Cinéma

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Une année difficile : un monde de questions

Huitième film d'Eric Toledano et Olivier Nakache, Une année difficile est l'événement du mois d'octobre dans le paysage cinématographique français. Avec une méthode et une approche bien rodées, les auteurs, avides de remises en cause sociétales et écologiques, dévoilent une œuvre abordant le monde avant les confinements.

Une Femme sur le toit : le lac des songes

Qu'est-ce qu'une bonne fin de vie si ce n'est quitter ce monde l'esprit apaisé ? Une femme sur le toit est sur le point de prendre une décision radicale, mais est-ce un acte réfléchi ou bien désespéré ? Le drame d'Anna Jadowska fourmille d'interrogations élémentaires concernant les femmes du troisième âge en Pologne, de toute évidence, en perte de repères et d'affections. Il est à présent l'heure de rendre les comptes de toute une vie, où le dernier geste pèse plus que l'on croit dans la balance, cruelle et sans concession.

L’Exorciste Dévotion : Miroir déformant

Voulant rendre hommage tout en modernisant la formule, David Gordon Green accouche d’un film très hétérogène et frustrant, ne sachant jamais sur quel pied danser.

Coup de chance, de Woody Allen : retrouvailles parisiennes

Connaissant son amour pour le patrimoine cinématographique français, il était sans doute écrit que Woody Allen tournerait un jour un film dans la langue de Molière. Il aura finalement attendu d’avoir atteint l’âge vénérable de 87 ans pour franchir le pas, et encore cette initiative est-elle due en grande partie à son statut de paria dans son pays natal… Tourner dans une langue étrangère est un obstacle de taille, au-dessus duquel le metteur en scène new-yorkais a pourtant bondi avec l’agilité de ses vingt ans.

Fort Saganne, une épopée française à la croisée des genres

Parfois, le cinéma français tente des projets peu ordinaires. Dans les années 1980, il y a eu cette fresque historique et aventureuse mêlée de romance et de drame social, réalisée par un cinéaste alors largement cantonné au film policier.

Expendables 4 : Inaction Men

Les vétérans de la castagne et des courses-poursuites improbables rempilent dans ce qui ressemble à un chant du cygne. Si ça ne semble pas être dans les tuyaux de Stallone et de sa bande testostéronée, il est grand temps d’y songer car Expendables 4 arrive au point de non-retour. Paresseux, bruyant, exaspérant… les qualificatifs ne manquent pas pour définir ce flop à la hauteur de notre déception !

Le Ravissement : maternités contrariées

S’il faut parfois mentir à soi-même pour rêver un peu, c’est bien toute la tragédie de Lydia, incapable de dissocier ses désirs de la réalité. Dans une effroyable escalade de mensonges, Iris Kaltenbäck nous immerge alors dans l’immense solitude de son personnage, qui tente d’atteindre le pinacle de son déni à tout prix, Le Ravissement. Un titre aussi ambivalent que son héroïne !

Le Consentement : « c’est pour mieux te manger, mon enfant… »

Le Consentement est un grand livre, sa fidèle adaptation cinématographique fera date. Séduction, emprise et destruction en règle d’une très jeune adolescente par un écrivain célèbre aux mœurs dépravées dans une époque étonnamment permissive. Un film indispensable à mettre sous (presque) tous les yeux... avec avertissement.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.