Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
"Arco" est un phénomène rare dans l’animation française. Ugo Bienvenu signe un film poétique et visionnaire, mêlant l’imaginaire de Mœbius et l’onirisme de Miyazaki, présenté à Cannes et récompensé à Annecy — un grand récit sur la filiation et la puissance de l’imaginaire.
"Chien 51" imagine un Paris dystopique divisé par des inégalités sociales exacerbées et contrôlé par une intelligence artificielle omniprésente. Malgré une esthétique réussie et un univers visuel immersif, le film de Cédric Jiménez manque de profondeur politique et émotionnelle, offrant une critique sociale trop superficielle pour pleinement convaincre.
La saga "Tron" fait son grand retour au cinéma ! Entre un esthétisme sanglant et des machines lancées à pleine vitesse, ce nouvel opus ne manque pas de nous surprendre... pour le meilleur, comme pour le pire.
"Hors-service" de Jean Boiron-Lajous réunit six anciens agents du service public dans un hôpital désaffecté. Le film explore, entre récits personnels et mise en scène symbolique, la perte de sens au travail, les tensions éthiques et l’usure d’un engagement mis à mal par les logiques de performance. Un regard sensible sur une crise systémique et humaine.
Diane Kurys signe avec Moi qui t'aimais un film tendre et mélancolique sur le couple, une élégante évocation qui fait revivre, bien au-delà des apparences, le climat d’une époque et la fragilité de deux monuments Signoret/ Montand portés par Marina Foïs et Roschdy Zem habités et exemplaires.
Adaptation ambitieuse mais inaboutie du roman de Stephen King, "Marche ou crève" explore une dystopie autoritaire où l’endurance devient une forme de résistance. Malgré un duo central solide et un concept fort, le film de Francis Lawrence peine à maintenir la tension et à approfondir son propos politique et humain.
Avec "Une bataille après l’autre", Paul Thomas Anderson signe une fresque foisonnante mêlant révolution armée, fable politique, figures de super-héros et pulsions métaphysiques. Entre anachronisme assumé, satire radicale et mouvement perpétuel, le film interroge nos mythes modernes et la vitalité explosive de toute action humaine.
"La Mort n’existe pas", nouveau film d’animation de Félix Dufour-Laperrière, propose une odyssée sensorielle et politique. À travers le regard d’une jeune écoterroriste hantée par ses choix, il explore le deuil, la rédemption et l’engagement écologique, mêlant poésie visuelle, mémoire et questionnements intimes sur le sens de l’action... et de l'inaction.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.