campée par Emmanuelle Bercot.

FIFAM 2022 : Rencontre avec Charles Tesson, critique de cinéma

Rédacteur en chef des Cahiers de 1998 à 2003, délégué général de la Semaine de la critique pendant dix ans, Charles Tesson enseigne l'histoire et l'esthétique du cinéma à La Sorbonne Nouvelle, Paris III. Il revient sur sa formation et son parcours de critique.

FIFAM 2022 : Ashkal de Youssef Chebbi

Ashkal, en compétition au FIFAM 2022, est un film fascinant et déroutant.  Un récit de feu, de mort, de corruption. Une enquête impossible, telle celle de La Nuit du 12, mais où tout flambe, tout suinte, tout est caché. Un grand film de désespoir collectif porté par une mise en scène d’une grande qualité (métallique, sombre, intense).

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