Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
L’œuvre de Jean-Pierre Améris est assez contrastée, et Je vais mieux, son dernier opus, est à mettre aux côtés du très bon Émotifs anonymes : une comédie tendre et juste, mais également une légère critique sociale des faux-semblants de la société d'aujourd'hui qui courbe le dos par lassitude ou résignation.
Pour son premier film, le grand Satoshi Kon frappe fort. Avec Perfect Blue, il retrace le parcours d'une ancienne idol de la J-Pop cherchant à se reconvertir dans la série télé. Une reconversion qui va peu à peu se transformer en un cauchemar schizophrénique et paranoïaque au travers duquel le réalisateur nippon va dévoiler tout son savoir-faire pour la manipulation.
Solo : A Star Wars Story est enfin là, et ce n'est pas si catastrophique cinématographiquement parlant. Néanmoins, difficile de passer outre l'amertume d'un divertissement insipide et paresseux, sans passion, qui démythifie totalement l'un des personnages les plus aimés de la saga.
Entre humour féroce et mélancolie diffuse, Nous nous sommes tant aimés dresse un portrait pris au vif de l'Italie de 1945 à 1975, trente années de passions politiques, de cinéma, d'amitié et d'amour, de trahisons et d'idéaux.
Manifesto n'est pas l'OVNI qu'on décrit çà et là. Le film de Julian Rosefeldt est certes un film quasi-expérimental, mais le discours et les courants artistiques successifs qu'il illustre merveilleusement avec la complicité de Cate Blanchett restent tout à fait ancrés dans le temps, comme une réponse au constat de la matérialité accélérée de l'ère actuelle.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.