Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Après nous avoir mis l’eau à la bouche et fait trépigner d’impatience depuis l’annonce du sujet, la découverte de la première bande-annonce très impressionnante et en sachant que c’est le premier gros budget d’A24, il faut avouer qu’Alex Garland nous déçoit (un petit peu) avec son nouvel opus Civil War. Un film qui ne porte pas son nom si bien qu’on pourrait le croire. En effet, le principal reproche que l’on pourrait faire au film est de passer en partie à côté de son sujet éminemment politique, passionnant et surtout en plein dans l’actualité. Comme si Garland bottait en touche, effrayé par ce qu’il pouvait raconter. On parle en effet ici peu de guerre civile, qui devient un arrière-plan au final très opaque, mais on a droit à un excellent film sur le journalisme de guerre, haletant, profond et surtout doté d’un final explosif et impressionnant.
La genèse et la distribution du film laissaient présager une petite bombe. Eh bien c’est plutôt à un petit pétard mouillé qu’on a affaire ici. Se positionnant comme le nouveau John Wick (oui, encore...), ce premier film de l’acteur Dev Patel compile beaucoup des défauts récurrents des premières œuvres sans jamais atteindre la maestria de son modèle déclaré.
Chacun possède son petit monstre à nourrir et ses traumatismes à surmonter. Mais alors comment sortir d’un mauvais rêve si nous sommes déjà réveillés ? Dans son premier film vertigineux, Delphine Girard fait en sorte que ses personnages puissent enfin trouve le moyen de quitter la nuit, de restaurer une dignité volée en l’absence d’un système judiciaire pertinent dans son processus impartial.
À bien des égards, la relecture du "Salaire de la Peur" qu'en fait Julien Leclercq semble incarner une métaphore de ce qu'est le géant Netflix vis à vis du cinéma : du contenu sans âme.
Après "Drive My Car" et "Contes du Hasard et autres fantaisies", Ryusuke Hamaguchi expérimente dans Le mal n'existe pas, Grand Prix à la Mostra de Venise 2023, un retour à la nature musical et contemplatif. Sous l'inspiration de la compositrice Eiko Ishibashi, il propose un drame écologique et poétique, où les hommes vivent, se cherchent et se révèlent sous la silhouette majestueuse des arbres éternels. Le film ne ressemble à aucun long-métrage du réalisateur, et que l'on plonge ou non dans son récit relativement lent, rythmé par des scènes du quotidien, ses images n'ont pas fini d'occuper notre esprit.
On avait apprécié le dernier opus de la saga, sorti en 2021. Véritable blockbuster nostalgique aux allures de reboot fort sympathique, l’héritage offrait suffisamment de neuf pour poser les bases d’une nouvelle saga. Dommage, S.O.S. Fantômes : La menace de glace ne parvient pas à tenir ses promesses, malgré quelques bons moments.
Réalisateur singulier, Pierre Schoendoerffer s'est toujours inspiré de sa vie et de son passé d'ancien combattant dans sa filmographie. Il le confirme dans Le Crabe-Tambour qui semble être un résumé tant de son œuvre que de sa biographie.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.