L’heure de la sortie, quand le cinéma de genre français ennuie

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Après son premier film, Irréprochable, qui mettait en scène une Marina Foïs très ambigüe, Sébastien Marnier choisit son duo de comédie Laurent Lafitte pour porter à l’écran une cause très actuelle, l’écologie. Exercice de style ou réelle intention ? Le réalisateur se perd un peu dans ce qu’il veut montrer, et crée une œuvre fade avec L’heure de la sortie.

Nul doute que Laurent Laffite fait désormais partie de ces acteurs capables de jouer autant des personnages comiques que graves, et sa capacité à alterner les deux est tout à fait remarquable. Mais l’acteur de la Comédie Française serait peu de choses dans ce film s’il ne donnait pas la réplique à une bande de gamins très prometteurs. Menée par Luàna Barjani, cette bande d’ados insupportables est surprenante, tant dans ses interprètes que dans le symbole qu’elle représente. Le réalisateur a l’audace de mélanger une jeunesse méprisante et irrespectueuse avec un sujet qui demande pourtant le plus grand respect et l’intelligence suffisante pour avoir conscience de l’urgence écologique dans laquelle on se trouve. Difficile d’apprécier ces jeunes malgré leur engagement, tant leur caractère irrite les poils ; mais ces nouveaux talents jouent en tout cas très bien le jeu. 

Cependant, quelques problèmes font rapidement apparition dans l’œuvre. Tout au long du film, le public attend quelque chose. Une confrontation, un chaos, un éclat, un moment venant casser le rythme qui n’arrive jamais. Le ton reste le même pendant tout le film et fait perdre toute intensité au message qu’il souhaite faire passer. Irréprochable avait réussi à entraîner le spectateur dans une grande ambiguïté entre Marina Fois et Joséphine Japy et à faire entrer le public dans cette relation malsaine et dérangeante. Ici, le climat flotte et on ne peut nier l’ambiance permanente qui se dégage du long métrage, mais le cinéaste ne propose rien de plus qu’une atmosphère gênante entre un prof et ses élèves. L’heure de la sortie fait partie de ces films sur lesquels il est difficile de mettre des mots pour exprimer son ennui et la raison de celui-ci. Malgré la tension haletante symbolisée par des lumières qui tremblent, une invasion d’insectes, ou encore des appels masqués, le film tient à distance le spectateur par son manque de rebondissement et d’intensité. Les seules aérations accordées sont celles des seconds rôles comme Emmanuelle Bercot ou Gringe, qui passionnent presque plus que l’intrigue centrale en amenant un vent frais dont le film a besoin pour respirer. 

Avec une fin aussi irréaliste dans son approche et son apparition, dans une lutte pourtant bien réelle, le film, malgré son intention claire, s’égare un peu dans un exercice formel qui ne fonctionne pas. Les images documentaires montrées tout au long de celui ci rendent, elles, hommage au besoin réel de changement écologique ; mais le cinéaste finit par se vautrer avec une issue, qui certes, nous rappelle à de vrais évènements, mais ne convainc pas du tout par sa mise en scène. Dommage quand tout reposait sur l’amorce de celle-ci, qui devait être le coup de massue final. L’heure de la sortie est plein de bonnes idées et pourrait être important dans ce qu’il dit du monde actuel, mais son manque d’ardeur ne permet pas au film de s’envoler. 

L’heure de la sortie : Bande Annonce

L’heure de la sortie : Fiche technique

Réalisation : Sébastien Marnier
Scénario : Elise Griffon, Sébastien Marnier
Interprétation : Laurent Lafitte, Emmanuelle Bercot, Gringe, Luàna Barjani, Adèle Castillon
Image: Romain Carcanade
Productrice : Caroline Bonmarchand
Société de production: Avenue B Productions
Distributeur: Haut et Court
Durée : 1H43
Genre : thriller
Date de sortie : 9 janvier 2019
France

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