Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Dernier film d'Andreï Tarkovski, Le Sacrifice n'est pas tant un film-testament qu'un film-somme, qui réunit toutes les qualités et toutes les thématiques du cinéaste : la rédemption d'une humanité qui rejette la transcendance, des plans-séquences d'une audace technique et visuelle impressionnante, des réflexions vertigineuses mais aussi une capacité à toucher les émotions les plus profondes de chacun d'entre nous.
Semblable à ses compatriotes roumains par le naturalisme très efficace de son très beau film Pororoca, pas un jour ne passe, Constantin Popescu s'en détache par le parti pris d'un film presque de genre. Critique.
Le Cercle littéraire de Guernesey est-il une adaptation fidèle du roman des amateurs d'épluchures de patates ? La réponse importe peu tant une chose est sûre, ce n'est pas un bon film, tout juste un divertissement bâclé mettant laborieusement en scène des enjeux sentimentaux joués d'avance et de bons gros sentiments. A voir cependant en salles dès le 13 juin 2018.
Critique du film Désobéissance, de Sebastián Lelio. Le film est rempli de qualités notamment dans la sobriété de sa mise en scène et son traitement de la liberté mais on s'attendait à mieux en voyant Rachel McAdams en épouse juive orthodoxe.
Pour un premier film, Ari Aster donne un grand coup de pied dans la fourmilière du cinéma horrifique. Hérédité s’inscrit dans cette nouvelle mouvance du cinéma de peur qui terrasse le spectateur autant par son ambiance anxiogène, aride et malaisante que par ses soubresauts d’épouvante épidermiques.
La mauvaise Réputation de la Norvégienne d'origine pakistanaise Iram Haq est un film émouvant et dense qui alerte sur des pratiques ancestrales très sexistes qui existent encore dans cette société qui a peur du qu'en dira-t-on par dessus tout.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.