Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Sa diffusion sur TCM est l'occasion de (re)découvrir ce film introuvable, que Billy Wilder considérait lui-même comme sa meilleure réalisation, et surtout une vision effrayante du métier de journaliste comme manipulateur des instincts primaires de leur public. Un échec commercial que Wilder eut du mal à avaler.
Gone Girl, le dixième opus de David Fincher offre plus qu'un thriller : il est le fruit d'une longue expertise du cinéaste dans le genre, lui permettant en outre de traiter subtilement le sujet du couple et du mariage, et même de certains faits socio-économiques de la société américaine contemporaine.
James Bond en journaliste lambda, la frêle Rooney Mara en héroïne badass : c'est la vision de David Fincher, adaptant le premier volet de la saga Millenium, dans un thriller digne de Zodiac ou Seven.
Pour son huitième film, David Fincher sort de sa zone de confort aux commandes de The Social Network. Retraçant la création du réseau social Facebook à travers la figure controversé de son créateur Mark Zuckerberg, The Social Network surprend par la richesse de sa mise en scène et la profusion de ses dialogues.
David Fincher retrouve pour la 3ème fois Brad Pitt avec L'étrange histoire de Benjamin Button. Avec l'adaptation de la nouvelle de F. Scott Fitzgerald, Fincher continue son ascension à travers une mise en scène, mais surtout une technique irréprochable lui permettant d'obtenir pas moins de trois oscars en 2009.
Se faisant l'écho de l'incroyable traque faite autour du tueur du Zodiac, le film de David Fincher ressemble davantage à l'auscultation d'un monde malade que d'une vraie enquête. Et en cela, son propos en devient terriblement intéressant. Suffisamment en tout cas pour captiver pendant 2h30 et ressentir le frisson caractéristique des grands films.
Film de commande issu de la Columbia, Panic Room reste affublé du libellé de film mineur dans la filmographie de David Fincher. Néanmoins, usant du travail des angles et des décors cloîtrés, tout en mêlant différentes techniques de mouvement caméra, du ralenti au plan séquence labyrinthique, David Fincher fait honneur à son style et réussi à marquer de son empreinte le cinéma contemporain hollywoodien.
Retour sur Fight Club qui, malgré un flop au box office, est aujourd'hui considéré comme un objet de culte par beaucoup de spectateurs. Le film est-il véritablement une réflexion anarchiste ou un simple coup de gueule passager?
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.