Cinéma

Les Cloches des profondeurs (1993) de Werner Herzog : la foi dans tous ses états

Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.

La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner (1974) de Werner Herzog : le temps suspendu

A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

The Mother : la mère de tous les péchés (cinématographiques)

On ne va pas se mentir : on n’attendait pas grand-chose de cette nouvelle production Netflix qu’est The Mother. Et loin de nous surprendre, elle se vautre dans presque tous les travers les plus basiques du mauvais film. On aurait aimé pu dire que ça se laisse tout de même regarder mais il n’en sera rien tant c’est mauvais, mal écrit, mal filmé et mal monté.

La Révole nature, de la vigne au verre : les vignerons nouveaux

Avec La Révole nature (2023), Aline Geller signe son premier long-métrage, financé par sa propre société de production, fondée en 2019. Un documentaire passionnant et inspirant sur le vin naturel et ceux qui le produisent.

Le Principal de Chad Chenouga : au risque de tout perdre

Le Principal est le 3e film de Chad Chenouga après le remarqué De toutes mes forces en 2016. Il revient avec un film sur l'école ou plutôt avec un prétexte de film sur l'école pour raconter une course effrénée vers l'excellence dans un système où il faut maîtriser pour gagner. Sabri est justement un homme de contrôle. Principal adjoint d'un collège, en attente d'une mutation, il ne rêve que d'avancer, pour cela, il doit : éloigner à tout prix son frère, faire de son fils un lycéen d'excellence, reconquérir sa femme et surtout ne pas dégringoler l'échelle sociale ! Une obsession qui ne lui laisse pas le choix : il ne doit pas faire de faux pas.

Temps mort : un drame carcéral poignant et humain

Même s'il n'est pas exempt de facilités et autres défauts d'écriture, Temps mort dresse le portrait de trois hommes pour parler de la difficile réinsertion des détenus et des conséquences sur leur vie, leur entourage. Poignant et humain.

Dernière nuit à Milan : départ anticipé

En l’amour comme à la guerre, tous les coups sont permis dans cette Dernière nuit à Milan, où un policier prend le risque de bouleverser tout ce qu’il a accumulé en 35 ans de loyaux services. Un thriller italien d’une grande efficacité et d’une grande intensité.

AKA : le gardien de la (nouvelle) galaxie

AKA n’a absolument pas besoin de rappeler au public d’où il vient pour savoir où il va. Son Adam Franco (ce blaze !) de personnage principal n’est pas la variation hebdomadaire du black ops/ bad ass qui se redécouvre une conscience, mais un personnage en trois dimensions qui gagne en relief avec un récit qui ne tourne pas qu’autour de lui.

Vermeer, la plus grande exposition commentée par des spécialistes

« C’est un maître conteur. Il est comme un réalisateur. Je veux dire bien avant que le cinéma soit inventé. »

Sublime de Mariano Biasin : près des yeux, près du chœur

Avec Sublime, son premier long-métrage, Mariano Biasin réalise le beau parcours de sentiments adolescents, tissés dans une infinie délicatesse. Loin de l'événement et du grand spectacle, des histoires simples se dessinent, bien plus grandes que les autres.

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