Cinéma

Leaving Las Vegas : le pacte des naufragés

Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

Tully : Les hauts et les bas de la maternité ordinaire selon Jason Reitman

Avec des films comme Juno , Young Adult, ou maintenant Tully, Jason Reitman et la scénariste Diablo Cody s'intéressent joliment à des femmes jeunes et moins jeunes aux prises avec la réalité des sociétés modernes, pas toujours très hospitalières.

Love, Simon, beaucoup plus qu’un teen movie

Critique de Love, Simon (en salle dès aujourd'hui) : Le film contourne le teen-movie pour porter la voix de la communauté LGBT dans un monde adolescent où la peur des regards dicte la loi. Greg Berlanti surprend dans son traitement aussi sérieux que comique et réussit à toucher le public.

Woman at War, le cinéma islandais se révèle

Critique Woman at War, de Benedikt Erlingsson : le film se veut défenseur d'une nature pure souillée par l'industrie avec une Artémis moderne en porte parole de l'écologie et une originalité qui intéresse.

Joint Security Area (JSA) de Park Chan-wook, les limites de l’amitié

Il y a près de vingt ans, Park Chan-wook réalisait son premier vrai succès commercial. Le cinéaste sud-coréen avait déjà tout d'un grand.

Sicario : la Guerre des cartels : expansion dans la continuité

Dans Sicario : la Guerre des cartels, Stefano Sollima déclenche le conflit des mafieux, frein ultime d'un terrorisme anonyme, secret d'Etat sans pitié. Un thriller d'actualité sur les pas de Denis Villeneuve.

À genoux les gars : Antoine Desrosières continue à se questionner sur la sexualité d’une certaine jeunesse de banlieue

Avec A Genoux les gars, Antoine Desrosières prend les mêmes actrices (Souad Arsane et Inas Chanti) pour une histoire qui raconte la découverte par deux jeunes soeurs d'une sexualité trop libre et trop contrainte à la fois.

How to talk to girls at parties de John Cameron Mitchell : hymne punk et peroxydé

Profitant d’une sublime bande originale punk et krautrock, How to talk to girls at parties s’avère être un mélange peroxydé entre la romance SF et le feel good movie musical. Un peu inégal, pas aussi transgressif qu'il aurait pu l'être, le film n'en reste pas moins une bluette punk qui magnifie la construction d'un soi par l'ouverture aux autres et l'envie de briser les frontières de nos certitudes.

Sicilian Ghost Story de Fabio Grassadonia & Antonio Piazza, le fait divers devient conte

Avec Sicilian Ghost Story, le duo italien Fabio Grassadonia et Antonio Piazza transcende un fait divers atroce ayant ébranlé l'Italie et le transforme en conte onirique mettant en avant un amour d'enfance pris au piège du terrible monde des adultes qui l'entoure.

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

« Cheyenne » : au cœur des grandes plaines

À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.

« FIFA Connection » : Gianni Infantino, plus que le football ?

Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.