Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Dans le cadre de la rétrospective consacrée à Joseph Losey sur OCS, revenons sur Les Criminels, un film noir somme toute classique mais qui bénéficie de la patte de son réalisateur pour porter le statut de film d'auteur.
Quand Joseph Losey se penche sur les derniers jours d'un des grands penseurs de la cause bolchevik et leader de l'Internationale Communiste, il ne peut pas s'empêcher d'apposer un discours politique à sa reconstitution historique. Comment réussit-il alors à mêler une sordide histoire de meurtre à des réflexions aussi universelles que le poids de l'Histoire et le bien-fondé de la Révolution?
À l'occasion de la ressortie vidéo du film chez les éditions Rimini, CineSeriesMag a découvert 'Moontrap', un film de science-fiction cheap and chips entre nanar de collection et navet de compétition. Attention, ouvrez bien grands vos yeux.
L'histoire Officielle extraie sa force des différents thèmes abordés, tous plus épineux et inhumains les uns que les autres. La dimension historique de l'oeuvre fait du film un travail de mémoire après la dictature de la Junte mais malheureusement Luis Penzo son film une oeuvre trop sépulcrale pour être réellement convaincante.
Westworld... ce nom évoque aux sérivores l'une de leurs plus grosses attentes de ce mois d'octobre 2016. Mais, pour les cinéphiles et les fans de science-fiction, il s'agit avant tout d'un film culte de Michael Crichton rebaptisé en France Mondwest. Piqûre de rappel pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore.
À l'occasion de sa ressortie dans sa version remarquablement restaurée en DVD et Blu Ray chez les Éditions Rimini, CineSeriesMag a (re)découvert "Le Flic ricanant", un excellent polar noir des années 70 qui fait le portrait d'une Amérique déchue.
Regarder Les douze Salopards sur TCM, c'est (re)découvrir la vision de Robert Aldrich sur l'absurdité de la guerre et les méthodes de ceux qui la font. Mal accueilli à sa sortie, ce film culte est à présent un modèle dans son discours antimilitariste et l'occasion de profiter d'une brochette de stars dans des prestations mémorables.
Injustement méconnu en France, L'Autre est une oeuvre matricielle qui en a inspiré beaucoup d'autres. Sa prochaine sortie en DVD/Blu-ray est une excellente occasion de s'y plonger. Au vu de sa réussite dans la mise en place d'une ambiance mystérieuse et oppressante, on en viendrait presque à regretter que Mulligan n'ait pas davantage exploré le genre fantastique.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.