Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.
Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.
Avec "La Grazia", Paolo Sorrentino signe un retour magistral au sommet du cinéma italien. Porté par un Toni Servillo bouleversant, ce drame politique mêle grâce visuelle, profondeur morale et mélancolie envoûtante. Un chef-d'œuvre baroque et engagé, entre foi, pouvoir et vérité, qui rappelle la puissance de "La Grande Bellezza".
Fatih Akin revient à ses meilleures intuitions. Sur l’île d’Amrum, en 1945, un enfant cherche à discerner le bien du mal, entre guerre, conte et quête de miel. Une fable nuancée, portée par la lumière grise de la mer du Nord et les silences d’un monde en ruine.
Santino a 11 ans. Il vit, apprend, s’attache et se détache sous un chapiteau itinérant. Dans L’Enfant du cirque, Julia Lemke et Anna Koch filment son quotidien nomade, entre bêtes, famille et école éphémère. Un documentaire sensible sur les cercles qui protègent et les liens qui voyagent.
En 1992, trois femmes turques périssent dans un incendie criminel à Moelln. Des lettres de soutien affluent, mais ne seront jamais remises. Martina Priessner suit la quête des survivants, entre mémoire confisquée et vérité entravée. Un documentaire d’archives et de silences, où le cinéma devient acte de justice.
"Sad jokes", de l’acteur, auteur et réalisateur Fabian Stumm, est un film qui ne ressemble à nul autre. Naissance d’un style, d’une signature. Fabian Stumm a en effet beaucoup à dire. Et à montrer.
Sound of falling, de Mascha Schilinski, film crépusculaire et sombre, qui suit le destin de quatre jeunes filles, à quatre générations successives. Fulgurant.
Gange sur Seine revient à Paris du 10 au 14 octobre 2025 pour sa 3e édition. Le festival célèbre le cinéma indépendant indien et sud-asiatique à travers des projections inédites et des rencontres, dans plusieurs salles emblématiques de la capitale.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.