FDCA 2025 : L’enfant du cirque – une histoire de cercles : le monde, le cirque, la famille…

Le cirque. Cercle détaché du monde, espace des rêves et des exploits physiques. Souvent approché par le cinéma, et par les plus grands : Ophuls, Fellini, Schlöndorff, pour ne citer qu’eux. Mais rarement à hauteur exclusive d’enfant. L’Enfant du cirque (Zirkuskind) suit ce principe.

Scénarisé et réalisé par Julia Lemke, également à l’image, et Anna Koch, qui forment le duo Badabum, ce documentaire s’ouvre sur le commentaire en voix off de Santino, au matin de son onzième anniversaire. En même temps que l’enfant découvre progressivement ses cadeaux et reçoit les congratulations de ses proches, il fait les présentations : Angie et Gitano, ses parents, Ehe, l’arrière-grand-père qui n’a pas loin de huit fois son âge… Sans compter les nombreux oncles, tantes, cousines et cousins.

Sur une année, rythmée par les saisons, les réalisatrices recueillent le quotidien, cyclique, de Santino. Un quotidien fait d’itinérance, de montage du chapiteau, d’entraînements, d’accueil et de représentations pour le public, de démontage, de trajets nocturnes… Jamais plus de deux semaines dans la même ville, et subséquemment dans la même école. En plus de ses performances au sein du cirque, chacun se voit dévolue plusieurs rôles, participe à tous les gestes communs, où les enfants ne sont pas oubliés.

Face à l’une de ses classes provisoires, Santino, encouragé par sa maîtresse, analyse avec autant de lucidité que d’honnêteté les richesses et les inconforts d’une telle vie, nomade : la solidité, essentielle, du cercle familial, la satisfaction de parcourir l’Allemagne, l’Europe, même, pour son arrière-grand-père, et d’élargir toujours un peu plus largement son cercle d’amis ; mais la tristesse, aussi, des séparations, l’impossibilité d’un attachement ; si ce n’est aux animaux, ceux du cirque, qui constituent comme un second cercle, tantôt protégé, tantôt protecteur, autour du cercle familial.

Les récits de l’aïeul Ehe sont soutenus, sans doute par égard pour le jeune public, par d’adorables dessins animés qui viennent donner forme à la représentation que s’en fait Santino, dans son écoute tendre et avide. Un éléphant tutélaire, qui a vécu plus de cinquante ans avec la troupe, mais que Santino n’a pas connu, y occupe une place essentielle, récurrente, presque autant que « mon Isolde », dans la bouche de Ehe, l’aïeule depuis longtemps disparue. Si bien que la frontière entre bêtes et hommes s’estompe avec beaucoup de délicatesse, soulignant l’absence de ségrégation dans ce groupe très humain, et l’importance décisive de ce qui est vivant, et aimé.

L’enfant du cirque : bande-annonce

🎬 Fiche technique – L’Enfant du cirque (Zirkuskind)

  • Titre original : Zirkuskind
  • Titre international : Circusboy
  • Réalisation : Julia Lemke & Anna Koch
  • Scénario : Julia Lemke & Anna Koch
  • Image : Julia Lemke
  • Production : Flare Film GmbH
  • Productrice : Katharina Bergfeld
  • Pays : Allemagne
  • Année de production : 2024
  • Durée : 86 minutes
  • Langue : Allemand
  • Genre : Documentaire
  • Public visé : Jeunesse / Famille
  • Distributeur : Real Fiction Filmverleih / New Docs
  • Première : FDCA 2025 / Festival Augenblick / Filmz Mainz
  • Participants : Santino Frank, Ehe Frank, famille Frank, troupe du Circus Arena
  • Partenaires : HR, MDR, SWR
  • Financement : Der besondere Kinderfilm, DFFF, BKM, Hessen Film & Medien
  • Format : Couleur, séquences animées incluses
  • Classification : FSK 6 (à partir de 6 ans)

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Backrooms : Plongée mitigée dans l’étrangeté du liminal

Le YouTubeur Kane Parsons adapte ses célèbres espaces liminaux au cinéma avec une direction artistique soignée et une atmosphère vraiment envoûtante. Dommage qu'un scénario trop bavard et un rythme poussif viennent freiner ce projet d'horreur psychologique pourtant bien plus prometteur qu'effrayant.

Le Vertige : Méditation dupieusienne ou aberration cinématographique

Avec "Le Vertige", Quentin Dupieux pousse son cinéma de l'absurde jusqu'à la limite de l'arnaque. Entre méditation cartésienne et pur foutage de gueule, le film embarque Alain Chabat et Jonathan Cohen dans un doute existentiel : et si rien de ce que l'on voit n'était réel ? Mêlant animation et personnages dérivés de cette expérimentation esthétique rétro, cette expérience aussi terne que radicale ne fait pas rire, mais fascine par son obstination. Décryptage d'un vertige métaphysique signé Dupieux.

The Furious : aussi bon que con (et on adore)

Prenez "Taken", ajoutez-y une pincée de "John Wick", beaucoup de "The Raid" et de "City of Darkness", et vous obtenez "The Furious". Entre série B décomplexée et scènes d'action d'anthologie, on tient l'un des meilleurs films d'action de ces dernières années.

Le Dernier Vrai Samouraï : jidai-geki mon amour

Sur le mode de la comédie fantastique, Le Dernier Vrai Samouraï est une mise en abyme savoureuse : un vrai samouraï qui en côtoie des faux, interprétant une version romancée de son propre monde, devenu désuet et un sujet de spectacle. Derrière l’hommage à un genre cinématographique, Jun’ichi Yasuda veut surtout saluer les artisans oubliés du cinéma nippon. Il y a donc de multiples grilles de lecture dans ce film qui, par ailleurs, demeure distrayant, humoristique et parfois spectaculaire.

Disclosure Day : la face sombre de l’émerveillement

Presque 50 ans après "Rencontres du troisième type", Steven Spielberg revient à ses grandes énigmes du cosmos avec "Disclosure Day". Un thriller conspirationniste, porté par Emily Blunt et Josh O'Connor, qui déconstruit la science-fiction pour mieux interroger notre époque sur la désinformation, la dissimulation gouvernementale et la foi en l'humanité. Une réussite !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.