Cinéma

Les Cloches des profondeurs (1993) de Werner Herzog : la foi dans tous ses états

Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.

La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner (1974) de Werner Herzog : le temps suspendu

A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

The Thrifting : le retour de Norman par Thibault Leclercq de LAIKA

À l’occasion des 20 ans du studio LAIKA, le Festival Lumière 2025 a célébré l'art de l'animation en volume avec la projection de "L’Étrange Pouvoir de Norman", accompagné du court-métrage hommage "The Thrifting". Écrit par Chris Butler et confié au Français Thibault Leclercq, le court-métrage rend hommage à l’univers de Norman et associe exploration du cinéma d’horreur et prouesses techniques.

Le mal sans remords : Serebrennikov signe un film essentiel

Comment saisir cinématographiquement l'âme immobile d'un monstre ? Serebrennikov relève le défi en construisant un récit éclaté, miroir d'une conscience qui, loin de se repentir, ne cesse de se reconstruire dans l'abjection

Nouvelle Vague de Richard Linklater : recréer le culte artistique d’une époque 

Représenter le tournage d' "A bout de souffle" n'est pas facile. C'est pourtant une mission réussie pour "Nouvelle Vague", malgré une mise en scène assez prévisible.

Berlinguer, la grande ambition : Andrea Segre filme l’intime d’un géant politique italien

C'est un réel pétri de tendresse que cherche à illustrer le film, au delà du poids peut-être mort d'une tradition et d'une théorie de toute façon déjà abordées maintes fois ailleurs. Ainsi ce plan magnifique qui montre un cuistot – celui qui annonce à Berlinguer l'événement d'un attentat fasciste – dans le jour d'un mur sur lequel est par ailleurs accroché le portrait de Marx. Les grands noms sont ainsi muets et font partie de la décoration. Non qu'il s'agisse de les oublier ou de les maltraiter (le film s'ouvre sur une citation de Gramsci) mais ils sont proprement un cadre dans lequel la vie de Berlinguer prend place non ce qu'il s'agit vraiment de raconter.

L’Homme qui rétrécit (2025) : le voyage intérieur

Près de 70 ans après le film culte de Jack Arnold, "L’Homme qui rétrécit" renaît en 2025 sous la direction de Jan Kounen. Jean Dujardin incarne un architecte confronté à un rétrécissement inexorable, dans une fable existentielle alliant science-fiction, horreur et métaphysique. Une relecture visuellement ambitieuse du roman de Richard Matheson.

Point Break et Strange days de Kathryn Bigelow : de l’idéal contre-culturel américain au réalisme amer

Dans cet univers décadent, le pire n'est pas de ressentir n'importe quoi mais de ne plus rien ressentir comme les accros au squid (dont la mention est appuyée plusieurs fois) qui finissent par superposer leurs fantasmes virtuels à une réalité invivable au prix de leur santé mentale et de leur conscience.

Le Désert des Tartares (1976) de Valerio Zurlini : l’armée des ombres

Ultime opus du cinéaste italien Valerio Zurlini, "Le Désert des Tartares" remporte haut la main son pari pourtant impossible : adapter le chef-d’œuvre de Dino Buzzati publié près de quarante ans plus tôt. Un casting international trois étoiles, un décor unique au monde et la musique du maître Morricone, sont mis au service de cette fable ascétique sur la vanité humaine poussée jusqu’à une cruelle absurdité. 

Soundtrack to a Coup d’Etat : le jazz face au néocolonialisme

Les coulisses de l'élimination de Lumumba au Congo, à laquelle participèrent, à leur insu, de grands musiciens de jazz américain. Instructif mais contestable dans la forme.

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