Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
La générosité n’est pas une question qui se jauge forcément au déploiement de moyens à l’écran, c’est aussi tout simplement une exigence de cinéma. Le roi des ombres fait la somme de ces petits détails qui constituent toutes la différence entre un contenu qu’on oublie et un film auquel on pense encore quelques semaines après sa diffusion.
L’œuvre d’un nouveau représentant du cinéma chinois, Li Ruijun, nous parvient en France, et l’on ne peut que s’en réjouir. Sorti le 8 février, Le Retour des hirondelles est toujours en salle, nous offrant un cinéma dépouillé et incroyablement dense. Un amour de terre, de paille et de sang dans la Chine contemporaine.
La danse est souvent faite de répétitions et de chutes. Il n'y a d'ailleurs qu'un seul pas entre cette passion et la nouvelle routine de Kim Sohee, une jeune étudiante qui va peu à peu se faire consumer par la compétitivité et la réalité de son nouvel emploi.
Soavi réussit donc l'exploit surréaliste, au sens de Breton, à nous faire ressentir de la tendresse pour un assemblage grotesque. Dellamorte Dellamore retrouve donc le meilleur du baroque italien pour célébrer un cinéma qui n'existe déjà plus.
Mon père, ce héros ? Pas toujours, ce rôle souvent central dans le schéma familial traditionnel est perçu au cinéma moins positivement que celui de la mère, à laquelle de nombreux réalisateurs rendent hommage. Cependant, il n'en reste pas moins que le cinéma a construit des personnages marquants de père au cinéma. Retour à travers quelques films sur la figure paternelle à travers le regard d'un enfant, à l'occasion de la sortie de Cœur Errant (Leonardo Brzezicki) le 5 avril 2023.
Il a fallu peu de temps après la surprise de La Folle Histoire de Max et Leon, puis la confirmation sur Les Vedettes, pour que Jonathan Barré prenne son envol en solo, tel un justicier isolé dans les profondes contrées bretonnes. Au détour d’un film de genre, ce dernier nous dévoile une situation plutôt cocasse, rendant sa Bonne Conduite très singulière, notamment vis-à-vis du duo iconique du Palmashow qu’il laisse cette fois-ci sur la banquette arrière.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.