Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
Petite fille est un très beau documentaire, qui suit le parcours de la jeune Sasha et dans le même temps, de sa famille. La jeune fille le dira avec ses propres mots, à l’une de ses thérapeutes : « je suis né garçon mais je suis une fille ». Traitant alors de la dysphorie de genre, le documentaire ne s’intéressera pas au pourquoi, mais portera son regard sur le comment et le parcours que cela peut occasionner. Notamment autour des notions que sont l’acceptation et la tolérance de l’autre.
Dans un monde orwellien qui suffoque sous le poids de sa propre absurdité bureaucratique, la figure du héros rêveur incarne plus qu’une bouffée d’air frais : un espoir. Quand rêve et réalité se confondent de plus en plus dans un joyeux désordre à l’imagination débordante, les fantasmes les plus fous se matérialisent et effacent les repères. A moins que tout ceci n’était justement… qu’un rêve ?
Le mot "rêve" est l'un des plus utilisés dans la trilogie des Matrix. Mais de quel type de rêve s'agit-il ? Celui qui permet d’échapper à la réalité ou au contraire de la contrôler ?
Il est facile de trouver une communauté de centres d’intérêt entre les oeuvres de Simenon et de Claude Chabrol. De fait, le cinéaste a adapté plusieurs fois le célèbre romancier belge. Les Fantômes du Chapelier, quelques années avant Betty, est déjà un bel exemple de ces intérêts communs entre les deux artistes, ainsi qu’un exemple d’adaptation fidèle.
Rêves est un film testamentaire. Au seuil de ses 80 ans, maître Akira Kurosawa dresse un bilan de vie sous forme de rêves épars. Une œuvre étrange, à la fois sombre et colorée, parfois douce et utopiste, parfois triste et pessimiste. Une façon d’aborder ses peurs, ses espoirs, ses passions, et plus largement sa vision du monde de façon intime et originale.
Je demande la parole, superbe portrait de femme et film qui interroge sur le rapport entre public et privé en URSS, est une excellent porte d’entrée pour découvrir le cinéma de Gleb Panfilov.
Slalom de Charlène Favier sortira en salles quand les cinéma seront de nouveaux ouverts. Présenté en avant-première avec la 25e heure et le cinéma le Méliès à Montreuil, le film est un petit bouleversement. Commencé en 2015 mais achevé après les révélations #metoo, le film est un écho maitrisé et équilibré à ce mouvement. Charlène Favier a fait de son film-pansement, un film universel qui va droit au cœur. L'équilibre et la force se jouent dans l'écriture des personnages, mais aussi dans une mise en scène joueuse, tendue et travaillée qui fait de Slalom plus qu'un film coup de poing, mais plutôt une véritable œuvre de cinéma.
Norm et Marge sont des marginaux dans le cinéma hollywoodien. Pas de roucoulades, de passion effrénée, aucun artifice. Le mari peint et fait la cuisine, elle lui apporte des vers de terre entre deux burgers au boulot, pour aller à la pêche. Ils regardent la télé ensemble le soir dans le lit, les yeux vides. A la fin du film, ils se disent « je t'aime ».
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.