Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Alors que le scénario peut sembler terriblement convenu, à bien y regarder il recèle d'une subtilité étonnante dans sa réflexion sur la fragilité humaine face à une présence Supérieure. De plus, la maitrise formelle de Danny Boyle, qui réussit à adapter sa réalisation au fur et à mesure que l’intrigue évolue pour en accentuer toujours plus la dimension immersive, est une marque indéniable de son talent protéiforme.
Alors que ce western se prétend féministe, il est difficile de voir dans le personnage incarné par Nathalie Portman un emblème de l’émancipation féminine tant son parcours et sa survie ne peuvent se faire que grâce aux hommes qui l’entourent.
"Marguerite" est l'histoire formidable d'un immense mensonge qui révèle les travers d'une "société du spectacle" fascinée par le hors norme. Le film est dans la course pour les César, l'occasion de revenir sur ce petit succès de fin d'année 2015.
En compétition au Festival d'Alpes d'Huez 2016 et bon perdant, Encore Heureux s'aligne caustiquement sur ce que les productions françaises semblent raffoler en ce moment. Sous forme d'interrogation, elles cumulent poncifs et bons sentiments.
Épuise et déçu par l'expérience hollywoodienne de La Plage, Danny Boyle retourne à Londres à la recherche de productions plus modestes. Sans se douter qu'avec 28 Jours Plus Tard, Danny Boyle allait littéralement révolutionner tout un pan du cinéma d'horreur.
Trois souvenirs de ma jeunesse est le film d'Arnaud Desplechin le plus abouti. Comme le bébé de la quarantaine, il marque un tournant dans l'oeuvre du cinéaste. Du grand bonheur en perspective pour les cinéphiles en quête de vrais gestes de cinema...
Là sera tout le problème, ou du moins le défi auquel sera confronté Boyle. Car si beaucoup de personnes au vu de la forme adoptée par le britannique, en l’occurrence un huis-clos statique mâtiné d’un survival naturaliste, y auront vu une manière pour lui de se reposer après le tournage titanesque de Slumdog Millionaire, peu y auront vraiment vus le potentiel dégagé par cette dramatique histoire. Ça serait ainsi, se fourvoyer que de penser le britannique à la recherche du repos, tant ce 127h reflète davantage toutes les aspérités du style de son auteur, et plus indirectement toutes ses obsessions, que ne l’a été ses précédentes réalisations.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.