Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
S'il est important de faire connaître les figures féminines marquantes de notre Histoire, il ne l'est pas moins de réussir les films qui les présentent. Colette de Wash Westmoreland est un échec à ce niveau là.
Depuis quelques temps, le cinéma français se lance dans l'exploration de personnages ou événements historiques datant des siècles précédents. Edmond, comédie dramatique consacrée à l'écriture de Cyrano de Bergerac par Edmond Rostand, est une réussite du genre. Ingénieux, maîtrisé, passionnant, le film réussit sur presque tous les plans, et donne même l'envie de (re)plonger dans l’œuvre littéraire d'origine.
Carlos Eduardo Roberto Puch, est le serial killer le plus célèbre d'Argentine. Arrêté en 1972 alors qu'il a à peine 20 ans, il est condamné à perpétuité pour onze meurtres, deux viols, et dix-sept agressions. Peine qu'il continue toujours de purger dans une prison de haute sécurité. L'Ange, le premier film du réalisateur argentin Luis Ortega lui est librement consacré.
Adaptant une nouvelle de John Ajvide Lindqvist, Ali Abbasi nous emmène avec Border à la frontière entre le monstre et l'humain au sein d'une fable sur l'acceptation et la différence, tout en ancrant son film dans un réalisme sordide. Un véritable film frontière.
Œuvre du come-back, Time and Tide se pose ainsi comme la profession de foi absolutiste d’un cinéaste résolu à remettre son médium sur la table d’opération. Le film génère l’image d’une pré-civilisation primitive qui se grave au fer rouge dans la rétine du spectateur pour l'atteindre jusque dans son câblage cognitif.
L’œuvre de Hu Bo est un des moments cinématographiques importants de l’année 2019. C’est indéniable. An Elephant Sitting Still est un bloc de cinéma mouvant et ténébreux, qui suit le destin de 4 personnes portant sur leurs épaules les stigmates d’une Chine à la misère sociale ravageuse. Une montagne de spleen inoubliable.
Alors que le cinéma de genre vivait de beaux jours en France, L'heure de la sortie s'inscrit en contre courant de ces réussites et propose un thriller écologique trop plat pour rendre son message efficace.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.