Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.
Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.
Un silence se voit autant comme un suspense à combustion lente que comme un drame familial feutré et froid. Sur ces deux versants, c'est réussi et impressionnant de maîtrise technique et narrative. Lafosse ne signe peut-être pas son meilleur film, mais en tout cas un film qui marque les esprits et qui interpelle.
Du 21 au 26 novembre se tiendra à Albi la 27e édition du Festival du film francophone Les Œillades ayant pour thématique "le cinéma bon pour l'environnement", l'écologie étant l'un des enjeux majeurs de nos sociétés contemporaines. Au programme : 19 avant-premières prestigieuses réparties sur les différents écrans albigeois dont 11 longs-métrages en compétition pour le Prix du Public, 15 séances « Reprises » pour redécouvrir les œuvres qui ont marqué l’année cinématographique 2023, mais aussi une invitation à l'actrice belge Lucie Debay et un hommage au cinéaste Maurice Tourneur, pionnier du muet à Hollywood. Le festival proposera également un stage d'analyse filmique autour du documentaire High School (1968) de Frederick Wiseman, un ciné-concert La Fête sauvage (1976), film animalier de Frédéric Rossif, ainsi qu'un colloque professionnel sur l'éco-production.
Cette année, LeMagDuCiné a eu la chance d'assister à la magnifique projection de quatre courts-métrages en compétition, dans différentes catégories, à l'occasion du Festival International du Film de Sharjah. La variété et la qualité des différents films proposés ont rangé cette projection au rang de favori pour la rédaction.
Que dire d’autre si ce n’est que l’on l’attendait de pied ferme le nouveau film de Thierry Klifa qui n’avait pas tourné depuis bientôt dix ans. Il est l’auteur d’un carré d'as de mélodrames majoritairement de très grande qualité: Une vie à t’attendre, Le Héros de la famille, Les yeux de sa mère et Tout nous sépare. Ces films regroupaient le gratin du cinéma français, même si tous les publics n’y ont pas forcément adhéré à cause de leur classicisme pourtant assumé. Il revient cette fois avec une comédie mêlant romantisme et fantaisie tout en lorgnant un tantinet sur le cinéma de Pierre Salvadori. Sauf que la sauce ne prend pas en dépit d’un nouveau casting quatre étoiles alléchant. En effet, le rire est triste ici et le tout frôle parfois le ridicule et l’improbable malgré quelques bonnes séquences.
Les petits hommes verts existent. Mais nous regardent-ils d’en haut ou bien sont-ils déjà parmi nous ? Unidentified joue sur une succession alambiquée de scénettes et un humour absurde pour nous inviter à une seule et unique réflexion : comment se sentir chez soi dans cet univers ? Cette étude est hautement sensorielle et expérimentale, mais cet ovni cinématographique en vaut le détour.
Le message est clair pour cette 24ème édition de l’Arras Film Festival : la lutte est une condition sine qua non de l’existence. Il faut se battre, devant et derrière la caméra, contre le cynisme d’un système qui entretient l’apathie devant l’inacceptable et pour les perdants du grand désordre mondial. Les causes justes sont celles qui valent la peine de monter au créneau. Et les films de cet AFF ont tendance à ne pas le faire à moitié.
La Nouvelle Femme reste portée par la grâce de ses apartés, et parvient à l’essentiel : créer un lien sensible, sensitif, et durable entre nous et ces enfants qui se montrent tels qu'ils sont pour mieux sortir d’eux-mêmes. Comme des acteurs donc. Au fond, le véritable apprentissage du film, c’est le nôtre: La Nouvelle Femme accouche d'un spectateur un peu différent, et c'est sans doute la plus belle victoire du film.
La victoire est la récompense ultime de nos efforts individuels. Que dire lorsque cette détermination est mise au service d'un collectif déséquilibré, mais qui partage le même objectif ? Donnez un ballon de basketball à Jang Hang-jun, laissez-lui le temps de cirer le parquet, de redresser le panier, de composer son équipe hétéroclite et venez constater qu'une seconde chance est toujours permise. Pour ce faire, Rebound joue autant sur l'empathie que sur son humour pince-sans-rire pour marquer des points auprès des spectateurs.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.